Birkat Hamazon

La Birkat Hamazon (en hébreu ברכת המזון, litt. « bénédiction de la nourriture », Bentschen, בענטשן en yiddish) est la prière juive après le repas.

C'est une mitsva toranique, mentionnée dans la Torah:

"Tu mangeras, tu te rassasieras, et tu béniras l'Éternel, ton Dieu, pour le bon pays qu'il t'a donné."

La Birkat Hamazon prend la forme de prières de remerciement à l’Éternel et de lui exprimer sa reconnaissance, après avoir mangé du pain et s’être rassasié. On le lit à voix basse lors de repas ordinaires (pris le plus souvent seul), ou que l'on chante lors de repas spéciaux comme ceux du Shabbat, des fêtes juives et d'autres occasions spéciales.

Bien que les judaïsmes orthodoxe et conservative attendent des juifs pratiquants qu'ils récitent leur prière après chaque repas contenant le type approprié de pain, beaucoup de juifs moins observants ne le font qu'occasionnellement ou lors de repas spéciaux.

Quand réciter le Birkat Hamazon?

Structure

Parfois appelée « action de grâces après le repas », elle consiste en une série de quatre bénédictions, anciennement trois (voir ci-dessous).

À Pourim et Hanoucca on insère avant la conclusion de la bénédiction la prière de we-ʿal ha-nissîm (et sur les miracles) dans laquelle nous rappelons les miracles et les bienfaits du créateur lors des évènements de Pourim et de Hannoucca.
À Shabbat est insérée une prière concernant le jour (Reçê); et lors de certaines fêtes (néoménies, fêtes de pèlerinage, jours de demi-fêtes et rôš ha-šanah) est insérée la prière d'offrande yaʿaleh we-yavô (sans doute plus ancienne dans la birkat ha-mazon que dans le šemônê ʿesrê).

Cette structure en trois parties est conforme au schéma de la Création-Révélation-Rédemption que F. Rosenzweig a mis en évidence dans le judaïsme.

Prière de remerciement

PRIÈRE DE REMERCIEMENT

Roi des rois, Seigneur du monde, Maître du monde, Saint béni soit-Il, merci !

Merci, pour le simple fait de me tenir devant Toi. Tout ce que je dis est insignifiant en comparaison avec mon devoir de Te louer. Car tout provient de Toi. Tu m’as tout accordé avec grâce, bonté et miséricorde.

Merci pour toutes les choses qu’il y a dans le monde.

Merci pour les innombrables fois où Tu m’as aidé, soutenu, sauvé, réjoui, guéri, protégé et encouragé.

Merci d’être constamment auprès de moi.

Merci de m’avoir donné la possibilité d’accomplir des Mitsvot, de bonnes actions et de me donner la force de prier.

Merci pour les nombreuses fois où Tu m’as aidé et que je n’ai pas su Te remercier.

Merci pour chaque respiration que je respire.

Merci aussi à Toi, Roi des rois pour toutes les choses que je n’ai pas.

Merci, s’il arrive que je ressente un peu de tristesse, tout est pour mon bien. Bien que je n’aie pas toujours perçu que c’était pour mon bien. Malgré tout, je sais profondément dans mon cœur que tout ce qui vient de Toi est pour mon plus grand bien, que tout est méticuleusement et parfaitement adapté à moi, par la Providence divine, que seul le Roi des rois peut évaluer.

Merci, de me trouver parfois en difficulté, car, seulement ainsi, je peux apprécier le bien. C’est après s’être trouvé dans l’obscurité, que nous pouvons apprécier la lumière.

Merci pour la vie merveilleuse que Tu m’as donnée.

Merci pour la chose la plus infime que je possède car, tout ce que Tu m’as attribué, Tu ne l’as donné à personne d’autre. Merci d’être attentif à mes prières.

Créateur du monde, je Te demande pardon du plus profond de mon cœur, si je n’ai pas toujours su apprécier ce que Tu m’as donné et qu’au lieu de Te remercier, je n’ai fait que me plaindre.

Je ne suis que cendre et poussière et Toi, Tu es le Seigneur du monde. Je T’en supplie, ne T’éloigne jamais de moi !

Éléments d'histoire

La structure de la Birkat Hamazon était à l'origine ternaire, comme le suggère le Talmud (par exemple dans le passage cité ci-dessus, berakhot, f. 48). En d'autres termes, la birkat ha-Tôv we-ha-meTîv a été ajoutée après la chute du Temple en 70. Cette structure ancienne semble avoir perduré quelque temps dans le christianisme, dans le rite judéo-chrétien des agapes, comme on le voit en particulier dans la Didachè.

La Birkat Hamazon se trouve dans presque tous les siddourim (« livres de prières ») et se trouve souvent imprimée avec une grande variété de styles artistiques dans des petits livrets appelés Birkhon (en hébreu) ou Bentcher (en yiddish). Comme c'est souvent le cas, la version ashkénaze de cette prière est légèrement différente de la version séfarade.

Notes et références

  1. ↑ Sefer HaMitsvot (Rambam) Mitsva positive n°19
  2. ↑ Sefer HaHinoukh, mitsva n°430
  3. ↑ Deutéronome 8:10
  4. 1 2 Rabbin Eliezer Melamed, site la tradition juive:https://yahadut.org/fr/obligations-de-lhomme-envers-dieu/les-benedictions/birkat-hamazon/
  5. ↑ Mishné Torah (Rambam), loi des bénédictions 1:1; 3:2
  6. ↑ Maïmonide, Mishné Torah, loi des bénédictions 1:1
  7. ↑ Choul'han Aroukh, Ora'h Haïm 184:6
  8. ↑ « Pizza and Birchat Hamazon », sur aishdas.org.
  9. ↑ Maïmonie, Mishné Torah, loi des bénédictions 2:1
  10. ↑ D'après une baraïta concernant la birkat bôneh yerušalayîm dans le šemônê ʿesrê : "Les XVIII (bénédictions mentionnent) les Minîm dans (la bénédiction) des Séparés (Paroshîn, = XII), les Gerîm (étrangers qui se convertissent) dans (la bénédiction) des Vieux (= XIII) et David dans (la bénédiction) bôneh yerušalayîm (= XIV)" (t. berakhôt, III 25; S. Lieberman, The Tosefta, 1. The Order of Zera’im, New York, 1955; v. son commentaire dans Tosefta ki-fshutah. Order Zera’im, 1, N.Y., 1995, p. 53-55).
  11. ↑ En effet, cette prière fait mention du jour de la fête, or dans le šemônê ʿesrê, ce rôle est dévolu à la birkat ʿavôdâ, déjà selon t. berakhôt, III 10 (argument de Heinemann).
  12. ↑ Traité de Brakhot, page 48b
  13. ↑ Rabbi Yaakov ben Asher (Arba tourim) Ora'h 'Haïm 188
  14. ↑ Rabbi Yitzhak de Corbeil (Sefer Mitsvot Katan, Mitsva 151).
  15. ↑ Sefer HaManhig (Rabbi Avraham ben Nathan HaYarhi)

Liens externes

Voir aussi