Sarlat-la-Canéda, communément appelée Sarlat, est une commune du Sud-Ouest de la France. Sous-préfecture et bureau centralisateur de canton du département de la Dordogne, en région Nouvelle-Aquitaine, elle compte 8 763 habitants en 2023 et est au centre d'une aire d'attraction de 32 080 habitants. Ses habitants sont appelés les Sarladais(es).
Capitale du Périgord noir, aux confins des causses du Quercy, cette cité historique est un site touristique majeur, renommé pour sa parure monumentale datant essentiellement de la période médiévale et du début de la Renaissance (du XIIIe au XVIe siècle). Son centre-ville, d'une grande homogénéité, est ainsi composé d'un lacis de ruelles et de venelles pittoresques, de placettes ombragées, bordées d'hôtels particuliers aux toits de lauze, dont les plus célèbres sont la maison de La Boétie, l'hôtel du Barry, l'hôtel de Savignac ou encore le présidial. Centre névralgique de la ville, la place de la Liberté, bordée de terrasses, est le siège du marché, où se vendent les spécialités de la région : foie gras, truffes, figues et noix. Dans son prolongement, s'ouvrent en perspective la cathédrale Saint-Sacerdos et le palais des évêques, qui rappellent que Sarlat a été cité épiscopale pendant plusieurs siècles.
Possédant un ensemble urbain médiéval parmi les plus denses du monde, Sarlat a été la première ville à bénéficier de la loi Malraux, avec la création de son secteur sauvegardé en 1964. Cette petite cité périgordine, visitée par plusieurs centaines de milliers de touristes chaque année, sert occasionnellement de cadre à des films historiques.

Dans le quart sud-est du département de la Dordogne, en Périgord noir également appelé Sarladais, la commune de Sarlat-la-Canéda est bordée par la Grande Beune, un affluent de la Vézère. C'est une commune urbaine. Sarlat-la-Canéda est la capitale du Périgord noir.
La ville de Sarlat est desservie par les routes départementales (RD) 6, 57 et 704, ainsi que par la ligne ferroviaire Le Buisson - Sarlat avec son terminus en gare de Sarlat.
Le territoire communal est également desservi par les RD 25, 47 et 704a.
Entre Marquay et Saint-Vincent-le-Paluel, le sentier de grande randonnée GR 6 traverse la commune sur environ douze kilomètres, passant devant le château de Campagnac, celui de Temniac et par le centre historique de Sarlat.
Sarlat-la-Canéda est l'un des terminus de la « Flow Vélo », véloroute/voie verte V92 qui, sur près de 400 kilomètres, permet de relier l'Île-d'Aix.
Sarlat-la-Canéda est limitrophe de dix autres communes.
Situé sur la plaque nord du Bassin aquitain et bordé à son extrémité nord-est par une frange du Massif central, le département de la Dordogne présente une grande diversité géologique. Les terrains sont disposés en profondeur en strates régulières, témoins d'une sédimentation sur cette ancienne plate-forme marine. Le département peut ainsi être découpé sur le plan géologique en quatre gradins différenciés selon leur âge géologique. Sarlat-la-Canéda est située dans le troisième gradin à partir du nord-est, un plateau formé de calcaires hétérogènes du Crétacé.
Les couches affleurantes sur le territoire communal sont constituées de formations superficielles du Quaternaire datant du Cénozoïque, de roches sédimentaires du Mésozoïque. La formation la plus ancienne, notée c3b-c, date du Coniacien moyen à supérieur, composée de calcaires bioclastiques grossiers et quartzeux jaunes à bryozoaires et gastéropodes, à niveaux gréseux (formation des Eyzies). La formation la plus récente, notée Fy3-z, fait partie des formations superficielles de types alluvions subactuelles à actuelles. Le descriptif de ces couches est détaillé dans la feuille « no 808 - Sarlat-la-Canéda » de la carte géologique au 1/50 000 de la France métropolitaine, et sa notice associée.

| Ère | Période | Époque | Formations géologiques | ||||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Cénozoïque (0 - 66.0) |
Quaternaire (0 - 2.58) |
Holocène |
| ||||||||||||||||||
| Pléistocène | non présent | ||||||||||||||||||||
| Néogène (2.58 - 23.03) |
non présent | ||||||||||||||||||||
| Paléogène (23.03 - 66.0) |
non présent | ||||||||||||||||||||
| Mésozoïque (66.0 - 252.17) |
Crétacé (66.0 - ≃145.0) |
Supérieur |
| ||||||||||||||||||
| inférieur | non présent. | ||||||||||||||||||||
| Jurassique (≃145.0 - 201.4) |
non présent | ||||||||||||||||||||
| Trias (201.4 - 251.902) |
non présent | ||||||||||||||||||||
| Paléozoïque (252.17 - 538.8) |
non présent | ||||||||||||||||||||
Le département de la Dordogne se présente comme un vaste plateau incliné du nord-est (491 m, à la forêt de Vieillecour dans le Nontronnais, à Saint-Pierre-de-Frugie) au sud-ouest (2 m à Lamothe-Montravel). L'altitude du territoire communal varie quant à elle entre 102 mètres et 319 mètres,.
Dans le cadre de la Convention européenne du paysage entrée en vigueur en France le , renforcée par la loi du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, un atlas des paysages de la Dordogne a été élaboré sous maîtrise d’ouvrage de l’État et publié en . Les paysages du département s'organisent en huit unités paysagères,. La commune fait partie du Périgord noir, un paysage vallonné et forestier, qui ne s’ouvre que ponctuellement autour de vallées-couloirs et d’une multitude de clairières de toutes tailles. Il s'étend du nord de la Vézère au sud de la Dordogne (en amont de Lalinde) et est riche d’un patrimoine exceptionnel.
La superficie cadastrale de la commune publiée par l'Insee, qui sert de référence dans toutes les statistiques, est de 47,13 km2,,. La superficie géographique, issue de la BD Topo, composante du Référentiel à grande échelle produit par l'IGN, est quant à elle de 48,55 km2.
La commune est située dans le bassin de la Dordogne au sein du Bassin Adour-Garonne. Elle est drainée par le Grande Beune, la Cuze, le ruisseau de Pontou et par deux petits cours d'eau, qui constituent un réseau hydrographique de 10 km de longueur totale,.
La Grande Beune, d'une longueur totale de 22,79 km, prend sa source dans la commune de Saint-Geniès et se jette dans la Vézère en rive gauche au sud du bourg des Eyzies. Elle borde la commune au nord-ouest sur un kilomètre, face à Tamniès.
Affluent de rive droite de la Dordogne, la Cuze prend sa source au nord-ouest de la ville et traverse le territoire communal sur près de six kilomètres, dont une partie en souterrain, sous le centre-ville.
Le ruisseau de Pontou, autre affluent de rive droite de la Dordogne, marque la limite territoriale au sud-ouest sur 500 mètres face à Vézac.
Le territoire communal est couvert par les schémas d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Dordogne amont » et « Vézère-Corrèze ». Le SAGE « Dordogne amont », dont le territoire s'étend des sources de la Dordogne jusqu'à la confluence de la Vézère à Limeuil, d'une superficie de 9 700 km2 est en cours d'élaboration. La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est l'établissement public territorial de bassin de la Dordogne (EPIDOR). Le SAGE « Vézère-Corrèze », dont le territoire regroupe les bassins versants de la Vézère et de la Corrèze, d'une superficie de 3 730 km2 est en cours d'élaboration. La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le conseil départemental de la Corrèze. Ils définissent chacun sur leur territoire les objectifs généraux d’utilisation, de mise en valeur et de protection quantitative et qualitative des ressources en eau superficielle et souterraine, en respect des objectifs de qualité définis dans le troisième SDAGE du Bassin Adour-Garonne qui couvre la période 2022-2027, approuvé le .
Au sud, les trois quarts du territoire communal dépendent du SAGE Dordogne amont. Au nord, la zone restante correspond au bassin versant des Beunes et est rattachée au SAGE Vézère-Corrèze.
La qualité des eaux de baignade et des cours d’eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité.
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Aquitaine, Gascogne » et « Ouest et nord-ouest du Massif Central ». Elle est en outre dans la zone H2c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves,.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 12,6 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 15,4 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 951 mm, avec 11,9 jours de précipitations en janvier et 7 jours en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Salignac-Eyvigues à 13 km à vol d'oiseau, est de 13,0 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 907,1 mm,. La température maximale relevée sur cette station est de 40,8 °C, atteinte le ; la température minimale est de −14,4 °C, atteinte le .
Au , Sarlat-la-Canéda est catégorisée petite ville, selon la nouvelle grille communale de densité à 7 niveaux définie par l'Insee en 2022.
Elle appartient à l'unité urbaine de Sarlat-la-Canéda, une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée,. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Sarlat-la-Canéda, dont elle est la commune-centre,. Cette aire, qui regroupe 45 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants,.
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (46,3 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (51,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (40,8 %), forêts (40 %), zones urbanisées (11,6 %), prairies (5,4 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (2 %), terres arables (0,1 %). L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).


Le territoire de la commune de Sarlat-la-Canéda est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), feux de forêts, mouvements de terrains et séisme (sismicité très faible). Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle.
Sarlat-la-Canéda est exposée au risque de feu de forêt. L’arrêté préfectoral du fixe les conditions de pratique des incinérations et de brûlage dans un objectif de réduire le risque de départs d’incendie. À ce titre, des périodes sont déterminées : interdiction totale du au et du au , utilisation réglementée du au et du au . En , un plan inter-départemental de protection des forêts contre les incendies (PidPFCI) a été adopté pour la période 2019-2029,.

Les mouvements de terrains susceptibles de se produire sur la commune sont des affaissements et effondrements liés aux cavités souterraines (hors mines) et des tassements différentiels. Afin de mieux appréhender le risque d’affaissement de terrain, un inventaire national permet de localiser les éventuelles cavités souterraines sur la commune. Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. 1,9 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (58,6 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national métropolitain). Depuis le , en application de la loi ÉLAN, différentes contraintes s'imposent aux vendeurs, maîtres d'ouvrages ou constructeurs de biens situés dans une zone classée en aléa moyen ou fort,.
La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1982, 1989, 1994, 1997, 1999, 2011 et 2021, par la sécheresse en 1989, 1991, 1992, 2011 et 2019 et par des mouvements de terrain en 1999 et 2014.
L'étymologie du nom « Sarlat » pourrait provenir du préceltique serrulate (le mont allongé) ou du bas-latin serralatum (le mont large).
Le nom de la commune de Sarlat est attesté Sarlatum en 817, in vico Sarlatensis en 886 et villa Sarlatae en 1130.
Une première hypothèse faisait de ce nom un dérivé du pré-latin serra, « montagne allongée » accompagné du suffixe -ul-atum.
Une deuxième hypothèse était basée sur le bas-latin serrum, « mont, colline », accompagné de latum, « large » ou sur le féminin serra lata.
Enfin, plus récemment, une troisième hypothèse s’appuie sur le cours de la Cuze et voit dans le nom de Sarlat la racine indo-européenne ser, « couler, se mouvoir rapidement et violemment », suivie du suffixe indo-européen la et accompagnée du suffixe locatif gaulois -ate.
En 1965, après avoir absorbé la commune voisine, La Canéda, le nom de la commune est devenu officiellement Sarlat-la-Canéda.
Pour « La Canéda » attestée La Canada au XIVe siècle, l'origine pourrait être issue de l'ancien occitan cana « roseau » muni du suffixe collectif -eda (du latin -eta) qui représente un lieu planté de roseaux, ; l'origine pourrait également se rapprocher de la ville crétoise de La Canée en lien avec la présence d’un établissement religieux, la ville étant le siège d'une commanderie de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem,,.
En occitan, la commune porte le nom de Sarlat e La Canedà.
L'origine de l'abbaye se perd dans les légendes. Jean Maubourguet a admis qu'elle a été créée dans la première moitié du IXe siècle par Pépin, roi d'Aquitaine de 817 à 832 puis de 834 à 838. Elle est contemporaine de l'abbaye de Paunat et de l'abbaye de Terrasson.
L'abbaye fait partie des six grandes abbayes du Périgord (avec Paunat, Belvès, Saint-Front de Périgueux, Brantôme et Terrasson). Elle est la seule à avoir été épargnée par les Vikings car située à l'écart de la Dordogne et de ses affluents.
D'après une charte de l'abbaye de Sarlat dont l'original a été perdu, en 886, Charles le Gros, empereur des Romains, roi de France, fait réparer l'église abbatiale édifiée en l'honneur du Sauveur du Monde, située dans le vicus de Sarlat, et la prend sous sa protection.
Le chartrier de l'abbaye contient aussi une charte de Bernard, comte de Périgord, donnant l'abbaye Saint-Sauveur de Sarlat à Odon, abbé de Cluny, et à Adacius, son co-abbé, pour qu'ils y rétablissent la discipline monastique. La charte cite Ludovico imperante qui ne peut être que Louis IV d'Outremer, rappelé d'Angleterre pour régner en Francie occidentale en . Odon de Cluny est mort en 942. On peut en déduire que cette charte a été rédigée entre 937 et 942. Adacius a été abbé du monastère de Sarlat, de celui de Tulle et de Saint-Sour de Genouilliac, et vivait encore en 947. Cette charte a été considérée comme un faux car l'abbaye n'a jamais dépendu de l'abbaye de Cluny. Les deux premiers actes connus datent de 954 et 1094.
Le pape Léon VII aurait donné un bref de privilège prononçant anathème contre toute personne qui oserait s'arroger la possession de l'abbaye sans avoir été légitimement élue par les moines.
La date du transfert des reliques de saint Sacerdos à Sarlat est inconnue, comme l'écrit Jean Tarde dans sa Chronique, en 1624. Pour certains, le transfert des reliques à Sarlat aurait été provoqué par les attaques des Vikings à partir de 848. Pour d'autres, les reliques de saint Sacerdos situées à Calabrum ont été translatées au monastère de Sarlat peu avant qu'Hubert, avec l'aide du comte de Périgord Guillaume II Talleyrand ou Taillefer, fils de Bernard de Périgord, s'empare du monastère, vers 962. C'est au moment de cette translation que l'église de Sarlat s'est appelée église de Saint-Sauveur et de Saint-Sacerdos. Cette translation a dû se produire entre 945 et 962. La translation du corps de saint Pardoux dans l'église de Sarlat s'est effectuée après celle de saint Sacerdos. Le culte de saint Pardoux étant devenu à la mode, les moines ont décidé de placer ses reliques dans l'église Saint-Jean située hors les murs du monastère. Cette translation montre qu'il existait alors près du monastère une agglomération suffisamment nombreuse pour justifier la construction d'une église. Dans les premières années du XIe siècle, les reliques de saint Pardoux sont enlevées de l'église par un moine de Sarlat pour être données à un seigneur du Limousin, Gui de Lastours, et déposées dans l'église d'Arnac.
D'après Jean Maubourguet, le culte de saint Sacerdos a pris la place de celui du Salvator en 1122. Il suppose que la charte liant l'abbaye à Odon de Cluny et le culte de saint Sacerdos avait pour but d'éviter l'annexion de l'abbaye par Saint-Martial de Limoges et de lui conserver son indépendance.
Saint Bernard est passé à Sarlat en 1147 ; il y aurait accompli le miracle des pains.
L'abbaye a su demeurer indépendante et s'est placée en 1153 sous la protection directe du Saint-Siège à Rome. Les possessions de l'abbaye sont confirmées en 1153 et 1170 par les papes Eugène III et Alexandre III. Elle est reconstruite à l'époque romane entre 1125 et 1160. De l'abbaye romane, il subsiste le clocher-porche, la chapelle Saint-Benoît et la façade de la salle capitulaire dans la cour du cloître, et la lanterne des morts.
L'abbaye de Sarlat a atteint son apogée à la fin du XIIe siècle.

Sarlat est une cité médiévale qui s'est développée autour de l'abbaye bénédictine d'origine carolingienne. Seigneurie monastique, elle atteint son apogée au XIIe siècle.
Dès 1204, les bourgeois de Sarlat s'opposent aux moines de l'abbaye. En 1223, l'administration civile de Sarlat par un consulat est créée. Au cours du XIIIe siècle, la ville s'agrandit et atteint environ 5 000 habitants. En 1263, les bourgeois de Sarlat s'allient avec les consuls de Figeac, Périgueux et de Brive pour obtenir des privilèges royaux.
Une épidémie de peste noire, en 1279-1280, fait en six mois 2 500 morts. Ils sont d'abord enterrés loin de la ville, à Roc-Laumier, puis plus près, au champ de Saint-Nicolas. Il existait dans la ville le cimetière Sainte-Marie qui s'étendait depuis l'église Sainte-Marie jusqu'à l'enceinte de la Bouquerie. Il semble désaffecté au moment de la construction de la nouvelle église Sainte-Marie, en 1365. Il est remplacé au XVe siècle par le cimetière se trouvant dans l'enclos des moines, derrière la cathédrale. Ce cimetière est abandonné en 1819 car il se trouve au-dessus de la nappe qui alimentait la fontaine des Chanoines.
En 1298 est conclu entre les bourgeois de Sarlat et l'abbé le Livre de la paix par lequel l'abbé, seigneur de la ville, reconnaît aux bourgeois le droit de consulat, le droit de sceau et une maison commune pour se réunir. Les consuls peuvent alors administrer la ville et assurer sa défense. Le Livre de la paix est ratifié par Philippe IV en 1299. Il y a quatre consuls, représentant chacun un quartier de la ville, Lendrevie, la Bouquerie, la Mallougane et la Rigoudie. Ils sont assistés par vingt-quatre conseillers ou jurats. La ville s'enferme dans des remparts à la fin du XIIIe siècle et au début du XIVe siècle.
En 1318, l'abbaye est le siège du nouvel évêché créé par le pape Jean XXII. L'église abbatiale devient la cathédrale du diocèse de Sarlat. Les évêques, remplaçant les abbés, commencent sa transformation architecturale, qui sera achevée seulement à la fin du XVIIe siècle.
À partir du XIVe siècle, évêques et consuls se partagent le pouvoir jusqu'à la Révolution. Devenue cité épiscopale, Sarlat joue un rôle prééminent lors de la guerre de Cent Ans. Réserve d'hommes d'armes, de munitions et de vivres, la ville fortifiée est également défendue par les châteaux situés aux alentours, tels que Beynac et Castelnaud, et peut porter secours à d'autres villes assiégées par les Anglais : Belvès, Domme, Montignac. Elle devient cependant anglaise par le traité de Brétigny en 1360. Elle se rallie au roi de France dix ans plus tard, lorsque le connétable Bertrand du Guesclin repousse les Anglais. La ville, tout en jouant le même rôle que précédemment, doit se rendre deux fois et souffre des exactions du capitaine de Vivans et du vicomte de Turenne.
Les troubles qui agitèrent la France, pendant la minorité de Louis XIV, eurent, en Périgord, des répercussions importantes.
« Le gouverneur de Sarlat, issu d'une noble famille d'Auvergne, était, en 1650, lieutenant des gardes du comte d'Harcourt ; il avait adopté le parti des princes pour obtenir le commandement d'un régiment ; il reviendra dans l'armée royale aussitôt que la Fronde sera dissoute ».
Si la Fronde parlementaire et la vieille Fronde n'y eurent qu‘un faible écho, il n'en fut pas de même pendant la dernière période, la Fronde des Princes. La province se partagea en deux camps : l’un, le plus nombreux, s’attacha aux drapeaux de Condé, l'autre resta fidèle au Roi. Périgueux et Bergerac suivirent jusqu'à la fin la fortune de Condé ; Sarlat par contre, s’en sépara et soutint la cause de l'autorité légitime.
Les événements saillants de la Fronde à Sarlat sont le siège de la ville le , sa prise par le comte de Marchin le , l'occupation par les Frondeurs, alors qu'Antoine Gabriel de Costes de la Calprenède (1605-1689) est Premier Consul de la ville sous les ordres de François de Chavagnac, et sa reprise par les bourgeois, assistés d‘un détachement des troupes royales le suivant.
En 1793, la commune de Temniac est rattachée à Sarlat. En 1807, Lacipière, maire de Sarlat de 1800 à 1812, prend un arrêté défendant d'étendre le linge et de fumer la pipe sur les promenades publiques.
Sarlat est décorée de la croix de guerre 1939-1945 le , distinction également attribuée à dix-huit autres communes de la Dordogne.

Après la défaite de la bataille de France 1940, Sarlat se trouve en zone libre. Elle devient une terre de refuge et d’accueil pour les populations en fuite. Les Allemands arrivent à Sarlat en . La Wehrmacht installe son état-major dans les murs de l’hôtel de La Madeleine, place de la Petite-Rigaudie puis en , le service de la Gestapo installe une antenne à l'hôtel du Lion d'Or, aux ordres du capitaine Michael Hambrecht du SD de Périgueux,.
La qualité architecturale de ses monuments et de ses immeubles atteste son dynamisme et sa capacité à se maintenir dans les grands courants économiques. La disparition du diocèse (rattaché à celui de Périgueux) à la Révolution lui retire sa prééminence. Devenue chef-lieu de district puis sous-préfecture, elle s'endort, pendant près de cent-cinquante ans, pour se revivifier seulement depuis le milieu des années 1960, avec la création du secteur sauvegardé en 1964.

Il est permis de penser qu'en France, de nombreuses villes ont possédé d'aussi curieuses et pittoresques ruelles, d'aussi beaux monuments mais que le modernisme a détruit progressivement ces trésors du passé. Sarlat a été miraculeusement sauvée grâce à la loi promulguée le , dite loi Malraux. Cette loi sur la restauration des secteurs sauvegardés fut appliquée pour la première fois en France à Sarlat en 1964. Le centre de la petite cité médiévale avec ses soixante-cinq monuments et immeubles protégés servit d'opération pilote pour la mise au point des financements et des critères de restauration.
Le , les communes de Sarlat et de La Canéda fusionnent sous le nom de « Sarlat-la-Canéda ».
Depuis quelques années, le Sarladais — comme plus généralement le Périgord — devient une région très prisée des Anglais.
En 2005, le collège Saint-Joseph de Sarlat est utilisé pour tourner la seconde saison de l'émission du Pensionnat.
Dès 1790, la commune de Sarlat est le chef-lieu du canton de Sarlat qui dépend du district de Sarlat jusqu'en 1795, date de suppression des districts. En 1801, le canton dépend de l'arrondissement de Sarlat (devenu l'arrondissement de Sarlat-la-Canéda en 1965).
Dans le cadre de la réforme de 2014 définie par le décret du , la commune reste attachée au même canton dont elle devient le bureau centralisateur aux élections départementales de mars 2015.
Fin 1999, Sarlat-la-Canéda intègre dès sa création la communauté de communes du Sarladais, dont elle est le siège. En 2011, l'intercommunalité fusionne avec la communauté de communes du Périgord noir qui conserve temporairement ce nom avant de devenir la communauté de communes Sarlat-Périgord noir en , dont Sarlat-la-Canéda est le siège.
La population de la commune étant comprise entre 5 000 et 9 999 habitants au recensement de 2023, vingt-neuf conseillers municipaux ont été élus en 2020, ainsi que dix-sept conseillers communautaires.
Selon le classement établi par l'Éducation nationale en 2022, le lycée public Pré-de-Cordy est considéré comme « sélectif » en 2021 aussi bien au bac général et technologique avec une réussite de 98 % qu'au bac professionnel avec 94 %.
Le lycée privé Saint-Joseph est lui aussi considéré comme « sélectif » en 2021 avec 100 % de réussite au bac professionnel.
En 2023, dans le domaine judiciaire, Sarlat-la-Canéda relève :
Jusqu'en 1965, les communes de La Canéda et de Sarlat étaient indépendantes.
En 1965, La Canéda fusionne avec Sarlat, formant la nouvelle commune de Sarlat-la-Canéda.
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008.
En 2023, la commune comptait 8 763 habitants, en évolution de −1,2 % par rapport à 2017 (Dordogne : +0,97 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
En 2020, l'unité urbaine de Sarlat-la-Canéda (l'agglomération) se limite à cette seule commune. Avec 8 786 habitants en 2022, c'est la quatrième agglomération de Dordogne après celles de Périgueux, Bergerac et Montpon-Ménestérol.
L'aire urbaine, étendue à seize autres communes, regroupait 19 220 habitants en 2017. C'était la troisième plus importante de la Dordogne après celles de Périgueux et de Bergerac. En 2020, l'Insee a remplacé le zonage d'aire urbaine par celui d'aire d'attraction d'une ville. L'aire d'attraction de Sarlat-la-Canéda regroupe 45 communes, soit 32 218 habitants en 2022.
Source :
Outre la présence d'un festival du film annuel, le patrimoine architectural du centre de Sarlat et de ses environs fait de cette ville une des plus filmées de France. Elle est un lieu très prisé lorsqu'une reconstitution historique est nécessaire. Plus de 80 tournages se sont succédé dans la ville depuis 1945.
Parmi les films tournés à Sarlat, on note :

Une monnaie locale, l'Aqui, a été lancée en .
L'emploi est analysé ci-dessous selon qu'il affecte les habitants de Sarlat-la-Canéda ou qu'il est proposé sur le territoire de la commune.
En 2018, parmi la population communale comprise entre 15 et 64 ans, les actifs représentent 3 726 personnes, soit 42,3 % de la population municipale. Le nombre de chômeurs (671) a fortement diminué par rapport à 2013 (785) et le taux de chômage de cette population active s'établit à 18,0 %.
En 2018, la commune offre 6 448 emplois pour une population de 8 793 habitants. Le secteur tertiaire prédomine avec 43,5 % des emplois mais le secteur comprenant l'administration publique, l'enseignement, la santé et l'action sociale est également très présent avec 34,3 %.
Répartition des emplois par domaines d'activité
| Agriculture, sylviculture ou pêche | Industrie | Construction | Commerce, transports et services | Administration publique, enseignement, santé, action sociale | ||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Nombre d'emplois | 85 | 765 | 583 | 2 804 | 2 211 | |
| Pourcentage | 1,3 % | 11,9 % | 9,0 % | 43,5 % | 34,3 % | |
| Source des données. | ||||||
Fin 2018, la commune compte 734 établissements actifs employeurs, dont 552 au niveau des commerces, transports ou services, 83 relatifs au secteur administratif, à l'enseignement, à la santé ou à l'action sociale, 48 dans la construction, 47 dans l'industrie, et 4 dans l'agriculture, la sylviculture ou la pêche.
Tous secteurs confondus, parmi les entreprises dont le siège social est en Dordogne, la société « Coloplast manufacturing France SAS » (fabrication de matériel médico-chirurgical et dentaire) située à Sarlat-la-Canéda se classe 9e quant au chiffre d'affaires hors taxes en 2015-2016, avec 49 370 k€.
Parmi les cinquante premières entreprises de chaque secteur économique dans le département, classées selon le chiffre d'affaires hors taxes en 2015-2016, on trouve implantées à Sarlat-la-Canéda :
Tous secteurs confondus, cinq entreprises de Sarlat-la-Canéda figurent parmi les cinquante premières de la Dordogne, quant au chiffre d'affaires à l'exportation en 2015-2016,
L'entreprise Suturex, implantée sur la ZAE Sarlat-Carsac et dépendant du groupe allemand B. Braun, emploie 170 personnes ; elle est une des principales entreprises mondiales dans le domaine des aiguilles chirurgicales, avec une production annuelle de cent millions d'aiguilles.
Sarlat-la-Canéda possède une antenne de la Chambre de commerce et d'industrie de la Dordogne.
En , l'entreprise Rougié cesse son activité, mettant 73 salariés au chômage.
La ville est classée ville d'art et d'histoire. Elle est réputée pour avoir la plus forte densité de monuments historiques classés ou inscrits au monde. Elle fait partie de l'association Les Plus Beaux Détours de France.
Les armes de Sarlat-la-Canéda se blasonnent ainsi : « De gueules à une salamandre couronnée d'or dans sa patience du même, au chef d'azur chargé de trois fleurs de lys d'or. » |
Par ordre chronologique de publication :