| Nom de naissance | Jean-Baptiste Auguste Chauveau |
|---|---|
| Naissance |
Villeneuve-la-Guyard |
| Décès |
4e arrondissement de Paris |
| Sépulture | Cimetière de Loyasse |
| Nationalité | Française |
| Enfants | Léopold Chauveau |
| Profession | Physiologiste, vétérinaire, professeur et zoologiste |
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| Employeur | Muséum national d'histoire naturelle et École nationale vétérinaire d'Alfort |
| Distinctions | Grand officier de la Légion d'honneur, membre étranger de la Royal Society (d) et commandeur du Mérite agricole (d) |
| Membre de | Royal Society, Académie des sciences, Académie nationale de médecine, Académie royale de médecine de Belgique, Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon, Académie des sciences de Turin et Académie nationale des Lyncéens |
Signature
Jean-Baptiste Auguste Chauveau est un vétérinaire, médecin, physiologiste et anatomiste français, né le à Villeneuve-la-Guyard (Yonne) et mort le à Paris.
Émule de Claude Bernard à Paris, il est longtemps professeur à l'École vétérinaire de Lyon puis au Muséum national d'histoire naturelle, avant d'être nommé inspecteur général des écoles vétérinaires en 1886. Il est l'un des précurseurs dans l'étude du métabolisme des organismes vivants (alors appelé « chaleur animale ») et de la physiologie musculaire. Il publie des travaux remarqués en neurophysiologie et en microbiologie, faisant de lui l'un des précurseurs méconnus de la théorie moderne de la vaccination. Il met au point plusieurs techniques et d'ingénieux instruments permettant l'étude de la physiologie du cœur (notamment le cathétérisme cardiaque ), la circulation sanguine et la mesure de la pression artérielle. Il a été président de l'Académie des sciences de Paris et de l'Académie nationale de médecine.

Jean-Baptiste Auguste Chauveau nait le à Villeneuve-la-Guyard, d'un père maréchal-ferrant.
Élève à l’École nationale vétérinaire d'Alfort à partir de 1844, remarqué par son habileté, il aide son professeur Henri Bouley à la rédaction d'un ouvrage sur l'anatomie du pied du cheval: Traité de l'organisation du pied du cheval, publié par Labé en 1851. Après une excellente scolarité, il termine ses études à l’École nationale vétérinaire de Lyon à l'âge de 21 ans.
Après avoir obtenu la charge de chef des travaux d’anatomie et de physiologie sur concours, il est nommé professeur à la chaire d’anatomie et de physiologie comparée de l’École vétérinaire lyonnaise en 1863, et en deviendra directeur en 1875. S'orientant vers la recherche, il ne manque pas de fréquenter les hôpitaux de Lyon (allant jusqu'à assister aux visites des patients hospitalisés), tout comme certains médecins fréquentent l'École vétérinaire.
En 1864, il est élu membre de l'Académie nationale de médecine. Après la création des nouvelles Facultés de médecine sous l'impulsion de Paul Bert en 1847, Chauveau est nommé à la chaire de médecine expérimentale et comparée de la Faculté de médecine de Lyon (née de l'École préparatoire de médecine et de pharmacie) en 1877, alors qu'il n'a pas suivi d'études de médecine ! C'est par décision ministérielle qu'il est dispensé de scolarité en , avant de soutenir sa thèse de médecine consacrée à la vaccine en mars de la même année. Il lui sera décerné le titre de Docteur Honoris Causa de l'École de Médecine de Lyon.
Sur le plan familial, le à Lyon, il épouse Sophie Clotilde Buffard. Le couple a eu quatre enfants dont Léopold (1870-1940), chirurgien et illustrateur. Alors directeur de l'École vétérinaire de Lyon, il lui sera reproché à la fois son intransigeance et son impuissance face à la révolte étudiante du mois de ayant nécessité l'intervention des forces de l'ordre et une enquête demandée par le Ministre de l'Agriculture et du Commerce Pierre Tirard.
D'abord élu correspondant à l’Académie des Sciences de Paris dans la section de médecine et chirurgie le , il devient membre de l'académie le à la section d'économie rurale remplaçant le professeur Bouley à sa disparition,. Il est président de l'Association française pour l'avancement des sciences en 1881. Il est nommé Inspecteur général des Écoles vétérinaires et occupe la chaire de professeur de pathologie comparée au Muséum d'histoire naturelle où il crée un laboratoire de physiologie en 1893. À la suite du fondateur Brown-Séquard, il prend la direction avec Charles Bouchard des Archives de physiologie normale et pathologique qui deviendront Journal de physiologie et de pathologie générale en 1889. En 1906, il devient vice-président puis président en 1907 de l’Académie des Sciences de Paris, succédant ainsi à Henri Poincaré. Il dirige également la station de recherche du Parc des Princes fondée par Marey après la mort de ce dernier en 1904, et c'est sous sa direction qu'elle reçoit le nom d'Institut Marey.
Auguste Chauveau prend sa retraite en 1911, mais est élu président de l'Académie nationale de médecine. Il meurt le en son domicile, Rue du Cloître-Notre-Dame dans le 4e arrondissement de Paris.

Son Traité d'anatomie comparée des animaux domestiques, publié en 1857, est encore aujourd'hui considéré comme un ouvrage d'importance. Longtemps considéré comme une référence, il connait plusieurs éditions jusqu'en 1903 avec ses élèves François-Xavier Lesbre et Saturnin Arloing et sera traduit en anglais et en italien. Cet ouvrage contient de multiples gravures détaillées représentant les os et organes d'animaux et en particulier du cheval. Cette monographie a été imprimée jusqu'à 50 ans après sa première édition.
Très tôt il s'intéresse à la glycogénolyse et démontre que la consommation de glucose se fait essentiellement dans le muscle et non dans les poumons comme le soutient plus tôt Claude Bernard. En 1886, il s'intéresse à l'énergétique des organismes vivants (encore nommée « chaleur animale ») à l'instar de Marcellin Berthelot et d'André Mayer : il définit les notions de « travail physiologique », distingue « travail intérieur » et « travail extérieur ».
Dès 1855, il entame une série d'expériences sur la dynamique cardiaque. Il étudie avec Etienne-Jules Marey le mécanisme de la circulation sanguine et ils développent la cardiographie intracardiaque entre 1861 et 1863. Cette étude repose sur l'introduction de sondes intracardiaques, une pour chacune des cavités gauches ou droites ; la sonde pour l'exploration du ventricule gauche s'introduit par la carotide[Lequel ?] tandis que la sonde pour l'exploration du ventricule et de l'oreillette droite s'introduit par la veine jugulaire interne. Poussé par Frans Donders, il poursuit l'étude des cycles cardiaques avec Marey, réfutant la théorie de Joseph-Honoré-Simon Beau sur les bruits du cœur pendant la systole et la diastole. Marey et Chauveau poursuivent leur collaboration les années suivantes, publiant en 1862 et 1863 deux ouvrages sur le système cardiovasculaire, dont une monographie de 568 pages contenant 235 illustrations.
En 1865, il est envoyé en mission avec le médecin Jean-Antoine Villemin pour étudier la peste bovine sévissant en Angleterre. Il découvre alors que le système digestif humain et bovin peut être une voie de contamination infectieuse ; il remarque la possibilité du phénomène de contagion entre espèces (notamment entre l'homme et l'animal). Vers 1866, il émet l'hypothèse de l'existence de plusieurs types de virus et que le mode d'inoculation influe sur leur virulence. Il reprend les recherches effectuées par Henry Toussaint sur le bacille charbonneux et vérifie ainsi la validité du vaccin anti-charbonneux.
Lors de la découverte du vaccin anti-charbonneux en 1880, il est un féroce défenseur d'Henry Toussaint, un de ses anciens élèves, contre Louis Pasteur, soutenant que le premier a découvert la méthode de fabrication du vaccin avant le second. Il reprend les travaux de son élève et confirme en 1882 la primauté de la mise au point du vaccin à Toussaint. Cette paternité sera plus tard oubliée, à la faveur de Pasteur soutenant avec ses collaborateurs être le devancier dans la façon d'atténuer la virulence du bacille charbonneux.
Ses études sur le phénomène de contagion l'amènent à préconiser une inspection à but sanitaire des viandes dès 1872, en pleine période d'essor pour les écoles vétérinaires, ce qui permettra un grand progrès des lois de protection sanitaire des animaux et des hommes par la suite.
Il étudie d'autres maladies animales ou humaines comme la tuberculose, la clavelée, la morve, la vaccine, la variole.

Il est membre de très nombreuses institutions et de sociétés savantes nationales et étrangères. Il est élevé à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur le .
Un monument à son effigie, inauguré en 1926, lui est dédié à Lyon sur le quai Chauveau en rive droite de la Saône, là où se dressait anciennement l’École vétérinaire. Son buste a été déplacé à la nouvelle École vétérinaire de Lyon.
La bactérie Clostridium chauvoei, responsable du charbon symptomatique, a été nommée ainsi en son hommage (chauvoei, de Chauveau),,.