Surgisphere

Surgisphere
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Directeur
Sapan Desai (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Surgisphere (ou Surgisphere Corp.) est une société américaine se présentant comme réalisant des analyses de données de santé anonymisées ; la société a été créée en 2008 à Chicago et est basée dans l'Illinois.

Elle est l'objet d'une controverse majeure en mai/, en raison de la publication d'études sur le COVID-19 qui utilisaient des données fournies par Surgisphere, publiées puis rapidement rétractées (notamment par The Lancet et The New England Journal of Medicine) après avoir servi de fondement à des décisions de politique sanitaire dans plusieurs pays.

Historique

Surgisphere est fondée en 2008 par le chirurgien vasculaire Sapan Desai (en) qui en est aussi le PDG. Ce dernier était employé au Northwest Community Hospital, dans l'Illinois, depuis jusqu'à sa démission le . Sapan Desai est sous le coup de trois procédures en cours pour « fautes professionnelles médicales aux États-Unis ». Deux d'entre elles ont été déposées en . Elisabeth Bik découvre en que dans un article paru en 2004 dans le journal de neurophysiologie, Sapan Desai alors étudiant dans l'Université de l'Illinois a manipulé des images en dupliquant des parties de celles-ci.

En 2012, Desai a travaillé sur un projet Neurodynamics Flow d'outil de neurofeedback, destiné à la neurothérapie, partant de l'hypothèse encore très discutée qu'une personne (en bonne santé) peut, grâce à un affichage en temps réel de son activité cérébrale (électroencéphalographie en général) apprendre à autoréguler certaines de ses fonctions ou réactions cérébrales, améliorer ses capacités cognitives, sa créativité ou sa relaxation. Il a tenté de lancer ce projet avec un financement participatif via Indiegogo, mais n'a pas réussi à lever assez de fonds.

Desai s'installe en 2012 au Centre des sciences de la santé de l'Université du Texas à Houston et enregistre Surgisphere Corporation au Texas. Surgisphere édite de 2010 à 2013 un journal médical à comité de lecture (Journal of Surgical Radiology ou J Surg Rad) qui, selon son site Web, aurait eu jusqu'à 50 000 abonnés et près d'un million de pages vues par mois.

Fin , Surgisphere Corporation, encore inconnue du grand public et de nombreux professionnels, se retrouve sous le feu des critiques à la suite de la mise en doute de la qualité des données qu'elle a fournies pour une étude sur les risques pour la santé de l'hydroxychloroquine utilisée en traitement contre la COVID-19 publiée dans The Lancet le (vide infra).

Surgisphere aurait par ailleurs promu un « outil de diagnostic rapide » pour la COVID-19, déclarant qu'il était utilisé par plus de 1 000 hôpitaux et qu'il aurait « 93,7 % de sensibilité et 99,9 % de spécificité ». Desai a ensuite déclaré au journal The Scientist que cet outil n'était pas un test mais un « outil de notation de la gravité de la Covid-19 » et « d'aide à la décision pour le triage des patients », comme cela est expliqué sur le site web de l'entreprise.

Controverses sur la qualité de la base de données de Surgisphere (en 2020)

Mi-mai, la balance bénéfice-risque et l'intérêt d'introduire l'hydroxychloroquine dans le traitement de la COVID-19 sont encore très discutés. Le besoin d'études statistiquement solides justifie le lancement de plusieurs études, dont certaines se basent sur des données fournies par Surgisphere.

Le , un article de la revue Science estime suspect que la base de données de Surgisphere ait pu réunir autant de données en si peu de temps. Arguant de clauses de confidentialité signées avec les hôpitaux, Surgisphere n'a pas rendu publiques les données utilisées dans les deux études, mais le un porte-parole de l'entreprise a déclaré au journal Science qu'il organisait un accord qui permettrait aux auteurs de l'étude NEJM un accès au niveau de détail de données demandé par NEJM, mais à condition de ne pas les divulguer[pas clair].

Le , l'OMS annonce une « pause temporaire » de la branche hydroxychloroquine de l'essai Solidarity, et les autorités sanitaires font de même en France avec l'essai Discovery, alors que Sanofi (fabricant du Plaquenil) déclare temporairement cesser le recrutement de patients pour deux essais cliniques sur le Plaquenil. Immédiatement après la rétractation de l'article dans The Lancet, l'OMS reprend les essais de l'hydroxychloroquine. Les essais Recovery, en Angleterre, et ORCHID, financé par le National Heart, Lung, and Blood Institute, à Bethesda dans le Maryland, n'ont pas été modifiés.

Une enquête du Guardian montre que deux employés de Surgisphere avaient peu ou pas de formation scientifique ; l’un est auteur de science-fiction, et une autre, présentée comme «  responsable marketing », était un mannequin de charme et hôtesse d'événements. Le Guardian note que la page LinkedIn de Surgisphere a moins de 100 « followers » et mentionnait seulement six employés, que la société n'a pratiquement aucune présence en ligne, et que son compte Twitter n’a rien posté d' à . Son site Internet a disparu mi-.

Références

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Voir aussi

Lien externe

Articles connexes

Bibliographie