Le site est «positionné sur l'actualité sociétale à destination des jeunes urbains» et souhaite délivrer «une information de terrain, différenciée et structurée pour les 20 et 35 ans».
À ses débuts c'est le «journalisme participatif encadré» qui prédomine: le site propose à des reporters bénévoles de participer à la coproduction de l'information, encadrés par des journalistes professionnels de la rédaction. En , le site s'articule en différentes rubriques: «Enquêtes», «Lieux» et «Gens». Son titre indique se tourner vers les revendications et les luttes de la rue.
En , le site repère et forme des jeunes issus de cinq villes d'Île-de-France, pour couvrir les élections municipales dans leur ville d'origine.
L'équipe produit souvent des vidéos et des illustrations pour accompagner les articles, portraits et interviews. De manière ponctuelle, le site édite des guides qui détaillent la vie de quartiers, des habitants qui les habitent, et partagent des «bons plans». Le site est doté d'une chaîne YouTube qui diffuse des documentaires vidéo, et qui compte plus de 329 000 abonnés.
Investigation journalistique
StreetPress est à l'origine de la publication d'enquêtes et de scoops:
en , StreetPress révèle que l'État déplace des migrants en avion privé, pour un coût de 2 millions d'euros par an. Ceci suscite une conférence de presse du ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve,;
en , StreetPress révèle comment plusieurs agences Pôle Emploi ont organisé des séances de recrutement calquées sur le principe de l'émission The Voice;
en , avec un lanceur d'alerte, StreetPress révèle que depuis est apparu un système de maltraitance et de racisme qui a touché des centaines de personnes mises en dépôt, dans les sous-sol du plus grand tribunal d'Europe, le Tribunal de Paris (ce dépôt est constitué de 120 cellules, surveillées et gérées par près de 200 fonctionnaires de police jour et nuit, où les déférés sont enfermés avant et après leurs passages devant le juge); trois policiers mis en cause sont finalement sanctionnés.
Selon Les Clés de la presse, la structure a réalisé un chiffre d'affaires de 100 000€ en , avec un investissement de départ de 5 000€.
StreetPress est soutenue financièrement par Open Society Foundations de George Soros. Surtout, StreetPress tire 80% de son chiffre d'affaires de son activité d'agence de contenus, pour des clients institutionnels ou entreprise: sur 400 000 euros, 20% viennent de la publicité vendue sur ses publications, dans ses guides désormais mais surtout sur son site, commercialisé par la régie de Vice.
En , StreetPress lance une souscription auprès de ses lecteurs. La gratuité des contenus du site n'est pas remise en cause. L'objectif est de rendre StreetPress moins dépendant des activités d'agence et de concentrer le travail de la rédaction sur les enquêtes,,.
Media Maker, un incubateur de média, a été fondé en par StreetPress en partenariat avec la Evens foundation.
En , StreetPress lance une campagne de dons mensuels auprès de ses lecteurs avec l'objectif d'atteindre 6 000 donateurs réguliers, ce qui lui permettrait d'assurer près de la moitié de son budget annuel. StreetPress lance la même année un Club de soutien à destination de ses donateurs récurrents, ils ont ainsi accès à des conférences et peuvent participer aux orientations éditoriales du média.
Locaux
En , à la suite de l'occupation du lieu par 400 migrants depuis plusieurs mois, la société gestionnaire de la Gaîté-Lyrique annonce «ne plus être en mesure d'assurer la gestion, l'entretien et l'exploitation du bâtiment». StreetPress, qui avait domicilié ses bureaux dans l'un des espaces de coworking de l'établissement, déménage dans l'urgence.
Affaires judiciaires
Condamnation pour diffamation
Le , StreetPress publie un article intitulé «Le doyen d'Excelia business school accusé de harcèlement sexuel».
Excelia dépose plainte avec constitution de partie civile pour diffamation. Les avocats dénoncent, entre autres, une «absence de contradictoire» et invoquent un préjudice d'image.
Le , le tribunal judiciaire de La Rochelle déclare coupable le directeur de la rédaction Jonathan Myara, ainsi que la journaliste ayant signé l'article. Ils sont condamnés à une amende de 1 000 euros avec sursis, ainsi qu'à une peine d'un euro de dommages et intérêts et le remboursement de 1 500 euros de frais.
Daphné Deschamps, Christophe-Cecil Garnier, Nicolas Lebourg, Mathieu Mollard et Johan Weisz, Extrême danger: connaître et contrer l'extrême droite radicale, Rennes, Éditions du commun, , 320p. (ISBN979-10-95630-98-2, présentation en ligne).