| Segi | |
Logotype officiel. | |
| Présentation | |
|---|---|
| Fondation | 2001 |
| Disparition | 2012 |
| Positionnement | Gauche radicale |
| Idéologie | Gauche abertzale Nationalisme basque Socialisme Nationalisme de gauche Féminisme |
Segi (« Continuer » ou « Poursuivre » en basque) est une organisation de jeunesse de la gauche abertzale créée en 2001 active majoritairement en Euskadi et Navarre et militant pour l’indépendance du Pays basque. Elle est déclarée illégale en 2002 en Espagne, étant considérée comme une réactivation des anciennes organisations interdites Jarrai (es) et Haika (es) et comme un vivier de recrutement de l’ETA. Toujours autorisée en France, elle s’autodissout en 2012.

Segi est créé officiellement le lors d'une assemblée constitutive à Pampelune autour des mots d'ordre de la gauche indépendantiste, revendiquant un positionnement révolutionnaire, socialiste et féministe. Ses porte-paroles Hariza Galarraga, Araitz Zubimendi et Zigor Ruiz déclarent vouloir plus particulièrement agir au niveau des communes autour de groupes locaux chargés de répondre aux préoccupations de la jeunesse basque (chômage, accès au logement, lutte contre les addictions).
La création de Segi fait suite à la dissolution du groupe Haika, déclaré illégal par le juge de l’Audience nationale Baltasar Garzón le de la même année pour complicité avec ETA, bien qu'aucune référence ne soit faite à cette organisation lors de la création de Segi. Une antenne est créée à Bayonne. Une première réunion publique est organisée le à Saint Sébastien, à laquelle ses organisateurs revendiquent 4000 participants.
Segi organise une première manifestation d'ampleur en à Saint Sébastien malgré son interdiction. Soupçonné d'avoir perpétré plusieurs attentats durant l'année 2001,,, le groupe est inscrit le sur la liste européenne des organisations terroristes (avec d'autres organisations de la mouvance abertzale comme Gestoras Pro Amnistia et Ekin),, puis déclarée illégale par Baltasar Garzón le ,, entraînant plusieurs arrestations parmi ses membres et la perquisition de ses locaux. Le groupe est cependant toujours autorisé en France,,, bien que des arrestations aient également lieu à Bayonne. Cette situation engendre plusieurs imbroglios judiciaires : en , la demande de transfert vers l'Espagne émise par la justice espagnole à l'encontre de trois Français soupçonnés d'appartenir à Segi a été rejetée par la chambre de l'instruction de Pau,, décision confirmée par la Cour de cassation un mois plus tard. Le , deux autres militants espagnols arrêtés en France sont eux confiés aux autorités espagnoles, décision invalidée dans la foulée par la Cour de cassation.
En 2005, l’Audience nationale qualifie le groupe "d’association illégale" en , jugement contredit par le Tribunal suprême qui le déclare "organisation terroriste" le .
À partir de 2007, plusieurs vagues d'arrestation sont opérées par les polices espagnoles et françaises. Le , 18 membres de Segi recherchés par la police pour des faits de violences lors de manifestations sont arrêtés à Bilbao. 15 autres personnes sont interpelées le dans le cadre de l'enquête sur l'attentat contre le complexe hôtelier d'Alain Ducasse à Bidarray en 2006 (la justice prononce finalement un non-lieu en 2019). Le , 4 militants sont arrêtés à Saint Sébastien, puis 15 autres se rendent aux forces de l'ordre le . Segi dénonce des méthodes de surveillance massives lors d'une manifestation organisée à Saint-Jean-de-Luz en ,.
Le , 34 personnes sont arrêtées en Euskadi et Navarre lors d’une opération policière mobilisant près de 650 agents de la Police nationale et de la Guardia civil à la suite d'une enquête du juge Fernando Grande-Marlaska,. L’événement suscite une manifestation organisée par les partis Aralar, Eusko Alkartasuna et le syndicat LAB à Bilbao réclamant la libération des militants sous le mot d’ordre "Todos los proyectos, todos los derechos",.
14 autres militants sont arrêtés le , accusés de vouloir reconstituer l’organisation côté espagnol et d’actes de violence lors de manifestations.
En , huit membres de Segi recherchés par la police espagnole organisent une conférence de presse à visage découvert à Ispoure pour dénoncer l'utilisation croissante des mandats d'arrêt européens, dans la foulée notamment de l'affaire Aurore Martin, et sont soutenus par des élus locaux. Quatre d'entre eux sont arrêtés quelques jours plus tard.
Segi annonce son autodissolution le , quelques jours après celle d'Askatasuna, via une déclaration publiée par les journaux Gara et Berria. Selon ses porte-paroles, la décision fait suite à des débats internes menés durant près de trois années menant à une autocritique sur la manière de servir leurs objectifs et une volonté de lutter dans un cadre "légal et démocratique".
Après plusieurs mois de réflexions, une nouvelle organisation de jeunesse abertzale, Ernai, a été créée en 2013.