| Streif | ||
Le départ de la piste depuis la cabane de départ. | ||
| Administration | ||
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| Pays | ||
| Localité | Kitzbühel | |
| Massif | Alpes de Kitzbühel (Alpes) | |
| Coordonnées | 47° 25′ 27″ nord, 12° 21′ 55″ est | |
| Discipline | Ski alpin (Descente, Super-G) | |
| Événements | Coupe du monde de ski alpin | |
| Descente | ||
| Altitude de départ | 1665 m | |
| Altitude d'arrivée | 803 m | |
| Dénivelé | 862 m | |
| Longueur | 3312 m | |
| Géolocalisation sur la carte : Autriche
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La Streif est une piste de ski alpin située à Kitzbühel dans les Alpes autrichiennes, dans le Tyrol, connue pour accueillir chaque année la descente des réputées Courses du Hahnenkamm (Hahnenkammrennen) et d'autres épreuves comptant pour la Coupe du monde de ski alpin.
Elle est considérée par les skieurs professionnels et par les amateurs comme la descente la plus difficile, la plus technique, la plus dangereuse mais surtout la plus prestigieuse au monde même si elle est moins rapide et moins longue que celle de Wengen ; sa technicité la distingue de Garmisch-Partenkirchen ou Val Gardena.
La Streif offre une descente vertigineuse, devenue mythique par les prestations et les exploits des grands champions qui l'ont remporté, à travers la montagne Hahnenkamm. Pirmin Zurbriggen fait partie des skieurs qui ont plusieurs fois répété qu'une victoire sur la Streif ou au Lauberhorn a davantage d'importance pour eux qu'un titre olympique ou mondial. Connue pour être le cauchemar des skieurs par son caractère impitoyable, elle a souvent été le théâtre de spectaculaires chutes, ne permettant aucune erreur de ski. Deux décennies après la première descente, un tiers des skieurs au départ n'étaient pas arrivés au bout : « Dans les autres descentes, on se chambre un peu, mais à Kitzbühel, le silence règne, on regarde tous nos skis, la tension est palpable », précise Luc Alphand. 100 000 spectateurs sont présents.
La course démarre à 1 665 m d'altitude pour s'achever, après un peu plus de 3 kilomètres de course, à 800 mètres d'altitude. Le départ se fait sur une pente à 85 %, le départ le plus raide de la Coupe du monde de ski, « c'est comme plonger dans le cratère d'un volcan en éruption » indique Didier Cuche. De nos jours, six secondes après le départ, les skieurs arrivent déjà à une centaine de km/h. La pente permet aux skieurs de se livrer à des sauts en aveugle dont la longueur dépasse les 70 mètres. La vitesse moyenne enregistrée lors des descentes disputées dans les années 2000 est de 105,73 km/h avec des pointes de vitesse atteintes dans la compression du Zielschuss à plus de 140 km/h. La vitesse moyenne était de 88,44 km/h dans les années 1960.

La piste est divisée en portions portant chacun un nom : après seulement quelques secondes de course, la Mausefalle (« souricière » en allemand) est la partie la plus raide du parcours (plus de 85%) et constitue le premier saut, et le plus long, dont la réception se fait dans la compression terriblement éprouvante physiquement ; le Karusell est un exigeant virage à 180° qui précède le Steilhang (littéralement « la pente raide ») après lequel il faut s'engager sur un étroit chemin qui débouche sur le Brückenschuss et le Gschöss, une longue partie de glisse ; le parcours plonge ensuite dans l’Alte Schneise, une portion en dévers qui amène au Seidlalmsprung, un saut ; il faut ensuite enchaîner plusieurs virages difficiles avant et après le Lärchenschuss dans lequel il faut conserver une grande vitesse avant d'aborder l'Oberhausberg une portion tournante où la piste remonte un peu ; l’Hausbergkante est un nouveau saut, suivi par la Traverse (ou Hausberg Querfahrt), une portion en dévers qui amène au sommet du schuss final ; la dernière difficulté est le Zielsprung, un saut précédé par une compression qui peut projeter les coureurs en arrière s'il ne maintiennent pas une position compacte lors du saut.

Le parcours a connu plusieurs modifications dans son histoire, comme la création du Seidlalmsprung en 1994, l'ajout progressif de quelques virages pour ralentir les coureurs avant quelques passages dangereux et le rabotage du Zielsprung où plusieurs skieurs se sont grièvement blessés (dont les Suisses Daniel Albrecht en 2009 et Urs Kryenbühl en 2021). En 2022, la trajectoire au niveau de l’Hausbergkante et la zone de réception du saut ont été modifiées pour obliger les skieurs à effectuer un virage plus important avant de s'engager dans la Traverse.
Si les courses comptant pour la Coupe du monde ne s'y déroulent que depuis 1967, les Courses du Hahnenkamm (Hahnenkammrennen) y ont lieu depuis 1931. Elles comprennent à l'origine trois compétitions : descente, slalom et combiné. Si le combiné n'est plus organisé à partir de 2017, la descente et le slalom y sont toujours au programme de chaque année.
Les puristes distinguent volontiers aujourd'hui encore les courses qui font pleinement partie des prestigieuses Courses du Hahnenkamm et les courses supplémentaires (Zusatzrennen) comme les Super-G, les slaloms géants, les descentes courues sur un tracé raccourci et, de manière générale, les épreuves de Coupe du Monde qui sont rajoutées au programme traditionnel (notamment une deuxième descente ou les courses de remplacement qui ont dû être annulées ailleurs). A l'instar des Courses du Lauberhorn à Wengen, on parle ainsi souvent de la « vraie descente » pour désigner celle qui fait partie des Hahnenkammrennen et l'autre qui n'est qu'une épreuve de Coupe du monde.
C'est pourquoi on peut trouver des palmarès ne prenant en compte que les traditionnelles épreuves historiques depuis 1931, seulement celles comptant pour la Coupe du monde, seulement les courses disputées sur la Streif ou parfois toutes celles disputées à Kitzbühel, y compris sur d'autres pistes (comme c'est le cas pour le slalom).
Jusqu'en 1961, des courses féminines étaient organisées sur la Streif, sur un tracé raccourci, mais il a ensuite été décidé de réserver cette piste aux hommes, d'autant plus avec la naissance de la Coupe du monde en 1967. Des descentes féminines étaient prévues en 1990 et 1998 mais toutes deux ont été annulées au dernier moment à cause du mauvais temps.
Lindsay Vonn a plusieurs fois émis le souhait de pouvoir s'aligner à Kitzbühel durant sa carrière, puis regretté après avoir pris sa retraite de ne jamais avoir pu le faire, se sentant « jalouse des hommes ». Ester Ledecká « adorerait » que les femmes puissent skier sur la Streif et déclare que « ce serait extrêmement difficile, mais je suis sûre que nous en sommes capables ». Ilka Štuhec imagine que « peut-être qu’un jour les filles skieront à Kitzbühel, mais ça m’étonnerait que je sois là pour le voir ». Quant à Sofia Goggia, elle réclame déjà qu’hommes et femmes s’entraînent désormais ensemble.
Depuis la création de la Coupe du monde de ski alpin en 1967, Kitzbühel a accueilli la Coupe du monde chaque année (sauf en 1988 et 1993 où les épreuves ont été annulées faute de neige) sous forme de manche avec plusieurs épreuves. Elle reste « une étape obligée ». Les épreuves de la descente, du slalom géant et du Super-G se disputent sur la prestigieuse et mythique Streif. En revanche, le combiné se déroule sur une autre portion de la Streif appelée « Streif familiale », et ne se déroule pas intégralement sur la Streif. Le slalom se dispute lui sur une autre piste, le Ganslernhang (ou Ganslern), située juste à côté de la portion finale de la Streif. Depuis des décennies, la Streif a vu passer les plus grands champions du circuit et est incontestablement parmi les plus grands « classiques » de la Coupe du monde de ski alpin.
Josef Ferstl, qui remporte le Super G de 2019, est le fils de Sepp Ferstl double vainqueur en descente (1978 et 1979).
Les chutes graves, ont toujours fait partie de l'histoire de la Streif et rappellent à chacun le danger permanent que représente cette piste.
