


Le terme géomorphologique tombolo désigne un cordon littoral reliant deux étendues de terre émergée, notamment une île et le continent, mais aussi deux îles entre elles (cas de Saint-Pierre-et-Miquelon). Dans ce contexte, un tombolo est un isthme sableux ou graveleux.
Un tombolo est généralement le résultat de la sédimentation de sable ou de gravier dans l'intervalle entre une île et l'autre étendue de terre, du fait de la diffraction du train de vagues que la présence de l'île provoque : les sédiments se déposent à l'endroit où les vagues diffractées par l'île se rencontrent de nouveau derrière elle.
Dans le cas d'un cordon littoral unique, on parle de « tombolo simple », dans le cas où se sont formés deux cordons littoraux parallèles, on parle de « tombolo double ». Dans ce cas, on trouve généralement entre les cordons une lagune, parfois devenue étang (cas de la presqu'île de Giens à Hyères) ou marais maritime, parfois aménagé en marais salant.
« Tombolo » est un terme géomorphologique utilisé par les géographes (géomorphologues, océanographes, etc.).
Il s'agit à l'origine d'un mot italien désignant une « langue de sable qui s'avance dans la mer ». C'est le géographe britannique Gulliver[réf. nécessaire] qui a proposé en 1899 d'utiliser ce mot de façon systématique.
Il proviendrait du latin tumulus (« tombeau »), associé à tumba (« tombe ») qui en latin médiéval aurait pris le sens de « terrain surélevé en zone marécageuse ».
Les cordons littoraux soudés au littoral par une de leurs extrémités sont des flèches littorales de sable ou de galets de forme allongée avec une pointe libre. Une pointe libre qui s'accroche à une île qu'elle relie au continent par sa langue de sable ou de galets constitue un tombolo ; les tombolos peuvent être simples ou multiples. Le tombolo est souvent perpendiculaire à la ligne générale du trait de côte.
Chaque fois que la quantité des sédiments disponibles sur le rivage dépasse le volume des sédiments que les vagues et les courants littoraux peuvent déplacer par la dérive littorale, le processus d'accumulation (ensablement) l'emporte sur celui de l'érosion.
Lorsque la réfraction et la diffraction de la houle correspondent à un affaiblissement de l'énergie des vagues et que la dérive littorale est suffisamment forte pour apporter une large quantité de matériaux, des plages ou des cordons littoraux se forment. L'île constitue un obstacle qui amortit les vagues, ce qui ralentit la dérive littorale, et produit un ensablement.
Un tombolo pourrait aussi être créé par une rivière : au sortir de gorges pour pénétrer dans une plaine, l’énergie du courant chute brutalement et un cordon de sédiments (alluvions ou galets selon la rivière) se dépose, en forme d’arc. Ainsi, à Quinson, à la sortie des gorges du Verdon, la forme pourrait être par analogie comparée à un tombolo.
La combinaison de processus dynamiques naturels et anthropiques dans les processus de sédimentation d'un tombolo est souvent à l'origine des paysages actuels.
Les impacts anthropiques peuvent résulter d'une construction (chaussée, poldérisation, urbanisation), d'opérations de protection du littoral ou de modifications involontaires (bouleversements du stock sédimentaire, etc.)
À Tyr (Liban), il y a 6 000 ans, le niveau de la mer se stabilisant et d'importants flux sédimentaires permettant l'accumulation de fonds sableux (accrétion), une ébauche de tombolo se met en place (proto-tombolo) sous le niveau de la mer à l'époque d'Alexandre le Grand (IVe siècle av. J.-C.), la part érosive des versants est déjà à cette époque le fait de la déforestation du bassin méditerranéen. À l'époque hellénistique, la construction d'une chaussée consolide l'installation de la forme littorale,.
À Alexandrie, la dynastie des Ptolémées décide de construire un phare à l'extrémité orientale de l'île de Pharos reliée au continent par une chaussée, l'heptastade qui, par élargissements successifs, sédimentation et épirogenèse forme l'isthme de Mansheya,,,.
En 1480, une tempête aurait rompu l'isthme du pont d'Adam, créant un archipel entre l'Inde et le Sri Lanka. Le Rāmāyana, évoque le pont de Rāma, construit par le dieu pour rejoindre l'île de Lanka où son épouse Sitā était retenue prisonnière par le roi démon Rāvana.
En 1838, les Britanniques devenus maîtres de l'Inde entreprennent la construction du pont d'Adam (Adam's bridge) pour améliorer la navigation entre les bancs de sable.
En 2001, un projet de chenal est élaboré à l'instar de celui de 1860.
Le double tombolo entre île et continent de la presqu'île de Giens permet entre les deux cordons littoraux, l'installation d'une zone humide saumâtre, exploitée pour le sel de l'Antiquité à l'époque contemporaine, jusqu'à l'arrêt de l'exploitation par la Compagnie des Salins du Midi.
D'autres constructions peuvent être à l'origine de la création d'un tombolo par modifications du stock sédimentaire qui transite localement :
La lutte contre l'érosion marine (remontée du niveau marin en raison des modifications climatiques) peut conduire à la « consolidation » du littoral comme pour le tombolo de Ma Shi Chau, à Hong Kong.
Dans la banlieue Nord de Tunis, cette lutte a suscité une série de tombolos : les épis, les brise-lames ont presque toujours permis la formation de tombolos, mais ceux-ci ont évolué en sols compactés et salés colonisés par des plantes halophiles infestées de moustiques, couverts et transformés en terre battue, parfois utilisés comme aire de parking ou encore comblés par des accumulations de sédiments fins et des feuilles de posidonies dégageant des odeurs considérées comme une forme de nuisance, enfin, certains, obstacles à la dérive littorale par laquelle transite le stock sédimentaire, ont participé au recul des plages.
Afrique
Amérique
Asie
Europe
Océanie