| Sbeïtla | |
Arc de Dioclétien. | |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Gouvernorat | Kasserine |
| Délégation(s) | Sbeïtla |
| Code postal | 1250 |
| Démographie | |
| Gentilé | Sbeïtlien |
| Population | 42 359 hab. (2024) |
| Densité | 37 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 35° 14′ nord, 9° 08′ est |
| Altitude | 525 m |
| Superficie | 113 350 ha = 1 133,5 km2 |
| Localisation | |
| modifier |
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Sbeïtla (arabe : سبيطلة ⓘ), connue dans l'Antiquité sous le nom de Sufetula, est une ville du centre de la Tunisie. Dépendant du gouvernorat de Kasserine, elle regroupe 42 359 habitants en 2024. Elle est le centre de la délégation du même nom. Point d'entrée de la conquête de l'Afrique du Nord par les Arabes musulmans, elle est surtout connue pour son important site archéologique dont il subsiste de nombreux vestiges.
Située à 260 kilomètres au sud-ouest de Tunis, à 150 kilomètres à l'ouest de Sfax et à 32,7 kilomètres à l'est de Kasserine, Sbeïtla se trouve sur le parcours de la route nationale 13.
Elle est le centre de la délégation du même nom, qui s'étale sur une superficie de 1 133,5 km2, et d'une municipalité.
Le climat de Sbeïtla est semi-aride comme une grande partie du Centre-Ouest de la Tunisie.

La ville de Sbeïtla est reliée aux villes environnantes par un réseau de louages qui ne cesse de se développer pour assurer la fluidité de la circulation des personnes. La Société nationale de transport interurbain offre aussi le même service. Le transport en commun est assuré par un réseau de taxis.
La ville est desservie aussi par le chemin de fer depuis le , date d'ouverture de la ligne Sbeïtla-Jilma qui s'étale sur 28,2 kilomètres, suivie par l'ouverture de la ligne Sbeïtla-Kasserine-Henchir Souatir (124 kilomètres), le . Les travaux sont réalisés par la Compagnie des chemins de fer Bône-Guelma.
La ville antique désignée sous le nom de Sufetula Musuniorum (« Sufetula des Musunii ») est fondée au cours du troisième quart du Ier siècle sur le modèle colonial afin de favoriser la sédentarisation des Musunii, une population tribale autochtone présentée comme largement nomade, un cas unique dans l'Empire romain. Elle est située sur un plateau, dans une boucle d'un oued, en contrebas d'une source abondante dont l'eau est acheminée vers la ville par un pont-aqueduc.
Sufetula est le siège d'un évêché d'Afrique du Nord. Trois de ses évêques sont connus : Privatien, présent au concile de Carthage de 255 ; Jucundus, qui participe aux conciles de Carthage de 411 et 419 ; et saint Priesidius, flagellé puis exilé en 484 par le roi vandale Hunéric, et mentionné dans le Martyrologe romain à la date du . Le siège subsiste comme siège titulaire de l'Église catholique dont le titulaire depuis 2023 est Juarez Albino Destro, évêque auxiliaire de Porto Alegre.
Au milieu du VIIe siècle, l'Afrique byzantine est gouvernée par le patrice Grégoire, dont les relations avec l'empereur Constant II se détériorent. Selon certaines sources, Grégoire se serait proclamé empereur en 646. Cette interprétation demeure discutée, notamment en raison de l'absence de monnaies frappées à son nom et du maintien de frappes monétaires au nom de Constant II à Carthage jusqu'en 647.
En 647, sous le califat d'Othmân ibn Affân, une expédition militaire dirigée par Abd Allâh ibn Saad ibn Sarh est lancée contre l'Afrique byzantine. Grégoire rassemble ses troupes à Sufetula et sollicite l'appui de tribus maures alliées. Ses forces sont vaincues lors de la bataille de Sufétula, à la suite de laquelle la Byzacène subit les pillages des armées arabes. Les circonstances de la mort de Grégoire sont principalement connues par les récits des chroniqueurs arabes, qui accordent une place importante à cette bataille. Ces récits comportent cependant des éléments légendaires, tandis que les sources gréco-latines restent peu détaillées sur l'événement. La bataille de 647 marque un tournant dans l'histoire de Sufetula. Selon les recherches archéologiques menées sur le site, la victoire arabe met fin à la période de prospérité de la cité, qui demeure néanmoins habitée pendant un certain temps.
Au XVIIIe siècle, les tribus des Fraichiches et des Madjer sont placées sous l'autorité d'un même caïd résidant à Sbeïtla. Après le traité algéro-tunisien de 1821, elles sont séparées et divisées en plusieurs fractions.
À la mi-, des insurgés appartenant aux Hamamas, Fraichiches, Madjer, Ouled Ayar, Ouartanes, Zeghalmas et Ounifas, se réunissent à Sbeïtla pour décider de la marche à suivre face au protectorat français.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, lors de la campagne de Tunisie, Sbeïtla occupe une position stratégique sur l'axe reliant Sfax à Kasserine, en passant par Faïd. Le , les forces allemandes lancent une offensive contre les positions américaines à Sidi Bouzid et percent leurs lignes. Une contre-attaque américaine échoue le , entraînant un important repli de la 1re division blindée américaine. Le , les blindés allemands reprennent leur progression vers l'ouest et s'emparent de Sbeïtla, située à environ quarante kilomètres de Sidi Bouzid. Les forces américaines se replient alors vers le col de Kasserine afin d'y établir une nouvelle position défensive. Le , les forces de l'Axe, sous le commandement d'Erwin Rommel, lancent une offensive contre le IIe corps américain au col de Kasserine, dont elles prennent le contrôle le lendemain.
Début 2011, Sbeïtla connaît des manifestations sanglantes lors de la révolution conduisant à la chute du président Zine el-Abidine Ben Ali. En juillet de la même année, la ville, qui est fortement touchée par le chômage, est le théâtre de violences entre habitants de deux quartiers, la dispute dégénérant en affrontements entre des dizaines de personnes, faisant 17 blessés en deux jours ; ceci conduit à la promulgation par le ministère de l'Intérieur d'un décret de couvre-feu.
L'économie de Sbeïtla repose principalement sur les activités artisanales, l'agriculture et le tourisme.
La contrebande fait également partie des activités économiques parallèles que des habitants pratiquent.
La ville abrite deux modestes zones industrielles. La délégation étant classée en zone de développement régional prioritaire, on accorde aux investisseurs 25 à 30 % de l'investissement global, via un fonds incluant un plafond de 1,5 à deux millions de dinars, ainsi que la prise en charge par l'État de la cotisation patronale au régime légal de la sécurité sociale pendant les dix premières années à partir de la date d'entrée en activité effective, en plus d'autres avantages.
L'agriculture et des produits agroalimentaires, en particulier l'huile d'olive, représentent une part importante de l'économie de la ville. La répartition des sols selon leurs vocations est composée de 58 750 hectares de terres labourables, 40 847 hectares de forêts et d'alfa et 7 196 hectares de parcours, soit un total de 106 793 hectares.
Selon les statistiques de 2008, le taux d'utilisation des superficies irrigables est de 90 % ; les superficies irriguées de la délégation de Sbeïtla atteignent 2 930 hectares sur un total de 3 366 hectares irrigables. 60 % des superficies exploitées sont gérées par des privés.
Le site de l'antique Sufetula, l'un des mieux conservés du pays, conserve notamment un forum dominé par un capitole formé de trois temples distincts, des thermes, un théâtre et plusieurs églises d'époque byzantine. Le , la Tunisie l'inscrit sur sa liste indicative du patrimoine mondial de l'Unesco. Le , la cérémonie d'ouverture de la 32e édition du Mois du patrimoine s'y est tenue.
L'exploration scientifique du site commence avec Gustav Heinrich Wilmanns (de) vers 1873, puis avec René Cagnat et Henri Saladin en 1883 ; des fouilles importantes sont menées en 1921 par Louis Poinssot et Raymond Lantier. Les églises de la ville sont étudiées par l'archéologue Noël Duval,. Depuis 2022, une mission archéologique tuniso-française, codirigée par Mohamed Ben Nejma (Institut national du patrimoine) et Nicolas Lamare (université de Picardie), avec le soutien de l'École française de Rome, étudie l'évolution urbaine de la ville ; une prospection magnétique y a révélé des rues et des édifices jusque-là inconnus,.

La ville abrite un musée archéologique situé à côté de son site archéologique. Il est constitué de quatre salles exposant des objets archéologiques témoins des différents aspects de la vie quotidienne de la Préhistoire à l'époque chrétienne et musulmane.
Le musée est fermé à partir de , et la ministre de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine Latifa Lakhdar a promis sa réouverture et s'est engagée à allouer les financements nécessaires à la sauvegarde et à la restauration de cet édifice.
Sbeïtla célèbre depuis 1980 son festival international d'Abadla, une manifestation culturelle qui, malgré son ancienneté, reste en difficulté en raison des restrictions budgétaires de la part du ministère de la Culture qui lui octroie uniquement la somme de 80 000 dinars. Ce budget ne suffit pas au festival pour garantir à ses spectateurs des grands spectacles ; il se contente donc d'artistes locaux dans le cadre de la coopération culturelle.
La ville célèbre aussi depuis 2001 le Festival international du printemps de Sbeïtla, fondé par le poète et acteur Adnen Helali et ses amis, une manifestation culturelle organisée par l'association Founoun Sufetula avec la collaboration du comité culturel local.
Les spectacles du festival se déroulent dans le théâtre de Sbeïtla situé au sein de son site archéologique. Le , la treizième édition du festival démarre avec l'organisation de la Marche des fleurs sur l'avenue Habib-Bourguiba, avec une participation des deux rives de la Méditerranée et de l'Amérique latine. L'originalité de cette édition consiste en l'organisation de cette marche qui prévoit la participation d'environ 2 000 jeunes, en provenance des différentes régions de la république, notamment des régions montagneuses.
Cette édition du festival est marquée aussi par la célébration du 150e anniversaire de la révolte du martyr Ali Ben Ghedhahem. D'autres manifestations culturelles ont lieu jusqu'au , date de la fin du festival.
L'administration du festival soutient aussi la vie culturelle régionale en contribuant régulièrement à la Fête des bergers, une manifestation qui se déroule dans le djebel Semmama près de Sbeïtla. La fête, animée par des chansons pastorales et la poésie des montagnards, sert à rendre hommage aux bergers qui animent la vie de ces campagnes oubliées et à lancer une action de tourisme alternatif qui soit inspirée des spécificités de la région. La troisième édition de la fête a lieu du au dans un climat tendu à la suite des attaques terroristes qui ont eu lieu dans le djebel Chambi. La fête gagne alors un nouveau rôle : peupler la montagne et chasser les terroristes.
En 2015, l'administration du centre culturel de montagne à Semmama, qui gère le festival, maintient le planning de sa quatrième édition malgré les obstacles et les difficultés. Il déroulera les et dans un contexte particulier, due à la présence dans la montagne de terroristes. La fête vise également à égayer, pour deux jours, le pied du djebel Semmama sinistré par l'ambiance engendrée par les terroristes.
La ville est renommée pour son équipe de football, l'Union sportive de Sbeïtla, fondée à Sbeïtla en 1947, et active dans la poule Centre de la Ligue II durant la saison 2014-2015.
Le , l'équipe réalise le meilleur exploit de son histoire et la plus grosse surprise des quarts de finale de la coupe de Tunisie en éliminant le Stade tunisien aux tirs au but (4-2) après un match nul (1-1),. Le , l'équipe garantit son passage en Ligue II après avoir dominé le groupe Centre de la Ligue III et battu le club de Bembla sur un score de 3-0.
Le , au stade olympique d'El Menzah, le club remporte la coupe de la Ligue amateur Promosport aux tirs au but (3-2), aux dépens du tenant du titre, le Mouldiet Manouba, la rencontre s'étant achevée lors du temps réglementaire sur un nul (0-0).
L'Association sportive féminine de Sbeïtla, club de football féminin basé dans la ville depuis 1999, est présidé par Ayachi Rebei et joue en Ligue II.