| Abbaye Saint-Martin de Chore | |
| Présentation | |
|---|---|
| Nom local | Abbaye Saint-Martin de Cure |
| Culte | Catholique romain |
| Type | Abbaye |
| Rattachement | Ordre des Bénédictins |
| Début de la construction | XIe siècle |
| Style dominant | Roman |
| Géographie | |
| Pays | |
| Région | Bourgogne Morvan |
| Département | Yonne |
| Ville | Domecy-sur-Cure |
| Coordonnées | 47° 25′ 02″ nord, 3° 48′ 42″ est |
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L’abbaye Saint-Martin de Chore, était une abbaye bénédictine de moines fondée au Xe siècle au village de Cure (autrefois Chors, Chora ou Chore) qui était le siège d'une paroisse située à l'est de Domecy, à flanc de colline, qui s'avance comme une presqu'île, jusqu'à la rivière de la Cure. Ce hameau dépend aujourd'hui de la commune de Domecy-sur-Cure, à environ neuf kilomètres de Vézelay. Il ne reste de l'abbaye que la tour ronde et la tour carrée, les fossés et l'église.
Ce lieu est décrit comme rude et agreste. La vieille église est dédiée à saint Antoine[Lequel ?] et date du XIIe siècle.
Certains disent que l'abbaye Sancti Martini de Chora abbatia fut fondée par le baron Hervé IV de Donzy (1175-1222) et son épouse Mathilde de Courtenay (1188-1257) dite Mahaut Ire de Nevers.
D'autres, dont l'abbé Baudiau, en font l'honneur aux anciens sires de Chastellux, qui y possédaient un droit de sépulture et dont les terres étaient limitrophes. Or elle n'a pu être fondée par Hervé de Donzy puisqu'elle existait déjà dans la première moitié du XIIe siècle. En effet, d'après Hugues de Poitiers, le pape Eugène III, qui fut sur le trône de saint Pierre de 1145 à 1154, écrivait à l'abbé de Chore vers 1150 : « Notre cher fils Pons, abbé de Vézelay, s'est plaint à nous que vous ayez enlevé, par violence, et reteniez injustement certaines dîmes et les droits parochiaux du village de Précy, qui est de sa dépendance. Il se plaint encore que vous refusiez de payer à G… et V…, habitants de Vézelay, certaines sommes qu'ils vous ont prêtées. Comme nous devons justice à tous, nous vous mandons, par ces présentes, de porter le différend devant notre cher fils Étienne, abbé de Régny et de vous soumettre à ce qu'il décidera. » Il écrivit dans le même temps le 5 des calendes de février : « Nous soumettons à votre jugement le différend qui existe entre nos chers fils Pons, abbé de Vézelay, et G…, abbé de Chors, et vous mandons de les citer devant vous pour entendre la cause et la juger. »
Selon Hugues de Flavigny, l'abbaye de Chore aurait même existé avant 960 car, d'après lui, Rotmond, évêque d'Autun qui tint le siège épiscopal de 935 à 968, l'aurait ruinée pour construire le château de Pierre-Perthuis.
Il paraît donc que le comte et la comtesse de Nevers ne furent que des bienfaiteurs de l'abbaye, comme le note l'abbé Jean Lebeuf, qui nous dit que Hervé de Donzy dota cette abbaye. Ses successeurs jouissaient donc en conséquence du droit de garde-gardienne sur le monastère. Le seigneur de Pierre-Perthuis leur contestait d'ailleurs ce droit, disant le tenir en fief du duché. Guy Coquille nous dit à ce sujet que les ducs de Nevers en avaient la possession et qu'il en existait un Acte solennel de l'an 1544
L'abbé jouissait du droit de haute, moyenne et basse justice, et du droit de dangers avec titre de bailliage, dans toute la paroisse de Cure, dont il était le seigneur, ainsi que dans les autres dépendances de son abbaye. Il avait le patronage de différentes cures et le droit de mesure. Le bornage de la justice fut refait le par l'abbé Abondio et les seigneurs voisins.
En 1430 les bâtiments étaient déjà en très mauvais état, selon les termes d'une donation faite d'une somme de 100 livres tournois par Jean du Bouchet, seigneur de Nuars et écuyer d'écurie du comte de Nevers. Il dit que cette somme est destinée à faire les réparations nécessaires à l'église de ladite abbaye de Chors.
L'abbaye fut sécularisée un peu avant 1498 puisque l'abbé Antoine de Chalon est dit abbé commendataire. Elle comptait encore quinze moines à cette époque, et leur nombre tomba alors à quatre. C'est en 1537 que l'abbaye de Vézelay sera sécularisée à son tour.
Jean-Baptiste Abondio, prêtre vénitien, abbé en 1547, afferma le Labourage de Sainte-Christine à son œuvre et l'ensemble des dépendances de l'abbaye le , deux ans après sa nomination, pour une somme de 900 livres, outre les charges, et refit le bornage de la justice avec les seigneurs voisins le . Son neveu, Ottaviano Abondio, reprit en 1559 et fit informer contre le lieutenant de Pierre-Perthuis en 1567 pour avoir empêché les officiers de Cure d'exercer la justice à Chalvron.
François Guierry, abbé, chanoine de Vergy et aumônier du roi, vit sa maison pillée et profanée par le calviniste Lazare de Loron, seigneur de Domecy. En 1673, ils sont trois religieux présents à l'abbaye, dont le prieur.
Dès 1716, ils ne sont plus que l'abbé et un prêtre chapelain qui y célébra l'office jusqu'en 1790 et qui est payé 26 livres pour assurer les fonctions du culte. L'abbé qui a affermé le domaine se réserve les droits de nomination à tous les bénéfices de l'abbaye et tous les droits honorifiques en dépendant.
En 1714, lorsque l'abbé Coste de Champeron prend possession de l'abbaye, il est dit dans un titre qu'il trouva les bâtiments en ruine et en grande partie démolis. Il plaida avec les héritiers bénéficiaires de l'abbé Morand, son prédécesseur, et les parties parvinrent à un accord laissant le une somme de 5 600 livres au nouvel abbé « tant pour raison des réparations ès églises, bâtiments, moulins, vignes de ladite abbaye que pour les dégradations prétendues dans les bois, taillis qui en dépendent ; lesdites déprédations consistantes principalement au deffaut de baliveaux et détériorations desdits taillis […] »[réf. nécessaire]
Moyennant cette somme à forfait de 5 600 livres, « ledit abbé de Champeron promet de garantir lesdits sieurs héritiers Morand de toutes les prétentions que des curez, marguilliers et fabriciens des églises dépendantes de ladite abbaye peuvent avoir touchant lesdites réparations, livres et ornements desdites églises autant et pour la portion que ledit sieur abbé de Chors (Nicolas Morand) en peut être tenu […] »[réf. nécessaire]
Le même abbé passe un bail le avec François Bouteron, fermier de Domecy-sur-Cure, à sa femme et sa belle-mère de la terre et revenus de ladite abbaye et ses dépendances, bail fait pour neuf ans, moyennant la somme de 1 600 livres, plus 800 livres pour les décimes ordinaires et extraordinaires. Par ce même bail, l'abbé se réserve son appartement abbatial qui comprend tout le corps de logis qui regarde sur le bois du côté de septentrion. L'abbé se réservant tous les bois taillis et futayes dans lesquels les preneurs pouvaient prendre le bois mort pour leur chauffage seulement. Il se réservait la nomination à tous les bénéfices de ladite abbaye.
L'abbaye formait un quadrilatère qui du nord au Sud faisait 25 mètres, sur 19 mètres d'est en ouest. Elle était entourée de fossés et accessible par un pont-levis.
L'église romane, à l'abside voûtée, fait 22 mètres de long sur environ 7 mètres de large. De chaque côté du chœur se trouve une chapelle. Celle du sud, qui sera utilisée comme pressoir au XIXe siècle, est voûtée à nervures dans un style renaissance. Sur le portail de l'ouest s'élevait une tour déjà ruinée en 1865.
La chapelle Sain-Jean fut fondée par Hugues de Saint-Aubin, seigneur de Domecy, qui donna un legs de cent sous de rente annuelle et perpétuelle, en 1408, pour y faire chanter, chaque samedi de l'année, la messe de Notre-Dame dans cette chapelle.
En 1430, l'église a besoin de réparations. Elle est en friche et toute désolée, tant en maçonnerie, couvertures et lambris. Son bienfaiteur, Jean du Bouchet, veut qu'avec le quart des cent livres tournois qu'il donne « elle soit chambrillée, préalablement de chambris de chaigne, tout au long, selon qu'il en a marchandé, et que le surplus de ladicte somme soit employé esdictes réparations, là ou il sera le plus expédient et nécessaire ».
L'église servait d'entrepôt au XIXe siècle.
Le caveau recevait autrefois les dépouilles de Guy de Chastellux et de Jean de Chastellux, ainsi que d'autres personnages importants et bienfaiteurs de l'abbaye. Il est aujourd'hui complètement vide.
Aujourd'hui disparu.
Les cellules des moines, qui unissaient l'église à la manse abbatiales, ont disparu. Au centre de l'abbaye se trouvait la cour ou préau avec un puits en son centre.
Le logis abbatial est un corps de logis regardant sur le bois du côté nord. La maison abbatiale et les dépendances étaient enfermées de murailles avec jardin, chènevières et vergers qu'occupait le seigneur abbé.
L'abbé s'en réservait la jouissance dans les différents baux.
Il possédait un battoir et avait à côté un petit jardin.
Les dates données, ne sont pas celles de prises de possessions ou de cessation de fonctions, mais les dates d'actes dans lesquelles ils se trouvent mentionnés en qualité d'abbés.
En 1549, sous l'abbatiat de Jean-Baptiste Abondio, le fermage des revenus de l'abbaye, y compris la terre dite Cour d'Origny, située près de Sainte-Colombe, était de 900 livres annuel, selon un bail de .
Il n'est plus que de 840 livres en 1618. Le bail comprenant tous les domaines et revenus temporels dépendants de l'abbaye, sans aucune réserve, lesdits droits en toute justice, haute moyenne et basse, revenus des bois, rivière, preys, épaves mainmortes, amendes, confiscations, etc. Le preneur devant payer en sus du prix du bail : « les pensions accoutumées à quatre religieux et un novice estant de présent en l'abbaye, qui est pour chacun de ces religieux, pour chacun an, 12 bichets de froment, 3 bichets, seigle, 25 livres en argent, et 3 muid de vin et pour ledit novice : semblable quantité de bled, 12 livres 10 sols d'argent et un muid et demi de vin, chacun an ; desquels un muid de vin blanc, un de vin clairet rouge, provenant du creu des vignes dépendant de ladite abbaye, et un muid de vin du disme de Sœuvre, dépendant de ladite abbaye, vin loyal et marchand […] et outre ce donner à disner auxdits sieurs religieux, chacun an, à chacun d'iceux ès jours des douze fêtes annuelles et au jour huict de janvier, chacun an, jour dédié pour le service attribué aux bienfaiteurs de la maison de Vésigneux ». Le preneur est en plus chargé d'acquitter les décimes accoutumés « et, s'il en vient d'esxtaordinaires et surabondants, il sera tenu les payer et advancer, affin que ledit bailleur n'en reçoive aucuns frais, lesquels décimes extraordinaires seront au preneur, en rapportant acquit, précomptés sur le prix de ladite année. » Il est de plus chargé « de faire l'exercice de la justice du bailliage de ladite abbaye, tant en Nivernois que Bougongne, sur les lieux et places accoustumées, et jours ordinaires et poursuivre à ses frais, les causes tant civiles que criminelles dépendant desdits domaines jusqu'à sentaence inclusive, dans ledit bailliage seulement ; nourrir et payer Messieurs les officiers, chacun an pendant les temps et termes accoustumés pour la levée des droitz de l'abbaye ». Il devait en plus des 840 livres, donner à l'abbé, chaque année une feuillette de vin blanc et une de clairet, du cru des vignes.
Puis, il passe à 1 500 livres et en 1673 à 1 800 livres et plus, puisque le preneur s'engage à payer la pension des religieux, les gages des officiers de justice, des décimes etc.
En 1716, le même bail est fait pour 1 600 livres plus les divers paiements.
Prieuré Saint-Martin de Vassy-sous-Pisy. Il dépend de cette abbaye à partir du XVe siècle selon certains documents, ou du début du XVIIe siècle selon un autre.
Chapelle Saint-Roch sur la commune de Bazoches, en limite de la commune de Saint-Aubin-des-Chaumes, au sommet d'une colline plantée de vignes en 1899, sur la lisière d'un bois. Cette chapelle est très ancienne, élevée d'environ deux mètres au-dessus du sol, couverte en laves, en deux parties distinctes. Son origine se perd dans la nuit des temps ; on suppose qu'elle fut construite par les moines de l'abbaye Saint-Martin de Chole à Cure, qui passaient là tous les ans, pour aller en pèlerinage à Autun. Le chemin qui longe la chapelle et fait la limite des deux communes porte le nom de chemin de Saint-Ladre et existe toujours, en partie de Cure à Autun.
Vannes (12 arpents ; Bois-du-Roi (24 arpents) ; Les Vallées (13 arpents) ; Bois des Forts et des Charmats (49 arpents) ; le Frétay (72 arpents) ; Bois-des-Moines (10 arpents) ; Saint-Laurent (3 arpents) ; Bois des Abbatis (12 arpents), jouxtant au bois du comte de Chastellux et qui était au bénéfice de l'abbé. L'abbé Amable de Bourzeis fait donation du bois des Abbatis aux moines le pour qu'ils puissent se chauffer.
Moulin banal de Cure, avec le battoir, les terres et prés en dépendant. Il s'affermait 600 livres par an, ou en nature : 26 bichets de froment, 26 bichets de seigle et autant d'orge.
Le dernier bail du est consenti au sieur Barbier, meunier à Sœuvre qui loue « le moulin, avec les bâtiments en dépendant, battoir à chanvre ou huilerie à côté du moulin, petit jardin tenant au bâtiment ; plus un petit jardin dans le fossé de ladite abbaye, tenant au pont-levis d'ycelle ; plus une écurie, de fond en faîte, et un petit jardin à côté, une grange vis-à-vis et auprès de ladite, écurie, plus une hâte de pré, finage de Chalvron, appelé du Gué aux Roches ; plus deux journaux de terre au finage de Domecy, appelés Le Corbier de l'abbaye ; plus le sol à croître quatre chariots de foin, appelé : Le Pré de la Chaume, plus deux isles appartenant audit seigneur abbé situées le long du gour dudit moulin, vis-à-vis et à l'opposite du jardin de ladite abbaye, de la semence d'un boisseau de chenevy ; […] plus la dixmes des bois de Chors en Bourgogne et ses dépendances […] ; plus deux jourbnaux de terre, appelés en : La Presle, finage de Domecy ; […] le droit de pesche sur toute la rivière appartenant audit seigneur, etc. ». Le bail comprend encore « les droits de passage de bois de moule, qui consiste en 25 sols par journée que ledit bois descend et le droit de 10 sols par jour pour un homme placé sur le pertuis du gour du moulin pour dépendre les bois flottants appartenant (lesdits droits) au seigneur abbé (lesquels droits), seront perçus par le preneur à son profit comme faisant partie du présent bail, ainsi que l'occupation des bois qui se trouveront sur tous les héritages dudit seigneur abbé, […] bail fait moyennant le prix et somme : à savoir ; pour le moulin, prés et etrres situés au costé de Nivernois, 230 livres et pour ladite dixme des bois de Chors, terres situées au finage de Menades et d'Usy, au costé de Bourgogne, de 120 livres, faisant un total de 350 livres etc. »
150 livres sur la terre d'Orbigny près de Sainte-Colombe.
Informations provenant d'une pièce dressée par Boillault, en conséquence d'un précédent mémoire que lui adresse l'abbé Galloys (1673) :