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Horloger |
Urbain Joseph Alexandre Adam ( Kaysersberg - Colmar) est un horloger de Colmar qui a installé de nombreuses horloges d'édifice, essentiellement dans le sud de l'Alsace vers 1840-1880. Il était un admirateur de Jean-Baptiste Schwilgué dont il s'est un peu inspiré.
D'après son propre compte, on peut estimer qu'Adam a installé environ 500 horloges, mais ce compte inclut peut-être des pendules, voire des montres. Il est difficile d'imaginer qu'Adam ait pu installer plus de 300 horloges d'édifice avant 1860, alors que celles que l'on connaît sont presque toutes postérieures à 1860. En tout cas, Adam ne semble avoir numéroté ses horloges d'édifice qu'à partir de 1860 environ. Adam a aussi construit plusieurs pendules avec des affichages astronomiques, mais ces pendules ne sont pour la plupart pas localisées. L'une d'elles se trouve dans le bureau du maire de Colmar. Les autres se trouvent probablement dans des collections privées.
Enfin, Adam a été co-inventeur d'un système d'entraînement de machine à coudre, composé d'éléments d'horlogerie.
Urbain Joseph Alexandre Adam était fils de Joseph Adam, horloger (né vers 1771), et d'Antoinette Liethard.
Au moment de la levée de sa classe en 1836, il est domicilié à Colmar avec ses parents. Ayant tiré un bon numéro, il n'a pas fait son service militaire. Il exerce alors la profession d'horloger.
Le à Altkirch, il a épousé Caroline Stackler, fille du percepteur du secteur d'Enschingen. Au moment du mariage, le père d'Adam habitait à Brumath dans le Bas-Rhin. Adam était encore affiché comme horloger en 1847. La veuve d'Adam est décédée le à Dijon.
Le couple a eu trois enfants, dont Léon Adam.
L'acte de décès d'Adam (déclaré par son fils Léon) l'enregistre sous les prénoms Urbain Louis, mais il ne fait aucun doute qu'il s'agit bien du même.
Urbain Adam a commencé à être horloger, profession affichée dès 1836. Il semble ensuite avoir travaillé dans l'administration du chemin de fer, mais il l'a quittée à la suite de la fusion des chemins de fer d'Alsace avec les autres lignes de l'Est (d'après une lettre autographe d'Adam). Ceci pourrait situer la fin de cette phase vers 1853, voire avant.
C'est dans les années 1840 (et en tout cas après 1842), voire au début des années 1850, qu'il fonde un établissement d'horlogerie.
Citons un extrait des Nouveaux mémoires de la Société des sciences, agriculture et arts du Bas-Rhin, 1868, pages 21 et 22 :
« Mais qu'était-ce donc que ce M. Adam. M. Adam, Messieurs, était tout simplement ce qu'il est encore aujourd'hui, un horloger de Colmar estimé de ses concitoyens pour sa conscience et son habileté dans son art, et sans s'en douter, un des premiers mécaniciens de France. Seulement M. Adam avait deux grands défauts, au moins pour qui veut, comme c'est aujourd'hui l'ambition de tant de personnes, bombarder la fortune : il ne pouvait rien laisser échapper de ses mains qui ne fût parfait, et il ignorait complètement l'art de se faire valoir. On l'avait bien vu lorsqu'il avait été choisi pour exécuter la nouvelle horloge de l'église catholique de Colmar. Il avait sans bruit exécuté un chef-d'œuvre ; et lorsqu'il l'avait eu terminé, au lieu de sonner trompette autour, il l'avait laissé hisser et enfermer entre les quatre murs de la tour de Saint-Martin, où les choucas seuls, avec quelques rares connaisseurs, qui avaient eu vent, par hasard, de ce chef-d'œuvre, comme M. Rieder, de Mulhouse, par exemple, se donnaient la peine de l'aller voir de temps à autre. Voilà ce qu'était M. Adam, un habile et honnête mécanicien, estimé, sans doute, mais loin encore d'être apprécié à sa valeur. »

Certaines des horloges d'Adam sont exposées, c'est le cas par exemple de celles de
Parmi les horloges non exposées, les plus remarquables connues d'Adam sont celles de
La construction des horloges Adam usuelles est telle que leur démontage est assez aisé.
Adam munissait aussi habituellement les églises où ses horloges étaient installées de méridiennes indiquant le midi moyen (courbe en huit, appelée analemme) aussi bien que le midi vrai (ligne verticale).
Dans les années 1880, ce qui restait de l'établissement Adam a été racheté par l'entreprise d'horlogerie Ungerer.
Certaines des horloges de cette liste n'existent peut-être plus. Noter que l'ordre peut être légèrement incorrect pour les horloges dont les numéros de série ne sont pas (encore) connus.
Horloges en place :
Horloges dont certaines n'existent peut-être plus :
Les horloges suivantes ne sont pas localisées. Elles peuvent avoir été détruites, reprises par une entreprise, vendue à un collectionneur, etc.
Une méridienne est un instrument permettant de mesurer le passage du soleil au méridien. Adam munissait les églises d'une méridienne avec une courbe en huit, pour pouvoir régler ses horloges d'après le temps moyen.
Adam a réalisé quelques horloges à affichage astronomique. L'une de ces horloges a été vendue vers 1950 et se trouve probablement dans une collection privée. Une autre se trouve dans le bureau du maire de Colmar.
Il existe une pendule d'Adam avec un quantième perpétuel.
Urbain Adam ne doit pas être confondu avec Eugène Adam, aussi de Colmar, et auteur de plusieurs brevets dans les années 1840 et 1850, notamment de pressoir et de lunettes stéréoscopiques.
Caroline Garcin et Urbain Adam ont aussi inventé un système pour entraîner une machine à coudre sans pédale (brevet de quinze ans du numéro 88808). Ce système comporte en fait une sorte de rouage d'horlogerie, avec plusieurs barillets à ressorts. On trouvera plus d'information ici :
Adam semble avoir été disciple de Charles Fourier.