| Naissance | |
|---|---|
| Nom de naissance |
Henry Haïm Moati |
| Surnom |
Serge Moati |
| Nationalité | |
| Formation |
Lycée Carnot de Tunis et lycée Michelet à Vanves |
| Activités | |
| Famille |
père (Serge Moati) et mère décédés en 1957 |
| Fratrie | |
| Conjoint |
Sophie Moati (d) |
| Enfant |
Serge Moati, né Henry Haïm Moati,, le à Tunis, est un journaliste et documentariste français. Il est le père de l'acteur Félix Moati.
Il travaille surtout pour la télévision mais a aussi été scénariste, producteur de cinéma, acteur et écrivain. Moati fut également conseiller de François Mitterrand en 1971. Sa reconnaissance par le grand public date de 1999, année où il commence à animer sur France 5 Ripostes, une émission de débats politiques et sociaux.
(Henry) Serge Moati est le benjamin d'une fratrie de trois enfants nés au sein d'une famille intellectuelle aisée, juive tunisienne, dont il retrace l'histoire dans Villa Jasmin, qu'il publie en 2003.
Son père Serge (1903-1957) était journaliste, notamment à Tunis socialiste et au Petit Matin, et réalisait des chroniques radiophoniques. Fils de franc-maçon, il était socialiste et franc-maçon lui-même à la Grande Loge de France, rattaché à la communauté des Granas. Arrêté pour ses activités de résistance durant la Seconde Guerre mondiale, il fut déporté et interné au camp de concentration de Sachsenhausen avant de parvenir à s'en évader ; il participa ensuite à la libération de Paris avant de retrouver sa famille.
Sa mère Odette née Scemama (1905-1957) est quant à elle issue de la communauté des Juifs natifs de Tunisie, les Twânsa, ce qui donne un caractère particulier au mariage de ses parents.
Sa sœur aînée, Nine Moati (1937-2021) est une romancière.
Serge Moati se marie avec Agnès Chaniolleau en 1980. En 1984, il épouse en secondes noces Sophie Gourdon, née le , énarque, présidente de la troisième chambre de la Cour des comptes depuis 2015, décorée de la Légion d'honneur et de l’ordre national du Mérite.
Il a trois enfants :
Serge Moati devient grand-père pour la première fois en 2017.
Élève au lycée Carnot de Tunis, Serge Moati vit en Tunisie jusqu'à la mort de ses parents en août et octobre 1957. Orphelin à l'âge de onze ans (son père meurt d'une crise cardiaque en et sa mère d'un cancer en ), il quitte le pays et s'installe avec sa sœur Nine à Paris. Il a alors beaucoup de mal à accepter sa judéité : "Quand j'étais petit, à Paris, à la fin des années 50, "juif" me paraissait être un "gros mot". Une sorte d'insulte. J'en avais honte. Comme une obscénité affichée. En outre, je n'en aimais pas la sonorité. Donc, je me cachais. Mon patronyme faisait "corse" et, de religion, je n'en avais point. Je tentais de cacher, d'enfouir le juif au plus secret de moi pour le bâillonner, l'oublier à jamais."
Il poursuit en tant que pensionnaire ses études au lycée Michelet à Vanves où il met en place, alors qu'il n'a que 16 ans, un groupe Action et Résistance pour essayer de protéger les maisons menacées par l'O.A.S.
Il devient franc-maçon à 18 ans en Afrique et démissionnera après être devenu directeur de France 3.
Il effectue son service militaire à Niamey où il est affecté à la télévision scolaire.
Serge Moati joue divers petits rôles : dans Les Quatre Cents Coups, de François Truffaut, dans La Femme-bourreau (1968) de Jean-Denis Bonan, dans le téléfilm Au bout du chemin (1981) où il croise la comédienne Claude Jade, il incarne un metteur en scène.
On l'aperçoit également comme figurant à la fin du film Le Courage d'aimer, de Claude Lelouch (2005), où il joue le rôle d'un prêtre célébrant le mariage simultané des jumelles Anne et Clémentine jouées par Mathilde Seigner.
En 2009, il joue le rôle d'un pharmacien dans le film Plus tard tu comprendras, d'Amos Gitaï. En 2011, il fait une apparition dans Dix-sept Filles, de Delphine et Muriel Coulin.
Vers l'âge de vingt ans, il est militant à la Fédération anarchiste le samedi au Quartier latin avant de s'inscrire en à la SFIO où il rencontre François Mitterrand dont il devient en 1971 le conseiller pour l'audiovisuel.
En 1981, toujours conseiller de François Mitterrand, il le prépare avec Robert Badinter au débat télévisé d'entre-deux-tours. Ils élaborent une codification du débat en vingt et un points (valeur de plan, absence de plans de coupe, distances, supervision du réalisateur par un représentant de chaque candidat, etc.). Serge Moati déclarera plus tard que ces conditions techniques étaient destinées à être inacceptables pour l'autre camp, afin de les contraindre à refuser le débat que François Mitterrand désire éviter. Elles sont pourtant acceptées sans réserve par les conseillers de Valéry Giscard d'Estaing, et restèrent longtemps en vigueur jusqu'à un assouplissement en 2017. Serge Moati sera présent en régie auprès du réalisateur comme représentant de François Mitterrand, demandant des gros plans, voire très gros plans, sur son candidat pour mettre en valeur sa capacité d'écoute. Il jouera à nouveau ce rôle en 1988 et 1995, et sera également le réalisateur de la cérémonie d'investiture du au Panthéon.
En , Serge Moati se prononce à l'antenne de la Radio télévision suisse sur les grèves françaises relatives à la loi Travail et se déclare surpris de la « haine » qui existe dans les manifestations.
À la suite d'une petite annonce dans France-Soir, il est embauché comme assistant réalisateur pour la télévision scolaire du Niger lors de son service national en 1965. En 1966, il tourne un court métrage de 16 minutes, Les Cowboys sont noirs, qui retrace le tournage de Le Retour d’un aventurier de Moustapha Alassane, une fiction où un jeune ramène des États-Unis des panoplies complètes de cow-boys qu'endossent les jeunes du village pour le terroriser, déclenchant la colère des anciens .
C'est grâce à ces premières expériences qu'il entre à l'âge de 21 ans comme assistant réalisateur puis réalisateur à l'ORTF où il collabore à de nombreux magazines comme Dim, Dam, Dom ou 5 colonnes à la une pour lequel il couvre notamment la guerre du Viêt Nam.
Il devient directeur des programmes de FR3 de 1981 à 1982 puis directeur général de 1982 à 1985.
De 1999 à 2009, sur La Cinquième puis France 5, il anime Ripostes, une émission de débats politiques et sociaux.
En , il participe au lancement de la chaîne Match TV et produit notamment l'émission hebdomadaire d'entretiens FBI - Florence Belkacem Interview.
Entre 2009 et 2011, sur cette même chaîne, il présente une émission sur le cinéma intitulée Cinémas. Il s'agissait d'un magazine hebdomadaire diffusé le samedi à 17 h 55.
De 2011 à 2012, sur LCP - Assemblée nationale, il anime Objectif Elysée et Objectif Assemblée, deux émissions de débats politiques liés aux deux échéances électorales successives de 2012.
De 2012 à 2015, il anime PolitiqueS, émission hebdomadaire sur LCP-AN.
Dirigée depuis 1990 par Serge Moati, Image et Compagnie est aujourd'hui une société moyenne du secteur de la production audiovisuelle française. Son activité propose différents types de programmes (fictions, documentaires, magazines). Image et Compagnie souhaite dans les années à venir renforcer la diversification de ses diffuseurs et la production de séries ou collections permettant d'engager des frais de développement sur des projets prestigieux de fiction et de documentaire et élargir son assise à l'international grâce au développement de films pour une commercialisation hors de France.
Réalisateur de documentaires à partir de 1968, ses films sont diffusés dans des émissions du service public : Cinq colonnes à la une, La Marche du siècle ou encore Envoyé spécial.
Serge Moati a contribué au documentaire Paris Couleurs, de l'indigène à l'immigré en tant que délégué de production.
