| L'Appel de Cthulhu | |
Statuette de Cthulhu dessinée par H. P. Lovecraft dans une lettre adressée à R. H. Barlow, 11 mai 1934 (John Hay Library (en), université Brown, Providence). | |
| Publication | |
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| Auteur | H. P. Lovecraft |
| Titre d'origine | The Call of Cthulhu
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| Langue | Anglais américain |
| Parution | |
| Traduction française | |
| Traduction | Claude Gilbert Jacques Papy et Simone Lamblin |
| Parution française |
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| Intrigue | |
| Genre | Fantastique, horreur |
| Date fictive | 1926 |
| Lieux fictifs | Boston La Nouvelle-Orléans Océan Pacifique |
| Personnages | Francis Wayland Thurston Henry Anthony Wilcox John Raymond Legrasse Gustaf Johansen |
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L'Appel de Cthulhu (titre original : The Call of Cthulhu) est une nouvelle fantastique de l'écrivain américain Howard Phillips Lovecraft, publiée en février 1928 dans le magazine Weird Tales.
Lovecraft écrit et achève cette nouvelle dès 1926. C'est l’œuvre fondatrice du mythe de Cthulhu, un univers de fiction partagé par de nombreux auteurs dans les domaines de la littérature, du jeu de rôle, ou encore de la bande dessinée.
L'intrigue non linéaire est présentée au travers d'un ensemble de documents retrouvés dans les papiers du défunt Francis Wayland Thurston, un anthropologue qui a enquêté sur un culte obscur.

Francis Wayland Thurston, un anthropologue originaire de Boston hérite de tous les biens de son grand-oncle, George Gammell Angell, un professeur renommé ayant enseigné les langues sémitiques à l'université Brown, décédé dans des circonstances mystérieuses « pendant l'hiver 1926-1927 ». Parmi les documents de son oncle, Thurston découvre un étrange bas-relief en argile représentant un dragon ou une caricature d'homme « à tête de poulpe munie de tentacules surmontant un corps écailleux et grotesque muni d'ailes rudimentaires » accompagné de différents hiéroglyphes inconnus, de coupures de presse et d'un manuscrit portant le titre Le Culte de Cthulhu.
Dans la première partie de ce manuscrit, le professeur Angell détaille sa rencontre avec Henry Wilcox, un jeune artiste de Rhode Island qui certifie avoir sculpté le bas-relief en argile dans la nuit du au cours d'un rêve angoissant de cités cyclopéennes perdues recouvertes de vase. Le vieux professeur finit par être convaincu de la sincérité du jeune homme et pense que son rêve et sa sculpture ont un lien avec un ancien culte païen.
Les rencontres entre les deux hommes se font de plus en plus fréquentes au cours du mois de mars et les cauchemars de Wilcox de plus en plus précis – il distingue notamment des sons gutturaux comme Cthulhu, fhtagn ou R'lyeh. Le 23, Henry Wilcox est transporté en urgence chez ses parents, atteint de crises de délire durant lesquelles il parle d'une créature gigantesque marchant à pas pesants. Après sa guérison, dix jours plus tard, les visions de Wilcox disparaissent.
À la suite de ces événements, le professeur Angell mène des recherches et découvre qu'une vague d'événements étranges s'est déroulée tout autour du monde entre le et le : tremblements de terre, rêves oppressants, agitations en Afrique, suicides, révoltes de Levantins à New York, exposition de toiles obscures à Paris…


La seconde partie du manuscrit relate une expérience antérieure qui a amené le professeur Angell à s'intéresser au récit de Henry Wilcox. Car ce n'était pas la première fois que le vieil homme prenait connaissance de faits mystérieux tournant autour de Cthulhu, le monstre à tête de pieuvre.
En 1908, à Saint-Louis (Missouri), l'inspecteur John Legrasse se rend à une réunion annuelle de la Société américaine d'archéologie pour faire identifier par des professeurs renommés une mystérieuse statuette. Cette idole, confisquée aux membres d'une secte vaudou, représente une étrange créature recroquevillée sur un socle orné de hiéroglyphes indéchiffrables… L'inspecteur raconte aux professeurs comment, dans la soirée du , lui-même et dix-neuf de ses hommes ont mené un assaut contre les adeptes d'une secte se livrant à des sacrifices humains dans les marécages inexplorés au Sud de La Nouvelle-Orléans. Selon les dires de Castro, l'un des quarante-sept prisonniers métis, la secte vénère les « Grands Anciens », des dieux venus des étoiles il y a de cela des millions d'années et aujourd'hui endormis au cœur de la terre ou sous les eaux. Le grand prêtre Cthulhu, qui communique avec ses fidèles à travers les rêves, attend patiemment dans sa demeure engloutie de R’lyeh pour régner à nouveau sur le monde. D'après Castro, ce culte se répand aux quatre coins du monde, comme en témoigne le Necronomicon, un très vieux grimoire écrit par le poète arabe Abdul Alhazred.
Impressionné par les notes du professeur Angell, Thurston décide de mener sa propre enquête et parvient à retrouver Wilcox ; il arrive à la conclusion que la mort de son grand-oncle n'est pas accidentelle et qu'il a été assassiné par l'un des membres du culte…

Plus d'un an après avoir lu le manuscrit, Thurston tombe par hasard sur un article de journal australien datant du et faisant mention d'une étrange épopée navale dans l'Océan Pacifique, au cours de laquelle plusieurs hommes périrent dans des circonstances dramatiques. Thurston voyage jusqu'à Oslo, pour découvrir le journal du marin norvégien Gustaf Johansen, survivant du naufrage.
Le , l’Emma, une goélette partie de Nouvelle-Zélande, croise sur sa route le yacht Alert avec à bord des individus agités et armés. Une bataille s'ensuit après que les marins de l'Alert leur demandent de faire demi-tour. Les hommes de l’Emma capturent l’Alert avant de poursuivre leur route. Curieux de découvrir la destination de leurs agresseurs, ils finissent par découvrir R'lyeh, une cité sous-marine colossale soulevée par un tremblement de terre. Là, les marins libèrent accidentellement Cthulhu. Deux hommes meurent de peur en voyant le Grand Ancien tandis que trois autres meurent sous ses griffes. Johansen parvint à fuir de justesse avec un autre membre d'équipage devenu fou, qui mourra par la suite avant que le yacht soit retrouvé avec pour seul survivant Johansen. Celui-ci raconte vaguement les événements aux autorités. Retourné en Norvège, il meurt dans des circonstances semblables à celles du professeur Angell, et sa veuve conserve son journal dans lequel Johansen a décrit en détails les événements en anglais, langue que ne maîtrise pas la femme.
Mettant en place les pièces du puzzle et faisant coïncider les dates, Thurston comprend que tout est réel et qu'il est désormais, tout comme son grand-oncle et le norvégien Johansen, la cible du culte de Cthulhu...

Les inspirations de cette nouvelle sont nombreuses. Le premier chapitre, L'horreur d'argile, provient d'un rêve que Lovecraft a eu en 1919 et qu'il décrira dans deux lettres différentes envoyées à son ami Rheinhart Kleiner les et .
D'après S. T. Joshi, critique littéraire américain spécialiste des littératures de l'imaginaire et biographe de Lovecraft, l'une des principales inspirations de ce récit est la nouvelle de Guy de Maupassant, Le Horla (1887), que Lovecraft décrit dans son essai Supernatural Horror in Literature.
The Novel of the Black Seal d'Arthur Machen (1895), auquel Lovecraft emprunte ses procédés littéraires, en particulier la juxtaposition de documents épars (manuscrit, rapport d'enquête, article de journal…) révélant peu à peu l'horreur, est également considéré par Joshi comme l'une des inspirations profondes de l'Appel de Cthulhu.
Joshi cite enfin le roman d'Abraham Merritt, Le Gouffre de la Lune (The Moon Pool, 1919), dont Lovecraft faisait souvent l'éloge, et fait l'analogie entre le fameux gouffre de Merritt et la porte reliant R'lyeh au monde réel.
Exégète du Mythe de Cthulhu, le théologien Robert M. Price voit dans le poème d'Alfred Tennyson, The Kraken (1830) l'une des inspirations majeures de l'Appel de Cthulhu, en particulier sur la genèse de Cthulhu lui-même en tant qu'entité dormant pour l'éternité sous l'océan et apportant l'apocalypse avec son réveil.
Price cite également les travaux de Lord Dunsany comme le recueil Les Dieux de Pegāna (1905), dans lequel l'un des dieux est maintenu en sommeil afin d'éviter les conséquences apocalyptiques de son réveil,.

Lovecraft eut du mal à faire publier la nouvelle. L'éditeur de Weird Tales, Farnsworth Wright, la refusa dans un premier temps et ne l'accepta qu'après que Donald Wandrei (en), écrivain et ami de l'auteur, lui eut fait croire que Lovecraft comptait soumettre ses textes à un autre éditeur. Lovecraft lui-même considérait a posteriori la nouvelle comme plutôt moyenne.

La nouvelle fut publiée tardivement en France. On peut la retrouver dans les recueils suivants :
Il existe à ce jour neuf traductions françaises différentes de l'Appel de Cthulhu :
De nombreuses adaptations de l'univers de Lovecraft utilisent le nom de l'Appel de Cthulhu, car cette nouvelle est sa plus connue et la pierre angulaire du Mythe de Cthulhu. Elles ne sont pas des adaptations à proprement parler de cette nouvelle élevée dans le domaine public depuis .