| Titre original |
急に具合が悪くなる Kyū ni guai ga waruku naru |
|---|---|
| Réalisation | Ryūsuke Hamaguchi |
| Scénario |
Ryūsuke Hamaguchi Léa Le Dimna |
| Musique | Samuel Andreyev |
| Acteurs principaux |
Virginie Efira Tao Okamoto |
| Sociétés de production |
Cinefrance Studios Bitters End Office Shirous |
| Pays de production |
|
| Genre | Drame |
| Durée | 196 minutes |
| Sortie | 2026 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Soudain (急に具合が悪くなる, Kyū ni guai ga waruku naru) est un film dramatique germano-belgo-franco-japonais réalisé par Ryūsuke Hamaguchi et sorti en 2026.
Avec ce long métrage, co-écrit avec Léa Le Dimna, le réalisateur japonais signe ses débuts en langue française. Il met en vedette Virginie Efira et Tao Okamoto dans les rôles principaux, récompensées toutes deux par le prix d'interprétation féminine au Festival de Cannes 2026.
Inspiré de 20 lettres échangées entre Maoko Miyano, philosophe qui lutte contre un cancer du sein métastatique, et Maho Isono, anthropologue ayant mené de nombreuses enquêtes sur le terrain, publié en 2019 dans un livre documentaire sous le titre Kyū ni guai ga waruku naru (litt. « Soudain, je me sens mal »), le long métrage dépeint les échanges entre ces deux femmes qui se sont rencontrées par hasard et leur façon d’affronter le monde.
Marie-Lou Fontaine dirige une maison de retraite privée, accueillant des personnes atteintes de troubles cognitifs, en banlieue parisienne. Avec son associé administratif, Olivier, elle tente de former le personnel à une approche de soin humaniste appelée « Humanitude » — une méthode qui souligne la présence du soignant auprès du patient, l'intérêt pour le patient du dialogue, du toucher et de la marche. Elle se heurte régulièrement à Sophie, infirmière en chef présente dans l’établissement depuis l’époque où celui-ci était encore un hôpital psychiatrique ; Sophie refuse de se former à cette méthode, invoquant la surcharge de travail du personnel soignant. Lorsqu’une infirmière démissionne et que Sophie menace elle aussi de partir à la suite d’une altercation, Marie-Lou, en proie à l’insomnie et au bord du burn-out, se met en quête de réponses.
Un jour, en quittant son lieu de travail, Marie-Lou aperçoit un jeune Japonais en situation de handicap mental qui court le long de son tramway. Elle le suit jusqu’à un parc, où elle reste avec lui et le rassure en attendant l’arrivée de ses accompagnateurs. Il s’avère qu’il s’agit de Tomoki, le petit-fils du comédien Gorō Kiyomiya. Ce dernier, accompagné de Mari Morisaki — la metteuse en scène de sa pièce de théâtre —, vient le récupérer grâce à un système de géolocalisation. Mari remercie Marie-Lou et en profite pour lui remettre un programme de la pièce.
Marie-Lou assiste à la représentation, dans laquelle Gorō incarne le psychiatre italien Franco Basaglia, célèbre pour avoir œuvré à la fermeture des hôpitaux psychiatriques en Italie. Tomoki monte sur scène et est intégré au spectacle. Lors de la séance de questions-réponses qui suit, Marie-Lou s’adresse à Mari en japonais — au grand dam d’une partie du public français —, expliquant à quel point la pièce a fait écho à son propre vécu de professionnelle de la santé mentale. En guise de réponse, Mari lui confie qu’elle est atteinte d’un cancer du sein en phase terminale. Après la séance, les deux femmes se retrouvent et se promènent sur les quais de Seine, échangeant sur leurs parcours respectifs, entre le Japon et la France.
Marie-Lou invite Mari à séjourner dans la maison de retraite, où elle lui fait découvrir les techniques de l’« Humanitude ». S’appuyant sur sa formation de philosophe, Mari analyse la manière dont le capitalisme génère un « dedans » et un « dehors » : un « dehors » qui ne cesse de s’étendre à mesure que ses ressources sont consommées, tandis que le « dedans », lui, se contracte. Soudain, l'état de santé de Mari se détériore, l'obligeant à retourner à Kyoto, au Japon. Marie-Lou l'accompagne ; ensemble, elles ont des échanges profonds dans l'ancienne demeure de Mari. Au Japon, le médecin révèle que le cancer de Mari a récidivé et a métastasé ; il ne lui reste plus que trois mois à vivre. Marie-Lou convainc Mari de revenir à Paris plutôt que d'être admise dans une structure de soins palliatifs au Japon.
Marie-Lou permet à Mari de s'installer dans la maison de retraite en tant qu'artiste en résidence, l'établissement se trouvant à proximité d'un grand hôpital. Tandis que Marie-Lou présente ses excuses à Sophie et accepte, à la demande du personnel, de réduire les séances de formation à la méthode « Humanitude », Mari met en place des ateliers conceptuels pour les résidents, en s'appuyant sur des techniques théâtrales. Un jour, des actionnaires se rendent sur place pour évaluer l'avancement de la démarche « Humanitude » ; ils découvrent alors des résidents en train de marcher et des familles qui interagissent avec le personnel soignant.
Lors d'une représentation de la pièce de Mari au sein de l'établissement, Tomoki renverse accidentellement les écrans qui diffusaient les sous-titres en français de la pièce, jouée en japonais. Alors que Gorō décide de passer au français, l'incident provoqué par Tomoki déclenche une réaction en chaîne : plusieurs résidents se mettent spontanément à participer aux activités issues des ateliers de Mari. Submergée par l'émotion, Mari est prise dans les bras de Marie-Lou. Pour la première fois, Mari exprime son désir de vivre.
Quelque temps plus tard, Gorō et Tomoki retournent au Japon. Sur une montagne surplombant la maison de Mari — le lieu même où Marie-Lou et elle avaient discuté —, ils dispersent les cendres de Mari au gré du vent. À la maison de retraite, les ateliers initiés par Mari se poursuivent sous la direction de Marie-Lou, qui peut enfin, elle aussi, trouver un peu de repos.
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En , il est annoncé que Ryūsuke Hamaguchi tournera à Paris son premier long métrage en français, avec Virginie Efira et Tao Okamoto dans les rôles féminins principaux.
Le film s'inspire librement d'un recueil de lettres échangées entre la philosophe Makiko Miyano et l'anthropologue médicale Maho Isono, publiées dans le livre documentaire Kyū ni guai ga waruku naru (litt. « Soudain, je me sens mal »). Ces lettres retracent les réflexions de Miyano et Isono sur la vie, la maladie et la mort alors que Miyano luttait contre un cancer du sein métastatique ; Miyano a perdu connaissance peu après avoir rédigé la préface du livre et est décédée 15 jours plus tard. Ryūsuke Hamaguchi, qui avait reçu plusieurs propositions après la sortie de son film Drive My Car, n’a prêté attention à ce projet que parce qu’il avait été « profondément ému » par la correspondance entre les deux femmes. Il développe le projet pendant deux ans, en se rendant en France, notamment pour animer un atelier avec des acteurs français afin d’observer leur travail. Pour se préparer à son rôle, Virginie Efira apprend le japonais. Comme Ryūsuke Hamaguchi avait décidé de transposer l'action en France, il réfléchit à la manière dont il pourrait créer un pont entre la France et le Japon. Il opte ainsi pour une approche thérapeutique appelée « Humanitude » : « C'est une méthode française qui a été importée au Japon et qui y est désormais pratiquée dans plusieurs établissements ; elle place la dimension humaine au cœur des soins thérapeutiques, pour l'intégrité de chaque être humain, ».
Le tournage débute le , et se déroule à Paris et à Kyoto. Il s'achève le suivant.
Paris est le principal lieu de tournage, Ryūsuke Hamaguchi souhaitant montrer « un Paris un peu différent des clichés que l'on peut avoir sur la ville », inspiré par ses séjours dans « des endroits peu touristiques ». Ryūsuke Hamaguchi avait rencontré pour la première fois le producteur David Gauquié, de Cinefrance, en 2022, alors qu'ils discutaient du cinéma français dans un café de Shibuya. Hamaguchi considère le cinéma français comme une source d'inspiration et un élément central de sa « vision en tant que cinéaste » ; il a également déclaré qu'il « s'efforçait désespérément d'apprendre le français ».
Cinefrance lance la commercialisation internationale du film au Marché européen qui se tient en parallèle de la Berlinale, en collaboration avec Bitters End, qui s'est chargé des ventes en Asie.
Soudain sort en salles au Japon, distribué par Bitters End, le , et en France, distribué par Diaphana Distribution, le suivant.
En France, le site Allociné donne au film une moyenne de 4,3⁄5 après avoir recensé 37 critiques de presse et une note moyenne de 4⁄5 sur la base de 1 608 notes et 263 critiques de spectateurs.
| Pays ou région | Box-office | Date d'arrêt du box-office | Nombre de semaines |
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| 350 023 entrées | 5 | ||
| 1 227 $ |