Stettmeister

Stettmestre de Strasbourg
Image illustrative de l’article Stettmeister
Armoiries de la ville impériale libre de Strasbourg

Image illustrative de l’article Stettmeister
Jacques Sturm de Sturmeck ( - ), stettmestre à partir de .
(Rue de la Haute-Montée, Strasbourg)

Création
Abrogation
Mandant élection par cooptation
Durée du mandat trimestrielle
Premier titulaire Gozelinus ()
Dernier titulaire 4 titulaires () :
  • Léopold Philippe André de Neuenstein
  • François Joseph Haffner de Wasslenheim
  • Frédéric Louis Regnard Wurmser de Vendenheim
  • Philippe Jacques Regnard de Berstett

Liste des stettmestres de Strasbourg

Le stettmestre (en allemand : Stettmeister, littéralement « maître de la ville ») désigne la fonction et le titre porté par le premier magistrat ou régent de la ville impériale libre de Strasbourg à partir du XIIIe siècle jusqu'à la Révolution française de .

Cette appellation se retrouve dans d'autres villes de la plaine d'Alsace comme à Colmar sous des formes équivalentes (Oberstmeister et Obristmeister, à savoir « maître supérieur », ou bourgmestre, à savoir « maître des bourgeois »). Le terme prend différentes orthographes comme Stättmeister voire Städtmeister comme c'est le cas pour le régent du magistrat de la ville libre de Schwäbisch Hall dans le sud du Saint-Empire romain germanique.

Historique

Dans de nombreuses villes alsaciennes au Moyen Âge, les pouvoirs de l'empereur, de l'évêque, du seigneur ou de l'abbaye passèrent progressivement au patriciat urbain, puis aux bourgeois, au cours des XIIe et XIIIe siècles.

Ainsi à Strasbourg, les ministériaux du prince-évêque de la ville, à savoir le prévôt (Vogt), le burgrave et le Schultheiss (ce dernier assisté de douze échevins élus par les habitants) firent place au début du XIIIe siècle à un conseil de douze membres, présidé par un maître issu de son sein, qui reçut le titre de Stettmeister. Cette magistrature annuelle fut rapidement dédoublée, les deux Stettmeister se relayant chacun pour six mois, puis portée à quatre, chacun exerçant la régence pendant un trimestre. Le conseil exerça l'intégralité du pouvoir politique lorsque la ville se détacha de l'autorité de la principauté épiscopale de Strasbourg en .

Jusqu'à la révolution urbaine de qui porta les bourgeois au pouvoir, la ville fut dominée par le patriciat. Deux grandes familles, les Zorn et les Müllenheim, se partagèrent les diverses fonctions et notamment celle de Stettmeister.

Les nouveaux statuts adoptés en , tout en maintenant les quatre Stettmeister (tous nobles) à la tête de la cité, transférèrent l'essentiel du pouvoir exécutif à un Ammeister annuel, issu de la bourgeoisie.

De à , la ville étant devenue officiellement luthérienne, Stettmeister et Ammeister furent toujours des luthériens. Une lettre de Louis XIV du introduisit en effet l'alternative à Strasbourg, mesure prenant effet aux élections du . Désormais chaque poste laissé vacant par un luthérien fut occupé par un catholique et alternativement. Cela entraîna des conversions rapides de certaines grandes familles. Mais jusqu'en 1790 les fonctions de Stettmeister et d’Ammeister furent partagées entre les deux confessions.

Statut

Cérémonie du Schwörtag vers 1785.
(Musée historique de Strasbourg)

À la veille de la Réforme la « république de Strasbourg » possédait une ou « charte de serment » (en allemand : Schwörbrief) ou constitution complexe, mais équilibrée, qui faisait l'admiration d'Erasme.

Quatre Stettmeister, élus pour un an par le Sénat parmi ses membres issus de la noblesse (un tiers de nobles pour deux tiers de bourgeois au Sénat) se relayaient à la régence de la ville tous les trois mois. Le Stettmeister régent représentait la « République », en particulier aux diètes d'Empire, présidait le Sénat, recueillait les votes, gardait les sceaux de la ville et signait les décrets et ordonnances précédés de la formule : « Nous, maîtres, sénat et commune de Strasbourg ». Le Stettmeister sortant présidait la prestation annuelle de serment à la constitution ou « jour du serment » (Schwörtag) en vue de consolider la communauté et l'unité des Strasbourgeois.

L'Ammestre, élu pour un an par le Sénat et choisi parmi ses membres bourgeois, était la deuxième tête du pouvoir exécutif. Il convoquait le Sénat, lui soumettait les affaires à traiter, dirigeait les débats et votait en premier.

Un sénat de 30, puis 56 membres, détenait l'essentiel du pouvoir. Trois conseils issus de son sein, le Conseil des Vingt-et-un, le Conseil des Quinze et le Conseil des Treize, se répartissaient les compétences.

Enfin trois cents échevins élus par les artisans et les commerçants, élisent les membres du sénat et assistent ce dernier pour les grandes décisions (passage de la ville à la Réforme en et capitulation de Strasbourg en ).

Personnalités marquantes

Armorial des Stettmeister et Ammeister de Strasbourg, attribué à Sebald Buheler pour la période - puis complété par d'autres.
(Musée historique de Strasbourg)

Notes et références

  1. 1 2 Himly 1972, p. 48.
  2. ↑ Himly 1972, p. 115.
  3. ↑ (de) Des hochlöblichen schwäbisch- und fränkischen Crayses vollständiges Staats- und Addreß-Buch, Nuremberg, Tilger, (lire en ligne), G21-G23.
  4. ↑ Richard et Tock 2011, p. 109
  5. ↑ Himly 1972, p. 65.

Annexes

Bibliographie

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Articles connexes