L'Initiative sur l'Accessibilité du web ou Web Accessibility Initiative (WAI) fut lancée en avril 1997 par le World Wide Web Consortium (W3C).
La principale mission de la WAI est de proposer des solutions techniques pour rendre le World Wide Web accessible aux personnes handicapées et d'une manière plus générale à toute personne sans nécessiter de prérequis particulier.
Les actions de la WAI se situent dans cinq domaines :
La WAI a développé un certain nombre de recommandations pour rendre le Web plus accessible notamment auprès des personnes handicapées physiquement et des seniors.
Les recommandations de la WAI pour rendre le contenu web plus accessible se nomment les Web Content Accessibility Guidelines (WCAG), et s'adressent à tous les distributeurs de contenu sur le web.
Leur version initiale étaient les WCAG 1.0 publiées en 1999, auxquelles ont succédé les versions 2.0 en 2008,,, 2.1 en 2018, et 2.2 en 2024.
WCAG 1.0 comporte 14 directives dont les 11 premières visent à assurer une transformation élégante du contenu dans les différents contextes utilisateurs :
Les trois visent à rendre le contenu compréhensible et navigable :
Chaque directive détermine un ou plusieurs points de contrôles. Par exemple, la directive 2 demande de « ne pas s'en remettre exclusivement aux couleurs » et prévoit à cet effet deux points de contrôle :
Les 65 points de contrôle WCAG 1.0 concernent les thématiques des contenus (images, objets programmables, objets multimédia), des structures (tableaux, cadres, titres), du graphisme et de la mise en forme (couleurs, séparation de la structure et de la présentation), de l'interactivité et de la navigation (liens, formulaires, redirections).
Chaque point de contrôle s'est vu attribuer un degré de priorité, en fonction des impossibilités ou des difficultés d'accès qu'il permet de lever. La validation de tous les points de contrôle d'un degré donné et des degrés inférieurs détermine le niveau d'accessibilité du site concerné :
| Priorité | Obligation | Portée | Niveau d'accessibilité | Exemple |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Ce qui doit être fait. | Lève les barrières obstructives à l'accès aux contenus | Niveau A (respect des points de contrôle de priorité 1) | Toute information véhiculée par la couleur est également perceptible sans couleur. |
| 2 | Ce qui devrait être fait | Lève d'autres barrières significatives | Niveau AA (respect des points de contrôle de priorité 1 et 2) | Les contrastes de couleurs entre avant-plan et arrière-plan sont suffisants dans les images. |
| 3 | Ce qui peut être fait | Améliore le confort d'accès | Niveau AAA (respect des points de contrôle de priorité 1, 2 et 3) | Les contrastes de couleurs entre avant-plan et arrière-plan sont suffisants dans les textes. |
L'exemple de la couleur illustre la manière de répartir des points de contrôle par niveau de priorité :
Les points de contrôle sont donc la base de la validation WCAG 1.0.
Alors que les WCAG 1.0 concernent principalement les contenus HTML, les WCAG 2.0 font abstraction de la technologie spécifiquement utilisée et ont pour objectifs d'être :
WCAG 2.0 adopte également une approche thématique plus rigoureuse en structurant 12 directives principales selon 4 principes fondamentaux (en anglais POUR, signifiant Perceivable, Operable, Understandable, Robust) :
Chacune des douze directives se décompose en un ou plusieurs « critère de succès » de niveau A, AA ou AAA, qui deviennent la base d'évaluation d'accessibilité du site. Pour chaque critère de succès, WCAG 2.0 indique des « techniques suffisantes et indicatives » qui fournissent un guide limité à XHTML CSS, sans pour autant faire dépendre la conformité ni de l'emploi exclusif de ces formats, ni des techniques spécifiquement détaillées pour ceux-ci.
La définition des trois niveaux d'accessibilité tient désormais compte de leur faisabilité :
| Niveau | Objectif | Faisabilité | Exemple |
|---|---|---|---|
| A | Atteindre un niveau d'accessibilité minimal. | Critères de succès essentiels pouvant raisonnablement s'appliquer à toutes les ressources web. | La couleur n'est pas le seul moyen visuel de véhiculer l'information. |
| AA | Améliorer le niveau d'accessibilité | Critères de succès supplémentaires pouvant raisonnablement s'appliquer à toutes les ressources web. | Les textes de petite taille ont un ratio de contraste au moins égal à 4,5 |
| AAA | Atteindre un niveau supérieur d'accessibilité. | Critères de succès ne s'appliquant pas à toutes les ressources web. | Les textes de petite taille ont un ratio de contraste au moins égal à 7 |
WCAG 2.0 entérine enfin le choix du niveau AA comme objectif des politiques d'accessibilité globale, le niveau AAA n'étant pertinent que pour certains projets, en fonction des contenus spécifiques qui sont concernés.
Cette évolution a été contestée par certains experts, à l'initiative de Joe Clark qui a récusé le mode de fonctionnement de la WAI pour privilégier une mise à jour de WCAG 1.0, sous la forme d'un errata WCAG 1.0 réalisé indépendamment de la WAI par le projet WCAG Samurai.
L'ensemble de recommandations nommé Authoring Tools Accessibility Guidelines (ATAG) est à destination des éditeurs de logiciels auteurs de contenu web. Ces logiciels auteurs sont par exemple des logiciels d’édition de HTML, les éditeurs de page, logiciels de publication de site web créant le code HTML, systèmes de gestion de contenu et les blogues. Il incite ceux-ci à produire directement du contenu accessible selon les WCAG.
La version initiale 1.0 de est remplacée par une version 2.0 datant de .
En , le groupe de travail du W3C a diffusé des directives sur l'accessibilité des outils auteur et un document de travail sur la façon d'implémenter la recommandation ATAG.
ATAG 2.0 (Authoring Tools Accessibility Guidelines) distingue deux aspects clés de l'accessibilité des outils de production :
Les solutions de publication de plus en plus utilisées amènent à une séparation accrue entre le travail de production éditorial et les aspects techniques du contenu, et donc entre métiers de rédacteur et d'intégrateur. Dès lors, une responsabilité croissante incombe aux outils de production pour assurer autant que possible, et de manière aussi transparente que possible, le respect des directives d'accessibilité des contenus. Ils ne peuvent cependant en être les seuls garants : les rédacteurs de contenu jouent un rôle final majeur, illustré par les référentiels métier liés aux compétences éditoriales.
Les User Agent Accessibility Guidelines s'adressent aux développeurs de logiciels permettant la navigation et la consultation de contenu (comme les navigateurs web ou lecteurs multimédia). En effet, afin de tirer le meilleur parti des sites web accessibles, il est essentiel que les outils de consultation de ces sites soient eux-mêmes utilisables par des personnes handicapées.
La première version des recommandations est publiée en 2002, et leur version suivante, la 2.0, est élaborée en 2015.
UAAG 2.0 est organisé autour de cinq principes (décomposés en directives correspondant elles-mêmes à un ou plusieurs critères de succès) :
Les XAG expliquent comment améliorer l'accessibilité dans les applications XML.
La WAI est à l'origine d'une spécification technique nommée Accessible Rich Internet Applications (ARIA), qui permet aux développeurs web d'ajouter certaines métadonnées dans le code HTML des pages web pour améliorer leur accessibilité. Les métadonnées en question peuvent notamment donner aux éléments de page web un rôle, un état, un libellé ou une valeur afin de transmettre ces informations aux technologies d'assistance, comme les lecteurs d'écran ou les commandes vocales. Ces technologies d'assistance sont ainsi en mesure d'offrir des moyens d'interaction avec les éléments en question.