| Naissance |
Chambéry, France |
|---|---|
| Activité principale | Chorégraphe et danseur |
| Style | Danse contemporaine |
| Lieux d'activité | Rennes |
| Années d'activité | Depuis 1989 |
| Collaborations | Dimitri Chamblas |
| Formation | École de danse de l'Opéra de Paris et CNSMD de Lyon |
| Récompenses | voir section dédiées |
| Site internet | www.borischarmatz.org |
Boris Charmatz, né en 1973 à Chambéry en Savoie, est un danseur et chorégraphe français de danse contemporaine.
Considéré comme l'un des « chefs de file de la nouvelle vague française » et du mouvement de la non-danse né au milieu des années 1990, il dirige le Centre chorégraphique national de Rennes et de Bretagne de 2009 à 2018, et le Tanztheater de Wuppertal de Pina Bausch de 2022 à 2025,.
Boris Charmatz naît le 3 janvier 1973 à Chambéry, en Savoie. Il commence la danse à l'âge de douze ans. De 1986 à 1989, il étudie à l'École de danse de l'Opéra national de Paris, puis poursuit sa formation au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Lyon.
À la sortie de sa formation, il travaille comme interprète auprès de plusieurs chorégraphes, notamment Régine Chopinot, Odile Duboc et Meg Stuart. Cette expérience d'interprète nourrit sa réflexion sur le corps du danseur, les formes de représentation et la place du spectateur,.
En 1993, il cosigne avec Dimitri Chamblas À bras-le-corps, première pièce d'une longue collaboration entre les deux danseurs. Le duo, dansé au plus près du public, devient l'une des œuvres emblématiques de son parcours.
Au cours des années 1990, Boris Charmatz s'inscrit dans le renouvellement de la danse contemporaine française souvent désigné sous le terme de non-danse. Ses premières créations remettent en question les conventions de la représentation chorégraphique et déplacent l'attention du mouvement dansé vers le corps, le langage, les dispositifs scéniques, les objets, la vidéo et les relations entre interprètes et spectateurs,.
Des pièces comme Aatt enen tionon (1996), Herses (une lente introduction) (1997) et Con forts fleuve (1999) participent de cette recherche. Il développe parallèlement des collaborations avec des artistes issus de la danse, de la musique, des arts visuels et de la littérature, faisant de la scène un espace d'expérimentation plutôt qu'un lieu consacré exclusivement à la représentation chorégraphique.
En 2002, il crée Héâtre-élévision, installation conçue pour un spectateur unique à la fois : celui-ci est allongé sur un piano et regarde un film diffusé sur un téléviseur. Le projet témoigne de son intérêt pour les formes qui brouillent les frontières entre spectacle, installation, cinéma et arts visuels. Il donne ensuite naissance à Quintette cercle.
En 2006, il chorégraphie Régi en collaboration étroite avec Raimund Hoghe. Il développe également une pratique de l'improvisation, notamment avec des musiciens tels qu'Archie Shepp et Otomo Yoshihide, qui devient une composante importante de son activité.
À la fin des années 1990, Boris Charmatz développe ses activités au sein de l'association edna, active de 1997 à 2009. Celle-ci constitue un cadre de production et de recherche accueillant spectacles, expositions, films, résidences et projets expérimentaux. Cette ouverture à d'autres formes artistiques et à d'autres modes de production participe à l'élargissement de sa conception de la danse.
De 2002 à 2004, dans le cadre d'une résidence au Centre national de la danse à Pantin, il développe Bocal, une école nomade et éphémère. Le projet remet en question les modèles traditionnels de transmission de la danse et expérimente d'autres rapports entre artistes, élèves, enseignants et savoirs.
Bocal prolonge les recherches engagées avec edna : la danse n'est plus envisagée uniquement comme une succession de spectacles, mais comme un champ de pratiques, de connaissances et d'expériences collectives. Charmatz publie également, avec Isabelle Launay, Entretenir / À propos d'une danse contemporaine en 2003, puis revient sur cette expérience dans Je suis une école.
Boris Charmatz est choisi comme artiste associé du Festival d'Avignon en 2011, ce qui constitue une première dans l'histoire du festival et marque l'importance croissante de la danse dans sa programmation. Il y présente Enfant et une recréation de Levée des conflits.
À cette occasion, il rencontre la chorégraphe belge Anne Teresa De Keersmaeker, avec laquelle il prépare pendant deux ans le duo Partita 2, créé en 2013. Charmatz y est interprète aux côtés de De Keersmaeker. Cette collaboration constitue une étape importante dans son parcours d'interprète et témoigne de son intérêt pour les pratiques chorégraphiques qui ne relèvent pas de sa propre écriture.
Charmatz collabore par ailleurs avec de nombreux danseurs et artistes internationaux, parmi lesquels Alexandra Cardinale, Steve Paxton, Dimitri Chamblas et Maud Le Pladec. Son travail se développe également aux croisements de la danse avec le théâtre et la musique, avec des acteurs comme Jeanne Balibar et Marlène Saldana, ou des chanteuses comme Dalila Khatir.
En 2009, Boris Charmatz prend la direction du Centre chorégraphique national de Rennes et de Bretagne et transforme le projet de la structure en Musée de la danse, qu'il dirige jusqu'en 2018. Le Musée de la danse constitue une expérience artistique et institutionnelle qui cherche à penser la danse à partir des modèles du musée, de l'archive, de l'exposition et du répertoire,.
Cette conception du musée comme lieu vivant de pratique et de transmission conduit Charmatz à présenter le projet dans différentes institutions internationales. En 2013, Musée de la danse: Three Collective Gestures est présenté au MoMA de New York, puis en 2015 If Tate Modern was Musée de la danse? à la Tate Modern de Londres.
Après la fin de son mandat au Musée de la danse en 2018, Boris Charmatz fonde en 2019 la structure terrain, implantée dans les Hauts-de-France. Présentée comme une institution chorégraphique « sans murs ni toit », [terrain] poursuit son travail sur les formes expérimentales, l'espace public, la transmission et les pratiques collectives.
Cette période est marquée par des projets à grande échelle réunissant danseurs professionnels et amateurs. En 2021, Charmatz présente notamment Sea Change au Manchester International Festival, avec environ 150 interprètes, ainsi que Happening Tempête au Grand Palais éphémère à Paris.
En 2022, Boris Charmatz est nommé pour huit ans à la tête du Tanztheater Wuppertal Pina Bausch, avec pour mission de faire vivre la compagnie et l'héritage de Pina Bausch,.
Il développe notamment des projets associant son propre travail chorégraphique à la transmission du répertoire de Pina Bausch. En 2023, il présente WUNDERTAL, série d'événements consacrés à la danse dans la ville de Wuppertal, puis crée Liberté Cathédrale, réunissant des danseurs du Tanztheater Wuppertal et de [terrain].
Le 28 février 2025, la ville de Wuppertal annonce que Boris Charmatz quittera la direction artistique du Tanztheater Wuppertal Pina Bausch à la fin de la saison 2024-2025, à la suite d'une décision commune du chorégraphe, du conseil de surveillance de la société et de la ville. Les parties indiquent que les raisons de cette résiliation anticipée resteront confidentielles.
Le travail de Boris Charmatz se développe également dans le champ du cinéma et des arts visuels. Il collabore notamment avec le réalisateur César Vayssié et le cinéaste Aldo Lee sur plusieurs films liés à ses recherches chorégraphiques. Cette activité prolonge son intérêt pour les formes hybrides situées entre danse, performance, cinéma et exposition.
En 2018-2019, il est artiste invité du Mucem à Marseille, dans le cadre de l'exposition On danse ?. La vidéo occupe une place importante dans cette exposition consacrée à la danse, au corps et au mouvement.
En 2020, le Centre national de la danse à Pantin organise une exposition de films consacrée à son travail, présentant notamment Tarkos Training, Levée et Tanzgrund, réalisés par César Vayssié.
En 2023-2024, l'exposition Danses gâchées dans l'herbe, présentée au Frac Sud – Cité de l'art contemporain à Marseille, réunit six films dont Les Disparates, Une lente introduction, Levée, Étrangler le temps, Transept et Danse gâchée dans l'herbe.
Boris Charmatz crée ses premières pièces chorégraphiques au début des années 1990. Parmi ses principales chorégraphies figurent :