Style international

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Style international
Le Seagram Building de Mies van der Rohe à New York (1954-1958).
Mouvement
Influencé par
DeStjil, le Bauhaus, le Fonctionnalisme
Cible et chronologie
Époque
1920-1980

Le style international est un courant architectural qui s'est épanoui entre les années 1920 et la fin des années 1980 dans le monde entier. Ce style, qui marque l'arrivée des idées du mouvement moderne aux États-Unis, notamment par l'intermédiaire de Philip Johnson au MoMA à New York et de Ludwig Mies van der Rohe à Chicago, résulte du mariage des idées de l'école du Bauhaus et des techniques de construction en acier et en verre des États-Unis. Il caractérise une grande partie de l'architecture des Trente Glorieuses. Sa caractéristique principale est de construire des bâtiments en rupture totale avec les traditions du passé. Ses architectes décident de mettre en valeur les volumes par des surfaces extérieures lisses et sans ornementation, dans un style épuré. Ils souhaitent appliquer le principe de régularité et utiliser pour cela toutes les possibilités offertes par le béton, l'acier et le verre. Le style international se présente donc comme une tendance résolument moderniste et recherche le dépouillement dans la décoration. Sa critique aboutit au Postmodernisme.

Contexte historique

Le style international est issu du Mouvement moderne, animé par les pionniers des années 1920-1940 : l'école du Bauhaus en Allemagne, Le Corbusier et l'Esprit nouveau en France (les « Cinq points de l'architecture moderne » de Le Corbusier - 1926) caractérise les débuts de l'architecture moderne en rupture radicale avec le style Beaux-Arts du XIXe siècle, mais dans le prolongement des idées fonctionnalistes d'Eugène Viollet-le-Duc et de l'Art nouveau.

La transformation du mouvement moderne en « style international » se fait après la diffusion des idées du Bauhaus aux États-Unis, notamment par l'intermédiaire de Philip Johnson qui organise une exposition sur l'architecture moderne en 1932 au MoMA à New York, puis de l'arrivée des architectes du Bauhaus, chassés d'Allemagne par les nazis et notamment de l'enseignement de Ludwig Mies van der Rohe à l'Institut de technologie de l'Illinois à Chicago.

L'expression « style international » apparaît pour la première fois en 1932 dans un ouvrage de l'historien de l'art Henry-Russell Hitchcock et Philip Johnson,The International Style: Architecture since 1922, rédigé à la suite de cette exposition du MoMA de New York intitulée Modern Architecture. Elle a désigné alors aux États-Unis l'architecture du mouvement moderne européen des années 1930, le terme « modern style » y étant déjà utilisé pour l'Art nouveau, mais en Europe, on a tendance à distinguer en général le mouvement moderne (qui caractérise le renouvellement stylistique de l'architecture, mais aussi des arts appliqués et de l'esthétique industrielle à partir de 1910 sous l'influence de Peter Behrens puis du Bauhaus), et le style international, qui caractérise plus l'épanouissement du mouvement moderne dans sa seule expression architecturale, après son arrivée et celle des maîtres du Bauhaus aux États-Unis, puis surtout durant les trente glorieuses.

Cet ouvrage fondateur du style, paru donc à l'occasion de cette exposition new-yorkaise, contient 138 photographies représentant des vues intérieures et extérieures ainsi que des plans classés par ordre alphabétique des noms des architectes. La préface est d'Alfred Barr. Le texte ne fait pas une présentation de chaque édifice, son approche est tout autre : il vise à déterminer un style, dans le sens de l'analyse formelle de l'histoire de l'art, de manière inductive à partir des caractères communs de la nouvelle architecture. Trois principes essentiels se dégagent des réalisations, pour Henry-Russell Hitchcock et Philip Johnson : (1) Refus de l'ornement, les murs sont nus, souvent peints en blanc ; (2) Architecture de volume et non de masse : de minces plans ou surfaces créent la forme du bâtiment, par opposition à une masse solide ; (3) Au principe de la symétrie doit être privilégiée la régularité.

Le style international dans ces composantes de construction se basait surtout sur l’utilisation de béton, acier et verre. En l’occurrence, la simplicité des trois composantes reflète la vision des architectes de ce mouvement qui, dorénavant, trouvaient que la beauté se trouvait dans la simplicité. La phrase « Less is more » de Ludwig Mies van der Rohe devint un emblème du raisonnement de ce mouvement.  

La simplicité se reflétait aussi dans la structure des bâtiments. On abandonnait tous types d’ornements pour des formes géométriques qui trouvaient leur beauté dans des longues fenêtres vitrées et des jeux de volumes de pleins et de vides. Désormais, l’architecte faisait abstraction de l’environnement au sein duquel le bâtiment était construit et se conforme à un style plus homogène.

Cette homogénéité donnera naissance à un style d’architecture démocratique. Façonné pour une société après-guerre qui voulait rompre tous les liens avec son passé, ce type d’architecture trouvera rapidement sa place.

En 1933, l'école du Bauhaus ferme ses portes en Allemagne sous la contrainte des nazis,. Ses artistes les plus pourchassés (artistes juifs et artistes engagés politiquement contre le national-socialisme) s'enfuient souvent aux États-Unis notamment à Chicago alors que leurs œuvres sont, en Allemagne, systématiquement détruites. Ces artistes forment alors le New Bauhaus.

Le « style international » est le résultat de réflexions des CIAM et de la Charte d'Athènes (publié en 1941 mais reprenant des conclusions du CIAM IV de 1933, texte fondateur de l'architecture et de l'urbanisme moderne). Il définit les quelques points qui permettent de donner une cohésion, une force, à une nouvelle vague d'architecte moderne. Il se veut apatride et libéré des contraintes géographiques et culturelles.

Les idées du mouvement moderne et du style international dominent ensuite une grande partie de l'architecture, après la Seconde Guerre mondiale et durant les Trente Glorieuses.

Réalisations

En Amérique du Nord

Aux États-Unis

Les tours jumelles de Marina City, 1964-1968, Chicago (Illinois), par Bertrand Goldberg.

Les premières réalisations emblématiques du style international aux États-Unis d'Amérique sont les réalisations de Ludwig Mies van der Rohe à Chicago, le Centre technique de General Motors de Eero Saarinen à Detroit, le Seagram Building de Ludwig Mies van der Rohe et le Lever House de Skidmore, Owings and Merrill à New York.

Le building de la Philadelphia Saving Fund Society (PSFS) présente un plan original en forme de T majuscule et joue sur les effets de dissymétrie. Ses concepteurs, George Howe et William Lescaze, sont parvenus à rendre un effet propre au style international, un effet de peau tendue sur un squelette métallique. La façade horizontale et les grands panneaux de verre du MoMa de New York participent également de cette tendance.

Le siège de l'ONU à New York est l'illustration la plus remarquable du style international après 1945. Il fut construit le long de l'East River sur un terrain acquis grâce à une donation de John Davison Rockefeller Junior. Il a été inauguré le et devient le symbole de l'internationalisme et du progrès. Il applique la conception de bâtiments séparés selon leur fonction. Le gratte-ciel abritant le Secrétariat des Nations unies culmine à 164 mètres et se présente sur deux faces comme un mur-rideau de verre et aluminium, alors que les autres côtés sont couverts de plaques de marbre.

Enfin, la période de l'après-guerre est marquée par les œuvres du Finlandais Eero Saarinen dont l’éclectisme se manifeste dans l'auditorium Kresge du Massachusetts Institute of Technology (1956), l'arche de Saint Louis (1967) ou encore dans son travail sur les terminaux des aéroports de New York et Washington DC. L'Allemand Walter Gropius, fondateur du Bauhaus, enseigne l'architecture à Harvard et construit avec Pietro Belluschi l'immeuble controversé de la Pan Am à New York (1963). Il forme les grands architectes de la génération suivante. Ludwig Mies van der Rohe arrive aux États-Unis en 1937 et applique ses conceptions du classicisme moderniste à New York (Seagram Building, 1958), Chicago (université à South Side). Il est l'architecte le plus fécond de tous.

Le courant moderniste utilisa largement le béton dans l'architecture, le laissant à l'état brut dans plusieurs ouvrages des années 1960 et 1970 : le Carpenter Center for the Visual Arts sur le campus de Harvard est le seul bâtiment dessiné par Le Corbusier aux États-Unis. Les représentants les plus célèbres de la tendance brutaliste sont Paul Rudolph, Marcel Breuer, Bertrand Goldberg et Louis Kahn.

Au Canada

À Montréal
La Place Ville Marie
Le 1 Place Ville Marie, à Montréal. 1958-1962. Par Ieoh Ming Pei et Henry N. Cobb.

Située au centre-ville de Montréal au coin du Boulevard Robert-Bourassa et du Boulevard René-Lévesque Ouest, la Place Ville Marie est un complexe immobilier commercial qui a été entièrement complété en 1965. Elle fut commandée par William Zeckendorf (à travers la firme Webb & Knapp) en collaboration avec les immeubles CN (Canadien National, propriétaire des terrains). Ses cinq immeubles principaux, ainsi que son esplanade, sa galerie commerciale et son aire de restauration, forment une « ville dans la ville» d’environ 4 millions de pieds carrés de superficie.

Construite de 1958 à 1962, la tour de la Place Ville Marie est un iconique gratte-ciel d'un total de 47 étages (environ 188m) qui a redéfini la silhouette de la ville pour les décennies à venir. Dessinée sous la direction des architectes Ieoh Ming Pei et Henry N. Cobb, elle est un exemple de l’application du haut-modernisme et du style international dans les gratte-ciels. Les architectes ont utilisé un plan cruciforme répété créant ainsi 4 sections carrées identiques par étage. Ce choix esthétique donne un profil impressionnant avec une prédominance d’arrêtes verticales, répliquant la forme en croix sur chaque étage, en lien avec le principe de régularité du style international. La structure quadrillée des façades rappelle l’esthétique Miésienne, avec des murs de baies vitrées encadrées dans des structures quadrillées d’aluminium sur la quasi-entièreté de la surface.

L’inauguration d’un centre commercial en dessous de la place publique (construit entre 1960 et 1965) est l’un des premiers projets d’espace pour piéton souterrain de Montréal reliant plusieurs bâtiments en dessous des rues du centre-ville. En connectant l’aire commerciale de la PVM jusqu’à la Gare Centrale, cette innovation fut le début de la formation de l’un des plus grands réseaux souterrains piétonniers au monde (aujourd’hui appelé RÉSO et s’étalant sur plus de 33km). Cet avancement est relié à la pensée fonctionnaliste du style architectural international élaboré par Hitchcock et Johnson dans les années 30. Pour s’abriter du climat hivernal rude, ce type d’infrastructure s’est avéré particulièrement fonctionnel et a façonné l’identité du centre-ville Montréalais.

La Tour CIBC et la Tour de la bourse
Tour CIBC, située au 1155 boulevard René-Lévesque Ouest, Montréal. 1959-1962. Par Peter Dickinson
Tour de la Bourse, 800 Rue du Square-Victoria, Montréal. 1961-1964. Par Luigi Moretti et Pier Luigi Nervi.

La Tour CIBC (Canadian Imperial Bank of Commerce), construite dans le même intervalle de temps que la PVM (1959-1962), s’est érigée comme compétiteur direct à la tour cruciforme de la Place Ville Marie (occupée par les bureaux de la Royal Bank of canada). Pour prendre le dessus, tant architectural que commercial, la rivalité s’est caractérisée par une compétition sur la hauteur des deux tours. La tour CIBC, annoncée après la PVM, devait mesurer quelques mètres de plus. Sous la directive de Zeckendorf, les architectes du 1 Place Ville Marie ont ajoutés trois étages à la tour avant sa construction, pour ainsi reprendre temporairement le titre de plus grande tour du Commonwealth Britannique (à l’époque).

La Tour de la Bourse (ou Place Victoria) est un autre exemple de l’architecture moderniste du début des années 60 à Montréal. À son inauguration en 1963, elle a été nommée comme la plus grande tour de béton armée dans le monde.

Ces trois gigantesques tours partagent l’esthétique du style international dans la régularité des formes et des surfaces (principe de répétition), tout comme dans la palette de sélection des matériaux utilisés (béton, acier, verre, etc.). Cependant, le critère le plus évident demeure l’ampleur du volume de ces bâtiment, élément qui distingue le style international d'autres courants architecturaux (faire passer le volume avant la masse visuelle plutôt que l'inverse). Ils demeurent dans les 12 plus grands gratte-ciels de la ville (en 2024).

Westmount Square
1 Carré Westmount, Montréal. 1964-1967. Par Mies van der Rohe

Une des dernières constructions représentatives du style international à Montréal est le Westmount Square. Ce dernier est un complexe d’immeubles emblématique de Montréal visionné par l’architecte Mies au Canada ainsi que d’autres architectes emblématiques de l’époque, dont la fin de construction était envisagée pour l’exposition 67.  Au contraire d’autres projets de la même ampleur idéalisé durant cette période, celui-ci ne disposait pas du même budget, ce qui poussa Mies à changer et simplifier les matériaux, déjà simple à la base, possiblement utilisées. Ce complexe, composé de trois tours dont deux résidentiel, une pour bureaux et d’un pavillon a été construit dans le quartier résidentiel de Westmount. Ces trois tours ont été pensée selon leurs fonctions: les résidentielles étaient composaient d’appartements luxueux, dont par exemple les fenêtres étaient larges et mobiles tandis que la tour de bureaux avait des fenêtres fixes et simples. Si les deux tours résidentielles étaient constituées de 44 étages celles des bureaux constitue de 58 étages, faisant d’elle la plus haute prenant compte que qu’elle disposait à son sommet d’un étage technique et d’une composition plus épaisse des plafonds et des sols. Concernant le pavillon présenté des caractériels uniques comme son inclinaison sur la rue Sainte Catherine ou de sa hauteur de deux étages qui vient casse la géométrie continue des trois tours. La transparence des tours a leurs rez-de-chaussée ainsi que l’uniformité de revêtement du sol favorisait la symbiose entre l’espace urbain et l’intérieur des tours, procurant l’impression que les tours étaient une prolongation de la ville et non des bâtiments séparés. Cependant la composition caractérielle en travertin dû être changé en 1988 après certain dommage causé par le froid qui ont poussé à revisiter les matériaux utilisés dans le square.

En France

Les réalisations de Le Corbusier comme la villa Savoye de 1931 et la cité radieuse de 1933 sont significatives et sont les expressions de ce nouvel élan moderne.

La Pyramide du Louvre conçue par Ieoh Ming Pei en 1989.

L'Atelier De Grandi réalisé par Alberto Sartoris en 1939 (Corseaux - Vaud - Suisse).

Le rôle de Le Corbusier dans le style international

Le Corbusier est un acteur principal de la naissance du style international. Dès les années 1920, à travers la revue L'Esprit Nouveau , il essaie de changer les traditions académiques en ajoutant des méthodes industrielles inspirées surtout retrouvé en Amérique (taylorisme et fordisme) pour améliorer la qualité de vie moderne.

En 1927, Le Corbusier participe à la cité du Weissenhof à Stuttgart, Avec Ludwig Mies van der Rohe, en créant un ensemble d'habitations considéré comme les premiers changements du mouvement style international. Comme réalisation emblématique de cette période il y a notamment la villa Savoye à Poissy (1928–1931), qui applique les principes du style international : Donné un style plus brute et fonctionnelle au lieu d’un bâtiment plein d’ornementation, avec du béton armé du verre etc.

Lors de l'exposition historique Modern Architecture: International Exhibition organisée au MoMA de New York en 1932 par Henry-Russell Hitchcock et Philip Johnson, les travaux de Le Corbusier sont placés au premier ce qui montre sont implication a 100% pour ce mouvement moderniste et appelé style international

Après la Seconde Guerre mondiale, ces travaux s'étende à l'échelle mondiale. Il fait partie de l'équipe internationale d'architectes chargée de concevoir le siège des Nations unies à New York, c’est un batiment majeur du style international d'après-guerre.

Le déclin

Le déclin du style international peut être identifier au début des années 1970, en effet plusieurs architectes à ce moment se trouvaient limité par les contraintes du style international, qui ne laisser pas libre accès à leur imagination et créativité. Le mouvement postmodernisme naissant qui prônait l’exploration de nouveau design a marqué l’extinction du style international à la fin des années 70. En effet les décorations et style individuel qui marquait les bâtiments de leur histoire avait disparu pour laisser place à un style homogène dépourvu de toute empreinte caractéristique de la ville.

Les architectes du style international

Références

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  5. ↑ « Histoire et postérité du Bauhaus », sur BnF
  6. ↑ Michael Siebenbrodt et Lutz Schöbe, « La fermeture du Bauhaus à Berlin (1933) », dans Bauhaus, Parkstone International, (ISBN 978-1-78310-866-4)
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  18. ↑ « International Style of Modern Architecture: Origins, Characteristics », sur www.visual-arts-cork.com (consulté le )

Voir aussi

Articles connexes