


Le mot multilinguisme (ainsi que plurilinguisme) décrit le fait qu'une communauté, ou une personne, soit multilingue (ou plurilingue), c'est-à-dire qu'elle soit capable de s'exprimer dans plusieurs langues.
Au Moyen Âge, le multilinguisme est omniprésent, en particulier dans les milieux ecclésiastiques,,. Des prières juives et chrétiennes de langue d’oïl nous étant parvenues en portent témoignage.
La confusion entre « plurilinguisme » et « multilinguisme » est courante. Selon les concepts développés par la Division des Politiques linguistiques du Conseil de l'Europe (47 États membres) :
En particulier on parle de bilinguisme voire de trilinguisme lorsque deux langues voire trois langues entrent en considération. À l'opposé, on parle de monolinguisme (parfois unilinguisme) pour décrire le fait d'être monolingue, c'est-à-dire de parler une seule langue.
Le multilinguisme a des avantages sur la cognition. Par exemple, le simple passage d'une langue à l'autre nécessite un développement de la flexibilité cognitive en ce qui concerne toutes les langues utilisées dans une conversation. En outre, on souligne que le choix de la langue (grammaire, vocabulaire) était considéré comme un moteur clé pour déclencher le processus de transfert cognitif.
Le multilinguisme constitue l’un des plus grands atouts de la diversité culturelle en Europe et, en même temps, l’un des plus importants défis à relever pour la création d’une Union européenne véritablement intégrée. Une plus grande attention doit être accordée à la suppression des obstacles au dialogue interculturel et interlinguistique.
Il existe une politique officielle du multilinguisme dans l'Union européenne. Cependant, les résultats de cette politique ne sont pas aujourd'hui à la hauteur des espérances : livrés à eux-mêmes, les Européens se sont tournés par défaut vers la langue la plus répandue, l'anglais. Ce phénomène est connu dans la théorie des jeux sous le terme de maximin.
Cette attitude, pourtant prévisible, a grandement contribué à faire progresser l'influence de cette langue sur le plan mondial. Paradoxalement, le laisser-faire européen a surtout profité aux intérêts commerciaux des États-Unis d'Amérique, en leur permettant d'exporter leurs chansons, leurs films et leurs livres, aux dépens des langues nationales et régionales de l'Europe, mais aussi aux dépens de la richesse du patrimoine culturel européen.
Pour rendre compte des processus de dynamique des langues, on peut néanmoins faire appel à un modèle simple et efficace qui combine deux forces (l’« utilisabilité » et le « maximin »). Ce modèle prédit, dans le contexte européen actuel, une convergence accélérée vers une hégémonie linguistique exercée par l’anglais. Une telle évolution, cependant, s’avère inefficace quant à l'allocation des ressources, injuste quant à la distribution des ressources, dangereuse pour la diversité linguistique et culturelle, et préoccupante quant à ses implications géopolitiques. Il est donc nécessaire d’examiner des alternatives à un tel scénario.
Voir également le rapport Grin pour la mise en place et la préservation du multilinguisme en Europe entre autres par l'adoption de l'espéranto comme langue commune pour favoriser l'apprentissage des autres langues de l'Union et sans qu'on impose sa langue à autrui.
Ce concept permet de comprendre les effets de l'apprentissage de langue par les communautés immigrées vivant dans la société en général. L'intégration des immigrants est un enjeu majeur pour les sociétés contemporaines, notamment dans des pays multiculturels comme le Canada.
L'apprentissage de la langue locale par les immigrants entraîne divers effets socioculturels positifs :
Des études montrent que les immigrants qui apprennent la langue de leur pays d'accueil se sentent mieux intégrés et peuvent créer des liens sociaux plus solides.
L'acquisition de compétences linguistiques est également cruciale pour l'intégration économique des immigrants :
Dans l'ensemble, l'intégration linguistique permet aux immigrants de contribuer pleinement à l'économie du pays d'accueil, tout en bénéficiant de meilleures perspectives d'emploi et de stabilité financière.
Les systèmes éducatifs des pays d'accueil offrent généralement des programmes de soutien pour les jeunes immigrants, ainsi que pour les adultes, facilitant ainsi leur intégration scolaire et leur développement personnel :
L'intégration linguistique est ainsi essentielle pour la réussite académique des enfants immigrants et pour l'autonomie des adultes, favorisant leur bien-être social et personnel.
Une alternative au multilinguisme imparfait est le multilinguisme soutenu par l'utilisation d’une langue construite conçue pour être utilisée comme seconde langue commune à tous, quel que soit le pays où l’on se trouve, pour assurer les fonctions de langue de communication à moindre coût, ou encore de langue pivot. Cette solution est notamment conseillée par le rapport Grin avec l’espéranto ; il existe d’autres langues à même visée, comme le pandunia.

Une autre solution serait le recours à une langue autrefois commune, comme le latin en Europe[réf. nécessaire] que l'on qualifie souvent à tort de langue morte vu qu'il n'a jamais cessé d'être parlé et qu'il est même, actuellement, en pleine recrudescence. C'est la solution actuellement employée dans le monde arabe, où l'arabe littéral est la langue véhiculaire commune à tous les pays arabes (la langue vernaculaire locale étant le dialecte arabe propre à chaque pays).
En fait, si le multilinguisme a des difficultés aujourd'hui, c'est plutôt parce que la gestion des langues n'est pas véritablement assurée sur la Toile. L'ICANN et la langue anglaise exercent une hégémonie sur la Toile.
Il existe des méthodes, basées sur l'emploi de communautés d'intérêt, de standards de métadonnées, et de services, qui permettent de s'adapter à la diversité des langues employées en Europe et dans le monde. La langue est un paramètre qui pourrait être mieux géré, afin que les langages de balisage fréquemment employés sur la Toile (HTML, XML, et leurs variantes) accèdent plus efficacement aux ressources informatiques employées dans le monde dans différentes langues.
Nombre de linguistes ont publié en 2017 une Déclaration pour un monde multilingue dans une quarantaine de langues en ayant constaté que des millions de personnes à travers le monde se voient dénier leur droit fondamental à préserver, apprécier et développer la langue porteuse de l’identité de leur communauté. Ils suggèrent que cette injustice devrait être corrigée dans des politiques publiques soutenant des sociétés et des individus multilingues. Ils font des recommandations d’adopter un état d’esprit multilingue qui célèbre et promeuve la diversité linguistique comme une norme mondiale, qui lutte contre les discriminations linguistiques et développe des politiques publiques linguistiques en faveur du multilinguisme.
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