| Stanbrook | |
Le Stanbrook (alors Lancer sur l'image) naviguant peu après 1909. | |
| Autres noms | Lancer Stanhope Polyfloisvios |
|---|---|
| Type | Navire de commerce |
| Histoire | |
| Chantier naval | Tyne Iron Shipbuilding Company (d) |
| Lancement | |
| Statut | Torpillé le 19 novembre 1939. |
| Équipage | |
| Équipage | 24 personnes |
| Caractéristiques techniques | |
| Longueur | 70,1 m |
| Maître-bau | 10,4 m |
| Déplacement | 1383 t. |
| Tonnage | 114 500 tonnes |
| Propulsion | Vapeur |
| Puissance | 75 600 kW soit 102 000 ch |
| Vitesse | 11 nœuds |
| Carrière | |
| Armateur | Stanhope SS Co Ltd |
| Pavillon | |
| modifier |
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Le Stanbrook est un bateau à vapeur de la marine marchande britannique célèbre pour l'action héroïque de son capitaine, Archibald Dickson, qui décide de sauver des familles républicaines piégées dans le port d'Alicante le , à la fin de la guerre d'Espagne.
Le navire sera torpillé six mois après cet épisode, en mer du Nord, par les Allemands.

En , à la fin de la guerre d'Espagne, un très grand nombre de familles républicaines rejoignent Alicante dans l'espoir de s'exiler par la mer. Or, le blocus maritime, l'aviation nazie et le renfort des militaires italiens de la division Littorio interdisent à tout bateau humanitaire d'accoster : le port d'Alicante devient un piège pour des milliers de républicains. Ils sont arrêtés sur les quais et conduits par les soldats italiens de la division Littorio, unité militaire venue en renfort des troupes franquistes, au camp de concentration de Los Almendros, puis à celui d'Albatera, où ils sont internés.
Le Stanbrook est alors à cette époque au service du gouvernement républicain espagnol, au travers de la compagnie France-Navigation.
Le Stanbrook fut visé plusieurs fois par l'aviation nationaliste. Il fut touché par une bombe lors d’un raid aérien sur Barcelone le . Il fut ensuite coulé après avoir été touché par des bombes larguées par des hydravions Savoia de l'aviation Italienne, le , au port de Vallcarca, près de Barcelone. Le navire sera réhabilité pour naviguer à nouveau,. Le , le navire subira à nouveau de lourds dommage causés par l'aviation franquiste dans le port de Valence.
D'autres navires sont également partis du port d'Alicante, au mois de avant le Stanbrook. Le Ronwyn, le , avec 637 passagers, et l'African Trader, le , avec 859 personnes. Enfin, le Maritime est parti le , avec seulement 32 personnes à bord qui étaient des responsables Républicains importants,. Le Lézardrieux partira également le du port de Valence à destination d'Oran.
De plus petites embarcations ont également rejoint l'Algérie ou le Maroc, comme notamment le chalutier La Guapa, parti de Santa Pola et arrivé à Ténès le , avec 94 personnes,.
Le 17 Février 1939, revenant de Valence, le Stanbrook s'amarre à Marseille, avec à son bord 6 réfugiés espagnols,. Le navire restera à quai dans le port de Marseille un mois. Le 17 Mars 1939, le capitaine Gallois Archibald Dickson reçoit l'ordre de partir pour Alicante. Le navire, après avoir évité un destroyer nationaliste, y arrivera le 19 Mars 1939,.
Le , quatre jours avant la fin de la guerre, le Stanbrook est à quai, attendant des cargaisons de tabac, d'oranges et de safran. Des milliers de réfugiés se massent sur le quai, au bureau des douanes. Les réfugiés sont composés de soldats et gradés de l'armée républicaine, de brigadistes internationaux, de fonctionnaires, de politiques, de militants...
Selon une lettre écrite par Archibald Dickson datée du et envoyée au journal Britannique The Sunday Dispatch, les responsables du port lui demandent d'embarquer ces passagers et de les déposer à Oran. Il décide alors de les faire embarquer, à l'encontre des ordres de son armateur,. L'écrivain, journaliste et ex -vice-président du SPD du sous-district de Munich, Rolf Reventlow, mentionne également le gouverneur civil de l'époque, Manuel Rodríguez Martínez, qui aurait réussi à convaincre le capitaine.
Le Stanbrook quitte le port le au soir, aux alentours de 22 h 30, avec environ 3000 personnes à son bord. Le capitaine força le blocus nationaliste en naviguant sans lumières. Le Stanbrook fait alors route vers Oran. 10 à 15 minutes plus tard, l'aviation nationaliste bombardera le port,,.
Après 22 h de trajet, le Stanbrook atteint le port de Mers el-Kébir, près d'Oran,. Le , le navire sera ensuite amarré au quai du ravin-blanc, dans le port d'Oran.
Une liste des passagers sera dressée par la préfecture de police. Cette dernière est consultable aux Archives nationales d'Outre-Mer à Aix-en-Provence. Cependant, certains passagers ne sont pas présents sur la liste officielle, probablement descendus grâce à un contact important, ou tout simplement non comptabilisés, à la suite des débarquements successifs.
La liste dressée par les autorités françaises, comptabilise 2638 personnes (avec des doublons sur certains noms). De son côté, la Federación Socialista de Alicante fait état de 3016 personnes,. Le politicien espagnol Rodolfo Llopis, dans un article du du journal El Socialista, mentionne le nombre de 3028 passagers.
Les malades, les blessés, les femmes et les enfants seront débarqués les premiers. Le reste des milliers d'exilés ne sera totalement débarqué que le ,, après avoir passé pour certains près d'un mois sur le navire, dans la promiscuité et l'insalubrité. C'est surtout le risque de départ d'épidémie qui motiva les autorités françaises à débarquer totalement les exilés.

Le nombre exact de personnes est inconnu et de nombreuses erreurs semblent s'être glissées dans la liste rédigée par les autorités françaises,. De plus, plusieurs personnalités (Julio MANGADA ROSENÖRN, Ricardo SERNA ALBA, Manuel VERDU GONZALEZ...) notamment liées au socialisme, au communisme ou à la franc-maçonnerie semblent avoir bénéficié d'un débarquement précoce grâce à des contacts privilégiés sur place,.
Le , le Stanbrook, l'African Trader et le Lézardrieux seront saisis sur ordre du préfet d'Oran. Le Stanbrook repartira quant à lui le du port d'Oran, à destination de Casablanca,,.
Les journaux locaux d'Oran de l'époque couvriront assez précisément le déroulement des événements. Le quotidien L'Écho d'Oran sera ouvertement hostile aux réfugiés, tandis que l'Oran républicain, organe de presse créé par des républicains de gauche, appelait à la solidarité des Oranais envers les réfugiés, et fustigeait les conditions de détention des exilés. Du côté d'Alger, où se trouvaient plusieurs camps d'accueil, le quotidien Alger républicain a couvert les événements liés aux camps et a relayé les demandes des réfugiés.

De nombreuses références au Stanbrook existent dans la culture populaire, notamment: