
Le vaudou est une religion issue des cultes animistes des peuples Adja-Ewe-Fon en Afrique de l'Ouest. Le français l'appelle souvent vaudou, mais aussi vodou, vodoun, ou voodoo, plus rarement vaudouisme. Parfois assimilée à des pratiques occultes, cette religion d'ordre cosmique[pas clair] est répandue dans de multiples communautés, notamment au Bénin, au Ghana , au Nigeria et au Togo.
À partir du XVIIe siècle, les hommes capturés, réduits en esclavage, originaires de cette région d'Afrique répandirent le culte vaudou aux Caraïbes et en Amérique. Le vaudou se retrouve donc sous différentes formes à Cuba, en Haïti (vaudou haïtien), au Brésil ou encore aux États-Unis (notamment en Louisiane). Il s'est aussi répandu en Afrique du Nord, où il se retrouve sous différentes formes, dont la plus connue est le Gnawa au Maroc mélangé au folklore religieux berbéro-musulman. Le culte vaudou compte environ 50 millions de pratiquants dans le monde. De nombreuses communautés « vaudouisantes » existent dans le monde entier, majoritairement sur le continent américain, et aux Antilles. Il existe en Europe des communautés plus discrètes mais néanmoins actives tel que le Hounfor bonzanfè, le Lakou sans Lune ou le Hounfor Konblanmen. Au début du XXIe siècle, le vaudou s'étend également au Canada où de nombreuses communautés ont vu le jour et tentent de mettre ce système de croyance au-devant de la scène.
En Europe, il existe deux musées consacrés au vaudou : à Essen en Allemagne (le Soul of Africa Museum), et à Strasbourg en France (le château Vodou). En 2024-2025, une exposition au musée de quai Branly-Jacques Chirac consacrée aux Zombis a présenté de nombreuses pièces du vaudou.
Le vaudou est né de la rencontre des cultes traditionnels des dieux yorubas et des divinités akans : Aja, fon et ewe, lors de la création puis l'expansion du royaume Fon d'Abomey aux XVIIe et XVIIIe siècles,.
Le vaudou est le fondement culturel des peuples qui sont issus par migrations successives de Tado au Togo, les Aja (dont les Fons, les Gouns, les Ewe… et dans une certaine mesure les Yoruba…) peuples qui constituent un élément important des populations au sud des États du Golfe du Bénin (Bénin, Togo, Ghana, Nigéria…).
Le mot vaudou provient du terme vodoun de langue fon. Le « n » final de vodoun, quasi inaudible, fut retiré, donnant ainsi le terme vaudou, ayant plusieurs orthographes selon les pays en fonction de ce que les colons ont phonétiquement rapporté. Le terme vaudou n'existe d'ailleurs pas au Bénin et c'est bien le terme de langue fon qui est employé pour désigner cette pratique. Le vaudou désigne l'ensemble des dieux ou des forces invisibles dont les hommes essaient de se concilier la puissance ou la bienveillance. Il est l'affirmation d'un monde surnaturel, mais aussi l'ensemble des procédures permettant d'entrer en relation avec celui-ci. Le vaudou correspond au culte yoruba des Orishas. De même que le vaudou est un culte à l'esprit du monde de l'invisible. À chaque ouverture, le prêtre vodoun demande l'aide de l'esprit de Papa Legba pour ouvrir les portes des deux mondes.
Le vaudou vient des croyances de certaines tribus/castes africaines qui se sont répandues et déformées par l'acculturation d'un christianisme dominant en Amérique et la violence de l'esclavagisme négrier, croyances qui étaient d'ailleurs elles-mêmes rejetées à l'origine par d'autres tribus/castes africaines voisines : il s'agit d'une « magie » se voulant maléfique et, en Afrique, cachée, car représentant des « valeurs décadentes » pour la majorité des Africains bien avant l'arrivée des Européens.
Avec la déportation de certains Africains vers d'autres pays et continents, les pratiques et croyances liées au vodoun se sont diffusées notamment à Haïti,. Dans les Antilles, les autorités coloniales ont interdit les cultes africains et étaient légalement tenus d'enseigner le christianisme aux esclaves, mais ne s'acquittaient pas toujours de cette obligation,. Le vaudou a cependant intégré certains[Lesquels ?] rites et conceptions catholiques[réf. nécessaire].
À partir de 1972, sous le régime marxiste-léniniste de Mathieu Kérékou, le vodou fait l’objet d’une politique de répression : le régime l’assimile à la sorcellerie, interdit les rassemblements et les cérémonies, et fait détruire certains temples et sanctuaires.
En 1991 son opposant, Nicéphore Soglo réhabilite le vaudou, et fait du 10 janvier la fête nationale du vaudou.
En 1993, le pape Jean-Paul II rencontre les dignitaires de la religion vaudou, ainsi que Benoît XVI en 2013,.
Le vaudou a perduré et ses pratiquants affichent sans craintes leur croyance. Face à l'extension démographique et aux besoins en terres agricoles au Bénin, les forêts sacrées abritant des divinités vodoun servent de refuge à la faune et la flore, comme Cercopithecus mona, car la croyance vodoun protège ces forêts.



Le panthéon vaudou est avant tout constitué des forces de la nature, comme dans le chamanisme. Les vaudou (loa, lwa) et leurs relations renvoient aux puissances naturelles que sont la foudre, la mer, la maladie, etc.
Mais le culte vaudou s'intéresse aussi à d'autres entités surnaturelles, telles que les ancêtres divinisés et les monstres (et autres animaux).

Mawu (prononcé ma-whou) est le Dieu suprême qui règne sur les autres dieux, créateur de toute chose. (mawu lo lo pour « Dieu est grand » ; akpé na mawu pour « merci à Dieu » ; mawuena(m) pour « don de Dieu »). Il/elle est androgyne, c’est-à-dire ni homme ni femme (Son nom complet est Mawu-Segbo-Lisa ou Mawu-Lisa, Mawu pour la version féminine et Lisa pour la version masculine). Sans apparence au sens humain du terme, on peut donc dire qu’il est donc la totalité de l’univers visible et invisible . Mawu n'ayant pas de forme, il n’est donc jamais représenté(e), ni en peinture ni associée à des objets, comme le sont les autres vaudous.

Mawu est incréé et créateur de tous les autres vaudous. Mawu n'intervient pas dans la vie des humains. Il aurait créé les autres vaudous pour qu'ils soient en relation avec les hommes et le monde. « Mawu » ne fait pas partie à proprement parler du panthéon vaudou ; c'est un concept, une entité plutôt qu'une personne ; littéralement Mawu doit se traduire par « l'inaccessible ». Ce qui explique qu'il n'y a nulle part dans l'aire du vaudou un culte pour Mawu ; on ne fait que le remercier, le glorifier. On la dit bienveillante envers toutes les créatures.
Les chrétiens Ewés et Fons utilisent le même mot Mawu pour désigner le Dieu chrétien.
Le panthéon vaudou est fait d'une multitude de Lwas, qui sont des esprits, des divinités inférieures, pouvant entrer en communication et même collaborer avec les humains. Les Lwas se matérialisent le plus souvent dans des objets inanimés de la nature, tel des pierres et des arbres ; c'est pourquoi on qualifie le vaudou d'« animiste ».
Une des plus importantes Lwas est Erzulie, ou Erzulie Freda, déesse de l'amour. On trouve aussi Gu (l'Ogoun des Yorubas), dieu de la guerre (et des forgerons), Ogoun Zobla (l'intelligence pure et la réussite) Sakpata, dieu de la maladie, de la guérison et de la Terre, Damballa, esprit de la connaissance, ainsi que le puissant Hevioso, dieu de l'orage et de la foudre. Ce dernier est accompagné d'un nain ou d'un homoncule chargé de forger ses éclairs. Legba, quant à lui, a la fonction d'intermédiaire et de messager des dieux. Il est assimilé, dans le vaudou syncrétiste haïtien, à Saint Pierre, qui détient les clefs du Paradis et de l'Enfer. Il préside le lavage des mains d'eau et de rhum.
Dans le vaudou en Afrique, il n'y a pas les concepts de paradis et d'enfer. Lêgba (Eshu pour les Yorubas) est en effet le dieu le plus important en cela qu'il est le dieu des croisements, le dieu de la réflexion ; son rôle d'intermédiaire vient ensuite. Il forme avec la divinité Fa (ou Ifa) un couple porteur de la pédagogie de cette culture.


Mami Wata (aussi appelée Yemendja par les Yorubas), un culte spécial lui est même consacré. C'est la (déesse) mère des eaux, déesse crainte des pêcheurs, elle symbolise aussi bien la mer nourricière que l'océan destructeur. Mami Wata est avant tout une divinité éwé, dont le culte est très présent sur la côte atlantique du Togo (mais aussi au Nigéria, au Cameroun, au Congo-Kinshasa) où elle symbolise la puissance suprême. Mami Wata est souvent représentée en peinture où elle figure sous les traits d'une sirène ou d'une belle jeune femme brandissant des serpents.


Mami Wata n'est pas une adaptation de l'anglais comme on le croit parfois. Dans la langue mina qui est parlée au Sud du Togo et une partie du sud du Benin, « Amuiê » veut dire serrer « Ata » veut dire la/les jambes. Après les rituels dédiés à la déesse des eaux pour la fécondité de la femme et dont la principale demeure est l'Océan, le maître (Hougan) ou la maîtresse (Mambo) de cérémonie lui demande de répéter : «Mamui Ata» ce qui veut dire : « je serre les jambes » afin de garder pendant un moment ce que la Déesse a ensemencé. Avec le temps, on nomma la déesse « Amuia Ata » et avec les déformations phonétiques successives le nom « Mamui Ata » est devenu « Mami Wata ».
Dan : pour les Fon, Dan désigne le serpent, plus particulièrement le python, un animal sacré qu'on ne doit pas tuer. Dan a assisté à la création et soutient l'univers. Son culte est surtout répandu à Ouidah et dans sa région, où l'on trouve de nombreuses maisons aux serpents.

Le vaudou vient d'Afrique de l'Ouest, mais on pratique aussi un vaudou partout où des esclaves africains ont été déportés, comme dans certaines îles des Caraïbes ou dans quelques pays d'Amérique comme le Brésil, les États-Unis, le Mexique, etc..
Les vaudous pratiqués en dehors du continent africain sont souvent des variantes et des restes de la religion d'origine. En effet, les esclaves interdits de pratiquer leurs langues et cultes n'ont réussi à conserver qu'une infime partie de leur patrimoine culturel.
Le vaudou a inspiré un grand nombre de films. Par exemple :