Thomas Dulain

Thomas Dulain
Biographie
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Activité

Thomas Dulain, parfois appelé Jean Thomas Dulaien dans les sources anglophones, né en 1704 au Pouliguen, en Bretagne, et mort après 1729, est un pirate français actif dans la mer des Antilles. En 1728, il prend la tête d'une mutinerie à bord d'un corsaire espagnol, rebaptisé Sans-Pitié, et s'empare en quelques mois d'une vingtaine de navires autour de la Dominique, de la Guadeloupe et de la Martinique. Rentré en France, il obtient son amnistie en mars 1729, mais il est arrêté quelques jours plus tard et placé sous surveillance. Il est l'un des rares pirates dont la charte-partie, le règlement de bord, est connue, et son parcours clôt, selon l'historien Kevin Porcher, l'« âge d'or de la piraterie » dans l'Atlantique.

Histoire

Origines

Fils d'un avocat, Thomas Dulain naît en 1704 à Batz-sur-Mer et grandit au Pouliguen, dans une famille aisée. À la mort de son père, il s'engage avec son frère dans la marine marchande, où il effectue plusieurs voyages transatlantiques. Pour une raison inconnue, les deux frères désertent à la Martinique, l'un en 1723, l'autre en 1726. Après une période de vagabondage dans les Îles du Vent, ils deviennent corsaires au service de l'Espagne.

Le capitaine du Sans-Pitié

En 1728, après le meurtre de son frère par des marins espagnols, Thomas Dulain mène une mutinerie à bord de la Dominique, un corsaire espagnol de l'île de Margarita. Élu capitaine par les mutins, il rebaptise le navire Sans-Pitié,. Il réunit bientôt un équipage de plus de 120 hommes « tant blancs que noirs », venus pour la plupart de la Martinique et de la Guadeloupe ; les spécialistes, comme les chirurgiens ou les charpentiers, sont recrutés de force sur les navires capturés. Dans une lettre, Dulain qualifie lui-même ses hommes d'« ennemis du genre humain ».

L'équipage adopte une charte-partie, un contrat qui lie les pirates entre eux et fixe les règles de vie à bord ; celle de Dulain est l'une des rares connues. Elle punit les désertions, les vols, les querelles, les abus d'alcool et les manquements aux ordres, par des châtiments corporels ou la mort. Elle prévoit aussi une indemnisation pour les blessés et interdit de tuer les prisonniers, sauf notamment s'ils sont espagnols. Selon l'historien Benerson Little, elle précise en outre dans quelles conditions aucun quartier ne sera accordé : si un navire résiste après avoir vu le pavillon noir, Dulain hisse un pavillon rouge, et si ses victimes tirent ensuite trois coups de canon ou plus, aucune ne sera épargnée.

Une vingtaine de prises

Embusqué près des principales routes maritimes, Dulain prend pour repaire l'île de la Dominique, alors non colonisée. En 1728, il s'empare d'au moins une vingtaine de navires de toutes nationalités, surtout autour de la Dominique, de la Guadeloupe et de la Martinique. Comme la plupart des pirates, il s'en prend à des navires plus petits et moins armés que le sien, qui se rendent le plus souvent sans combat. Son butin, estimé à 160 000 livres par un prisonnier évadé, est confié à la garde de son lieutenant, Antoine Durand, originaire de Lyon. Un second navire, le Sans-Quartier, l'accompagne.

Retour en France

Faute de navire de guerre, le gouverneur général des Îles du Vent ne parvient pas à arrêter le pirate avec les navires marchands qu'il arme. Sentant pourtant la menace grandir, Dulain se réfugie en janvier 1729 près de l'île de la Tortue, au large du Venezuela, et écrit à plusieurs reprises au gouverneur pour obtenir son amnistie, en vain. Il abandonne alors ses hommes sur l'île, pendant qu'ils sont à terre, et repart avec quelques fidèles et le butin. Selon Léon Vignols, il leur lance : « Adieu, canailles ! Je pars en France et nous ne sommes plus pirates ». Il traverse l'Atlantique et ramène le Sans-Pitié au Pouliguen.

Grâce à l'intervention de sa mère auprès des autorités nantaises, il obtient son amnistie à la fin du mois de mars 1729, mais il cache son coffre pour éviter qu'il soit confisqué. Malgré les enquêtes, le butin n'est jamais retrouvé : il a probablement été écoulé discrètement autour du Pouliguen et de Nantes,. Le , quelques jours seulement après son amnistie, Dulain est arrêté pour avoir tenté de tuer un homme d'un coup d'épée. Soucieuses de ménager la réputation de sa famille, les autorités nantaises le placent sous surveillance à Pouancé, loin de la mer. Il disparaît ensuite des sources, à l'âge de 24 ans.

Le drapeau pirate "Jolly Roger"

Le drapeau pirate "Jolly Roger" de Thomas Dulain.

Le drapeau pirate de Dulain a été décrit par le maire de Nantes[Lequel ?] comme « en tissu noir, avec des motifs blancs de figures humaines, de coutelas, d'os et de sabliers ». Une gravure sur bois prétendument réalisée à partir d'un dessin du drapeau a survécu, tout comme d'autres dessins indépendants de celui-ci. Le drapeau original a été conservé pendant quelques années, mais peut-être détruit plus tard sur ordre du roi Louis XV.

Le drapeau de Dulain est souvent confondu avec celui de Walter Kennedy, décrit en termes similaires. Parce que le drapeau original est manquant et que les dessins existants varient, sa conception exacte est inconnue.

Bibliographie

Notes et références

Notes

    Références

    1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 « Thomas Dulain, un pirate breton dans les Caraïbes », sur Bécédia, Bretagne Culture Diversité (consulté le )
    2. ↑ Erwan Chartier-Le Floch, « Thomas Dulain, un forban breton aux Antilles », Le Télégramme,‎ (lire en ligne, consulté le )
    3. 1 2 3 Kevin Porcher, « « Faire le métier de pirate » dans les Antilles, l'exemple de Thomas Dulain (1728-1729) », Annales de Bretagne et des Pays de l'Ouest, vol. 127, no 1,‎ , p. 151-179 (DOI 10.4000/abpo.5532, lire en ligne)
    4. 1 2 3 Léon Vignols, La Piraterie sur l'Atlantique au XVIIIe siècle, Typographie Oberthur, (lire en ligne)
    5. 1 2 (en) Benerson Little, The Golden Age of Piracy: The Truth Behind Pirate Myths, New York, Skyhorse Publishing, (ISBN 9781510713048)
    6. ↑ Benerson Little, « THE GOLDEN AGE OF PIRACY: The Truth Behind Pirate Myths - Benerson Little », sur www.benersonlittle.com (consulté le )