| Nom officiel |
(ar) البعنة |
|---|---|
| Nom local |
(ar) البعنة |
| Pays | |
|---|---|
| District | |
| Sous-district |
sous-district d'Acre (en) |
| Superficie |
6 km2 |
| Altitude |
260 m |
| Coordonnées |
| Population |
8 537 hab. () |
|---|---|
| Densité |
1 422,8 hab./km2 () |
| Statut |
|---|
| Site web |
|---|
Bi'neh (également transcrit al-Bi'ina, al-Ba'ina, al-Ba'ana et el-Baneh) (البعنة) est un village palestinien d’Israël du District nord, à l’est d’Acre. En 2003, Bi'neh a fusionné avec Majd al-Kroum et Deir al-Asad pour former la ville de Shaghur, qui a été dissoute en 2008, redonnant existence à Bi’neh. Bi'neh a une majorité d’habitants musulmans (92%) avec une petite minorité chrétienne (8%). En 2024, Bi'neh avait 8714 habitants.
Bi'ina est construit au sommet d’une colline sur le versant nord de la vallée de Beit Hakerem (en) (al-Shaghur en arabe), dont elle est séparée par un col. Deir al-Asad est son village jumeau, situé immédiatement au nord de Bi'neh. Les deux villages sont irrigués par la même rivière qui coule entre les deux villages.
Bi'neh est l’un des nombreux sites proposés comme celui de l’antique Beth-Anath (en), mentionné dans des textes égyptiens et bibliques. William Foxwell Albright est le principal soutien de cette proposition. À partir de l’étude des papyrus de Zénon qui mentionnent Beth-Anath, d’autres auteurs soutiennent cette identification. Cette identification est contestée par Charles William Meredith van de Velde et Victor Guérin, qui pacent Beth-Anath à Aïn Ata, au Liban. D’autres auteurs placent Beth Anath à Bu'eine Nujeidat (en) ou Safad el Batih (en) dans le sud du Liban. Klein pense que Beth-anath se situait à Hinah (en). Zvi Gal, dans son article « The Late Bronze Age in Galilee: A Reassessment » écrit : « Différents sites ont été suggérés pour cette ville : Bi'ina dans la vallée de Beit HaKerem, Ba'inah dans la Vallée de Beit Netofa, Tel Roš, et Tell el Ḥirbeh ." ». Les fouilles archéologiques suggèrent que Bi'neh a été occupé aux débuts de l’Âge du Bronze mais abandonné avant la fin de cette période.
Le site antique de Bi'neh se trouve probablement au sommet de Jelamet el-Bi'ina, à un peu plus d’un kilomètre du village actuel de Bi'neh. Le mot jélameh, qui signifie colline, est parfois utilisé à la place de tell.

Pendant les Croisades (XIIe – XIIIe siècles), la région de Bi'neh est un fief appelé Saint-Georges de la Beyne (Saint Jorge Labane),. Selon Joshua Prawer, le nom latin la Beyne dérive du nom arabe du village al-Ba'ina, Saint-Georges étant, dans ce cas, une corruption du mot arabe sajara ("bosquet"). Saint-Georges était le centre administratif du fief et s’étendait sur les emplacements de Bi'neh et Deir al-Asad. Les villages proches de Sajur (en) (Saor) et Buqei'a (en) (Bouquiau) relevaient de ce fief,. Le prêtre et archéologue italien Bellarmino Bagatti note deux maisons de style médiéval dans le vieux centre de Bi'neh avec des portes en ogive. Selon Denys Pringle, elles ressemblent fortement aux portes franques et indiquent un complexe lié à l’administration du fier
Saint-Georges de la Beyne est échangé par Philippe de Milly (1138–1171 et maître de l'Ordre du Temple de janvier 1169 à 1171) contre des terres en Transjordanie et les collines autour d’Hébron. Le roi de Jérusalem devient le seigneur du fief et Henri de Milly, frère de Philippe, son vassal. Henri continue de résider à Saint-Georges de la Beyne. À la mort d’Henri, le fief est hérité par sa fille Helvis,. À partir de novembre 1179 et pour sept ans, le village est confié à Josselin III de Courtenay, comte d'Édesse, époux de la sœur d’Helvis, Agnès de Milly. Avant l’expiration du délai, en février 1182, Josselin prend le contrôle total du village. Après la déroute des Croisés devant les armées de Saladin à la bataille de Hattin en 1187, le territoire de Bi'neh passe sous contrôle des Ayyoubides,. En mai 1188, il est néanmoins transferré par Conrad de Montferrat aux Pisans qui défendent alors la forteresse de Tyr.
La région revient aux Croisés vers 1220, et Saint-George de la Beyne passe sous le contrôle des descendants d’Henri de Milly et de Josselin III. Après plusieurs dons, les chevaliers de l’ordre Teutonique prennent le contrôle du fief en 1249,. Une carte du 13e siècle désigne le lieu comme une ciuitas (lieu urbain de grande taille). En juin 1271, après que la prise du château de Montfort par les Mamelouks du sultan Baybars sur la colline au nord-ouest de Saint-Georges de la Beyne, le fief fait partie du no-man's land entre le royaume croisé autour d’Acre et le sultanat mamelouk. En juillet 1271, le prince Édouard d’Angleterre conduit une armée de Templiers et d’Hospitaliers dans un raid contre le village qui est détruit. Plusieurs de ses habitants Sarrasins sont massacrés et le village est mis à sac. Selon Pringle, les motifs du raid étaient plus économiques que stratégiques, le village étant sans défenses et le fief très riche depuis ses origines.
En 1283, Burchard de Mont Sion cite Saint-Georges de la Beyne, qu’il appelle Sangeor et qu’il situe dans une vallée riche, fertile et agréable. Il note aussi qu’il croit que saint Georges est né dans ce village.
Sous les Mamelouks, les deux villages de Deir al-Asad et Bi'neh restent habités. Ahmad al-Qalqashandi (mort en 1418) note que ce village du district de Sajur abrite un monastère (dans l’actuel Deir al-Asad).

La Palestine est conquise par les armées de l'Ottoman Sélim Ier en 1517, grâce à leur victoire sur les armées mameloukes à la bataille de Marj Dabiq, et annexée à l'Empire ottoman.
Au 16e siècle, peut-être dès 1510, le cheikh soufi Muhammad al-Asad s’installe dans le monastère de l’actuel Deir al-Asad, alors appelé Dayr al-Bi'neh ("monastère d’al-Bi'neh") ou Deir al-Khidr ("monastère d’al-Khidr", parfois assimilé à saint George). Les chrétiens du village sont expulsés par ordre du sultan Sélim Ier (1512-1520), grand protecteur des soufis. Une importante communauté musulmane se développe alors autour de Muhammad al-Asad et de ses disciples. Dayr al-Bi'neh devient alors Dayr al-Asad et les chrétiens expulsés fondent alors le village de Bi'neh sur son site actuel, à moins de 500 mètres au sud de Dayr al-Bi'neh. Selon les traditions locales, les chrétiens vivant actuellement à Bi'neh descendent des chrétiens expulsés d’alors. Un defter (registre fiscal) de 1548 ou 1596 recense Bi'neh comme relevant de la nahié (sous-district) d’Acre dans le sandjak de Safed, avec 61 foyers, dont 46 musulmans et 15 chrétiens. Les villageois payaient un impôt à taux fixe de 25 % sur leurs productions agricoles, dont le blé, l’orge, les olives, le coton, les chèvres et les ruches, en plus des taxes sur le pressoir à huile et à vin pour un total de 7134 akçe,.
Au début du 18e siècle, les Zayadina, une famille arabe basée autour de Tibériade, dominait le Shaghur (en). Leur chef, Dahir al-Umar, joue un rôle important dans une campagne de taxation du gouverneur ottoman de Sidon entre 1713 et 1718. Cet appui contribue à sa réputation auprès des habitants. Vers 1730, Dahir prend le contrôle de Tibériade comme iltizam (collecteur d’impôts), puis étend sa domination dans les années qui suivent. En 1740, il siège Bi'neh, alors fortifié, mais échoue. Il en prend néanmoins le contrôle par un pacte en épousant la fille du chef du village,.
Après la mort de Dahir lors d’une campagne menée par les Ottomans contre lui, le nouveau gouverneur de l'eyalet de Sidon installé à Acre, Djezzar Pasha, combat la domination des Zayadani sur la Galilée. Ali, le fils de Dahir, est son principal rival et contrôle plusieurs villages fortifiés dans le centre et l’est de la Galilée, dont Bi'neh. Après plusieurs victoires sur Ali, Djezzar prend le contrôle de la région en .
En 1838, Bi'neh est noté comme un village orthodoxe du district de Shaghur. En 1875, Victor Guérin note que le village est habité par des Druzes et des chrétiens orthodoxes grecs. Il relève la présence d’une mosquée et d’une église, toutes deux occupant le site d’anciennes églises. Dans la mosquée, il remarque une cuve baptismale,. À la fin du 19e siècle, Bi'neh est décrit comme un village construit en pierres et entouré d’oliveraies et de terres cultivées. L’eau est fournie par un puits et un étang. La population est de 300 musulmans et d’une centaine de chrétiens. Une liste de population de 1887 recense 620 habitants, avec une majorité de musulmans.
De 1915 à 1918, les combats de la campagne du Sinaï et de la Palestine permettent au Royaume-Uni de faire la conquête de la Palestine. La région de Bi‘neh est conquise à l’automne 1918 et la région est administrée comme territoire conquis jusqu'en 1923 puis sous l'autorité d'un mandat de la Société des Nations.
Au recensement de la Palestine mandataire de 1922 conduit par les autorités britanniques, Bi'neh a une population de 518 ; 311 musulmans et 207 chrétiens, tous orthodoxes. Au recensement de 1931, la population augmente à 651 habitants (441 musulmans et 210 chrétiens) vivant dans 133 maisons.
Dans les statistiques de Village de 1945, Bi'neh a une population estimée à 830 habitants, dont 530 musulmans et 300 chrétiens. La superficie des terres du village est alors de 14 839 dounams (14 km²), dont 57 dounams de terres publiques,. Un total de 1619 dounams étaient classés comme plantations ou terres irrigables et 5543 étaient consacrés à la culture de céréales,.
Pendant l’opération Hiram (29–31 octobre 1948), le village se rend aux militaire israéliens. De nombreux villageois fuient vers le nord mais quelques uns restent et ne sont pas expulsés. Lors de la guerre de Palestine de 1948, le village de Bi'ineh est occupé sans résistance par l’armée israélienne fin octobre 1948 en même temps que le village voisin de Deir al-Asad. Le 30 octobre, les soldats demandent à la population des deux villages de se rassembler dans une prairie située entre les deux villages. Deux jeunes hommes sont sélectionnés au hasard dans chaque groupe, puis exécutés. Le village reste sous loi martiale jusqu’à la fin de 1966.
En 1981, un quartier bédouin est créé pour les membres de la tribu Sawaed de Rameh.