L’expression « smoking gun » (littéralement « pistolet fumant », mais au sens figuré « l’arme du crime encore fumante ») désigne, en anglais, un élément de preuve qui établit de façon indiscutable la culpabilité d'une personne ou la réalité d'un fait répréhensible. Par extension, l’expression s'emploie pour toute preuve jugée décisive.
L'image est celle d'une arme à feu qui fume encore : elle vient d'être utilisée, donc celui/celle qui la tient a tiré juste avant.

En droit anglo-saxon, le smoking gun est généralement rattaché à une preuve indirecte (ou circonstancielle), par opposition à une preuve directe, comme le témoignage d'une personne ayant assisté aux faits en question. Le sens s'est étendu en dehors du champ judiciaire : par exemple, en science, on parle de smoking gun pour un résultat qui soutient très fortement une hypothèse.
La première occurrence de l'image se trouve chez Arthur Conan Doyle, dans la nouvelle de Sherlock Holmes Le Gloria Scott (1893), où l'aumônier se tient près d'un cadavre, « un pistolet fumant à la main » (« a smoking pistol in his hand »). Le terme employé est d’ailleurs pistol et non gun.
L'expression ne devient courante que beaucoup plus tard : les dictionnaires la datent des années 1970. La première attestation est 1974, selon l'Online Etymology Dictionary,.
C'est le scandale du Watergate qui popularise l'expression. Pendant l'enquête du Congrès sur le président Richard Nixon, ses défenseurs affirment qu'aucune preuve ne démontre son implication : il n'y avait « pas de smoking gun ». Dans la dernière phase de l'affaire, en 1974, la question posée par les parlementaires était : « Where's the smoking gun? ».
Rendu public en août 1974, l'enregistrement d'une conversation du entre Nixon et son chef de cabinet H. R. Haldeman — dans laquelle Nixon évoque le moyen d'arrêter l'enquête du FBI — est surnommé la « smoking gun tape ». Le représentant républicain Barber Conable, pourtant défenseur de Nixon, compare l'enregistrement à un smoking gun,.
Le , la conseillère à la Sécurité nationale américaine Condoleezza Rice déclare, à propos du programme nucléaire (supposé) de l'Irak de Saddam Hussein, qu'on ne souhaite pas que le « smoking gun soit un champignon atomique » (« we don't want the smoking gun to be a mushroom cloud »). La formule est souvent citée dans les analyses de la guerre d'Irak.
L'expression est employée telle quelle dans la presse, notamment dans les affaires politiques ou judiciaires. L'expression française de « pistolet fumant » étant peu usitée, on parle plutôt de « preuve irréfutable » ou « accablante ».