
Tuanaki (parfois nommée Tuanahe, Tuanake ou Tuanaka) est une île fantôme du Pacifique sud au statut incertain : île mythique ou île engloutie au cours du XIXe siècle.
Il semble que l'île était connue au début du XIXe siècle des baleiniers qui chassaient dans la région.
La première mention daterait de 1844, quand un navire transportant un missionnaire arriva à Rarotonga avec l'objectif de partir établir un contact et évangéliser les habitants de l'île de Tuanaki, bien connue des habitants des îles Cook. Les informations décrivaient un groupe de trois îles basses autour d'un récif. L'atoll serait densément peuplé et situé à plus de 200 milles au sud ou au sud-ouest de Rarotonga. Les insulaires ressembleraient à ceux de Mangaia, en langue, coutumes et vêtements. À Rarotonga, deux marins locaux indiquent avoir déjà vu l'île plusieurs fois, à bord de baleiniers, et l'un a déjà eu des contacts avec la population. Un témoin rapporte que dans les années 1840, un navire de commerce avait l'habitude de visiter une île dont il gardait la position secrète et qui pourrait correspondre à Tuanaki. Lors d'une visite ultérieure, il n'aurait plus retrouvé l'île. En 1897, des vieillards de Rarotonga interrogés se souvenaient de communications intermittentes avec l'île. La disparition est estimée autour des années 1840.
William Wyatt Gill (en) interviewe vers 1844 un Cookien dénommé Soma qui avait été sur Tuanaki deux ans auparavant (soit environ en 1842) alors qu'il travaillait sur un navire. Il décrit un lagon dont le capitaine avait dû trouvé l'entrée. Il débarqua à terre avec 6 hommes dont le capitaine. Partant à la recherche d'habitants, ils finirent par trouver le chef du village dans une maison commune avec un groupe d'hommes avec qui ils ont discuté. Ils se sont révélés pacifiques et accueillants. Soma et l'équipage sont restés 6 jours sur l'île, à troquer des marchandises. Quand Gill demanda à Soma de décrire les habitants il répondit : « Ils sont exactement comme nous [Soma était un Aitutakien]. Leur eau est raclée dans un bol, ou dans une feuille de taro géant. Leur dialecte est celui de Mangaia, ils portent le tiputa (ou poncho), et utilisent le même genre d'éventails qu'à Mangaia. Il ne faut qu'une nuit (et un jour) pour atteindre Tuanaki depuis Mangaia. ». Gill rechercha en vain l'atoll pendant une semaine en .
L'héroïque explorateur Ernest Shackleton s’intéressa à l'histoire de Tuanaki, et voulut retracer son histoire au cours de sa dernière expédition, pendant laquelle il mourut le ,.
Il a été proposé que le récif Haymet (décrit et placé non loin dans certaines cartes mais disparu lui aussi depuis) ait pu être ce qui restait de Tuanaki. Si l'île a bien existé, il est possible qu'elle ait disparu dans les flots, après un séisme, un glissement de terrain, ou une violente tempête sur des îles de sable.
Nunn et Pastorizo en 1983 signalent que le souvenir de l'île persiste chez les habitants de l'île de Mangaia.
L'île perdue de Tuanaki des îles Cook ne doit pas être confondue avec l'atoll Tuanake des Tuamotu, d'autant que certaines orthographes sont identiques dans certains ouvrages et même dans des actes officiels.
L'emplacement de l'île a été estimé à partir des indications des Polynésiens : Tuanaki était supposé se trouver au sud de Rarotonga. Pour l'atteindre, ils leur fallait deux jours et une nuit de navigation depuis Rarotonga et une nuit et un jour depuis Mangaia. À partir de ces indications assez vagues, les navigateurs et géographes ont tenté de localiser l'île. Les diverses propositions citées ici sont visualisables sur la carte OpenStreetMap ci-contre.
Plusieurs cartes vont positionner Tuanaki ou parfois l'Île Nouvelle :
Galerie de cartes contenant une mention de Tuanaki :
Le groupe de musique Beirut a intitulé l'une des chansons de son septième album A Study of Losses, sorti en 2025, en référence à l'île Tuanaki, Tuanaki Atoll.