| Naissance | |
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| Décès | |
| Nom de naissance |
Veronica Gacs |
| Surnom |
Vera |
| Nationalité | |
| Activités |
Artiste numérique, artiste d'objet, artiste graphique, artiste, créatrice de bijoux, peintre, sculptrice, algoriste, musicienne |
| Période d'activité |
- |
| Conjoint |
François Molnár (d) (de à ) |
| Représentée par |
Galerie Oniris (d) |
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| Site web | |
| Distinction |
Prix Aware () |
Vera Molnár, née Veronica Gács le à Budapest et morte le à Paris,, est une artiste plasticienne française d’origine hongroise.
Proche de l'abstraction géométrique, elle est considérée comme précurseur de l'art numérique et de l'art algorithmique. Dans sa carrière artistique, elle utilise une grande diversité de matériaux et de supports, elle dessine, colle, peint, conçoit des sculptures, programme, photographie, réalise des installations, des estampes et des livres d’artiste.
Veronica Gács est née le à Budapest. Elle s'intéresse à la peinture à l'âge de 12 ans, en observant un oncle s'y adonner, comme peintre du dimanche. De 1942 à 1947, Vera Molnár étudie à l’école des beaux-arts de Budapest. À partir de 1946, elle évolue vers l'abstraction avec une série de dessins intitulée Arbres et collines géométriques.
Après avoir obtenu son diplôme de professeure d'histoire de l'art et d'esthétique, elle se rend à Rome à la Villa Médicis puis à Paris en 1947, avec François Molnár (1922-1993), un compagnon d'études qu'elle épouse en 1948,,.
Sympathisante communiste, elle rompt avec cette idéologie en 1949, après l'exécution du ministre hongrois László Rajk.
Elle découvre à Paris les œuvres de Fernand Léger ou de Le Corbusier, ainsi que les peintres abstraits du début du xxe siècle qui l'amènent à s'intéresser au minimalisme et à la géométrisation. Elle travaille avec François Molnár jusqu'en 1960, lorsque celui-ci délaisse sa pratique picturale pour assurer la direction d’un laboratoire de recherche au CNRS.
Elle fait la connaissance de Victor Vasarely et de Julio Le Parc, qui mettent en œuvre les prémices de l’art optique et cinétique. En 1960, Vera Molnár participe à la constitution du Centre de Recherche d'art visuel (qui devient plus tard le GRAV - Groupe de recherche d'Art visuel), avec notamment, Julio Le Parc, François Morellet, Yvaral ou encore Horacio García Rossi,. Cependant, elle se tient à distance de ces nouvelles mouvances artistiques pour développer une peinture « systématique » et établir les fondements de ce que Serge Lemoine appelle le « minimalisme à la française »[réf. nécessaire].
Sa pratique picturale peut être assimilée au courant de l’abstraction géométrique, qui se développe en Europe au cours des années 1950. Sa peinture est marquée par un vocabulaire élémentaire constitué par la ligne, le cercle, le carré ou encore le méandre et se base sur l'utilisation de séries, permutations ou rotations de lignes et formes géométriques simples,. Elle déclare être particulièrement intéressée par le carré, le rectangle et la ligne. Elle les aborde via des techniques diverses : dessin, peinture, ordinateur, collage ou fils tendus... Elle utilise aussi l'écriture manuscrite comme base de création : la sienne, celle d’Albrecht Dürer, sa signature, la lettre « M »... À partir de 1981, elle utilise la correspondance avec sa mère, restée en Hongrie, pour créer des formes abstraites basées sur son écriture retranscrite avec l'aide de l'ordinateur,.
Sa pratique trouve son origine chez Piet Mondrian, Kasimir Malevitch ou encore le mouvement zurichois d'art concret. Parmi ceux qui l’ont marquée, figurent Albrecht Dürer, Paul Cézanne, Claude Monet et Paul Klee.
Véra Molnár fait la connaissance de Jesús-Rafael Soto dans le courant des années 1950, puis, en 1957, de François Morellet, avec lequel elle restera très liée. Attirés par une géométrie systématique, tous deux intègrent les héritages respectifs du Bauhaus, du mouvement De Stijl, des constructivistes russes et polonais[réf. nécessaire].
Durant cette période, Vera Molnár refuse de jouer le jeu des codes de la reconnaissance artistique auprès des galeries comme des institutions. L’absence de « publicité » faite à l’artiste retarde considérablement sa reconnaissance auprès du public, au profit de l’école américaine[réf. nécessaire].
Véra Molnár met au point en 1959 la « Machine imaginaire », qui l’amène à inventer des programmes simples (de simples idées), qu’elle met en œuvre de manière méthodique pour réaliser ses travaux, étape par étape, de façon systématique, comme si elle le faisait avec une machine. Pour cela, elle écrit des programmes simples et élabore des séries de transformations de formes selon des directives précises et par la fixation d'interdits.
En 1967, Véra Molnár cofonde le Groupe Art et Informatique à l’Institut d’esthétique et des sciences de l’art.
À partir de 1968, elle devient l’une des pionnières de l’utilisation de l’ordinateur dans la création artistique,, un outil qui, selon ses termes, lui permet de « se libérer d’un héritage classique sclérosé » tout en conservant la pleine maîtrise de ses compositions. Elle met au point avec François Molnár, en 1976, le programme Molnart , « un programme souple qui permet une expérimentation picturale systématique. Il est écrit en Fortran pour ordinateur de grande capacité relié à un écran de visualisation et à un traceur ». L'outil informatique permet la gestion d'un nombre important d'informations et démultiplie ainsi les possibilités artistiques mais il ne signifie pas la perte d'intentionnalité. Le choix des formes, des couleurs, des supports et textures et la sélection finale des images... etc. relèvent de la volonté de l'artiste et de sa sensibilité,,.
Toujours en 1976, elle a sa première exposition personnelle à Londres, à la Galerie de l’École Polytechnique, ce qui met fin à son rejet du monde artistique.
Elle co-fonde en 1980 le Centre de recherche expérimentale et informatique des arts visuels à l'université de Paris-I, et y est chargée de cours.
Au début des années 1990, elle crée le programme « Resauto ». Elle dessine d’abord des images avec une totale liberté de composition, de matériaux et de formes. Puis elle utilise l’ordinateur pour qu’il fabrique des variations à partir des images de départ. Elle en choisit alors certaines qu'elle peint à la main sur toile ou sur papier ou sérigraphie.
Véra Molnár utilise divers matériaux et supports, elle dessine, colle, peint, conçoit des sculptures, programme, photographie, réalise des installations, des estampes, des livres d’artiste (les livrimages) et un Journal intime (1976-2020) d’ordre plastique en vingt-deux volumes de presque 5 000 pages.
Elle réalise entre 2011 et 2013 Orthogonal consistant en un dessin sur papier informatique de 27 × 2 000 cm. L'œuvre est constituée d'une unique ligne composée exclusivement de segments horizontaux et verticaux ininterrompus. L'œuvre est conservée dans la collection du Centre national des arts plastiques à Paris. En 2021, Molnár en réalise une transposition in situ à l'Espace de l'Art Concret, à Mouans-Sartoux, sous le titre Orthogonal — À Gottfried, une fête verte pour tes yeux. Cette peinture murale à l'acrylique fluorescente, de 220 × 170 cm, reprend le principe de l'œuvre originale. Le titre fait référence à Gottfried Honegger, avec lequel Molnár entretient une relation artistique étroite.
En 2022, elle fait don à la bibliothèque de l’Institut national d’histoire de l’art de 272 estampes, 2 portfolios et 12 maquettes préparatoires.
« Ses œuvres des années 1950 sont aujourd'hui recherchées, car elles posent les bases intellectuelles de sa démarche avec l’ordinateur à la fin des années 1960 », indique quelques décennies plus tard le galeriste Florent Paumelle.
Véra Molnár vit et travaille à Paris. Elle est représentée, entre autres, par les galeries Oniris à Rennes, Berthet-Aittouarès à Paris, DAM à Berlin, Senior & Shopmaker à New York.
