| |
{{}} |
|---|---|
| |
{{ }} |
| Population totale | {{ }} |
| Régions d’origine | Ghana |
|---|---|
| Langues | Baoulé |
| Religions | Religions traditionnelles africaines |
| Ethnies liées |
origine : Baoulés Agnis Ashantis Akans sous-groupes liés : Faafouè, N'Zikpli, Sah, Nanafouè, N'gban, Ouarébo, Elomoué, Kôdè, Yaouré, Gôly, Ayahou, Saafoués |
Les Agba sont un sous-groupe du peuple Baoulé établis principalement sur la rive droite du fleuve N’Zi, entre les villes de Dimbokro et Bocanda,.
Ils sont constitués de 4 tribus à l'origine que sont les Assabou fondé par Agba Kolia, les Ahali fondé par agba Alloko, les Monga fondé par Agba Assielou et les Alanguira fondé par agba Saha. Ces derniers sont les 4 fils de l'ancêtre de ce peuple Agba Kpli à qui on doit l'appellation du peuple. Agba Kpli est arrivé en Côte d'Ivoire avec la reine Ablah Pokou après la guerre entre le peuple Ashanti au Ghana. Aujourd'hui on dénombre au total 12 tribus dans la zone de Bocanda, Dimbokro, Daoukro, Ouéllé et dans la sous-préfecture de Kouassi-kouassikro ,.
Les premières références aux Agba dans les archives coloniales remontent aux opérations de la colonne de Kong (1894-1895) et décrivent un peuple prêt à résister à colonisation,.
En , le chef des Agba, Bobolé, du village de N’zéduli, était signalé par l’administrateur civil Albert Nebout pour avoir « envoyé deux cent cinquante guerriers pour secourir les N’Gban », qui s’étaient insurgés contre la colonne, au passage de celle-ci dans la région d’Ouossou le mois précédent . Les Agba Satiahiri furent considérés comme les plus hostiles parmi les Baoulé. Leur agressivité se dirigeait aussi contre les groupes soumis, N’Zikpri (qui collaboraient avec les français en servant de guides contre les villages Agba), Aïtou et Faafoué ,.
Au début de l’année 1901, des opérations militaires, sous le commandement du lieutenant Aymérich, se déroulent entre le N’Zi et le Bandama. Les villages d’Agbakro et Touakouakro se soumettent en juin .
Des opérations militaire, au départ de Kodiokofi, de la 15e Cie du 1er Régiment de Tirailleurs Sénégalais, sous les ordres du capitaine Baudelaire, se déroulent du 23 mai au 31 août 1901, contre les Agba et les N’Gban. Le 2 juin il s’empare par les armes du village de Dienzoukro, du chef Yapi-Koffi, où il fonde un poste. Le 4 juin, le village d’Assekro, d’Abou Tiéké chef de la tribu Mongas, se soumet et un poste est fondé. Plusieurs villages se soumettent et un autre poste est créé à M’Bagnakro. Kouamena Dabila, un chef important est capturé le 4 juillet et retenu en otage à Appassakro. Les habitants du village de Saukoukro, du chef Tanon, étaient les plus hostiles et coupaient toutes les communications entre les postes .
Les atrocités commencèrent le 18 août, lorsque le sergent Kamakoro Kéita, rentra d’une reconnaissance avec la tête de Kakou Oussou, frère de Tanon .
Le 25 août, deux détachements sont formés et convergent vers Appassakro. Ils sont attaqués vers Abonouykro, qui fait un mort et deux blessés chez les tirailleurs et des pertes considérables dans l’autre camp. Le 30 août le chef Karaya du village de Karaakro est tué .
Le 20 octobre 1901, une patrouille conduite par le capitaine Claude Privey, est cernée par 150 Agba en armes au village d’Abrikro. Cette démonstration de force est pris comme un affront personnel par le capitaine Privey et motiva une expédition punitive. Pour lui , la question de la soumission des Agba était secondaire, il fallait venger cette insulte par la destruction totale du village d‘Abrikro, en faisant le plus de mal possible à la population .

Premières opérations du Bataillon de Tirailleurs Sénégalais de la Côte d'ivoire dans la Baoulé, contre les Agba-Satiahiris.
Le 21 janvier 1902 départ d’Akouassi-Kpri-Kro du lieutenant Paul Bouet et de 4 tirailleurs ; 22 janvier, départ de Toumodi d’un détachement de la 4ème compagnie, sous les ordres du sergent Christiani, composé d’un sergent indigène, de trois caporaux, 38 tirailleurs, du médecin Marchand et huit brancardiers. Les deux détachements se rencontrent à Kangrassou le 24 janvier. Le lieutenant Bouet prend le commandement. Il part à 15h et arrive le 25 janvier à 4h à Pokoukro, il poursuit jusqu’à Abrikro (village où la reconnaissance du capitaine Privey a été récemment insulté), où il arrive à 7 h et fait sa jonction avec un détachement de la 1ère compagnie, sous les ordres du capitaine Privey, composé des lieutenants Blainville et Dessuze, de trois sous-officiers européens et 105 tirailleurs (95 de la 1ère compagnie et 10 de la 2ème compagnie). Le village est désert. Quelques patrouilles aux alentours permettent la prise d’un prisonnier et ramènent quelques prises (bétail et poulet) .
Le 26 janvier 1902 départ à 6h30 pour Kouakonankro (avec une halte à Bankofikro) où l’avant garde est attaquée, faisant un mort chez les Agba. La colonne bivouaque à l’entrée du village de Konankro, d’où elle repart le 27 janvier à 6h15 pour le village de Kouadiéyakro, où elle est accueillie par un feux nourris. Le village est attaquée et les habitants s’enfuient. La colonne déplore un blessé le sergent Sory Coulibaly. À 14h30 la colonne arrive à Guiamankro. Le lieutenant Bouet est atteint de deux blessures graves et est remplacé par le sergent Christiani qui prend le village. La colonne poursuit sa marche jusqu’au village Aguie Mankro qu’elle enlève à 15h30, puis elle bivouaque à proximité à 17h. Pendant toute la nuit elle essuie les tirs. La colonne a deux tirailleurs blessés Boubou Konaté et Moro Keita .



Les Agba estimés à 300 à 400, sous les ordres des chefs Boni kouassi, N'Da Kouassi et Koudié Ya, se battirent courageusement, aux sons des flûtes, tambours, cors de guerre et cris de défis. Mais les projectiles tirés par les fusils à pierre des Agba (inutilisables par temps de pluie), étaient moins performantes que les fusils Gras 1874 et Lebel 1886 des tirailleurs . Cette campagne de répression fut marqué par la pratique systématique de la décapitation et l'exposition des têtes (ainsi que de la torture pour obtenir des renseignements ). À chaque fois que la colonne essuyait un coup de feu, une patrouille capturait l'auteur, le décapitait et laissait sa tête au bords de la route . Cette pratique se généralisa dans toutes les campagnes qui suivirent ,. Et les deux parties en firent usage dans les vingt années qui suivirent .
Le 28 janvier 1902 départ à 6h50, le cadavre d’un chef, supposé être Ya de Letykro , est placé près d’une case pour tendre une embuscade de 10 tirailleurs. Quelques Agba tenteront sans succès de le reprendre. De 10h à 16h45 de violents affrontements ont lieu dans les villages de Letikro, Kumikro et Assakro où la colonne bivouaque. Après une journée de repos elle rejoint Kodiokofi le 30 janvier 1902 et est disloquée .
Le 1er février 1902 le chef du village de Sonaniekro se soumet et rend 30 fusils en payant 100 francs d’amende en or. Le 3 février 1902 le chef d’Assuekro, Minda Tanon, ennemi personnel d’Abou Tinki, bloque la route Dienzoukro Assekro. Abou Tinki et 60 partisans soutenu par un groupe de 10 tirailleurs du poste d’Assekro, sont envoyés pour dégager la route. Le tirailleur Moussa Dembele est blessé à l’épaule. L’expédition a fait 14 blessés parmi les tirailleurs et plus de 40 morts chez les Agba .
L’affront d’Abrikro est maintenant vengé, la population même du village réfugiée à Komankro et à Kouadéakro a été atteinte, un habitant d’Abri-kro a été pris et passé par les armes, j’ai le cœur plus léger . Capitaine Privey



Le 1er février 1905, le lieutenant gouverneur Clozel demande à Ernest Roume, commandant supérieur de l’AOF, l’autorisation d’organiser une colonne de police, contre les Agba , qui s’opposent à toutes pénétrations pacifiques de leurs territoires . Notamment les chefs Boni Kouassi et N’Da Kouassi, très affecté par la perte de leurs fils en 1902 .
Le 21 mars 1905, suite à l'autorisation du 9 février, Clozel expédie une colonne de police contre les Agba entre le N’Zi et la route de ravitaillement du Baoulé de N’Gonate à Abigny, pour y établir un poste .
La colonne du 4e Régiments de Tirailleurs Sénégalais, sous les ordres du chef de bataillon Betsellère, secondé par le capitaine Lamoureux, le médecin major Gallier et un adjudant, est divisée en trois groupes :
La colonne comprend au total 12 officiers, 5 adjudants ou sergent-majors et 409 tirailleurs, 289 porteurs de la compagnie et 40 du cercle du Baoulé.
Le peloton de la 1° Cie, sous les ordres du lieutenant Thomas, quitte Tiassalé le 27 mars et arrive à Toumodi le 31 mars.
Le peloton de la 3° Cie, sous les ordres du lieutenant Argence, quitte Ouossou le 29 mars et arrive à Toumiane le 1er avril.
Le peloton de la 5° Cie, sous les ordres du lieutenant Alix, qui Kodiokofi le 1er avril et arrive à Toumiane le 2 avril.
Les opérations débutent le 3 avril 1905. Le 1er et le 3ème groupe longent le N’Zi, de façon à se rencontrer à Bengazou, afin de couper la retraite des Agba sur la rive gauche. Le 2ème groupe marche sur Bengazou en traversant le pays Agba dans sa largeur. Il s’empare du village de Koudioyakro, résidence du chef Kouadio Yao, le 4 avril et se livre à des combats : le 5 avril à Boure, le 6 avril à Pendekro, le 12 avril à Bouikouassikro et atteint Angouakoukro le 19 avril. Lors de son passage les villages d'Assamoakro, Assékouamikro, Boué-N’guessankro, Kouamikro, Konanyaokro et Assékoffikro sont incendiés, les vivres et les « fétiches » saisis . Le bilan est 45 morts, 110 blessés et 10 prisonniers chez les Agba, qui se soumettent, rendent des fusils et paient une amende .
Les 3 groupes explorent la région sur une largeur de 15 à 20 km. Le 1er groupe arrive à Toumodi le 18 avril, après deux engagements : le 8 avril à N’Dakouassikro, village Satiahari et le 13 avril à Dida. Le 3ème groupe traverse une forêt sur une longueur de trente kilomètres, harcelé par des embuscades des Agba, les engagements les plus sérieux se passent le 4 avril à Tamakro, le 6 avril à Bobenkro et le 13 avril à Boure, et arrive à Angouakokro le 16 avril .
Du 24 avril au 5 mai 1904, les trois groupes après avoir marché parallèlement sur les deux rives de l’Ourougou se concentrent à Ahua près du N’Zi, puis sillonnent le pays du sud au nord, pour finir le 5 mai à N’Bonate. Les Agba se soumettent, ils rendent 200 fusils et paient une amende de 49 000 frcs en or. Un poste est fondé près du village d’Aoussoukro le 28 mai. Il est occupé par un peloton de la 4° Cie sous les ordres du lieutenant Grullos. Une section de la 7° Cie est employé à l’escorte des convois de ravitaillement .
Une reconnaissance est mené par un peloton du 1er groupe, sous les ordres du capitaine Lamoureux, sur le village de Kokokro, sur la rive gauche du N’Zi. Il passe le gué de Tanakro le 12 mai à l’aube, et rentre le lendemain, après avoir parcouru 50 km dans une région inconnue, qui fit 1 tué et 4 blessés .
Le 27 mai le commandant Betsellère rentre à Toumodi et ordonne aux troupes de rejoindre leurs garnisons. L’expédition compte 3 morts et 25 blessés parmi les tirailleurs .

Le prélèvement de l’impôt et le travail forcé exaspèrent les populations. Le 7 janvier 1910, les Abés se révoltent et sur 100 km d’Abidjan à Dimbroko, la voie de chemin de fer est coupés (rails enlevés ou déboulonnés, arbres abattus), les trains attaqués et les voyageurs massacrés . Puis les N’Gban et les Agba se joignent à la révolte.
Du 11 janvier au 30 avril 1910, une campagne de répression est effectuée contre les Abés, puis contre les N’Gban du 30 mai au 31 juillet 1910 et enfin contre les Agba du 1er juillet au 1er décembre 1910.
La colonne sous les ordres du Chef de bataillon Maritz, secondé par le capitaine de l’Artillerie colonial Bouvet, le lieutenant d’infanterie coloniale Dhomme et le médecin aide-major de 1ère classe Vibratte quitte Dimbroko le 1er juillet 1910. Elle est composée par 5 groupes, dont 3 du 1er régiments de tirailleurs sénégalais comprenant des sous-officiers européens et 100 tirailleurs : la 4e cie, sous les ordres du lieutenant Ferrand, secondé par le lieutenant Alexandri et 3 sous-officier européens ; la 10e cie, sous les ordres du capitaine Post, secondé par les lieutenants Labouret, de Bazelaire et 3 sous officiers européens ; la 3ème brigade, sous les ordres du capitaine Garnier, secondé par le lieutenant Guilleminet et 4 sous-officiers européens ; et une partie de la 9e cie et de la 3e brigade, sous les ordres du lieutenant de Lavignerie ; se dirigent vers Aoussoukro et la 9e cie, sous les ordres du capitaine Reymond, secondé par le lieutenant Dangelzer et 3 sous-officier européens, se dirige vers le coude sud ouest du N’Zi .