| Réalisation | Keith Gordon |
|---|---|
| Scénario | Keith Gordon |
| Acteurs principaux |
John Glover Ilan Mitchell-Smith Wallace Langham Doug Hutchison |
| Sociétés de production | Jonathan D. Krane |
| Pays de production |
|
| Genre | Drame |
| Durée | 103 minutes |
| Sortie | 1988 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
The Chocolate War est un film dramatique américain écrit et réalisé par Keith Gordon, sorti en 1988. Il s'agit de son premier long métrage comme réalisateur. Le film adapte le roman The Chocolate War de Robert Cormier, publié en français sous le titre La Guerre des chocolats.
L'intrigue suit Jerry Renault, un nouvel élève d'un établissement catholique pour garçons, dont le refus de participer à une vente de chocolats l'oppose à la fois à l'administration et à une société secrète d'élèves. Le film réunit notamment John Glover, Ilan Mitchell-Smith, Wallace Langham — alors crédité sous le nom de Wally Ward — et Doug Hutchison.
Jerry Renault vient d'entrer à Trinity, un lycée catholique pour garçons encore marqué par la mort récente de sa mère. L'établissement est traversé par deux formes d'autorité. D'un côté, le frère Leon, qui assure la direction par intérim, mise sur la vente annuelle de chocolats pour renforcer sa position. De l'autre, les Vigils, une société secrète d'élèves menée par Archie Costello, imposent des « missions » destinées à éprouver ou humilier certains camarades.
Archie ordonne à Jerry de ne vendre aucun chocolat pendant dix jours. Une fois ce délai écoulé, Jerry choisit pourtant de poursuivre son refus de sa propre initiative. Son geste, d'abord perçu comme une simple provocation, devient alors un défi adressé aussi bien au frère Leon qu'aux Vigils. Les deux pouvoirs finissent par converger pour l'isoler et faire céder sa résistance, transformant la collecte scolaire en affrontement autour du conformisme, de l'intimidation et de l'autorité.
Les principaux crédits techniques sont ceux relevés par l'American Film Institute, qui indique également un début de tournage le 7 mars 1988 dans l'État de Washington.
Keith Gordon découvre le roman de Robert Cormier à la fin de son adolescence et garde pendant plusieurs années l'idée de l'adapter au cinéma. Après son travail sur le film indépendant Static, le producteur Jonathan D. Krane, alors à la tête de la jeune société MCEG, lui demande quel projet il souhaiterait réaliser. Gordon lui propose The Chocolate War, qu'il estime pouvoir tourner avec un budget très réduit.
Les sources ne donnent pas exactement le même montant pour le budget. Dans un entretien rétrospectif, Gordon affirme que le film a été réalisé pour environ 500 000 dollars. Un article du Los Angeles Times publié au moment de la sortie ainsi que la notice de l'AFI évoquent pour leur part un budget de 700 000 dollars'.
Gordon avait d'abord envisagé le livre comme un projet dans lequel il pourrait interpréter Archie. Les droits avaient toutefois déjà circulé entre plusieurs studios. Selon le réalisateur, une précédente option détenue par Universal avait fini par expirer, ce qui permit à MCEG d'obtenir les droits et de lancer effectivement la production.
Le film est tourné dans l'État de Washington, principalement aux environs de Seattle. Gordon explique avoir trouvé un ancien séminaire abandonné suffisamment vaste pour accueillir presque toutes les scènes intérieures et une grande partie des extérieurs. Ce choix limite les déplacements de l'équipe et permet de terminer le tournage en vingt-quatre jours. Le Los Angeles Times rapporte également un tournage de vingt-quatre jours, à partir d'un scénario resserré à 96 pages pour tenir compte des contraintes financières.
Le manque de moyens influence directement la mise en scène : Gordon tourne peu de prises de couverture et privilégie des scènes conçues pour fonctionner en un ou deux plans. Il explique plus tard avoir fait de cette contrainte une partie du style visuel du film plutôt que d'essayer de la dissimuler.
L'adaptation modifie aussi sensiblement la conclusion du roman. Gordon a expliqué que cette décision visait notamment à présenter Archie moins comme l'unique origine du problème que comme l'un des rouages d'un système capable de se perpétuer après lui. Il a décrit ce choix comme l'une des modifications les plus discutées par les lecteurs du livre.
La bande sonore mêle musique classique et chansons contemporaines. Elle comprend notamment des morceaux de Yazoo, Peter Gabriel, Joan Armatrading et Kate Bush, dont Running Up That Hill. L'AFI relève en outre que le générique précise que Peter Gabriel a autorisé l'utilisation de ses œuvres en lien avec son soutien à la Déclaration universelle des droits de l'homme et à Amnesty International.
Aux États-Unis, le film débute en sortie limitée le 18 novembre 1988 dans deux salles. Son exploitation la plus large ne dépasse pas onze salles. Box Office Mojo recense 303 624 dollars de recettes sur le marché nord-américain.
Lors de sa sortie, Sheila Benson du Los Angeles Times salue une adaptation maîtrisée et insiste sur l'assurance de Keith Gordon pour un premier film, tout en mettant en avant le travail d'ensemble avec les acteurs et la photographie de Tom Richmond.
Dans le Washington Post, Desson Howe se montre plus partagé sur certaines séquences oniriques et sur le ton très appuyé du film, mais estime que l'adaptation conserve une cohérence sombre et une réelle force dans sa manière de décrire les rapports de pouvoir au sein de l'école.
Plusieurs années après sa sortie, le film continue de faire l'objet de réévaluations critiques. À l'occasion de son édition DVD en 2007, Slant Magazine souligne notamment la manière dont Gordon met en scène les rapports de contrôle et de domination, ainsi que la photographie et le travail sonore malgré le faible budget.
Le film est nommé à l'Independent Spirit Award du meilleur premier film lors de la cérémonie de 1989, aux côtés notamment de Mystic Pizza, qui remporte la catégorie.
Une édition DVD américaine paraît en 2007. Elle comprend notamment un commentaire audio de Keith Gordon et un entretien d'environ cinquante minutes consacré à la genèse et au tournage du film.