| WN-A Bab el-Maâleg | |
| Tombeaux de l'Égypte antique | |
|---|---|
| Emplacement | Vallée de l’Aigle |
| Construction | XVIIIe dynastie |
| Coordonnées | 25° 44′ 00″ nord, 32° 36′ 01″ est |
| Fouillé par | Clément Robichon (1934), |
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Le tombeau WN-A, connu historiquement comme Bab el-Maâleg (le « tombeau suspendu » en arabe), est un tombeau de l'Égypte antique situé dans la nécropole thébaine, sur la rive ouest du Nil, face à Louxor en Égypte. Il pourrait s'agir du tombeau du célèbre Amenhotep fils de Hapou,,.
Le tombeau WN-A a été creusé dans les falaises situées au fond de la vallée de l’Aigle, un oued situé non loin du village de Deir el-Médineh. La tombe a été creusée dans la paroi nord de la vallée, à mi-hauteur d'une falaise abrupte de quarante mètres de haut. Le tombeau a longtemps été appelé Bab el-Maâleg,,, (le « tombeau suspendu »), car son entrée est située dix-neuf mètres au dessus du sol.
Le tombeau est composé de deux pièces vaguement rectangulaires auxquelles on accède par un escalier. Malgré la bonne qualité de la roche, la tombe a été creusée de façon très sommaire et irrégulière. Les murs ont été aplanis de manière grossière, la roche a souvent été délitée plutôt qu taillée, et le mur d'une des deux salles n'est rien d'autre qu'une faille naturelle et n'a pas été travaillé. Les sols et les plafonds sont également très irréguliers, la hauteur entre les deux peuvent varier de plus de cinquante centimètres dans une même pièce. On accède à la première chambre depuis l'entrée via un escalier long de plus de sept mètres qui s'enfonce à près de cinq mètres sous l'entrée. La première salle mesure environ 9 mètres de long pour 6 mètres de large, avec un plafond situé entre 2,24 mètre et 2,80 mètres au dessus du sol. De la première pièce, on accède à la deuxième, 40 centimètres plus bas, par un petit couloir de 1,50 mètres de long qui possède deux marches. La seconde salle est un carré irrégulier d'environ cinq mètres de côté, le plafond culmine à 2,66 mètres. Les deux pièces contiennent chacune une ébauche de puits inachevé, d'une quarantaine de centimètres de profondeur dans la première et de 1,60 mètres de profondeur dans la seconde. La tombe ne possède ni inscription ni décoration.
La sépulture date vraisemblablement de la XVIIIe dynastie mais a été très largement réutilisée durant les époques plus tardives et son contenu a été très endommagé, rendant l'identité du propriétaire d'origine difficile à établir. Différents égyptologues ont proposé que la tombe ait été creusée pour Amenhotep fils de Hapou, le grand sage à la cour d'Amenhotep III, pour la reine Ahmès-Mérytamon, pour le roi Thoutmôsis II ou encore pour la reine Ahmès-Inhapy. Un consensus semble se dégager autour d'Amenhotep fils de Hapou,, malgré l'absence d'élément probant,. En effet, cette hypothèse repose uniquement sur le fait que le sarcophage d'Amenhotep fils de Hapou, retrouvé par ailleurs, semble avoir été brisé de manière violente mais accidentelle, ce qui est compatible avec une chute depuis le tombeau suspendu. Cela implique aussi qu'Amenhotep aurait abandonné un tombeau creusé pour lui à Gournet Mourraï, peut être en début de carrière, pour se faire enterrer dans le tombeau monumental de la vallée de l'Aigle, après être devenu un des plus importants individus du royaume. Des exemples de situations analogues sont attestés dans la nécropole thébaine au Nouvel Empire,,. Quoi qu'il en soit, le tombeau suspendu serait une sépulture de très piètre qualité pour un haut dignitaire, voire un personnage royal, de la XVIIIe dynastie.
Après le Nouvel Empire, le tombeau a été ouvert et refermé à plusieurs reprises pour être réutilisé comme sépulture collective. Des inhumations y sont attestées pendant la Basse Époque, la période lagide, le Haut-Empire, le Bas-Empire romain et peut être même jusqu'à l'époque byzantine. Au total, une centaine de personnes a été inhumée dans le tombeau suspendu au cours des siècles.
Le Bab el-Maâleg a été pillé dès le XVIIIe siècle ou le XIXe siècle par les habitants de Gournah. C'est probablement à cette époque qu'un pillard a mis le feu par inadvertance au contenu très inflammable de la sépulture, créant un violent incendie qui a complétement ravagé la tombe et a détruit son contenu. Une fois le tombeau ouvert, des guêpe maçonnes sont venus faire leurs nids dans la cavité de la falaise, de même que des aigles qui ont ainsi donné son non à la vallée.
Le tombeau WN-A a été fouillé pour la première fois en 1934 par Clément Robichon de l'Institut français d'archéologie orientale (IFAO),. Des membres du même institut l'ont a nouveau fouillé soixante ans plus tard, en 1992 et 1993, ainsi que la vallée de l'Aigle. Dans les deux cas, l'accès au tombeau a nécessité l’escalade de la falaise par les égyptologues sur la vingtaine de mètres qui sépare le tombeau du sol de la vallée,. Lors de la dernière fouille, les membres de l'IFAO ont collecté et minutieusement catalogué les débris du contenu de la tombe: fragments de momies, de cercueils, de cartonnages, de statuettes, d'ouchebtis, de papyrus, de vêtements, de céramiques et d'autres objets divers, le tout extrémement endommagé par l'incendie au siècle précédent . Les restes d'au moins soixante-treize corps ont été retrouvés, dont une momie défenestrée gisant au pied de la falaise.