| AASM | |
Bombes guidées à côté d'un Mirage F1 (de gauche à droite), prêts-à-monter 125 kg et 250 kg, 500 kg et 1 000 kg. | |
| Présentation | |
|---|---|
| Type de missile | Bombe guidée haute précision |
| Constructeur | Safran Electronics & Defense |
| Statut | en service |
| Coût à l'unité | 167 300 €
200 000 € |
| Déploiement | 2007 |
| Caractéristiques | |
| Moteurs | Propulsion à propergol solide |
| Masse au lancement | 340 kg (version bombe 250 kg) |
| Longueur | 3,10 m (version bombe 250 kg) |
| Vitesse | environ Mach 0.85 |
| Portée | 70 km à haute altitude, 15 km à basse altitude
et jusqu'à 80km pour la nouvelle version et en conditions optimales |
| Altitude de croisière | variable, selon le plan de vol |
| Charge utile | 87 kg (Mk82) à 467 kg (Mark 84) |
| Guidage | - INS* / GPS** - INS / GPS / IR*** - INS / GPS / laser (*inertiel **réseau GNSS et galileo ***infrarouge) |
| Précision | 1 m en guidage laser et 1<x<5 m en mode GPS/INS ou IR |
| Détonation | modulaire |
| Plateforme de lancement | Mirage 2000, Rafale, Mirage F1 modernisés ASTRAC, Tornado, Mig-29, Su 24-25, Gripen
mais elle a aussi un kit d'adaptation pour d'autres avions si besoin... |
| Pays utilisateurs | |
| France, Ukraine, Égypte | |
| modifier |
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L’armement air-sol modulaire (AASM, prononcé 2ASM ou A2SM) ou Hammer, marteau en anglais (et acronyme anglais pour highly agile modular munition extended range), est une famille de bombes guidées conçue et produite par Safran Electronics & Defense.
L’AASM comprend un kit de guidage et un kit d’augmentation de portée qui se montent respectivement devant et derrière une bombe classique de 125 à 1 000 kg. La famille AASM se décline en plusieurs versions :
L'AASM est actuellement mis en œuvre par les Forces armées françaises à partir des Rafale. Cet armement insensible au brouillage permet des frappes simultanées air-sol de très haute précision multicibles fixes ou mobiles avec la version INS/GPS/laser et à grande distance (70 km en haute altitude). L'Égypte, premier client du Rafale, a aussi commandé des AASM.
Sa production a été multipliée par six entre 2022 et 2026.
À la fin des années 1990, les Forces armées françaises souhaitent posséder des armes capables de frapper loin, sans que le tireur ne soit exposé. Elles souhaitent également un guidage qui ne dépende pas des conditions météorologiques, et particulièrement précis, afin d’éviter les « dommages collatéraux ». Deux familles d’armement air-sol sont alors demandées : le AASM, et les missiles Apache et SCALP-EG.
En , le contrat est notifié à la société Sagem. Les premières livraisons ont lieu en pour la version INS/GPS, et en pour la version INS/GPS/infrarouge,. Le , Sagem signe un accord avec MBDA qui obtient la responsabilité de commercialiser l’AASM à l’export. En 2010, dans le cadre du programme d’études amont (PEA) nommé « démonstrateur d’armement air-sol inertie GPS laser » (DASIGL) et notifié en 2008, la version laser est tirée pour la première fois au centre DGA Essais de missiles de Biscarrosse. La première livraison a lieu en et, le , la DGA qualifie cette version,. En 2011, le AASM est renommé « Hammer » (marteau en anglais) à des fins commerciales,. Le , le premier tir depuis un avion de combat étranger a lieu depuis un F-16 d'un escadron d'expérimentation de l'USAF. En 2017, la DGA et Safran lancent une nouvelle version « AASM Évolution » visant à réduire le prix unitaire de la munition.
Dans un premier temps, l'AASM n’a pas été embarqué sur les Dassault Mirage 2000 en raison de l’opposition de Dassault Aviation, qui souhaitait garder cet avantage compétitif exclusivement pour le Rafale. Finalement, Dassault a accepté de le qualifier sur Mirage 2000, et même sur le Mirage F1 pour le Maroc. Le système est adapté sur le Hal Tejas indien en 2022,.
L’intégration des AASM sur des Lockheed C-130 Hercules est à l’étude en 2015. La même année, Safran annonce la signature d'un contrat de livraison de AASM Hammer avec l’Égypte.
Fin 2022, la DGA annonce la qualification de la munition AASM, dans sa version 1 000 kg et guidage GPS et inertiel développée depuis 2017, pour le Rafale F4 qui peut en emporter trois. Les prêts-à-monter de propulsion de guidage pourront être adaptés sur des corps de bombe Mk84 et BLU109 « bunker buster », auxquels s’ajouteront la BA84 et la P1000 (testée début 2025 par la DGA), développées par l'entreprise française Aresia (ex-Rafaut), en lien avec Eurenco. Elle est qualifiée par la DGA fin 2022.
En 2024, le ministère des Armées annonce une commande d'un nouveau lot de bombes AASM.
En novembre 2025, Safran s'entend avec Bharat Electronics pour une fabrication en Inde au travers d'une coentreprise. L'entreprise est présente dans ce pays depuis presque 70 ans et y compte 18 sites et 3 000 employés en 2025.
En juin 2026, Safran annonce la création de deux co-entreprises avec le groupe émirati EDGE pour le développement de missiles de nouvelle génération.
En juillet 2026, la France accorde à l'Ukraine une licence pour une production d'AASM,.

L'AASM INS/GPS (code OTAN : SBU-38 Hammer ou SBU-31 Hammer en version 1 000 kg) est la version de base. Il dispose d’un système de guidage hybride, à la fois GPS et inertiel. Les coordonnées de la cible sont intégrées dans les calculateurs de la bombe qui est ensuite indépendante lors de son vol en mode « tire et oublie ».
L'AASM INS/GPS/infrarouge (SBU-64 Hammer ou SBU-66 Hammer en version 1 000 kg) comporte un capteur infrarouge en supplément. Celui-ci ne fonctionne que dans la phase terminale et permet de s’affranchir des erreurs de coordonnées par un recalage avant l’impact grâce à un modèle de la cible préalablement introduit dans l’arme et des algorithmes de traitement d'images. Cette version a une précision métrique.
L'AASM INS/GPS/laser (SBU-54 Hammer ou SBU-56 Hammer en version 1 000 kg) comporte un capteur laser qui peut diriger la bombe vers une cible pointée par un désignateur laser et permet de détruire des objets statiques ou mobiles allant jusqu'à 80 km/h (chars, navires, etc.) avec une précision inférieure à un mètre.
Une version bimode laser et infrarouge est qualifiée en avec trois tirs successifs réussis.Cette nouvelle version bi-mode laser et infrarouge (AASM LIR), combine pour la première fois les modes laser et infrarouge dans un même autodirecteur en plus du guidage inertiel/GPS et vise à renforcer la résistance face au brouillage, notamment dans des environnements où les signaux GNSS sont défaillants.
Les utilisateurs des forces armées assurent l’assemblage des prêts-à-monter de guidage et d’augmentation de la portée avec un corps de bombe qui peut être :
Le système de propulsion est réalisé par la société Roxel, filiale de MBDA.
Plus l'AASM est largué en altitude, plus il pourra parcourir une grande distance. En haute altitude, la portée propulsée est de 70 kilomètres, offrant une distance de sécurité à l'avion face à une défense antiaérienne à courte et à moyenne portée. Le tir est aussi possible à très basse altitude afin d'éviter d'être détecté par les radars au sol. L'AASM a alors d'une portée inférieure, de 15 kilomètres.
En 2025, la DGA annonce travailler sur l'AASM 250 XLR sur lequel la propulsion est remplacée par un « petit réacteur », pour une portée supérieure à 140 km. La mise en service est prévue pour 2028. Le AASM 250 XLR vise à offrir une alternative européenne performante face aux solutions américaines, renforçant ainsi l' autonomie stratégique des armées du continent. Sur le plan technologique, il marque une avancée significative en doublant presque la portée des générations précédentes, permettant des frappes à distance de sécurité accrue.
Dans le cadre du programme « Frappe Longue Portée Terrestre » (FLP-T) lancé par la DGA et du programme qui réunit sept pays européens « European Long Strike Approach » (ELSA), MBDA et Safran proposent de le décliner en version sol-sol pour le remplacement des lance-roquettes unitaires (LRU) de l'armée française, face à une proposition concurrente de Thales associé à ArianeGroup dérivée, elle, du missile de croisière naval (MdCN). La loi française de programmation militaire 2024-2030 actualisée doit consacrer 600 millions d'euros pour treize lanceurs devant être par la suite portés à 26, et 300 munitions permettant d’équiper un bataillon à l’horizon 2030, si elle est votée. ELSA prévoit le développement et l’acquisition conjoints d’armements de précision longue portée. Des systèmes d’armes atteignant une portée supérieure à 1 000 km, dont les alliés européens sont dépourvus et pour lesquels l’OTAN demande un rattrapage à grande échelle.
voit le premier lancement de la roquette Thundart dérivée de l'AASM depuis le site de l’île du Levant de la DGA Essais de missiles. Développée en 18 mois par MBDA avec sa filiale Roxel (depuis 2025) pour la propulsion, Safran, EURENCO et Aresia pour la tête militaire, elle peut délivrer une charge de 100 kg à 150 km avec une précision « de quelques mètres » avec un parcours semi balistique dans le « haut supersonique ». Un lanceur pour huit roquettes sur camion Scania 8 × 8 à cabine blindée et une conduite de tir sont développés en parallèle ; Palfinger doit fournir un système de chargement autonome. MBDA et Safran qui projettent une coentreprise s'engagent à être en mesure de livrer le système en 2030 au plus tard pour répondre aux exigences du programme FLP-T et même « encore plus vite » si l’évolution du contexte sécuritaire l’exigeait. Le ministère des Armées pourrait trancher entre les systèmes disponibles sur le marché avant l’été 2026. Des évolutions sont envisagées concernant la portée et une version navale, de même qu'une compatibilité avec les lanceurs américains M270 et HIMARS, profitant du fait que l’industrie américaine peine à respecter ses délais de livraison de roquettes.
Le 15 juin 2026 lors du Salon Eurosatory, Catherine Vautrin, ministre des Armées et des Anciens Combattants, annonce que l’Armée a choisi le Thundart pour succéder au Lance-roquettes unitaire, plutôt que le FLP-T 150 de Thales/ArianeGroup. Une première commande de 13 lanceurs pourrait être passée en juillet pour une somme de 600 millions d'euros.
L’armée française embarque l'AASM sur ses avions Rafale de armée de l'Air et de la marine nationale depuis 2008. Chaque Rafale peut embarquer six bombes. La munition a été tirée lors des conflits en Afghanistan, Irak, Libye, et au Mali.
| Opération | Commentaire |
|---|---|
| Afghanistan | |
| Libye | 219 munitions tirées |
| Mali | |
| Irak | Premier tir opérationnel de la version laser le 11 mai 2015 |
Les prêts-à-monter de guidage GPS du système Paveway (non propulsés) sont parfois utilisés en raison de leur moindre coût.