Strangulation

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Martyre de William Tyndale, étranglé avant d'être brûlé.

La strangulation ou l'étranglement est l'action de serrer l'avant du cou pour comprimer les veines jugulaires, les artères carotides et/ou la trachée. Elle peut causer l'évanouissement puis la mort par asphyxie.

La strangulation peut être volontaire (tentative de suicide, meurtre, exécution, pratique érotique) ou accidentelle (compression par la chute d'un objet, vêtement happé par une machine).

Traumatologie

La compression du cou entraîne selon le niveau de pression exercé :

Des sensations induites par l'hypoxie sont recherchées par certaines personnes dans des pratiques érotiques (dites asphyxie érotique), pouvant causer des accidents mortels.

Il est démontré que des étranglements répétés, dans le cas de violence conjugale par exemple, exposent à des séquelles se manifestant par des symptômes médicaux spécifiques (troubles neurologiques et des troubles psychologiques de plus en plus fréquents, aves stress post-traumatique) ; pourtant une étude (2001) ayant porté sur 100 femmes ayant subi des étranglements répétés au Texas, a montré que, « malgré l’augmentation de la fréquence des symptômes, seulement 39 % des victimes de strangulation multiple ont demandé des soins médicaux. Ces observations appuient fortement la nécessité pour les professionnels de la santé de s’enquérir de l’incidence de l’étranglement, d’examiner de près la victime pour trouver des preuves de blessures causées par les attaques et de recommander des soins immédiats en prévision des besoins médicaux à long terme potentiels ».

Statistiques, prévalence

Les étranglements mortels et plus encore non-mortels sont sous-diagnostiqués, et leur nombre sous-estimé. Mais quelques études montrent qu'il concerne surtout des femmes, et qu'il survient presque toujours dans le cadre de violence domestique (violences sexuelles dans le couple, longtemps négligées par les statistiques car sous-déclarées et faisant moins l'objet de soins), de la part du conjoint ou d'un proche. Une étude (2010) basés sur 10 ans d'observation (chez 102 victimes vivantes d’étranglement ayant fait l'objet dans le Kentucky et le sud de l’Indiana d'une évaluation médico-légale par un médecin légiste d’État) a trouvé que les victimes avaient été étranglées par des mains dans 83% des cas, par un « partenaire intime » dans 79 % des cas. 38 % des victimes évoquent des antécédents de violence conjugale (et 13 % avaient aussi des antécédents d’agression sexuelle). 38% ont perdu connaissance à cette occasion. 9 % étaient alors enceintes. Chez ces femmes, des traces de traumatismes contondants anciennes sont retrouvées sur la tête et le cou et ailleurs sur le corps.

En Australie, une étude ayant porté sur 1 064 femmes victimes d'étranglement non mortel (dont 77,4 % ont allégué avoir été victimes d’une agression sexuelle), c'est le conjoint ou un partenaire intime qui est le plus souvent coupable, et fréquemment récidivant (« parmi les femmes agressées par un partenaire intime, 22,5 % ont donné des antécédents de SNF, comparativement à moins de 6 % des femmes agressées par d’autres types d’agresseurs »).

Étranglements en arts martiaux

Strangulation pénale

Article détaillé : Lacet étrangleur.

L'étranglement a été également pendant longtemps un mode d'exécution pour la peine capitale, pratiquée un peu partout dans le monde à des périodes différentes.

Aquarelle (1837) d'un artiste inconnu représentant trois thugs étranglant un voyageur. Produite à Lucknow sur la base de descriptions de leaders thugs emprisonnés.

Strangulation criminelle

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Coup du père François

Caricature de Pépin comparant au coup du père François l'action de la ligue formée contre Clemenceau lors des élections législatives françaises de 1893.

Le coup du père François, aussi appelé vol à l'étranglement ou coup en traître, est une technique ancienne de strangulation, s'exécutant à l'aide d'un foulard ou d'une ceinture. Elle se pratique généralement ainsi, à deux personnes :

Elle provoque la mort en quelques instants.

Strangulation à des fins sexuelles ou récréatives

Article détaillé : Asphyxie érotique.

Strangulation accidentelle

Article détaillé : Jeu du foulard (asphyxie).

Ce fut le cas pour Isadora Duncan.

Dans la culture populaire

Voir aussi

Articles liés

Liens externes

Notes et références

Notes

Références

  1. ↑ Strangulation, Universalis.fr
  2. ↑ [PDF] Strangulation : module de médecine légale
  3. ↑ (en) Donald J. Smith, Trevor Mills et Ellen H. Taliaferro, « Frequency and relationship of reported symptomology in victims of intimate partner violence: the effect of multiple strangulation attacks », The Journal of Emergency Medicine, vol. 21, no 3,‎ , p. 323–329 (DOI 10.1016/S0736-4679(01)00402-4, lire en ligne, consulté le )
  4. ↑ (en) Lucy Church Barker, Donna E. Stewart et Simone N. Vigod, « Intimate Partner Sexual Violence: An Often Overlooked Problem », Journal of Women's Health, vol. 28, no 3,‎ , p. 363–374 (ISSN 1540-9996 et 1931-843X, DOI 10.1089/jwh.2017.6811, lire en ligne, consulté le )
  5. ↑ (en) Elizabeth N. Wright, Jocelyn Anderson, Kathleen Phillips et Sheridan Miyamoto, « Help-Seeking and Barriers to Care in Intimate Partner Sexual Violence: A Systematic Review », Trauma, Violence, & Abuse, vol. 23, no 5,‎ , p. 1510–1528 (ISSN 1552-8324, PMID 33685295, DOI 10.1177/1524838021998305, lire en ligne, consulté le ).
  6. 1 2 3 4 5 (en) Lisa B.E. Shields, Tracey S. Corey, Barbara Weakley-Jones et Donna Stewart, « Living Victims of Strangulation: A 10-Year Review of Cases in a Metropolitan Community », The American Journal of Forensic Medicine and Pathology, vol. 31, no 4,‎ , p. 320–325 (ISSN 0195-7910, DOI 10.1097/PAF.0b013e3181d3dc02, lire en ligne, consulté le )
  7. ↑ (en) Renate R. Zilkens, Maureen A. Phillips, Maire C. Kelly et S. Aqif Mukhtar, « Non-fatal strangulation in sexual assault: A study of clinical and assault characteristics highlighting the role of intimate partner violence », Journal of Forensic and Legal Medicine, vol. 43,‎ , p. 1–7 (DOI 10.1016/j.jflm.2016.06.005, lire en ligne, consulté le )
  8. ↑ Ovide, Métamorphoses [détail des éditions] [lire en ligne], XII, 72-171.