Stratigraphie

Stratigraphie
L'analyse des couches géologiques dans la province de Salta (Argentine) se lit comme un livre à ciel ouvert, feuille par feuille, strate par strate.
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Champs
Paléogéographie
biostratigraphie
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Objets

La stratigraphie est une discipline des sciences de la Terre qui étudie la succession des différentes couches géologiques ou strates. Il s'agit d'une approche intégrée, en ce que des résultats apportés par la géochimie, la paléontologie, la pétrographie, l'astronomie sont réunis et exploités à travers différentes méthodes : biostratigraphie, chimiostratigraphie, lithostratigraphie, magnétostratigraphie, cyclostratigraphie…

Ces méthodes, développées de façon relativement indépendante, sont ensuite réinvesties dans des approches plus généralistes :

Éléments historiques

« La stratigraphie est le livre de l'histoire de la Terre. »

Les principes fondamentaux de la stratigraphie sont mis en évidence par Nicolas Sténon au XVIIe siècle. Au siècle suivant, les géognostes wernériens, adeptes du neptunisme, portent leurs efforts sur l'étude des couches mais focalisent leur attention sur leur ordre et leur âge relatif aux dépens de leurs dispositions qui restent inexplicables au XVIIIe siècle. L'étude des formations sédimentaires, qui affleurent dans les bassins tertiaires (bassins de Londres et de Paris), conduit à l'établissement des fondements de la stratigraphie moderne grâce aux travaux d'Alcide d'Orbigny, père de la biostratigraphie et des concepts d'étage et de stratotype (1852-1854), et de Charles Lyell, qui érige le principe d'uniformitarisme de James Hutton (1830-1833).

Grands principes

Les principes de la stratigraphie sont en nombre variable selon les auteurs.

Coupe illustrée de la vallée de la Vézère.

Ce sont d'une part des postulats, qu'il faut vérifier par l'observation, et d'autre part des relations géométriques entre les formations géologiques étudiées.

Les deux principes unanimement acceptés sont le principe de continuité et le principe de superposition.

Principes généraux

Les principes précédents souffrent de nombreux contre-exemples (cf. infra) et doivent être validés par l'observation de la situation étudiée. Ils sont néanmoins des points de départ utilisés par tous les géologues dans une situation inconnue.

Relations géométriques entre les couches

Exceptions aux principes

Pour chacun de ces principes on peut trouver des exceptions. Ces exceptions dépendent du mode de sédimentation et de l'échelle à laquelle on les observe :

Discordance

Profil palinspastique, sous le Crétacé inférieur, à travers les Préalpes médianes. Érosions, lacunes et discordances, liées à une paléotectonique jurassique transpressive le long de la marge N-Briançonnaise.

Lorsqu'il y a interruption de la sédimentation, suivie d'une déformation (failles, basculement ou plissement) et d'une érosion, il y a discordance entre les couches (ou strates) les plus anciennes, déformées, et celles plus récentes, horizontales. Il existe aussi des discordances sédimentaires. Elles sont le résultat d'un changement du milieu de dépôt. Ce changement est provoqué par une variation du niveau marin.

Une discordance angulaire existe entre deux couches superposées dont les pendages sont différents de part et d'autre de la surface de discordance. La série inférieure de strates a alors subi des déformations (basculement dans le cas d'une série monoclinale, plissement dans le cas d'un synclinal ou d'un anticlinal : dans ce cas, c'est une discordance angulaire sur structure plissée).

Certaines strates concordantes en un point peuvent progressivement devenir discordantes : c'est une discordance progressive.

Lacune

Lorsqu'il n'y a pas de continuité chronologique entre deux couches, on parle de lacune ou hiatus. Il y a deux types de lacunes :

La stratigraphie en archéologie

Coupe stratigraphique faite dans le cadre des fouilles archéologiques de l'hospice Gantois, à Lille.

Dans le domaine de l'archéologie, l'archéologue utilise les mêmes principes que le géologue, mais en cherchant à différencier les strates qui contiennent du mobilier archéologique lié à l'anthropisation passée de l'environnement, ce qui permet souvent une datation de celles-ci.

Les différentes couches, ou unités stratigraphiques, permettent la caractérisation et la datation d'une présence humaine sur un site fouillé. Ces couches résultent de l'accumulation de sédiments, d'apports humains (artéfacts), animaux, végétaux ou minéraux (écofacts), de traces d'incendie, de remblai/déblai, etc.

Une coupe stratigraphique met en évidence les différentes couches présentes qui sont autant de différents phénomènes liés à l'activité humaine. Celles-ci sont temporellement distinguées les unes des autres par leurs caractéristiques physiques et leur mobilier. La coupe stratigraphique reconstitue un panorama des activités humaines ou des effets différés de cette activité, à un endroit donné, des premières traces de présence humaine aux dernières. Ces couches sont datées par archéométrie.

Notes et références

  1. ↑ Ex : Tremblay, T (2008). Hydrostratigraphie et géologie du Quaternaire dans le bassin-versant de la rivière Châteauguay, Québec, Mémoire de maîtrise, Université du Québec à Montréal, Département des Sciences de la Terre, Montréal (résumé).
  2. ↑ Ex : Cartographie hydrogéologique régionale du piémont laurentien dans la MRC de Portneuf : hydrostratigraphie et piézométrie des aquifères granulaires de surface. Ressources naturelles Canada, 1998.
  3. ↑ Kimpe W.F.M. (1952), Notes additionnelles à propos de la composition chimique et essai de détermination de la stabilité hydrostratigraphique des eaux dans le Houiller du Limbourg du Sud 3. Congrès pour l'avancement des études de stratigraphie et de géologie du carbonifère, Maastricht, 311-324.
  4. ↑ Campana ME, Harrington GA & Tezcan L. 3, Simulation des écoulements souterrains à partir de modèles à compartiments (lire en ligne).
  5. ↑ ex : Bourgault, M. A., Larocque, M., & Roy, M (2011), Modélisation hydrostratigraphique 3D de l'écoulement souterrain régional de la région du complexe tourbeux de Lanoraie, Geohydro.
  6. ↑ Jacqueline Lorenz, Christiane Villain-Gandossi, Penser le temps, Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, , p. 19.
  7. ↑ Bernard Balan, L'évolution des idées en géologie. Des cosmogonies à la physique du globe, , 272 p.
  8. ↑ Voir aussi Charles Lyell.
  9. 1 2 Emmanuel L., de Rafélis M., Pasco A., Maxi Fiches - Géologie (3ème édition), Dunod, p. 8-9.
  10. 1 2 Morgane Gillard, « Définition | Sill | Futura Planète », sur Futura (consulté le )
  11. ↑ Patrick De Wever, « L’enregistrement sédimentaire du temps », Géochronique, no 98,‎ , p. 38.
  12. ↑ Septfontaine 1995.

Voir aussi

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Articles connexes

Bibliographie

Liens externes