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Thierry Jean Gaston Metz |
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Thierry Metz, né le à Paris et mort le à Bordeaux, est un poète français.
Après le lycée, Thierry Metz prolonge en autodidacte sa formation philosophique, littéraire et poétique en puisant largement dans les fonds de livres des Chiffonniers d'Emmaüs. Une aubaine pour ce jeune homme avide d’écrits et soucieux de son budget. Il a 21 ans lorsqu’il s’installe, en 1977, avec sa famille à Saint-Romain-le-Noble, près d'Agen. D'un physique imposant (il était jeune champion d'haltérophilie), il partage son temps entre des travaux de manœuvre de chantier, de maçon puis d'ouvrier agricole, qui lui permettent de gagner sa vie, et des périodes de chômage durant lesquelles il écrit.
Il prend contact avec le poète Jean Cussat-Blanc, dont la revue Résurrection est la première à le publier avec une évidente reconnaissance. Cette reconnaissance se poursuit avec la publication de son premier recueil poétique, Sur la table inventée (éditions Jacques Brémond), pour lequel il obtient le prix Ilarie Voronca en 1988, puis avec la publication chez Gallimard du Journal d'un manœuvre (1990), inspiré par son travail dans un chantier du centre d'Agen, préfacé par le poète Jean Grosjean, et salué par Jean Cussat-Blanc comme une manifestation de « l'or du pauvre ».
Dans les périodes de chômage, Metz écrit et lit beaucoup, des poètes, mais aussi des philosophes, sa quête étant, selon les termes d'Isabelle Lévesque, « philosophique, politique, spirituelle, mais aussi poétique. »
La mort accidentelle d'un de ses trois enfants (son fils Vincent, fauché par une voiture à l'âge de huit ans, le , jour même de l'obtention du prix Voronca) est pour lui un drame familial et personnel dont il ne se remettra jamais et qui le conduit à l'alcoolisme.
En 1996, il s'installe à Bordeaux, puis se fait admettre à l'hôpital psychiatrique de Cadillac, pour combattre sa dépendance à l'alcool et sa neurasthénie ; durant deux séjours (1996 et 1997), il y écrit le cahier de L'Homme qui penche, dans lequel il portraiture les ombres errantes de l'hôpital. Le dernier de ces poèmes est daté du , deux mois et demi avant son suicide, survenu dans cet hôpital le .
Dans une langue épurée, sa poésie est l'expression contenue, pleine de sensibilité et de détresse, d'un homme fracassé par la vie, mais qui, selon les termes de Jean Grosjean, réussit à faire en sorte que « ce que nous pouvions prendre pour un univers de médiocrité banale se trouve être une merveille. Elle ne nous retient pas par la manche comme font les vendeurs forains. Elle parle à mi-voix et l'entende qui veut. Elle dit : Qui que tu sois, tes instants ne contiennent rien d'autre, mais ils sont des miracles. »
Pour Metz, « écrire un poème / c'est comme être seul / dans une rue si étroite / qu'on ne pourrait / croiser que son ombre. »
L'homme et son œuvre ont reçu l'hommage du monde de la poésie et des éditeurs de poésie,.