La Tariqa Qadiriya Boutchichiya, est une confrérie soufie marocaine , basée à Madagh. Son guide spirituel actuel est Moulay Mounir Qadiri Boutchich fils de Sidi Jamal. Apparue plutôt récemment, elle est la branche marocaine de la Qadiriyya, et constitue une des plus importantes tariqa marocaines,.
Tradition ésotérique de l'islam, le soufisme — souvent méconnu du grand public — qui se veut le « cœur » de l'islam, sa voie spirituelle, un chemin initiatique de transformation intérieure où la connaissance de soi conduit à celle de l'autre et à celle de Dieu. Avec des centaines de millions d'adeptes dans le monde, il imprègne la culture populaire dans de nombreux pays, en particulier au Maroc.
Pour les soufis, Dieu est à la fois proche et inaccessible. Il est un trésor caché dont on trouve le signe au cœur de tous les êtres. Guidé par un maître, l'élève soufi veut retrouver cette réalité divine, oublier son ego pour se perdre dans l'amour de Dieu. Il pourra y parvenir par des exercices spécifiques, comme l'étude du Coran, mais aussi les chants (sama), les danses et le dhikr (invocations de Dieu et remémorations de son nom).
Voie intérieure et spirituelle de l’islam (principalement dans le sunnisme, mais aussi dans le chiisme), le soufisme est basé sur le principe de l’initiation, ce qui implique de se choisir un maître et de suivre son enseignement, qui a souvent le titre de cheikh.
Celui-ci est considéré comme l’éclaireur de la voie de son disciple, et il est doté de la Baraka (sirr). Selon la littérature de la confrérie, la relation entre le maitre et le disciple est faite de respect et d’amour en Dieu. Le disciple qui compte renforcer son appartenance à la confrérie et aussi se ressourcer, doit rendre visite au Cheikh au moins une fois par mois, outre la fête de la commémoration de la naissance du prophète et le jour de la nuit sacrée. Cette visite rituelle, appelée «Ziyâra», a un sens hautement symbolique et justifie l’engagement des individus à l’égard de l’institution de la zaouïa et son maître.
La tariqa, ou « zaouia », Qadiriya Boutchichiya est une confrérie soufie, dont le siège est dans le village de Madagh, dans la province de Berkane à l'est du Maroc, région historique des tribus Béni-Snassen. Elle remonte par ses origde ines au cheikh Abd al Qadir al-Jilani (1078-1166, Ve siècle de l'hégire), l'un des saints soufis les plus populaires dans le monde musulman, ce qui fait d'elle une branche de la tariqa Qadiriyya.
Quant au nom de la confrérie, « al-Boutchichiya », il vient de l'expression « Sidi Ali Boutchich » (l’homme à la soupe), surnom reçu par le Cheikh Ali bin Muhammad, parce qu'il avait pour habitude qu'il de nourrir les gens pendant les jours de famine avec du Dshisha, une soupe de blé concassé avec de l'agneau aux pruneau.
Né en 1922 à Madagh, Sidi Hamza reçoit une éducation religieuse traditionnelle tournée vers le soufisme, dont sa famille est déjà l’un des piliers dans cette région de l’est du Maroc. Il complète son apprentissage du Coran avant l’âge de 14 ans. Il poursuit ses études théologiques à Oujda dans une antenne de la prestigieuse Université Al Quaraouiyine de Fès.
C’est à l’âge de 50 ans qu’il prend la tête de la Tariqa après le décès de son père en 1972, qui deviendra en quelques années l’une des confréries les plus puissantes du Maroc, et la plus influente. Son aura s’étend jusqu’en Europe, en Afrique et en Amérique du Nord.
Il est décédé le mercredi , à l’âge de 95 ans, des suites d’une longue maladie. Il désignera son fils Jamal al Qadiri al Boutchichi comme successeur,.
Fils aîné de feu cheikh Hamza. Il est né à Madagh en 1942. En parallèle de ce compagnonnage, il a appris à Madagh le Coran et les sciences islamiques, avant de poursuivre son cursus scolaire (bilingue, en français et en arabe) au lycée Moulay-Idriss de Fès. Après l’obtention de son baccalauréat lettres, il poursuit sa formation en passant une licence en sciences de la loi islamique à la Faculté de la charia de Fès. Plus tard, il rejoindra la célèbre école des sciences religieuses islamiques Dar al-Hadith al-Hassaniya pour un 3e cycle d’études supérieures,
En 2017, à la mort de son père Hamza, Jamal al Qadiri al Boutchichi devient le guide spirituel de la confrérie. Cette succession s’est effectuée de façon fluide. La constitution non écrite de la zaouïa dispose que le cheikh nomme son héritier de son vivant pour éviter toute lutte pour le pouvoir et assurer une transition en douceur, un peu sur le modèle de la monarchie alaouite, dont les Boutchichi sont de grands soutiens.
À sa mort le , la question de sa succession provoque une crise interne au sein de la confrérie. Son fils aîné, Sidi Mounir Al-Qâdiri Al-Boutchichi, avait été désigné quelques mois auparavant par Sidi Jamal.
Dans les jours qui suivent le décès de Sidi Jamal, Sidi Mounir est d'abord présenté comme son successeur sur la base du testament spirituel laissé par son père. Cette succession est toutefois rapidement contestée au sein de la confrérie. Le , Mounir annonce publiquement qu'il cède la direction de la zaouïa à son frère cadet, Sidi Mouad Al-Qâdiri Al-Boutchichi, en appelant les disciples à préserver l'unité de la confrérie. Il affirme néanmoins continuer à se considérer comme dépositaire du « secret » spirituel (sirr) transmis par ses prédécesseurs, distinguant ainsi la direction apparente de la confrérie de l'autorité spirituelle qu'il revendique.
Cette situation donne lieu à une division entre partisans des deux frères. Le Desk décrit alors un basculement de la direction effective de la tariqa vers Mouad, sur fond de tensions internes et de signaux politiques.
Le , le Conseil de la Tariqa Qadiriyya Boutchichiya, réuni pour sa première réunion officielle au siège de la zaouïa à Madagh sous la présidence de Sidi Mouad, entérine la nouvelle structuration de la confrérie et confirme Mouad à sa tête, en présence de moqaddems et de représentants venus de différentes régions du Maroc et de l'étranger. La revendication d'une autorité spirituelle par Mounir demeure néanmoins portée par une partie de ses soutiens, de sorte que la succession de Sidi Jamal reste l'objet d'une controverse interne.
Évènement placé sous le Haut patronage du roi Mohammed VI et organisé par la Tariqa Qadiriyya Boutchichiyya et Machyakha (« Présidence » et la fondation Al Moultaqa, en partenariat avec le Centre euro-méditerranéen pour l’étude de l’islam actuel (CEMEIA), elle rassemble chaque année des chercheurs marocains et étrangers en philosophie, sociologie, communication, économie et relations internationales pour présenter et échanger sur leurs différents travaux de recherche.
Le Comité d’Organisation, sous la direction de Moulay Mounir El Kadiri, fils du Cheikh Jamal al Qadiri al Boutchichi , sélectionne un thème pour guider les échanges et les discussions de chaque édition autour d’une problématique actuelle. Pendant 3 jours, plus de 80 académiciens et experts se relaient autour de table-rondes pour débattre sur les axes thématiques proposés. La richesse intellectuelle et la diversité des participants représentent une contribution notable à la diffusion de la science, la connaissance de la spiritualité musulmane et le dialogue des cultures et des religions.
Ce colloque témoigne aussi de l’importance que donne la zaouïa Qadiriya Boutchichiya à une approche scientifique de la dimension éthique de l’Islam, à l’instar d’autres zaouïas soufies du Maroc qui ont traditionnellement œuvré pour une approche prônant un équilibre entre vie spirituelle, scientifique, culturelle et sociale de la société.
| Année | Édition | Thème |
|---|---|---|
| 2011 | 6e | «Le Soufisme et la préservation des droits : Enseignement et comportement» |
| 2012 | 7e | «Soufisme et paix spirituelle : Fondements, Manifestations, et perspectives» |
| 2013 | 8e | «Le soufisme et l'édification de l'Homme : Pour une réforme harmonieuse» |
| 2014 | 9e | «Le Soufisme dans le Contexte Contemporain : Bilan et Perspectives» |
| 2015 | 10e | «Le Soufisme et la Quête de Sens : Le rôle des zawiyas dans la communication des valeurs de modération, de juste milieu et de beauté» |
| 2016 | 11e | «Soufisme et culture de la paix : Vision universelle de l’islam pour les valeurs, du Vivre-Ensemble et la Paix des civilisations» |
| 2017 | 12e | «Soufisme et Diplomatie Spirituelle Dimensions culturelles, développementales et civilisationnelles» |
| 2018 | 13e | «La culture soufie et le commun universel : Pour les valeurs du dialogue et du rapprochement» |
| 2019 | 14e | «Soufisme et développement : la dimension spirituelle et éthique dans l'édification de l'Homme» |
| 2020 | 15e | «Soufisme et gestion des crises : la dimension spirituelle et éthique au service de la bonne gouvernance» |
| 2021 | 16e | «Le soufisme et les valeurs humaines : du local à l’universel» |
Désormais[C'est-à-dire ?] proche du pouvoir, la zaouïa compte parmi ses membres, Ahmed Toufiq, depuis 2002 ministre des Habous et des Affaires islamiques , ainsi que de nombreux hommes d’affaires, des diplomates, des hauts commis de l’État, des officiers de l’armée et des services sécuritaires et de renseignements, des cadres du privé. Elle a su s’adapter à l’esprit du temps, recrutant de nombreux intellectuels et universitaires.
Les valeurs que défend la confrérie, sa méthode, basée sur l’éducation, le travail, l’effort individuel dans la quête spirituelle, la confraternité, font d’elle un acteur majeur de la politique religieuse du royaume par le biais de relais et d’antennes locales en Afrique, en Europe, aux États-Unis, au Canada, en Australie, en Asie…
La tariqa a été un acteur clé pendant le Mouvement du 20 Février, en organisant une marche de soutien au projet de la nouvelle Constitution marocaine de 2011.