| Séder de Pessa'h | |
Une table dressée pour le séder | |
| Sources halakhiques | |
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| Textes dans la Loi juive relatifs à cet article | |
| Mishna | Pessa'him ch. 10 |
| Talmud de Babylone | Pessa'him 99b-121b |
| Talmud de Jérusalem | Pessa'him 68a-71a |
| Mishné Torah | Livre des temps (sefer Zemanim), lois du 'hamets et de la matsa chap. 6-8 |
| Tour/Choulhan Aroukh | Orah Hayim chap. 472 à 486 |
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Le séder de Pessa'h (hébreu : סדר פסח, ˈsedər ˈpesaχ ou ˈseɪdər ˈpajsəχ selon la prononciation ashkénaze, « ordonnancement de la pâque ») est un banquet rituel juif qui ouvre Pessa'h, la Pâque juive. Il se tient au soir du 15 nissan ainsi que le soir suivant dans la diaspora juive.
Élaboré après l'époque du Second Temple, il remplace l'offrande pascale (korban pessa’h, offrande de l'agneau pascal), impraticable en l'absence d'un autel consacré, et prend la forme d'un symposion gréco-romain autour de la narration de la sortie d'Égypte (la haggadah, qui donnera son nom au livret utilisé pour conduire le séder). Les rabbins y joignent diverses pratiques pour faire revivre la sortie d'Égypte à ses participants, et diverses coutumes pour stimuler l'intérêt des enfants et leur transmettre l'essence du judaïsme : c’est en ce soir que Dieu a rédimé le peuple d'Israël, honorant ainsi l'Alliance qu'il a conclue avec ses patriarches, afin que les enfants d'Israël reçoivent et observent sa Loi.
Il a ensuite été enrobé de diverses coutumes babyloniennes, fait l'objet de diverses codifications au cours du Moyen Âge et a été enrichi de nombreux chants vers le XVIe siècle avant de connaître diverses réinterprétations et variations récentes.
Le séder est décrit pour la première fois dans le dixième chapitre du traité Pessahim, compilé vers le IIe siècle. Il reprend des coutumes qui accompagnaient le rite pascal au temps du temple, comme les louanges — attestées dès le IIe siècle av. J.-C. dans le Livre des Jubilés puis les écrits de Philon d'Alexandrie et ceux de Flavius Josèphe — et la boisson, qui donne au banquet des airs de symposion, et explique diverses mœurs dont les hors-d'œuvres de légumes et le trempage dans les sauces.
Chez les rabbins cependant, ces louanges prennent la forme du Hallel, une suite de psaumes originellement chantée lors de l'abattage de l'agneau, et poursuivie lorsqu'on en consomme la chair rôtie au sein du cercle d'amis et famille. Ceci leur permet de perpétuer quelque chose de la pratique biblique, en gardant le Hallel pour accompagner non plus le rite pascal, irréalisable en l'absence de temple, mais la consommation du banquet qui en tient lieu. Le Hallel justifie également la boisson, puisqu'« il n'y a pas de chant sans vin » (ein shira ela 'al hayayin), et lui donne un cadre d'au moins quatre coupes.
Ainsi, au soir de la Pâque, on s'abstient de manger dès l'après-midi pour se préparer au festin — il n'est cependant pas question du jeûne des premiers-nés, institué vers le VIIIe siècle, au 21e chapitre du traité Soferim (en) —, et même les Juifs les plus pauvres doivent être pourvus de quatre coupes de vin et manger en s'accoudant (he) (mishna Pessahim 10:1). Lorsqu'on lui verse la première coupe — comme c'est l'usage avant chaque repas —, le maître de maison récite la bénédiction sur le vin (he) puis sur le jour, selon l'opinion de la maison de Hillel (m. Pessahim 10:2). On apporte ensuite des herbes et il trempe dans la laitue, jusqu’à ce que l’on arrive aux apéritifs puis l'on amène la matsa (pain azyme), la laitue (qui fait office d'herbe amère), le harosset (une trempette pour l'herbe amère) et deux plats (m. Pessahim 10:3), représentant pour le premier l'offrande pascale et pour le second l'offrande festive (he) qui ne peuvent plus être offerts depuis la destruction du deuxième temple de Jérusalem.
Comme le Hallel ne peut se chanter la bouche pleine sans risque d'inhalation, il continue à être réalisé en deux temps, comme au temps du temple, et encadre le repas ; afin de s'y conformer, les rabbins prescrivent de « ne pas ajoute[r] d’epikomôn » (m. Pessahim 10:8). La modification la plus significative apportée par le rabbins se joue cependant lorsqu'on verse la deuxième coupe, celle qui a été instituée pour chanter le Hallel : c'est là que l'enfant doit poser des questions à son père et, s'il n'en a pas la présence d'esprit, c'est le père qui l'instruit en quoi cette nuit diffère des autres nuits — afin de célébrer la sortie d'Égypte. C'est le noyau du récit de la sortie d'Égypte qu'on justifie (he) par divers versets bibliques. Dans un premier temps, le père instruit le fils en fonction de son niveau mais, bien vite, on s'en tient à un cadre établi, « commençant par la disgrâce et finissant par la louange, commentant “Un Araméen errant fut mon père” (Dt 26,5–10) jusqu'à la fin de la section » (m. Pessahim 10:4) car elle et ses commentaires encapsulent ce qu'il convient de faire savoir à l'enfant hébreu. Rabban Gamliel — qui craint l'oubli du rite pascal qui se pratiquait dans l'enceinte du temple de Jérusalem — est cependant d'avis qu'on ne peut s'acquitter de ce devoir (he) sans rappeler les trois symboles de la fête qui sont pessa'h, matsa oumaror (la pâque c.-à-d. l'agneau pascal, l'azyme et l'herbe amère) : pessa'h « parce que le Lieu est passé (passa'h) au-dessus des maisons de nos pères en Égypte » lors de la plaie des nouveau-nés (he), matsa « parce qu'ils ont été rédimés en Égypte », maror « parce que les Égyptiens ont aigri (mererou) la vie de nos pères en Égypte ». En effet, « à chaque génération et génération, l'on doit se voir comme si l'on était sorti [soi-même] d'Égypte, ainsi qu'il est dit “Tu raconteras en ce jour à ton fils ainsi : c'est à cause de ce (baʿavour zè) que Dieu a fait pour moi lorsque je sortis d'Égypte” (Ex 13,8), » et c'est pourquoi l'on doit le remercier et chanter ses louanges, par le Hallel (m. Pessahim 10:5). On s'interrompt après le second de ses psaumes et l'on intercale une bénédiction de louange (he) sur la rédemption (m. Pessahim 10:6) avant de passer au repas.
Celui-ci terminé, on lui verse une troisième coupe sur laquelle il bénit (he) le repas et une quatrième sur laquelle il achève le Hallel et dit la bénédiction sur le chant (he) ; entre ces deux coupes, il ne boit pas (m. Pessahim 10:7), et « l'on n'ajoute pas après la pâque d'afikomane ». Comme la pâque souille les mains après minuit, le repas doit être terminé auparavant, pour autant que les convives soient éveillés ou somnolents tout au plus (m. Pessahim 10:8-9).
Tous les commensaux se tiennent attablés et chacun suit dans sa Haggada la procédure, les prières et les explications du Séder.
La Haggada indique la procédure à suivre pour la soirée qui consiste en 15 étapes :

Durant le Seder, les Juifs se remémorent le passage de leurs ancêtres de l’esclavage à la liberté. Passa'h signifie « passage » :
Comme c’est surtout le mémorial d'un passage de l’esclavage à la liberté, c’est aussi une recherche de liberté individuelle, à travers les 15 étapes du Sedēr. Il est important de préciser que le Sedēr correspond aux miṣwoth (les Commandements et le Décalogue).



Dans la tradition ashkénaze, l'Afiqoman est caché au début du repas et les enfants doivent le chercher à la fin du repas.
Lors de la lecture des dix plaies d'Égypte, on verse du vin ainsi que de l'eau dans un récipient pour chaque plaie dont les Juifs souhaitent être préservés.
Certains ont l'habitude de remplir une cinquième coupe de vin en l'honneur du prophète Eliyahou. Dans ce cas, elle sera remplie avant le Hallel dans un verre à part. On commence le Hallel, puis on en répartit le contenu entre les convives pour ce qui sera la quatrième coupe, en complétant si nécessaire[réf. nécessaire].
L'artiste québécois Socalled a réalisé en 2005 un album intitulé The So Called Seder : A Hip Hop Haggadah dont les pistes reprennent l'ordre traditionnel de la Haggadah en samplant des extraits de musique traditionnelle.