Stagire (en grec ancien d'abord Στάγειρος / Stágeiros puis τὰ Στάγειρα / tà Stágeira) est une ancienne cité grecque située en Chalcidique, sur le golfe Strymonique (actuellement située au nord-ouest du territoire de la municipalité de Stagira-Akanthos). Elle est principalement connue pour être le lieu de naissance d'Aristote.
Dès le VIesiècle, Stagire frappe des statères d'argent. En , elle est occupée par le roi achéménideXerxès Ier. Elle entre dans la Ligue de Délos. Elle relève du district de Thrace et s'acquitte d'un tribut annuel de 1 000 drachmes. En , suivant l'exemple d'Acanthos, Stagire et Argilos, se révoltent et rejoignent le SpartiateBrasidas,; Sane, la quatrième colonie andrienne, reste fidèle à la ligue. En , Athènes envoie le démagogue Cléon comme stratège pour prendre la cité, mais celui-ci échoue,. À la paix de Nicias, Stagire figure —avec Argilos, Acanthos, Skolos, Olynthe et Spartolos— au nombre des six poleis membres de la ligue de Délos dont le traité définit les conditions de leur adhésion: elle est déclarée autonome.
Philippe II, alors aux prises avec les Chalcidiens, réussit à prendre la cité en 348 et la fait détruire,. En hommage à Aristote, natif de Stagire et précepteur de son fils Alexandre, Philippe restaure la cité quelques années plus tard.
À l'époque de Strabon, Stagire est active mais a été déchue de son rang de cité.
Le sanglier (κάπρος) est l'emblème de la cité. Il apparaît sur son monnayage. Le linteau de la porte principale du rempart de la cité est orné d'un relief représentant un lion et un sanglier. Le sanglier rappelle le nom de son port et de la petite île qui lui fait face.
Stagire et Aristote
Stagire, lieu de naissance et tombe d'Aristote
Aristote est né à Stagire en 384 av. J.-C. Le philosophe est surnommé pour cette raison le «Stagirite» ou le «philosophe de Stagire». Selon la tradition rapportée par la Vita Marciana, après la mort d'Aristote à Chalcis, les habitants de Stagire ramenèrent le corps ou les cendres de leur bienfaiteur,,; érigèrent un autel sur sa tombe,; appelèrent le lieu de sa sépulture Aristoteleion qu'ils utilisèrent ensuite comme lieu de réunion de leur conseil,,; appelèrent un mois de l'année en son honneur,,,; et célébrèrent un festival annuel à sa mémoire,,,. La cité abrite peut-être son tombeau.
La ville est entourée d'un mur construit en différents types de maçonnerie: d'environ 2 mètres d'épaisseur, sa longueur est de 1,5 à 2 kilomètres; le début de sa construction est daté de vers .
Sur la colline septentrionale, trois sanctuairesarchaïques ont été découverts: le premier, proche de la mer, pourrait avoir été dédié à Déméter; le second est probablement un Thesmophorion; le troisième, proche du sommet de la colline, est un temple dédié à une divinité qui n'a pas été identifiée. La colline septentrionale abrite aussi les vestiges d'un complexe de l'époque byzantine dans lequel ont été découverts les restes du mur archaïque avec un linteau daté du VIesiècleav. J.-C. et portant une inscription, elle-même datée du IVesiècleav. J.-C..
Dans la dépression entre les deux collines, l'agora a été découverte. S'y trouve un portique (stoa) en appareilpseudo-isodome et daté du IVesiècleav. J.-C.. Près de l'agora, se trouve une voie pavée de 3 mètres de large.
Au sommet de la colline méridionale se trouvent les vestiges de l'acropoletriangulaire.
Sur les deux collines, des vestiges d'habitations ont été découverts.
[Haake 2020] (de) Matthias Haake, «Städtische Philosophenkulte in der griechischen Welt zwischen Archaik und Hellenismus – Fakten und Fiktionen», Mythos, no14, , p.187-197 (DOI10.4000/mythos.1901, résumé, lire en ligne[PDF]).
[Flensted-Jensen 2004] (en) Pernille Flensted-Jensen, «Thrace from Axios to Strymon», dans op. cit., partie II, chap.27, p.810-853;
[Hansen et Nielsen 2004] (en) Mogens Herman Hansen et Thomas Heine Nielsen, «Toponyms as evidence for polis identity», dans op. cit., partie I, p.55-57;
[Reger 2004] (en) Gary Reger, «The Aegean», dans op. cit., partie II, chap.25, p.732-793.
[Parisot 2015] Pierrick Parisot, Le contrôle de l'espace européen par les rois de Macédoine: des origines à la fin de la monarchie (VIesiècleav. J.-C. – ), t.Ier: Texte (thèse de doctorat en histoire ancienne, préparée sous la direction de Michel Sève et soutenue le ), Metz, Université de Lorraine, École doctorale Fernand-Braudel, Centre de recherche universitaire lorrain d'histoire, , 633p. (OCLC935067617, HALtel-01754456, SUDOC190747986, présentation en ligne, lire en ligne[PDF]).
[Struck 1907] (de) Adolf Struck, Makedonische Fahrten, t.Ier: Chalkidike, Vienne et Leipzig, A. Hartleben, coll.«Zur Kunde der Balkanhalbinsel: Reisen und Beobachtungen» (no4), , 1reéd., 88-[1]p., 24 cm (OCLC494458117, BNF31415044, SUDOC130881368, lire en ligne).