Quercus suber
Le chêne-liège (Quercus suber L.) est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Fagaceae. C'est un arbre à feuilles persistantes du genre Quercus (le chêne), famille des Fagacées (anciennement Cupulifères). Il est exploité pour son écorce qui fournit le liège. Il est parfois appelé le corsier, le surier ou suve.
Le nom spécifique suber est le nom du chêne-liège, ou du liège, en latin.
Une forêt de chênes-lièges s'appelle une suberaie.
Le chêne liège est un arbre avec un feuillage persistant, pouvant vivre 150 à 200 ans, voire 800 ans et atteindre 20 à 25 m de haut (le plus grand ayant atteint 43 m), ne dépasse généralement pas 12 à 15 m. Le diamètre du tronc est de 100 cm en moyenne.
Les jeunes rameaux sont gris clair ou blanchâtres et densément poilus. Les branches plus âgées sont fortes et noueuses. Les arbres plus âgés ne forment que de courtes pousses entre 7 à 15 cm de longueur. L'écorce épaisse, longitudinale et craquelée est caractéristique du chêne liège. Le phellogène de l'arbre forme très tôt une couche de liège, de 3 à 5 cm d'épaisseur.

Le liège présente des fissures verticales et est blanc à l’extérieur et rouge à brun rouge à l’intérieur. Après la récolte du liège, le tronc apparaît rougeâtre mais noirci fortement avec le temps. Le bois est à pores annulaires, a un cœur brun et un aubier rougeâtre clair.
Il présente un tempérament strictement calcifuge et requiert des températures moyennes annuelles douces (de 12 à 19 °C).
Les feuilles, petites (de 3 à 5 cm), alternes, coriaces, ovales-oblongues, sont bordées de dents épineuses et cotonneuses sur leur face inférieure, et persistent sur l'arbre pendant deux à trois ans.
Les fleurs jaunâtres s'épanouissent au printemps courant avril-mai, les fleurs mâles, en chatons, et femelles, minuscules, sont séparées sur le même pied.
Les glands oblongs, enveloppés sur la moitié de leur longueur par les cupules, sont réunis par deux sur des pédoncules courts et renflés.
L'écorce épaisse, isolante et crevassée peut atteindre 25 cm d'épaisseur.
Âgé de trois siècles, le chêne du Mas Santol (commune de Reynès en France) est un chêne-liège de plus de 21 mètres de haut (équivalent à un immeuble de sept étages) et plus de 5 mètres de circonférence. Il a été sacré plus grand chêne-liège du monde début par le Livre Guinness des records. Il a été mesuré officiellement par l'Institut Méditerranéen du Liège et le bureau d'expertise forestière AEF. Un autre arbre dénommé le chêne-liège siffleur qui plafonne à 16,20 mètres au Portugal était auparavant considéré comme le plus haut de son espèce avant celui-ci.
On l'a traditionnellement cultivé dans le sud de l'Europe où il était réputé apprécier les sols les plus pauvres, comme l'explique le Grand vocabulaire françois en 1768 :

Selon l'Institut méditerranéen du liège, la suberaie mondiale totaliserait environ 2 687 000 hectares répartis sur sept pays :
Originaire du sud-ouest de l'Europe et du nord-ouest de l'Afrique, le chêne-liège a été naturalisé dans les régions de climat méditerranéen. On le retrouve au bord de la mer jusqu'à 500 m d'altitude environ. C'est une espèce calcifuge, héliophile et thermophile.
Les plus vastes subéraies du monde se trouvent au Portugal, avec un total de près de 736 000 ha concentrés à 76 % dans la région de l'Alentejo. La superficie de subéraie est en constante augmentation depuis plus d'un demi-siècle au Portugal, et la plupart de ces forêts sont encore jeunes. Maâmora est la plus grande forêt de chênes-lièges du Maroc (130 000 ha).

Les suberaies (montados en portugais) sont importantes pour la préservation de la biodiversité (classement Natura 2000) ; on y trouve des espèces protégées comme le lynx ibérique ou l'aigle impérial, ou encore Boletus mamorensis. Ces milieux jouent également un rôle dans la régulation du cycle hydrologique, la protection des sols et la séquestration du carbone.
L'écorce remarquable du chêne-liège, en plus de réduire les pertes d'eau, est une adaptation aux incendies : la sélection naturelle a favorisé cette espèce car le liège est un excellent isolant et le feu n'atteint pas l'aubier, la partie vivante sous l'écorce. Tandis que les autres essences périssent, de nouvelles branches peuvent repousser rapidement à partir de celui-ci. Cet arbre est donc potentiellement d'un grand intérêt pour lutter contre le problème récurrent des incendies estivaux dans les régions méditerranéennes et leurs conséquences directes et indirectes.