| Fondation |
1971 / 2021 |
|---|
| Zone d'activité | |
|---|---|
| Type |
Réseau d'écoles associatives, laïques et gratuites en langue corse |
| Forme juridique |
Association déclarée |
| Domaine d'activité |
Enseignement culturel |
| Objectif |
Enseignement immersif total en langue corse |
| Siège | |
| Pays |
| Effectif |
35 |
|---|---|
| Fondateur |
Ghjuvan Battista Stromboni et Carlu Castellani / Ghjiseppu Turchini |
| Président |
Ghjiseppu Turchini |
| Site web |
| RNA | |
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| SIREN | |
| OpenCorporates |
Scola Corsa (école corse) est une association fondée en mars 1971 à Corte, par Carlu Castellani et Ghjuvan Battì Stromboni, consacrée à la promotion et à l'enseignement de la langue corse.
L'association est fondée en 1971 à Corti par Ghjuvan Battista Stromboni et Carlu Castellani. Elle a pour objet la promotion de la langue corse et l'organisation de son apprentissage. Des cours de corse, assurés par des enseignants bénévoles, apparaissent dès à Corte, puis à Bastia, Ajaccio et dans plusieurs villes du continent.
Actrice du mouvement culturel Riacquistu, Scola corsa s'engage, dès sa création, avec d'autres acteurs associatifs, dans la campagne pour l'extension au corse de la loi Deixonne de 1951 (première loi française autorisant l'enseignement des langues régionales) dont le corse avait été initialement exclu, notamment par une campagne d'affichage et une pétition réunissant près de 12 000 signatures. L'extension est obtenue de façon partielle en 1973, puis définitive avec le décret no 74-33 du ,. L'association développe parallèlement des cours de langue — diffusés notamment sous forme de fascicules ronéotés sous le titre U primu vucabulariu di a lingua corsa — et publie la première méthode audiovisuelle Stà à sente o Pè (1975) de Jacques Thiers et Jean Chiorboli.
Scola Corsa naît au début des années 1970, dans le contexte du Riacquistu, mouvement de réappropriation culturelle et linguistique qui touche la Corse à partir de la fin des années 1960. La langue corse, alors essentiellement cantonnée à l'usage oral et familial, devient l'objet de revendications portant sur son enseignement, sa transmission et son statut.
Après une mise en sommeil progressive à partir du milieu des années 1970, elle est réactivée en 2021 sous le nom de Scola Corsa – A Federazione. En 2026, l'association porte un réseau d'écoles associatives d'enseignement immersif en langue corse, gratuites et laïques. Elle s'inspire du modèle des réseaux Diwan, Seaska, Calandreta ABCM-Zweisprachigkeit et La Bressola. Elle est membre du réseau Eskolim depuis .
L'association est alors confrontée à l'absence de tradition didactique du corse, qui n'avait jamais été constitué en discipline d'enseignement : il n'existe ni méthode, ni manuel ou corpus pédagogique normalisé. Selon Alain Di Meglio, cette période inaugure le processus de « didactisation » de la langue. En 1972, Scola Corsa diffuse U primu vucabulariu di a lingua corsa de Fernand Ettori, distribué aux membres suivant les cours ; il s'agit du premier support pédagogique édité par l'association.
L'année 1974 est une année importante pour la structure. Scola Corsa montre des résultats plus que positifs au niveau de l'enseignement associatif[réf. nécessaire][évasif]. La réussite de l'association va permettre la création de plusieurs outils pédagogiques tels que des manuels et des méthodes. Grâce au travail effectué au sein d'une école immersive à Bastia, l'une des premières méthodes d'apprentissage du corse pour les débutants voit le jour, Stà à sente o Pè écrite par Jacques Thiers et Jean Chiorboli. C'est à partir de ce moment que la production associative est reconnue en ce qui concerne la création de supports et documents à utilité pédagogique. C'est également l'année où l'association perd de son influence, à partir du moment où la langue sera prise en compte dans la loi Deixonne.
Remise en activité depuis la rentrée 2021, la structure fait partie du réseau Eskolim, aux côtés des cinq autres associations immersives : Seaska, école Diwan, La Bressola, école Calandreta et ABCM-Zweisprachigkeit.
Après deux ans d'existence, Scola Corsa est dans l'attente d'une réponse de l'État quant à la contractualisation de ses écoles pour pouvoir suivre le même modèle que les autres associations du réseau français. En , l'association compte trois écoles à Bastia, à Biguglia et à Sarrola-Carcopino, avec soixante-deux élèves, douze salariés dont cinq maîtresses d'école. Elle couvre toute la maternelle, de la toute petite section (TPS) jusqu'à la grande section. À la rentrée de une nouvelle école ouvre à Corte puis une nouvelle classe rattachée à l'école de Biguglia ouvre en à Lucciana. À la rentrée 2025, Scola Corsa scolarise plus de 200 élèves en immersion de la TPS au cours élémentaire 2e année (CE2).
Elle s'engage dès sa création, avec d'autres acteurs associatifs, dans la campagne pour l'extension au corse de la loi Deixonne de 1951 — première loi française autorisant l'enseignement des langues régionales, dont le corse avait été initialement exclu, notamment par une campagne d'affichage et une pétition réunissant près de 12 000 signatures. Cette mobilisation s'inscrit dans une revendication plus ancienne, portée dès 1965 par une proposition de loi du député Jean Zuccarelli, puis en 1968 par un amendement du député Bastien Leccia. L'extension est obtenue de façon partielle en 1973, puis définitive avec le décret no 74-33 du ,.
L'entrée du corse dans l'enseignement public ne met pas fin à l'activité de l'association, qui poursuit son œuvre d'équipement pédagogique de la langue. En 1975, son antenne bastiaise édite Stà à sente o Pè, méthode audiovisuelle d'apprentissage du corse conçue par Jacques Thiers et Jean Chiorboli, composée de deux fascicules, huit cassettes et près de deux cents diapositives. D'autres ouvrages— grammaires, lexiques, anthologies — paraissent sous le label de ses antennes de Bastia et de Corti jusque dans les années 1980 et 1990,.
Paradoxalement, ce succès prépare la mise en sommeil progressive de l'association. Jusqu'au début des années 1980, l'enseignement du corse et son équipement didactique reposent essentiellement sur l'initiative associative ; ils s'institutionnalisent ensuite, avec le développement de l'offre dans l'enseignement public et la réouverture de l'université de Corse en 1981. Nombre des animateurs de la première heure deviennent enseignants, inspecteurs, universitaires ou auteurs de manuels et l'énergie militante se déplace vers ces nouvelles institutions. L'association fédérative s'éteint progressivement, tandis que certaines de ses antennes locales poursuivent isolément leurs activités éditoriales,.
L'association est réactivée en 2021, dans un contexte différent de celui de sa fondation : l'enseignement du corse est désormais installé dans le système scolaire public mais les heures hebdomadaires qui y sont consacrées, comme l'enseignement bilingue à parité horaire, sont jugés insuffisantes par les promoteurs du projet pour former des locuteurs actifs et enrayer le recul de la transmission de la langue. Le nouveau réseau fait le choix de l'enseignement immersif, sur le modèle des réseaux Diwan, Seaska, Calandreta et La Bressola : l'ensemble de la vie scolaire — accueil, temps de classe, cantine, activités périscolaires — se déroule en langue corse.
Les deux premières écoles ouvrent à la rentrée 2021 à Bastia et Biguglia, suivies de Sarrulà è Carcupinu en 2022, puis de Corti et Lucciana ; une sixième école est annoncée à Serra-di-Fiumorbo pour la rentrée 2026. Chaque école ouvre avec une petite section de maternelle, les cohortes progressant ensuite d'un niveau par an. Le réseau compte treize classes et environ 200 élèves durant l'année scolaire 2025-2026, un effectif de 280 élèves étant attendu par l'association à la rentrée suivante.
Fin 2025, deux classes du réseau, à Bastia et à Biguglia, font l'objet d'une contractualisation anticipée avec l'Éducation nationale, au terme de quatre années d'existence au lieu des cinq que compte habituellement la période probatoire. En , à l'issue de négociations avec l'État, six postes d'enseignants supplémentaires sont contractualisés.
Au printemps 2026, le préfet de Corse, s'appuyant sur un rapport de la chambre régionale des comptes et au titre du contrôle de légalité, engage un recours contentieux contre la subvention de 1,3 million d'euros accordée par la collectivité de Corse à l'association pour l'exercice 2025-2026, contestant le financement par la collectivité de postes d'enseignants relevant selon lui de la seule Éducation nationale,. L'association présente ce recours comme une menace pour son existence, estimant qu'en l'absence de contractualisation généralisée, soit la prise en charge par l'État de onze postes d'enseignants, son fonctionnement ne peut être durablement assuré,.
Un mouvement de soutien se développe alors dans l'île : mobilisations dans plusieurs lycées, pétition, appel de chefs d'entreprise réunis sous la démarche L'impresa pè a Lingua, motions adoptées par de nombreuses communes et communautés de communes, lettre des six parlementaires de l'île au Premier ministre,. Le , le Conseil économique, social, environnemental et culturel de Corse (CESECC) demande une contractualisation généralisée et le l'assemblée de Corse adopte une motion de soutien aux politiques immersives et associatives. Le , une manifestation réunit à Bastia entre 1 700 personnes selon la police et 3 000 selon les organisateurs, du palais de justice à la préfecture, où une délégation comprenant notamment le maire de Bastia Gilles Simeoni, le sénateur Paul-Toussaint Parigi et le député Michel Castellani est reçue par le préfet de Haute-Corse ; le député du Morbihan Paul Molac et un représentant de l'Euskal Konfederazioa, confédération d'associations de promotion de la langue basque, participent au rassemblement,. Le cortège réunit des élus de plusieurs sensibilités politiques ainsi que des représentants associatifs. Le président de l'association, Ghjiseppu Turchini, y fait état de 200 motions municipales, 10 000 signatures et 500 entreprises adhérentes au manifeste. Réunie en session extraordinaire les 25 et , l'Assemblée de Corse adopte une motion demandant au gouvernement la sécurisation juridique du dispositif, la contractualisation généralisée des postes et le retrait du recours préfectoral dès qu'une solution pérenne aura été trouvée.
À l'issue de plus de huit heures de négociations entre les préfets, le recteur de l'académie de Corse, deux représentants de la Collectivité de Corse et ceux de l'association, un accord de principe est annoncé dans la nuit du 25 au :
L'association accueille l'accord comme une avancée tout en indiquant ne pas être pleinement satisfaite, maintenant sa revendication de contractualisation généralisée.
Comme les autres réseaux immersifs associatifs français, l'association repose sur un financement mixte. En dehors des postes contractualisés, pris en charge par l'Éducation nationale, les salaires des enseignants et des agents spécialisés des écoles maternelles demeurent à la charge de l'association. La scolarité, gratuite, est financée par la collectivité de Corse, les communes d'implantation (au titre du forfait scolaire), les dons de particuliers, le mécénat d'entreprises et les manifestations organisées par les associations de parents d'élèves,. Pour l'année scolaire 2025-2026, le budget du réseau s'élève à 1,4 million d'euros, financé à environ 70 % par la Collectivité de Corse, à près de 10 % par les communes et à environ 20 % par l'autofinancement,,. Le réseau emploie alors 35 salariés, dont quinze enseignants.
L'association considère que la pérennité de ce modèle dépend de la généralisation de la contractualisation avec l'État, sur le régime applicable aux établissements privés associés au service public, à l'image des autres réseaux membres d'Eskolim. Le président du Conseil exécutif de Corse a lui-même relevé, lors du vote de la subvention 2024-2025, qu'il était juridiquement reproché à la collectivité de financer des postes d'enseignants en lieu et place de l'Éducation nationale.
L'année 2021 est celle où Scola Corsa peut revoir le jour. Ghjiseppu Turchini, professeur de corse dans un lycée de la ville de Bastia et impliqué dans la promotion de la langue depuis des années, décide de réunir une équipe pour refonder l'association. C'est donc une dizaine de personnes qui part au Pays basque en , pour visiter une ikastola et pour échanger avec une équipe de Seaska. Quelques mois plus tard, pour la rentrée de , les deux premières Scola Corsa ouvrent leurs portes, avec 24 élèves et 2 maîtresses : la Scola Corsa de Bastia au sein des locaux de l'école Charpak de Toga avec 14 enfants et la Scola Corsa de Biguglia entre les murs de l'école Simone Peretti, avec 10 élèves.
Intégrée au sein du réseau Eskolim aux côtés des cinq autres associations, Scola Corsa organise plusieurs échanges avec ses collègues durant les deux années qui suivent sa remise en route. Ces échanges sont très importants car ils permettent à l'équipe de Scola Corsa d'avoir une vision du modèle utilisé par les autres structures existantes depuis plusieurs dizaines d’années.
En , la troisième école Scola Corsa ouvre ses portes à Sarrola-Carcopino avec une maîtresse et 7 élèves. En , l'association compte trois sites, 12 salariés et 62 élèves sur les quatre niveaux de la maternelle.
À ce jour[Quand ?], Scola Corsa reste dans l'attente d’une réponse de la part de l'État concernant la contractualisation de ses premières écoles. Cette contractualisation permettra dans un premier temps la prise en charge des salaires des enseignants par l'État mais également la possibilité de créer des postes à concours et donc de développer le domaine de la formation. Dès la rentrée 2023 ouvriront les premières classes de cours préparatoire (CP), une à l'école de Bastia et une à l'école de Biguglia pour 6 élèves. Une nouvelle école verra le jour dans la ville de Corte avec une douzaine d’enfants.
| Écoles | Année d'ouverture | Niveaux | Effectif |
|---|---|---|---|
| Bastia | 2021 | TPS-GS | 33 |
| Biguglia | 2021 | TPS-GS | 22 |
| Sarrola Carcopino | 2022 | TPS-MS | 7 |