| Naissance | Beyrouth |
|---|---|
| Nationalité |
libanaise |
| Activité |
Peintre, artiste visuelle |
| Formation | |
| Lieu de travail |
Londres |
| Site web |
(en) zenaassi.com |
Zena Assi, née en 1974 à Beyrouth, est une peintre et artiste visuelle libanaise. Son œuvre associe peinture, dessin, sculpture, installation et animation expérimentale. Elle est principalement connue pour ses représentations de Beyrouth et pour ses recherches sur la mémoire urbaine, les migrations, les identités fragmentées et les transformations des paysages contemporains.
Née à Beyrouth en 1974, Zena Assi étudie à l'Académie libanaise des beaux-arts (ALBA). Avant de se consacrer entièrement à sa pratique artistique, elle travaille à l'agence de publicité Saatchi & Saatchi à Beyrouth, puis enseigne le dessin ainsi que la communication visuelle dans plusieurs universités libanaises. Après avoir vécu au Liban pendant quarante ans, elle s'installe à Londres en 2014 tout en poursuivant une activité artistique étroitement liée à l'histoire et à l'évolution urbaine de Beyrouth.
L'œuvre de Zena Assi s'intéresse aux relations entre les individus et leur environnement urbain. Ses peintures, dessins et installations prennent fréquemment pour point de départ les paysages de Beyrouth, ses transformations architecturales, ses destructions successives et les tensions produites par les mutations sociales et politiques de la ville.
Ses compositions associent souvent bâtiments, infrastructures, panneaux publicitaires, réseaux électriques, fragments de cartes, archives et éléments calligraphiques. Par superpositions successives, elles produisent une image dense de la ville contemporaine où se mêlent mémoire, circulation, reconstruction et effacement.
La question du déplacement occupe également une place importante dans son travail. Plusieurs séries réalisées après son installation au Royaume-Uni abordent les thèmes de l'exil, des migrations et de l'hybridité culturelle. Les œuvres de la série My City Wall explorent notamment les effets du déracinement et les tensions identitaires produites par le passage entre différents contextes culturels.
Dans plusieurs séries de portraits, elle représente des figures urbaines dont les corps semblent absorbés par l'architecture qui les entoure. Les façades, enseignes, slogans et structures de la ville se superposent aux silhouettes humaines, suggérant l'influence réciproque entre les individus et leur environnement social.
Son travail est également marqué par une réflexion sur les conséquences des conflits au Moyen-Orient, les processus de reconstruction urbaine et les formes contemporaines de consommation et de mondialisation. Les paysages urbains qu'elle représente apparaissent souvent comme des espaces instables où coexistent mémoire, violence, espoir et transformation.
À la suite d'une visite à la Royal Academy of Arts de Londres, Zena Assi découvre une exposition consacrée à John Constable (1776–1837) et à sa série d'esquisses à l'huile Study of a Cloud (1821–1822), dans lesquelles le paysagiste britannique documentait les variations du ciel anglais depuis un même emplacement fixe. L'artiste y reconnaît une méthode proche de la sienne, appliquée non à un paysage naturel mais à l'urbanité de Beyrouth.
De cette rencontre naît la série Study of a Cloud after Constable dans laquelle les panoramas urbains de Beyrouth sont superposés au ciel nuageux et changeant de l'Angleterre. Les deux topographies fusionnent sur la toile en une entité hybride qui figure l'entre-deux géographique et identitaire dans lequel évolue l'artiste,.
Elle expose également des céramiques directement inspirées des collections archéologiques du musée national de Beyrouth — colonnes, vases émaillés, totems et gargouilles —, dont les socles en béton renvoient aux sacs de sable qui avaient protégé les œuvres du musée durant les vingt années de guerre civile libanaise. Chaque totem est surmonté d'une figurine féminine que l'artiste présente comme une manière d'introduire dans l'iconographie traditionnelle une représentation contemporaine de la femme, ni déesse ni victime,.
L'exposition comprend par ailleurs une installation intitulée Dîner de famille, composée de personnages à taille humaine façonnés en coussins recouverts de napperons en dentelle, réunis autour d'une table. L'œuvre aborde la mémoire familiale fragmentée par l'expatriation, la dentelle étant choisie pour son caractère à la fois opaque et troué, analogique à la mémoire elle-même.
Enfin, l'exposition présente Ecce Homo, une vidéo expérimentale de quatre minutes co-réalisée avec l'artiste Amandine Brenas, construite à partir d'une série de gravures inspirées des Désastres de la guerre de Goya. L'œuvre, achevée trois ans après l'explosion du port de Beyrouth du 4 août 2020, est décrite par la critique comme une œuvre cathartique plaidant pour la primauté de la vie humaine sur toutes les idéologies.
Depuis les années 2000, Zena Assi participe à de nombreuses expositions personnelles et collectives en Europe, au Moyen-Orient et aux États-Unis.
Son travail a notamment été présenté :
Plusieurs de ses œuvres ont été proposées dans de grandes maisons de vente internationales, notamment Christie's Dubai, Sotheby's Londres et Bonhams Londres.
Zena Assi reçoit plusieurs récompenses au cours de sa carrière, parmi lesquelles :
Les œuvres de Zena Assi figurent dans plusieurs collections publiques et privées, notamment celles de l'Académie libanaise des beaux-arts, de la Barjeel Art Foundation à Sharjah et de l'Institut du monde arabe à Paris.