Boubier

Boubier est un quartier de la ville belge de Châtelet situé en Région wallonne dans la province de Hainaut.

Boubier
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Province Drapeau de la province de Hainaut Province de Hainaut
Arrondissement Charleroi
Ville Châtelet
Géographie
Coordonnées 50° 23′ 59″ nord, 4° 30′ 36″ est
Transport
Bus Logo TEC CharleroiTEC : Lignes 13 et 18
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Belgique
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Boubier

Toponymie

Selon les archives postérieures au XVe siècle, plusieurs graphies du nom du quartier de Boubier sont mentionnées, notamment en 1434 « bois de Boubier », en 1638 « desoubz boubier », en 1690 « bois boubier », en 1748 « au bois boubié » et en 1843 « Boubier ». La forme orale dialectale boubyè se compare au dialecte liégeois boubiè, boubiè, boubêrt, présentant une ressemblance avec le mot bobert, dont l'origine est vraisemblablement le nom propre germanique Bodebert. Sur la carte de Ferraris, l’endroit est appelé « Montagne de Poupier » et « Bois de Poupier ». Il s’agit d’une déformation euphorique autrichienne de « Boubier », les deux p étant une altération germanique des deux b.

Géographie

Les quartiers appelés Boubier ou Châtelet-Ville se trouvent à l’ouest du centre-ville châtelettain, dans la partie de la ville qui, sur les cartes, ressemble à un chien assis. Le quartier de Boubier ou de Châtelet-Ville correspond alors au museau de l’animal. Aux confins de la ville se trouve un lieu-dit qui appartenait autrefois à un vaste ensemble situé à l’ouest de la Blanche Borne, s’étendant sur les communes de Bouffioulx, Couillet et Châtelet, jusqu’au Chemin de la Galoperie, anciennement rue de Couillet. Cet ensemble formait à l’époque le Bois de Boubier.

Histoire

En 1906, un retranchement sur le plateau de la Blanche Borne, à la pointe nord de Bouffioulx surplombant la Sambre, était appelé « oppidum de Boubier ». Les premières recherches, menées en 1889 par la Société royale paléontologique et archéologique de Charleroi, avaient mis au jour seulement quelques éclats de silex taillés et, dans la masse du rempart, des débris de bois brûlés. Avant 1943-1944, le site n’attira plus de nouveaux fouilleurs, jusqu’à ce que J. Breueur, conservateur aux Musées royaux d’Art et d’Histoire, y fasse ouvrir plusieurs tranchées. Les résultats furent consignés en quelques lignes chronologiques. L’auteur hésitait entre la protohistoire, en raison du bois brûlé, et le Moyen Âge, en raison de la présence, au cœur de ce même rempart, de tessons des XIe ou XIIe siècles. Entreprises à partir de 1975 par le service archéologique de l’Université libre de Bruxelles, les fouilles menées régulièrement sur le site ont permis de préciser l’évolution de cette fortification occupant un plateau d’environ trois hectares, délimité par deux vallons affluents de la Sambre. L’accès principal était protégé par un rempart transversal, renforcé au Moyen Âge, tandis que des ouvrages défensifs continus bordaient le reste du périmètre. La découverte de céramiques du second âge du Fer, de silex taillés et de matériaux vitrifiés atteste une occupation ancienne ainsi qu’un épisode impliquant une forte exposition au feu. Les études stratigraphiques montrent une construction méthodique des remparts, fondée sur une sélection rigoureuse des terres et des pierres. Outre les fossés et levées de terre, le dispositif défensif comprenait vraisemblablement des chevaux de frise destinés à ralentir une éventuelle progression ennemie. Les données archéologiques ont également permis de proposer une restitution de la fortification du Boubier, comprenant différentes phases d’aménagement ainsi qu’une tour, interprétation compatible avec les traces de combustion observées sur le site.

Le Boubier est un ancien lieu-dit de Châtelet dont le développement est étroitement lié à l’exploitation charbonnière active dès le XVIIIe siècle. Le charbonnage éponyme est attesté dans un acte notarié de 1839. Afin de faciliter l’acheminement du charbon vers les installations industrielles de Couillet, une route fut aménagée le long de la Sambre grâce au financement des entreprises concernées. Établie sur une terrasse naturelle formée par les alluvions entre le fleuve et le versant, cette voie nécessita par la suite des travaux de consolidation en raison de fréquents mouvements de terrain. À la fin du XIXe siècle, l’amélioration des infrastructures de communication, notamment par l’aménagement de la rue de Couillet, favorisa l’essor du quartier. L’activité du charbonnage du Boubier, notamment dans le secteur de la Bergerie où se trouvait un terril, contribua également à cette croissance. Les documents cadastraux du début du XIXe siècle mentionnent plusieurs lieux-dits de ce secteur, parmi lesquels la Bergerie, les Préaux, le Bois Royal correspondant au Boubier, ainsi que les champs de la Galoperie, de Gaux Mayet et de Blanche-Borne.

Initialement limité au lieu-dit du Boubier, le toponyme en vint à désigner, à partir du XIXe siècle, le quartier développé le long de la rue de Couillet jusqu’à la limite communale. Durant le Moyen Âge, cette partie du territoire se caractérisait essentiellement par des espaces boisés et agricoles traversés par l’ancien chemin de Walcourt. La Sambre, alors non canalisée, serpentait dans une vaste plaine alluviale fréquemment soumise aux inondations. À partir de la seconde moitié du XVIe siècle, Châtelet renforça progressivement ses moyens de défense par l’édification de fortifications destinées à protéger le bourg. Le secteur du Boubier conserva toutefois son caractère rural jusqu’à l’époque contemporaine. Au début du XIXe siècle, après la disparition des remparts, l’urbanisation s’étendit au-delà du centre ancien tandis que le réseau routier fut progressivement modernisé. De nouvelles voies de communication relièrent les différents hameaux et facilitèrent les échanges locaux. Ce développement s’inscrivit dans le contexte de l’essor industriel du bassin de la Sambre, dont les ressources naturelles, notamment le charbon, contribuèrent à la transformation progressive du paysage et à la croissance des quartiers périphériques de Châtelet.

L’essor du quartier du Boubier est étroitement lié à la révolution industrielle qui transforma la vallée de la Sambre au XIXe siècle. L’exploitation des charbonnages du Boubier, d’Ormont et du Carabinier contribua fortement au développement économique de cette partie de Châtelet. L’introduction de la machine à vapeur, l’utilisation croissante de la houille comme combustible et les progrès techniques favorisèrent l’expansion des activités minières et métallurgiques. La canalisation de la Sambre, réalisée entre 1825 et 1830, améliora considérablement le transport fluvial en régularisant le cours de la rivière et en permettant la circulation de bateaux de plus grande capacité. À partir de 1834, le développement du réseau ferroviaire belge renforça encore cette dynamique en facilitant les échanges de marchandises et l’approvisionnement des industries. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, plusieurs travaux d’infrastructure, dont des aménagements du cours de la Sambre et la création de nouvelles lignes de chemin de fer reliées aux installations industrielles locales, favorisèrent l’implantation des entreprises et consolidèrent le rôle du Boubier comme centre d’activité économique de la région. L’exploitation charbonnière à Boubier a profondément transformé ce hameau rural de Châtelet. L’industrialisation entraîna une forte croissance de la population ouvrière, l’apparition de nouvelles habitations et le développement de la vie religieuse locale. Jusqu’à la fin du XIXe siècle, les habitants relevaient de la paroisse des Saints-Pierre-et-Paul. Par arrêté royal du , la paroisse Notre-Dame de Patience fut créée et son territoire délimité entre la Sambre, Bouffioulx et le secteur des écoles de Boubier. Avant l’édification de l’église paroissiale, les offices étaient célébrés dans une chapelle située rue de Loverval, construite pour remplacer l’ancienne chapelle du Burget devenue vétuste. Après diverses négociations foncières menées dans les années 1880, le projet d’une église à Boubier fut approuvé en 1899. La première pierre fut posée en 1906 et l’édifice ouvrit au culte en septembre 1907. Sa construction, estimée à près de 88 000 francs, fut ensuite consacrée par l’évêque de Tournai, tandis que la statue de Notre-Dame de Patience y fut transférée. Le , un arrêté du Régent modifia les limites de la paroisse, élargissant ainsi le territoire de Notre-Dame de Patience. Celle-ci reçut une partie de la paroisse Saints-Pierre-et-Paul située à l’ouest de la ligne ferroviaire Châtelineau-Morialmé (actuel Ravel). Les nouvelles frontières paroissiales furent définies à partir de limites communales, des axes ferroviaires et de plusieurs voiries locales, notamment les rues des Campagnes et des Écoles, afin de préciser la répartition territoriale entre les différentes juridictions religieuses de la région.

Les projets de liaison par tramway entre Châtelet et Charleroi apparaissent dès 1871. Le tracé envisagé devait emprunter notamment la route de Couillet et permettre, à terme, une extension vers plusieurs artères châtelettain. Toutefois, la ligne ne fut initialement réalisée que jusqu’au secteur de Couillet-Montignies dans les années 1870. Une étape décisive intervint en 1925 lorsque la Société des Tramways Verts électrifia le parcours existant et obtint l’autorisation de prolonger la ligne jusqu’à Châtelet. Le terminus fut alors établi rue de Couillet, à proximité du passage à niveau de la ligne ferroviaire du Grand Central reliant Châtelineau à Morialmé, actuellement le Ravel. Cette amélioration des transports renforça l’accessibilité du quartier du Boubier et contribua à son développement résidentiel, commercial et industriel au cours du XXe siècle.

L’industrialisation de la vallée de la Sambre entraîna une forte croissance démographique à Châtelet entre le milieu du XIXe siècle et le début du XXe siècle. Alimentée à la fois par l’accroissement naturel de la population et par l’arrivée de nombreux travailleurs venus d’autres régions, cette expansion provoqua une importante demande en logements. Pour y répondre, des investisseurs privés développèrent des ensembles d’habitations ouvrières regroupées en corons, impasses ou rangées de maisons destinées aux familles des travailleurs. À la fin du XIXe siècle, diverses initiatives encouragèrent également l’accès à la propriété pour les classes populaires. Après la Première Guerre mondiale, la pénurie de logements conduisit à la création de la société coopérative « L’Habitation Moderne », chargée de construire des habitations à coût modéré. Son principal projet fut la réalisation, en 1923, d’une cité-jardin équipée d’infrastructures modernes telles que l’eau courante, l’électricité et l’égouttage. Destinées en priorité aux ménages modestes et aux familles nombreuses, ces habitations contribuèrent à l’amélioration des conditions de vie locales. Toutefois, la crise économique des années 1930 puis l’occupation allemande durant la Seconde Guerre mondiale freinèrent fortement le développement de la société et de ses projets immobiliers. Dans le cadre de la préparation du débarquement allié de juin 1944, les infrastructures ferroviaires et industrielles de la région de Châtelet furent visées par plusieurs bombardements aériens destinés à perturber les communications allemandes. Le 10 avril 1944, un premier raid toucha notamment les secteurs de Couillet-Montigny, Boubier et la Sibérie, causant plusieurs victimes et des dégâts matériels limités. Le lendemain, une série d'attaques plus importantes frappa la région, provoquant de nombreuses pertes parmi la population civile et endommageant diverses installations industrielles. À Boubier, les équipements d'extraction furent relativement épargnés, mais plusieurs infrastructures annexes furent gravement touchées, entraînant des perturbations de l'activité. Un nouveau bombardement, le , visa principalement les installations ferroviaires de Couillet-Montigny et la gare de Châtelineau, où de très nombreux impacts furent recensés en quelques minutes. Ces opérations s'inscrivaient dans la campagne aérienne alliée précédant la libération de l'Europe occidentale. Le quartier fut bombardés les 10 et , du , du et du ont fait 59 morts, détruit complètement 87 bâtiments et endommagé partiellement 384 autres. Le quartier de Boubier a subi plusieurs vagues de bombardements et l’église Notre-Dame de Patience a été partiellement détruite.

Après la libération de Châtelet en septembre 1944, le quartier du Boubier dut faire face aux conséquences des bombardements alliés menés quelques mois auparavant dans le cadre de la préparation du débarquement en Normandie. Ces attaques causèrent d'importants dégâts matériels et humains, détruisant ou endommageant une grande partie du parc immobilier local. Dans le contexte de la reconstruction et de la relance de l’industrie charbonnière, l’arrivée de travailleurs immigrés, notamment italiens, accentua les besoins en logements. La société coopérative « L’Habitation Moderne » joua alors un rôle majeur dans le développement urbanistique du secteur en réalisant plusieurs ensembles de logements sociaux à partir de la fin des années 1940. De nouvelles voiries furent créées, dont les rues Charles Degrange, Henri Matelart et de la Bergerie, accompagnant l’expansion résidentielle du quartier. Parallèlement, les habitations sinistrées furent restaurées ou reconstruites, tandis que des commerces de proximité s’implantèrent le long de la rue de Couillet, profitant des infrastructures de transport ferroviaire et du réseau de tramways. Ces aménagements contribuèrent à faire du Boubier un quartier résidentiel et commerçant important de Châtelet durant la seconde moitié du XXe siècle. Après la Seconde Guerre mondiale, sur les plans culturel, sportif et associatif, les habitants de Châtelet-Ville concentrèrent surtout leurs efforts sur la reconstruction du quartier, tandis que des ressources financières limitées incitaient encore à la culture de potagers familiaux. Malgré ce contexte, la vie sociale et sportive y demeura particulièrement dynamique. Le football, la balle pelote, le basket-ball et la colombophilie comptaient parmi les activités les plus populaires. Plusieurs clubs furent créés ou développés grâce à l’engagement des habitants et au soutien d’institutions locales, notamment du charbonnage de Boubier. L’acquisition par la Ville de l’ancien parc Debal en 1949 permit l’aménagement d’importants espaces de loisirs et de sports. Ce domaine de douze hectares accueillit à la fois des activités récréatives, des plaines de jeux et, dans les années 1960, de grands rassemblements musicaux. Les anciens bâtiments miniers reconvertis hébergèrent par la suite diverses associations sportives et culturelles, contribuant à faire de ce quartier excentré un centre actif de la vie communautaire Châtelettaine.

Le quartier du Boubier connut dans les dernières années de la décennie 1940 une période de reconstruction et de reprise économique soutenue par l’activité du charbonnage, dont la production retrouva rapidement un niveau élevé grâce à l’apport d’une main-d’œuvre étrangère, principalement italienne. Les destructions causées par les bombardements favorisèrent également d’importants travaux de rénovation urbaine et la modernisation du parc immobilier. Toutefois, à partir des années 1950, la crise du secteur charbonnier, accentuée par l’intégration économique européenne et la concurrence croissante des hydrocarbures, entraîna une restructuration progressive de l’industrie houillère belge. Le charbonnage du Boubier cessa définitivement ses activités en 1966, marquant le début du déclin industriel du quartier. La fermeture des mines affecta également les entreprises dépendantes de cette activité, provoquant pertes d’emplois et difficultés économiques. Comme d’autres secteurs de Châtelet, le Boubier fut confronté à une dégradation progressive du tissu urbain et commercial ainsi qu’au déplacement d’une partie de sa population vers les communes voisines. À partir de la seconde moitié du XXe siècle, les efforts se concentrèrent sur la reconversion et la réhabilitation des anciens espaces industriels. Situé au croisement d’importants axes fluviaux, routiers et ferroviaires, le quartier bénéficia néanmoins des transformations des réseaux de transport et demeura un élément stratégique du territoire châtelettain.

À partir des années 1970, le quartier du Boubier fut profondément transformé par le développement des infrastructures de transport régionales. La construction du périphérique de Charleroi (R3), amorcée en 1974, améliora considérablement les connexions routières entre Châtelet, le bassin carolorégien et les grands axes autoroutiers. L’un de ses ouvrages majeurs est le viaduc de Châtelet, mis en service en 1983, qui franchit la vallée de la Sambre, la ligne ferroviaire Charleroi-Namur et plusieurs zones urbanisées afin de contourner les contraintes du relief. Long de plus d’un kilomètre et doté de plusieurs échangeurs, il facilite l’accès au quartier du Boubier, à la route de Couillet et aux principaux axes régionaux. Ces aménagements ont renforcé l’intégration du quartier dans le réseau de communications wallon et contribué à la reconversion d’un ancien espace industriel en secteur mieux connecté aux infrastructures économiques modernes.

Patrimoine et folklore

Patrimoine architectural

L'église Notre-Dame de Patience

L’église Notre-Dame de Patience, de style néogothique, a été érigée entre 1906 et 1907 sur les plans de l’architecte gantois Valentin Vaerwick’. Gravement endommagée durant la Seconde Guerre mondiale, elle a été reconstruite en 1962 par l’architecte René Alsteen, originaire de Châtelet.

La croix de Boubier

Le , après la guerre, a eu lieu l’inauguration de la Croix commémorative, installée au-dessus de l’abri creusé sous le terril et utilisé par les habitants des alentours lors des raids américains du printemps 1944. Elle avait été érigée en mémoire des victimes des bombardements. Cette croix mesurait 17 mètres de haut et a été détruite lors de l’évacuation du terril en 1978. Une nouvelle croix fut élevé dans la prairie située près de l'église Notre-Dame de Patience.

Folklore

Culte de Notre-Dame de Patience

Le culte de Notre-Dame de Patience est célébré depuis le début du XVIIIe siècle, situé au faubourg d’Outre-Biesme, précisément au lieu-dit Burget. Une chapelle fut construite en remplacement d’un édifice plus ancien. À cette époque, la grande messe annuelle du Burget était l’une des plus belles cérémonies religieuses de l’année. La Révolution française mit fin aux messes annuelles et hebdomadaires, abolies définitivement, sauf celle de l’anniversaire qui se perpétua jusqu’en 1875, date de sa dernière célébration dans le petit sanctuaire. Elle se tenait selon l’ancien usage le lundi suivant le , jour de la Nativité de Notre-Dame. L’année suivante, en 1876, elle ne put avoir lieu en raison du délabrement de la chapelle. Après une suspension due à la disparition du sanctuaire, la messe fut rétablie. À la fin du XIXe siècle, la danse devint une tradition lors de la fête de Notre-Dame de Patience, conservée après le service religieux jusqu’en 1954, dernière édition de la ducasse d’Outre-Biesme. Le troisième lundi de septembre, après la messe à l’église du quartier de Boubier, les « pèlerins » accompagnés d’un orchestre parcouraient en dansant les quartiers de Châtelet-Ville, du Beau-Moulin, des places de la Victoire et d’Outre-Biesme. Avant la construction de l’église de Boubier, la messe dominicale était célébrée dans une chapelle provisoire érigée le aux numéros 85 et 87 de la rue de Loverval, à droite en face de l’ancienne chapelle. Cette nouvelle chapelle, dédiée à Notre-Dame de Patience et au Sacré-Cœur de Jésus, accueillait également une école gardienne catholique. La statue de Notre-Dame y avait été transférée, soit depuis l’ancien sanctuaire, soit depuis un lieu temporaire. Jusqu’à l’inauguration de la nouvelle église, les offices furent célébrés dans ce bâtiment. Après la désaffectation de la chapelle provisoire, celle-ci fut rachetée par un particulier pour en faire un magasin de quincaillerie.

Aujourd'hui dans le quartier, se déroule chaque année le troisième dimanche de septembre la marche Notre-Dame de Patience. Cette marche fut créée en 1969 dont la première sortie fut effectuée le de cette année, rappelant la jeunesse du quartier d'Outre-Biesme, qui au XVIIIe siècle, tirait des salves en l'honneur de la Madone locale.

Économie

Tourisme vert

Le domaine de la Blanche Borne

Le domaine de la Blanche Borne, situé sur les hauteurs de Châtelet, fut aménagé au XIXe siècle par Auguste De Bal, qui tira parti du relief naturel pour créer un vaste parc paysager offrant des panoramas remarquables sur la vallée de la Sambre. La propriété, qui couvrait environ seize hectares, comprenait une demeure de style bourgeois, plusieurs dépendances, des étangs, des prairies, des jardins potagers ainsi qu’un important verger. Son parc se distinguait par la présence d’essences locales et d’arbres exotiques rares dans la région. Après la disparition de son propriétaire, le domaine changea de mains avant d’être acquis par la Ville de Châtelet en 1949. Le château, devenu vétuste, fut démoli en 1951 et remplacé par les aménagements du parc communal’. Une partie du site fut destinée à une plaine de jeux accueillant chaque été de nombreux enfants, tandis que d’autres espaces furent consacrés à des équipements publics, à l’enseignement et aux activités sportives. Aujourd’hui encore, la Blanche Borne constitue l’un des principaux espaces verts de la commune et un élément marquant de son patrimoine paysager. Le site se distingue par la présence d’arbres remarquables notamment des tilleuls argentés et des hêtres pourpres de grande taille ainsi que par des essences exotiques introduites pour enrichir l’intérêt botanique du lieu. Trois aires de jeux y sont intégrées, témoignant de l’évolution des parcs publics vers des usages familiaux et ludiques. L’ensemble est accessible quotidiennement et constitue un point de respiration au sein du tissu urbain de Châtelet.

Le Port Autonome de Charleroi

Créé en 1971, le Port autonome de Charleroi constitue un acteur majeur du développement économique de la région en assurant la gestion et la valorisation des infrastructures portuaires situées le long de la Sambre et des voies navigables associées. Soutenu par les pouvoirs publics régionaux et provinciaux, il favorise l’implantation d’activités industrielles et commerciales grâce à la mise à disposition de terrains et d’équipements adaptés au transport fluvial. Dans ce contexte, les anciennes friches industrielles du Boubier et du Trieu Kaisin ont été réaménagées pour former la Plateforme multimodale de Châtelet. Ce site tire son importance stratégique de la convergence de plusieurs axes de communication majeurs, associant transport fluvial, réseau ferroviaire et liaisons routières rapides vers le bassin carolorégien et les principaux réseaux européens. Cette reconversion illustre la transformation progressive d’un territoire marqué par l’activité charbonnière en un espace logistique et économique orienté vers les besoins contemporains du transport et de la distribution de marchandises.

Recyclage de métaux et dérivés (Groupe Comet)

Depuis 1986, le Groupe industriel belge Comet dont le siège se situe à Châtelet est actif dans le négoce de métaux ferreux, non-ferreux et dérivés. Il s'agit d'un groupe industriel belge familial qui a développé son activité de valorisation des déchets en Europe, Asie et Amérique du Sud. Le développement de nouvelles technologies dans le domaine du recyclage lui a permis de disposer d'une capacité industrielle qui en fait un leader dans son domaine d'activité en Europe. Les taux de valorisation atteignent ainsi des niveaux inégalés avec 98,4 % de recyclage de produits aussi diversifiés que les métaux ferreux, non-ferreux, les véhicules hors d’usage (VHU), les déchets d’équipements électriques, électroniques (DEEE) et des résidus de broyage. Depuis avril 2019, Comet fait figure de pionnier en hébergeant les deux premiers centres agréés en Région wallonne pour le recyclage des voitures électriques et, depuis 2021, il s'est lancé dans le recyclage de panneaux photovoltaïques. Le groupe industriel fait largement appel à la navigation fluviale nettement moins impactante pour l'environnement que le transport routier pour le transport des matériaux à recycler et recyclés .

Anciennes industries

La société anonyme du charbonnage de Boubier

Puits d'extraction numéro 1 sur une carte postale du début de XXe siècle.

Entre 1800 et 1850, le site de Boubier n’est encore qu’un cayat exploité par Dejean et Bouez au lieu‑dit La Bergerie. L’exploitation demeure rudimentaire et ne bénéficie pas encore des innovations techniques qui transformeront progressivement l’industrie minière. Ce n’est qu’après plusieurs décennies que les maîtres de fosses adoptent les méthodes fondées sur l’usage de la machine fixe à vapeur comme force motrice. Durant la première moitié du XIXe siècle, trois groupes de prospecteurs se disputent l’obtention de concessions houillères : l’un dirigé par Jean Nicolas Le Becque, un autre par Pierre Quinet, et un troisième par Jean‑Baptiste Desmaret. En 1839, ces groupes déposent une demande commune portant sur une concession de 143 hectares, 95 ares et 11 centiares. Parmi les signataires figurent plusieurs notables locaux, dont Charles Desmaret, maître tanneur à Châtelet ; Jean‑Baptiste Bolle, bourgmestre de la commune ; Charles Stanislas Crame, propriétaire ; Henry Dejean, maître tanneur ; Maximilien Alexandre Motte, ingénieur des mines à Châtelineau ; et Léon Wilmar, rentier. En 1846, Godefroy Goret, considéré comme le véritable fondateur du charbonnage de Boubier, rachète les parts de ses associés. Le de la même année, il crée à Paris, avec Louis Joseph Maulaz et Joseph Victor Bernard, la Compagnie du Charbonnage de Boubier, établie sous la raison sociale L.-J. Maulaz et Cie et régie par la législation française. En 1875, l’entreprise adopte la forme d’une société anonyme sous le nom de Compagnie du Charbonnage de Boubier.

Le , les actionnaires décidèrent de prolonger l'existence de la société jusqu'au , une échéance qui ne fut finalement pas atteinte. Au cours du XXe siècle, les statuts et le capital furent modifiés à plusieurs reprises. À la fin de l'année 1960, le capital social dépassait 13 millions de nouveaux francs français, en hausse par rapport à l'exercice précédent. L'actionnariat et la direction demeuraient essentiellement français. Le conseil d'administration comprenait notamment le vicomte Charles de Calembert, qui en assurait la présidence, ainsi que le comte Michel de Fouchet, le baron Antoine d'Aboville et l'ingénieur Bernard de Contenson. Plusieurs de ces administrateurs étaient également propriétaires fonciers ou impliqués dans d'autres activités économiques, tandis qu'un conseil de surveillance complétait la structure de gestion de l'entreprise. Suite aux décisions prise par le Gouvernement belge, un plan de fermeture des charbonnages fut décidé. À Boubier, le charbonnage, qui avait clôturé l’exercice 1959 avec un bénéfice, a vu sa situation se détériorer après l’annonce de sa fermeture, au point de ne plus être rentable et de devoir cesser définitivement ses activités le .

Parmi les puits exploités, les sièges 1 et 2 se trouvent sur le territoire de la ville, tandis que le no 3, plus récent, était installé sur les hauteurs de Bouffioulx, au lieu-dit « Bois des Minières »’:

  • le puits no 1 était situé rue de Couillet’, il était le siège principal de la société. En 1929, l'extraction représentait 230 000 tonnes et 252 000 tonnes à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Le charbonnage disposait d’un rivage relié à la gare de Châtelineau-Châtelet. Cette installation permettait d’acheminer les produits houillers par voie fluviale et ferroviaire, assurant ainsi leur évacuation rapide vers les industries ;
  • le puits no 2, creusé en 1867, était relié par une voie ferrée de type Decauville longeant la rue de Couillet, entre les puits 1 et 2, projet envisagé dès 1881. Cette liaison fut abandonnée après la Première Guerre mondiale au profit d’un chemin de fer aérien. Les sièges 1 et 2 furent endommagés par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale ;
  • le puits no 3, dont le chantier de forage débute durant l’été 1925, est achevé en mars 1928 mais ne devient opérationnel qu’après 1930. En plus de l’extraction du charbon, il sert aussi à acheminer le matériel technique et les bois de mine destinés à étayer les galeries. Dans les années 1950, il est équipé d’une station de captage de grisou visant à fournir aux industries locales du gaz énergétique’. Le puits arrête toute activité lors de la fermeture de la société en 1966.

L'industrie métallurgique

La société anonyme des Laminoirs de Châtelet

En 1861, Auguste Gallez, accompagné de plusieurs associés, lance la construction des Laminoirs de la Vieille Sambre, situés au lieu-dit « La Galoperie » à Châtelet. L’arrêté royal du autorise officiellement leur établissement. La société en commandite adopte alors la raison sociale Société Auguste Gallez et Cie et s’installe sur un terrain de deux hectares bordé par la Sambre, le chemin de fer reliant Charleroi à Namur au nord, les laminoirs Dupont à l’ouest et les charbonnages du Trieu-Kaisin à l’est. L’usine dispose d’un ensemble d’équipements comprenant vingt‑deux fours à puddler, six fours de réchauffage, deux presses à cingler, un train de laminoir destiné aux premières ébauches, deux trains de laminoirs pour la fabrication de fers marchands ainsi que six machines à vapeur. Le , l’établissement est saccagé par des grévistes avant un affrontement avec les troupes gouvernementales près de la fosse de l’Épine, à Montignies‑sur‑Sambre. Les responsables des laminoirs Gallez estiment les pertes matérielles à 229 130 francs. La commune de Châtelineau, déclarée civilement responsable, inscrit une indemnité de 1 500 francs à son budget de 1868, tandis que l’entreprise assume le reste dans le cadre d’un accord transactionnel.

Le , la société Auguste Gallez et Cie est placée en liquidation. La même année, à la suite du décès de son directeur, les installations sont transférées pour constituer une nouvelle entité. Celle‑ci est officiellement fondée le par acte authentique rédigé par Maître L. Delbruyère et signé à l’Hôtel de l’Univers à Charleroi. L’arrêté royal du autorise la création de la Société anonyme des Laminoirs de Châtelet. L’effectif de l’entreprise évolue au fil du temps : 292 employés en 1862, 300 en 1895, 357 en 1911 et 410 en 1926. Les installations cessent leurs activités en 1948. Au cours des années 1950, une partie des terrains est acquise par la société anonyme de Sambre et Moselle, qui y implante le train 350 après démolition des anciens laminoirs. L’autre partie revient à la société anonyme des charbonnages du Trieu‑Kaisin’.

Les laminoirs Gillain

Le , Eugène de Dorlodot fils et Lucien Gillain sollicitent des autorités communales de Châtelet l’autorisation d’ériger deux hauts fourneaux destinés à la fusion du minerai de fer, accompagnés de leurs installations annexes. Après obtention du permis, Jules Dulait construit, entre la Sambre et la route reliant Couillet à Châtelet, les deux structures métallurgiques pour le compte des deux entrepreneurs, qui adoptent alors la raison sociale L. Gillain et Cie. Les hauts fourneaux entrent en activité en 1857, marquant les premières coulées de fonte. Entre 1860 et 1867, la direction technique est assurée par Jules Dulait, période durant laquelle l’établissement emploie environ 230 ouvriers. En 1878, un troisième haut fourneau est ajouté à la suite d’une augmentation de capital, et l’entreprise prend le nom de Société des Hauts Fourneaux et Fonderies de Châtelet. Le , elle fusionne avec l’ancien laminoir Edouard Bonehill de Marchienne‑au‑Pont pour former la Société anonyme des Hauts Fourneaux et Laminoirs de Châtelet‑Marchienne. La société est liquidée en 1885 et les hauts fourneaux sont démantelés en 1892. En 1905, Émile Jacquet‑Bolle demande l’autorisation d’installer deux réservoirs à pétrole sur sa propriété située rue de Couillet, à l’emplacement des anciens fourneaux Gillain, marquant une reconversion du site industriel.

Autres industries et entreprises

Parmi les entreprises qui ont étés présent dans le quartier on note notamment le centre de stockage de produits pétrolier Purfina qui était située rue de Couillet et la superficie du site est de 3 ha 24 sur la rive droite de la Sambre. Elle était équipée de plusieurs cuves et de réservoirs alimenté par des péniches et les ateliers Nivelles Raoul, était spécialisée dans les constructions électriques privées et industrielles cette entreprise était située, rue de Couillet. Notons aussi la présence de la société Cornez-Delacre qui était spécialisé dans le génie civil et notamment dans les travaux routier, cette entreprise avais son siège à la rue de Couillet. Entre la rue de Loverval et la rue de Couillet se trouvait la graineterie Wautez. Cette entreprise fournissait en grains toutes sortes de particuliers et d’agriculteurs de la région. Elle était desservie par une voie ferrée raccordée à la ligne qui relie Châtelineau à Morialmé, aujourd’hui le Ravel.

Sports

Le quartier de Boubier possède les clubs de différents disciplines notamment : tennis de table : CTT Châtelet, Palette Châtelettaine pour le football : Entente Châtelet et arts martiaux Club Makalou et pétanque : Châtelet Pétanque.

Notes et références

  1. 1 2 3 Coisman 2006, p. 118.
  2. 1 2 Coisman 2006, p. 117.
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Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie