| Gironde | |
| Chambre | Assemblée nationale législative Convention nationale |
|---|---|
| Fondation | 1791 |
| Disparition | 1793 |
| Membres principaux | Jacques Pierre Brissot Pierre Victurnien Vergniaud Jean-Marie Roland de La Platière Nicolas de Condorcet |
| Régime | Monarchie constitutionnelle française Première République |
| Positionnement | Gauche modérée vers Centre |
| Idéologie | Républicanisme Jacobinisme Libéralisme |
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La Gironde est, sous la Révolution française, un groupe politique issu du parti patriote. Ses membres, appelés « Girondins », forment l'un des deux courants dominants du jacobinisme et s'opposent à partir de aux Montagnards, frange radicale du jacobinisme. Leur conflit mortel s'achève en avec la victoire de la Montagne, qui ouvre la voie à la Terreur.
Influents à l'Assemblée législative (-), ils ont des ministres dans le gouvernement de Louis XVI et soutiennent notamment l'entrée en guerre de la France contre l'Autriche ().
Après la crise du 10 août et l'arrestation de Louis XVI, ils constituent de nouveau une tendance importante dans la nouvelle assemblée, la Convention nationale (-). Ils sont en butte à l'hostilité d'un groupe plus radical, la Montagne, soutenu par la Commune de Paris issue de l'insurrection, qui représente les sans-culottes parisiens. Ce conflit, dont le procès de Louis XVI est une étape importante, aboutit à la défaite politique de la Gironde () et, par la suite, à la condamnation à mort de nombre de ses députés.
Les chefs de file girondins, Brissot, Condorcet, Vergniaud, Elie Guadet, Armand Gensonné, Jean-François Ducos, Grangeneuve, Marc Lasource, Maximin Isnard, Etienne Clavière, Roland et son épouse, Manon Roland, meurent pour la plupart guillotinés sous la Terreur, à l'automne 1793. Seuls en 1794 Condorcet, en fuite, est arrêté et périt par suicide en mars tandis que Guadet est arrêté et guillotiné en juin. Un troisième, Isnard, survit aux crises de l'an II et ne décède que sous la Restauration.
À l'époque de la Révolution, les termes de « Girondins » ou « Girondistes », quoique connus, sont moins courants que ceux qui sont dérivés des noms de leurs chefs de file : « Brissotins » (en référence à Jacques Pierre Brissot), « Rolandistes » ou « Rolandins » (en référence à Jean-Marie Roland de La Platière), et « Buzotins » (en référence à François Buzot).
Le nom de « Girondins » est lié à celui du département de la Gironde, dans la mesure où, bien que minoritaires, cinq députés de ce groupe à l'Assemblée législative en étaient originaires : Vergniaud, Guadet, Gensonné, Jean-Antoine Lafargue de Grangeneuve et Ducos ; plus un sixième à la Convention Nationale, Jean-Baptiste Boyer-Fonfrède.
C'est l'ouvrage Histoire des Girondins, écrit par Lamartine, qui a participé à la popularisation du terme « Girondins » en remplacement des autres appellations.
Le terme « Girondins » s'écrit avec une majuscule, comme tous les noms des membres des partis politiques de la Révolution française,.

À l'Assemblée législative, futurs montagnards et girondins s'accordaient sur la politique coloniale : la défense réussie des droits des hommes de couleur, libres entre et par les décrets législatifs les et obtenus notamment par Brissot et Vergniaud, devenue la loi du . En , Robespierre salue cette loi en laquelle il perçoit le seul élément positif de leur politique.
Sous la Convention nationale, le fossé se creuse entre les deux groupes. Les girondins se sont violemment affrontés aux Montagnards, incarnés par les figures de Robespierre, Danton et Marat. Le procès du roi engendre des divisions entre les plus radicaux qui souhaitent la mort et d'autres députés plus hésitants. Plusieurs députés de la Gironde proposent ainsi l'appel au peuple pour statuer de la peine à accorder à Louis XVI, ce que refusent les montagnards qui y voient une manœuvre dilatoire visant à donner du crédit aux voix royalistes dans le pays.
Politiquement, les girondins sont légalistes et réticents à considérer la Convention nationale comme seule incarnation de la souveraineté nationale. Condorcet suggère un projet de Constitution dans lequel il propose de nommer les ministres au suffrage universel direct, ce qui est refusé par les montagnards.
Pour l'historien Jean-Clément Martin, les girondins incarnent une orientation de la Convention « hésitante sur le sort du roi et hostile à Marat et aux sans-culottes. Ils étaient soucieux des formes de la légalité, confiants en la représentation politique, attachés à son pouvoir centralisé, convaincus de la défense des droits naturels protecteurs des personnes et réticents envers l'expression d'une volonté générale, qu'elle soit portée par une communauté ou par un corps constitué. Cette orientation les opposerait aux montagnards et à la culture des sans-culottes assurant que des représentants, les « législateurs », peuvent incarner en eux-mêmes la volonté nationale, confondant en leurs personnes assemblées la légitimité nationale ».
En matière économique, Jean-Marie Roland se prononce pour la liberté de circulation des denrées, s'opposant ainsi à Robespierre et aux montagnards, réticents à instaurer une liberté absolue des propriétaires, bien que ces derniers soient aussi libéraux mais plus enclins à concéder des mesures d'exception en matière sociale.
L'influence des girondins était prépondérante à la Convention jusqu'à leur chute, de sorte que l'on parle parfois de « Convention girondine » pour la période allant de son ouverture, le , jusqu'en . En se fondant sur les arrestations consécutives au , et sur les décrets du rendu par Saint-Just et du rendu par Amar, l'historienne Jacqueline Chaumié estime les conventionnels girondins au nombre de 137 .
Le , les États généraux réunis depuis le à Versailles deviennent l'Assemblée nationale constituante. Des réformes importantes ont lieu sous l'impulsion du parti patriote : abolition des privilèges (4 août 1789), Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, liberté de la presse, restructuration territoriale du royaume (création des communes et des départements), réorganisation de l'Église catholique, etc.
Des tensions apparaissent, se traduisant par le phénomène de l'émigration de nombreux nobles (souvent officiers dans l'armée), notamment celle des frères de Louis XVI. Le parti patriote se divise en plusieurs courants, dont le principal est la société des Amis de la Constitution, généralement appelé Club des jacobins.
En , Louis XVI quitte clandestinement le château des Tuileries où il réside depuis , mais il est arrêté à Varennes-en-Argonne, puis ramené prisonnier à Paris, sous la surveillance de la Garde nationale. La majorité de l'Assemblée, menée par La Fayette, député et commandant en chef de la Garde nationale, décide de le maintenir sur le trône, en affirmant qu'il a été victime d'un enlèvement par des émigrés. C'est l'origine d'une crise majeure, la cassure des patriotes entre ceux qui veulent préserver la monarchie constitutionnelle (La Fayette) et ceux qui veulent passer à la république (Robespierre). Le peuple des sans-culottes parisiens est favorable à la république, d'autant plus que l'Assemblée a établi un système de suffrage censitaire qui les prive du droit de vote.
« À la fin de 1791, le parti des girondins était encore au berceau ; il ne pouvait encore figurer, dans l'Assemblée, que par Brissot, Vergniaud le meilleur orateur de la Gironde, Isnard, Armand Gensonné, Condorcet, et hors de l'Assemblée, que par Buzot, Clavière, Roland… »
Après la fuite du roi à Varennes le , les factions avancées et la majorité des jacobins signèrent le au Champ-de-Mars une pétition demandant la déchéance de Louis XVI et l'établissement d'une république en France. Cet événement qui dégénéra en tragédie (la fusillade du Champ-de-Mars) créa une scission au sein des jacobins et marqua un des tournants de la Révolution française.
À Pillnitz, le , l'empereur, chef de la maison de Habsbourg, et le roi de Prusse signent une déclaration à l'attention des souverains d'Europe désignant le danger qui menace le trône de Louis XVI.
En septembre, la constitution est promulguée par le roi et l'Assemblée constituante est remplacée par l'Assemblée législative, dont les 745 députés sont élus au cours du mois de septembre. Aucun d'eux ne siégeait à la Constituante, le renouvellement du mandat ayant été expressément exclu. La première séance a lieu le .
Le principal groupe est constitué par les membres du Club des feuillants (250 députés), partisans de la défense de la monarchie constitutionnelle ; le Club des jacobins a 136 membres élus ; les autres députés sont plutôt proches des feuillants. Mais les jacobins sont bien implantés à Paris, dont le maire à partir de cette époque est Jérôme Pétion.
Parmi les jacobins, un groupe se met en avant assez vite autour de Brissot, de Condorcet et des députés du département de la Gironde Guadet, Gensonné et Vergniaud.
Il est posé dès le début de l'Assemblée législative, notamment à cause des tensions extérieures suscitées par les émigrés. Une autre source de tensions est la situation de la famille royale, qui a des liens de parenté avec plusieurs monarques européens (le roi d'Espagne est un Bourbon ; Marie-Antoinette est la sœur des empereurs Joseph II, puis Léopold II, la tante de François II).
Un des grands problèmes de cette période est lié à la menace de guerre entre la France révolutionnaire et les monarchies européennes, notamment celle de l'empereur François II, chef de la maison de Habsbourg, neveu de Marie-Antoinette, menace attisée par nombre d'émigrés appartenant généralement à des tendances contre-révolutionnaires.


Les questions de l'opportunité de la guerre sont débattues pendant plusieurs mois, d' à . L'armée des émigrés s'agitant près des frontières françaises, donne l'occasion aux girondins de mettre en pratique leur idée d'étendre le message de la Révolution aux peuples d'Europe, soumis à « l'esclavage des tyrans ». Ils portent donc le problème à l'Assemblée, le , avec un discours de Vergniaud et, le suivant avec une intervention d'Isnard. Le , l'Assemblée décrète que tous les émigrés doivent rentrer en France avant le . Dans son discours du à l'Assemblée qui ouvre le grand débat sur la guerre, le girondin Brissot déclare : « … Et nous dont les frontières sont menacées, dont les réquisitions sont rejetées, nous, hommes libres, nous balancerions. La défiance est un état affreux. Le mal est à Coblentz (…) Le pouvoir exécutif va déclarer la guerre : il fait son devoir, et vous devez le soutenir quand il fait son devoir… » Mais, dans l'immédiat, rien ne menace la France au point de se lancer dans l'aventure d'une guerre contre les puissances européennes.
Quand en , Robespierre rentre à Paris, venant d'Arras, il n'est plus député mais demeure l'une des principales figures des jacobins, dont il a assuré la cohésion au moment de la scission des feuillants le . (Après les élections législatives, le 1er octobre suivant, le Club très réduit à la suite de ces défections, recevra l'afflux de nouveaux députés, notamment ceux de la future Gironde). Robespierre est élu à la présidence des jacobins le .
Dans un premier temps, Robespierre se prononce pour la guerre, au contraire de Billaud-Varenne. Puis, modifiant sa position, il s'oppose nettement à Brissot dans plusieurs discours.
Entre la France révolutionnaire et l’Europe dynastique, la guerre paraît inévitable ; la seule incertitude demeure alors celle de la date de son déclenchement. Robespierre, le , au club des jacobins, dans un nouveau discours, modifie sa position et conclut : « La guerre est le plus grand fléau qui puisse menacer la liberté dans les circonstances où nous sommes ». Mais en ces mois décisifs qui suivront, il ne fera aucune contre-proposition à la guerre, et à ce sujet les jacobins sont très divisés.
Les partisans de la guerre semblent l’emporter. Pourtant dans ses différents discours aux jacobins, Robespierre se montre à ce moment très réaliste sur les conséquences d’une guerre dans l’immédiat : « Domptons nos ennemis du dedans et ensuite marchons à tous les tyrans de la terre… » ou bien « La plus extravagante idée qui peut naître dans la tête d’un politique est de croire qu’il suffise à un peuple d’entrer à mains armées chez un peuple étranger, pour lui faire adopter ses lois et sa constitution. Personne n’aime les missionnaires armés… » (Extrait du discours du aux jacobins). Danton, Camille Desmoulins, Marat, Billaud-Varennes, Anthoine, Panis, Doppet, Santerre, Hébert, Sylvain Maréchal, Philibert Simond, Collot d'Herbois, Fréron, François Robert, Chabot, Bazire, Merlin de Thionville, Charlier, Dusaulchoix maintiennent le cap et suivent Robespierre dans son opposition à la guerre offensive. Couthon, jacobin et futur ami de Robespierre, écrit en revanche en : « Le plus grand nombre est pour la guerre. Et je crois que c’est ce qui convient le mieux ». Cependant, dans son discours du , appelant à la suppression totale des droits féodaux, il infléchit sa position : le combat contre les ennemis de l'intérieur et pour la radicalisation sociale doit primer sur les ennemis de l'extérieur. Le , un journal girondin, La Chronique de Paris, attaque six futurs députés montagnards jacobins, comme, selon l'auteur, agents de la cour « qui ont toujours été du parti contre la guerre » : Maximilien Robespierre, Jean-Paul Marat, Camille Desmoulins, Jean-Marie Collot d'Herbois, François Robert, Stanislas Fréron.
Le la Prusse et l'Autriche signent un traité d'alliance contre la France. L'Espagne, la Russie et la Suède rappellent leurs ambassadeurs.
Voyant alors dans la guerre le salut de la Révolution, Brissot prône la guerre contre tous ceux qui, en Europe, encouragent la résistance aux lois révolutionnaires ou n’observent pas un gage de neutralité en désarmant les émigrés. Il trouve un adversaire résolu chez Maximilien de Robespierre, ainsi que le chevalier de Pange, jeune journaliste pacifiste.
D'autre part le Roi et la Reine, convaincus que leur salut ne peut venir que de la défaite des révolutionnaires, rendent la guerre inévitable. Pour eux le salut de la monarchie passe par le recours aux princes étrangers.
Les girondins entrent dans le gouvernement de Louis XVI au mois de , alors que jusque-là, les ministres étaient issus de groupes plus modérés, notamment celui des Feuillants. Les ministres girondins sont :
Une des grandes décisions du gouvernement girondin est de donner son accord à l'entrée en guerre de la France (), aussi voulue par les monarchistes contre-révolutionnaires, pour des raisons très différentes.
Le voit le renvoi de plusieurs ministres par Louis XVI en raison de leur comportement jugé irrespectueux.
Pendant ce temps les girondins agissent et argumentent dans le sens de Brissot et des brissotins, et la presque totalité de l'Assemblée vote la guerre le . Une dizaine seulement sur 750 refuse : sept lamethistes, le trio cordelier composé de Chabot, Basire et Merlin de Thionville, ainsi que le jacobin Charlier. Déclarée au « roi de Bohême-Hongrie, » c'est-à-dire à l'empereur du Saint-Empire romain germanique (l'Autriche), la guerre comprenait aussi la Prusse qui était l'alliée de François II. Cette guerre allait durer 23 ans et entraîner toutes les nations d'Europe. Un journal jacobin les Révolutions de Paris, auquel collaborait Sylvain Maréchal, écrivait « Les guerres sont comme les fléaux, on sait quand elles commencent, on ne sait jamais quand elles finissent ». Le jour même, Condorcet doit interrompre la présentation à l'Assemblée législative de son grand projet d'instruction publique.
Les girondins ont voulu la guerre, ils ont su entraîner une grande partie de la France dans cette aventure, croyant que la guerre résoudrait les nombreux problèmes intérieurs que la Révolution a fait naître mais peut-être sans assez travailler les problèmes de fond, comme la capacité du pays à soutenir, sans alliés, un conflit contre les rois coalisés, tout en prétendant « républicaniser » l'Europe, ni même penser aux conséquences qu'un conflit pourrait avoir sur la Révolution elle-même. Il suffira des revers subis les premiers jours pour mettre les girondins en mauvaise posture à l'Assemblée.
Dès la déclaration de la guerre, Robespierre, pour qui Vergniaud ne cache pas son estime, ne diffère plus de ses adversaires que dans le choix des moyens de la conduire et apporte, dès lors qu'elle est commencée, son adhésion pleine et entière. Entre Robespierre et Brissot, le fossé s'élargit mais, même si la tension commence à monter, ils se rapprocheront à nouveau au sein des jacobins. Ce n'est pas encore la période des affrontements terribles où montagnards et girondins voudront se détruire.
Très rapidement, l'armée française, désorganisée par l'émigration ou le retrait des officiers nobles, est en situation difficile. La perspective est donc celle de la défaite militaire et de l'écrasement de la révolution.
Le le roi met son veto aux décrets votés par l'Assemblée nationale et renvoie les ministres girondins.

En représailles et afin de faire plier le roi, malgré l'interdiction de tout rassemblement, les girondins organisent une journée qu'ils veulent « pacifique » (sans violences) le 20 juin. Cette date est symbolique : c'est l'anniversaire à la fois du serment du Jeu de paume de 1789 et de la tentative de fuite du roi en 1791.
Les événements vont dépasser les limites prévues par Jérôme Pétion de Villeneuve, maire de Paris et les membres du conseil de Paris.
La manifestation reste sans résultat positif apparent, Louis XVI, malgré l'invasion des Tuileries et les pressions subies, ne revient pas sur sa décision de ne pas signer les décrets et de reprendre les ministres girondins renvoyés. Pétion sera congédié le , pour ne pas avoir su maintenir l'ordre, mais, grâce à la pression des jacobins, il retrouvera son poste dès le suivant.
Ce jour-là, et même s'ils n'ont pas voulu ces débordements, le légalisme des girondins et leur respect de la Constitution cède le pas à leur parti-pris politique.
La Montagne n'y participant pas, cet échec aura des conséquences négatives pour les girondins ; non seulement cela fera monter d'un cran l'antagonisme entre patriotes et monarchistes, en renforçant la position du roi, mais encore la manifestation du conduira les « sans culottes » des faubourgs à l'Assemblée.
Des chefs sont apparus (Santerre). Ces hommes n'oublieront pas le chemin des Tuileries ; ces patriotes, ayant pénétré dans le Palais et humilié le roi, ont compris que désormais il est possible d'en finir avec la monarchie.
L'évènement politique qui se produit ce jour-là doit être analysé en termes de rupture ; si les sections parisiennes font leur entrée dans la salle du Manège, c'est qu'elles sont en train de le faire dans la vie politique.
Les montagnards refusèrent de s’associer à la journée du 20 juin, pour certains se tenant à l'écart ou pour d'autres la trouvant prématurée, mais les évènements qui ne vont pas manquer d'apparaître, leur permettront de préparer, dès le début du mois de juillet suivant, la journée révolutionnaire du 10 août.
Même si cela n'est pas visible dans l'immédiat, les girondins sortiront affaiblis de cette journée car, par son refus de lever le veto et le calme dont il a fait preuve, le roi, aux yeux de l'opinion, paraît sortir vainqueur de l'affrontement. Girondins et montagnards se trouvent plus que jamais opposés quant à la politique à mener. Les premiers veulent freiner la Révolution, alors que les seconds, sous l'impulsion de leurs chefs, veulent au contraire la relancer.

Le , dans un discours prononcé à l'Assemblée, Vergniaud attaque violemment la monarchie, mais au moment où l'on peut croire qu'il va demander la déchéance du roi, il propose « d'arrêter la monarchie chancelante sur le penchant de l'abîme ». En fait, il conseille au roi de sauver sa couronne en rappelant des ministres patriotes. Ce même jour, il demande que la Patrie soit décrétée en danger.

Depuis leur élection à la législative, les girondins n'ont pas cessé d'attaquer la royauté afin de la déstabiliser, de la discréditer, pour en accélérer la chute. Mi-juillet, certains d'entre eux, les bordelais Gensonné, Guadet et Vergniaud sont pris d'inquiétude en voyant l'affrontement devenir inévitable. Afin de prévenir la catastrophe, ils décident de reprendre la route modérée en freinant toute action populaire dangereuse pour l'ordre social et tentent une ultime démarche pour sauver la monarchie. À partir du et à plusieurs reprises, Vergniaud et ses amis essaieront de rentrer en contact avec le roi. Mais toutes leurs tentatives se solderont par une fin de non-recevoir de la part de ce dernier. Le , Vergniaud écrira de nouveau au roi, en poursuivant, naïvement mais sans trop y croire désormais, les illusions qui ont inspiré sa conduite.
Même si la grande majorité des girondins ne participa pas à cette tentative de rapprochement avec le roi, tous redoutent cette insurrection populaire, qu'ils ont si longtemps appelée de leurs vœux. Ils décident donc d'essayer de la retarder et d'en atténuer les dégâts. Dans son discours du à l'Assemblée, Vergniaud met en garde ses collègues d'une trop grande précipitation. Le , Guadet lira à l'Assemblée la sommation au roi, rédigée par Condorcet et demandée par la Commission extraordinaire, mais sans évoquer la déchéance. Brissot, montant à la barre peu après, parlera dans le même sens. S'ils n'ont pas de mal à convaincre la majorité des élus, hostiles à la déchéance, il n'en est pas de même pour les tribunes populaires qui manifestent leur mécontentement. Les girondins perdent là la confiance des sections en se coupant des forces populaires à un moment important de la Révolution.
Robespierre lui-même a essayé de freiner les fédérés, afin de ne pas se laisser entraîner au-delà de ce qu'il souhaitait. Pendant la première moitié de juillet il réussira à s'imposer et à réclamer le respect de la Constitution. Mais le aux jacobins, il déclarera : « La principale source de nos maux est à la fois… dans le pouvoir exécutif (le roi) qui veut perdre l'État et dans la législative, qui ne veut et ne peut le sauver ». Si sa pensée a évolué, il n'est pas encore disposé à franchir le pas. Il ne se prononcera pas pour une déchéance, ni pour une insurrection.
Tous les députés girondins ont été élus et ont prêté serment, afin de maintenir les institutions, de respecter et de faire appliquer la Constitution, et pour certains, plus par légalisme que par monarchisme. Cette Constitution, acceptée par le roi le , ne pouvait subir aucune révision pendant les dix prochaines années.
Des girondins, comme Condorcet ,, Brissot, Roland, Guadet, Vergniaud, Isnard, Ducos, Buzot et Etienne Clavière, étaient des républicains convaincus et de longue date. A propos de la question coloniale, Brissot, Condorcet, Guadet, Vergniaud, Gensonné, Ducos, Lasource et un de leurs proches, Jean-Philippe Garran-Coulon, menèrent un combat résolu pour faire triompher à l'assemblée législative la cause des droits à l'égalité des Blancs et des hommes de couleur libres qui furent finalement votés le et ratifiés par le roi le grâce aux nouveaux ministres jacobins Clavière et Roland.
Chronologie des événements qui précèdent l’insurrection du 10 août.
Depuis le commencement de la guerre, la France n’a subi que des revers militaires, l’ennemi est aux frontières. La Patrie est en danger, et cela accentue la fermentation révolutionnaire. Le roi étant soupçonné de collusion avec l’ennemi, l’affrontement apparaît alors inévitable.
Le 1er août, le manifeste de Brunswick, publié à Paris, provoque un formidable sursaut révolutionnaire qui enflamme les sections, dont certaines ne reconnaissent plus Louis XVI comme roi des Français et ce dès avant cette date. Ce texte d’une rare maladresse prévoyait pour Paris des sanctions exemplaires. Louis XVI comprend tout de suite l’effet désastreux du manifeste et tente de le prévenir.
Le , celui-ci envoie un courrier au président de l'Assemblée pour essayer de se disculper, mais la lettre est mal reçue. Le mal est fait. Ce même jour, Pétion fait savoir à l’Assemblée, au nom de la Commune, que la presque totalité des sections demandent la déchéance du roi (47 sections sur 48). La déchéance tant redoutée par l’Assemblée ne peut plus être ajournée et doit être envisagée.
Le , la Commission des Vingt et un rappelle que seule l’Assemblée est habilitée à décréter la déchéance du roi. Ce même jour, Vergniaud fait annuler, par ses confrères députés, l’arrêté du dernier de la section Mauconseil comme inconstitutionnel. Dans la même journée, une délégation du faubourg Saint-Antoine, la section des Quinze-Vingts pose un ultimatum à l’Assemblée quant à la déchéance du roi, pour le à onze heures du soir. Passé ce délai, le peuple agira par lui-même.

Le , dans la Chronique de Paris, Condorcet exprime ses craintes d’une insurrection survenant alors que l’ennemi étranger est aux portes du pays. Mais il n’en continue pas moins, avec la Commission qu’il préside, à rechercher une solution à la crise, qu’il croit avoir trouvée avec le « plan Gensonné » tandis que, dans le Journal de Paris, le pacifique François de Pange critique avec véhémence le club des jacobins où « l'on admire la féconde immoralité de quelques hommes qui, chaque jour, savent offrir à notre étonnement un nouveau vice et porter l'impudence à des degrés inattendus […] Ils ont le projet d'appeler à Paris vingt mille hommes… Parisiens trop crédules, […] n'oubliez pas que les jacobins se destinent cette armée […] ».
Le , le girondin Gensonné, afin de rallier la majorité des députés, qu’il sait hostile à la déchéance, propose la suspension du roi ; ce qui a l’avantage d’éviter l’ouverture de sa succession, de respecter la Constitution et de préserver l’avenir, suivi par une invitation du peuple à former une Convention nationale. Mais le parti girondin, qui passe pour être le plus fort, n’a pas la majorité à l’Assemblée, et aura bien du mal à convaincre ses collègues de voter la suspension avant l’ultimatum posé par les sectionnaires.
Le , Pétion, responsable de l’ordre en tant que maire de Paris, quoique proche des girondins, demeure l’ami de Robespierre, à qui il demande de calmer les jacobins et de contribuer au départ des fédérés pour apaiser la capitale, afin que les députés puissent régler dans la sérénité la question de la déchéance du roi. Robespierre ne s'y oppose pas.
Le , le décret de mise en accusation de La Fayette, demandé par la Commission, présidée par Condorcet, que Robespierre et Brissot ont réclamé, est rejeté par l’Assemblée législative par 406 voix contre 224. Dès lors, il est probable que cette Assemblée étant dans sa grande majorité pour une monarchie constitutionnelle, mais aussi composée d’amis de La Fayette, n’acceptera aucune proposition de déchéance ni même de suspension. Devant ce vote, Robespierre, qui, jugeant l'Assemblée incapable de diriger les affaires publiques, a demandé la tenue de nouvelles élections le et s'est prononcé pour une réforme constitutionnelle établissant le suffrage universel, limitant les prérogatives du pouvoir royal et modifiant les rapports des représentants du peuple avec leurs commettants, ulcéré par l’aveuglement de celle-ci, ne donnera pas suite à la demande de Pétion,. Dans une lettre à Couthon, écrite le , il annonce que « la Révolution va reprendre un cours plus rapide, si elle ne s'abîme dans le despotisme militaire et dictatorial ».
Le est le jour que l’Assemblée s’est fixé pour examiner la question de la déchéance. À sept heures du soir, comme d’habitude, les députés se séparent. Ils n’ont pas pu arriver à se mettre d’accord ; ni sur la suspension, ni sur la déchéance de Louis XVI.
Le à minuit, le tocsin se met à sonner. C’est le signal convenu pour le déclenchement de l’insurrection du 10 août 1792.
Ce sont d’abord les girondins qui, pour cause de dénonciations calomnieuses, firent décréter l’arrestation de Marat par la Convention nationale le ; mais celui-ci est acquitté par le Tribunal criminel extraordinaire et regagna l’Assemblée triomphalement le .
Afin d’enquêter sur les exactions de la Commune de Paris et de veiller à la sécurité de l’Assemblée, les girondins firent nommer une Commission des Douze avec pouvoir d’arrestation.
Hébert, substitut de la Commune de Paris, fut arrêté pour les mêmes raisons que Marat — dénonciations calomnieuses et appel à la violence. La Commission des Douze fut cassée puis rétablie. Les partisans de l'exagération révolutionnaire, dans les clubs et notamment aux Cordeliers, firent appel aux sections encadrées de la force armée.


Forte de l’appui de 36 sections, la Commune organisa les journées d’émeute des 31 mai et 2 juin 1793. La Convention nationale cernée par des canons pointés sur elle que contrôlait Hanriot, chef de la garde nationale, vota sous la contrainte l’expulsion de vingt-neuf députés girondins et de deux ministres, le ministre des Affaires Étrangères Pierre Hélène Marie Tondu, connu alors sous le nom de Pierre Lebrun (le patronyme de sa mère, qu'il avait adopté pendant dix années d'exil politique à Liège entre 1781 et 1791), et le ministre des Finances, Étienne Clavière ; les girondins sont vaincus.
Peu fiers de leur capitulation du et profitant de l'indécision de la Convention nationale sur le sort des reclus, du 6 au , 75 parlementaires protestent en faisant circuler une pétition contre ce vote imposé sous la menace des armes. Ils sont restés dans l'histoire sous le nom des « 73 ». Dix d'entre eux étaient compris dans les décrets d'accusation. Lorsque, le , les signataires de la protestation furent déchus de leur mandat et décrétés d'arrestation, 16 étaient en fuite ou s'échappèrent, Garilhe fut oublié et Philippe-Delleville, absent de la séance, resta en liberté. Par conséquent, 59 de ces députés étaient effectivement arrêtés, à cette date. Dulaure fut compris sur la liste le , mais il était en fuite, Rabaut-Pommier le .
Placés en résidence surveillée, et devant l’évolution de la situation, plusieurs girondins réussirent à échapper à ce qu'ils considéraient comme un acte illégal puisque les motifs de leur arrestation ne leur avaient pas été notifiés.
Ceux qui avaient fui Paris entamèrent une campagne de protestation dans les villes où ils avaient trouvé refuge, notamment à Caen. La situation politique tournant à leur désavantage, ils se dispersèrent ; pendant quelques mois, certains trouvèrent refuge chez Madame Bouquey. Une conséquence de leur passage à Caen fut l’assassinat de Jean-Paul Marat par Charlotte Corday.
Le coup de force contre l’élite girondine fédéraliste de la Convention fut durement ressenti dans le Sud, le Sud-Ouest et l’Ouest du pays : Lyon, Bordeaux, Marseille et bien d’autres villes rompirent avec Paris dès , amorçant une véritable « révolte des provinces » pour dénoncer l’attentat politique du et l'illégalité du pouvoir en place.
Le , Amar est chargé, au nom du Comité de sûreté générale, de rédiger un acte d’accusation. Ce texte développe les évènements des dernières années. Les actes des girondins y sont déformés, dénaturés et mis en relief de manière à les accabler en les présentant comme des conspirateurs hostiles à la République ayant tenté de faire avorter la Révolution afin de rétablir la monarchie en sauvant le « tyran », n’hésitant pas à lancer le pays dans les horreurs de la guerre civile. Les girondins y apparaissent comme une « faction de traîtres liberticides » nuisibles pour la France et à la solde de l’étranger,.
Ce même jour, Amar commence par demander la fermeture des portes de la Convention pour empêcher toute sortie. Il exige ensuite que soient ajoutés au décret d'arrestation les 73 députés qui avaient protesté contre l'expulsion de leurs collègues girondins le 2 juin 1793. L'arrestation est votée sans discussion. Robespierre s'oppose alors à cette mise en accusation et parvient à convaincre la Convention d'épargner ces 73 députés, déclarant : « La Convention nationale ne doit pas chercher à multiplier les coupables ». Selon l'historien Roger Dupuy, « Robespierre s'attachait ainsi la reconnaissance d'une large partie du côté droit qui lui devait sa survie. » Quelques jours auparavant, le , l'Incorruptible avait rudoyé l'Assemblée pour qu'elle renouvelle sa confiance momentanément ébranlée au Comité de salut public ; au préalable, il avait ménagé l'extrême gauche parisienne en ne s'opposant pas à la nomination de l'hébertiste Ronsin à la tête de l'armée révolutionnaire imposée par les sans-culottes des sections de Paris le . Ce faisant, Robespierre poursuit une « stratégie subtile pour maintenir l'unité des patriotes et exercer une sorte de chantage sur le côté droit, le tout lui garantissant une majorité composite contre des opposants qu'on pourrait toujours diviser pour les réduire successivement ».

Le procès des vingt-et-un députés arrêtés à Paris (particulièrement Brissot, Vergniaud, Gensonné, Viger, Lasource, etc.), qui occupa les audiences du Tribunal révolutionnaire des 24-, fut une mascarade.
Dès le début du procès, la gauche jacobine n'était pas rassurée. Elle craignait toujours l'éloquence d’un Vergniaud ou d’un Brissot, et un retournement des Parisiens, las de la guillotine, était toujours possible. Le procès fut précipité ; on fit comprendre au tribunal qu'il compromettait la liberté. Voté séance tenante, un décret fut immédiatement porté au palais de Justice ; désormais les juges n'auraient plus qu'à se déclarer « suffisamment éclairés »,.
Face à l'accusation qui les englobait tous sous un même chef d'inculpation qui, peut-être à l'exception de Brissot, leur parut infondé, ils se rebellèrent. Évacués de force hors de la salle d'audience, ils apprirent qu'ils avaient été condamnés sans avoir pu se défendre. Les comptes rendus de leur procès tels qu'ils ont été publiés par cette justice révolutionnaire, tels les Procès fameux de Desessarts sont sujets à caution et inutilisables au premier degré[réf. nécessaire].
Les 21 députés ont été condamnés à mort et guillotinés le — à l'exception de Valazé qui se suicida dans la salle après la lecture du verdict.
Charles-Henri Sanson dirigeait l'exécution avec six aides. Selon les Mémoires de Sanson, après la chute de six têtes, les paniers et la bascule de la guillotine étaient si inondés de sang qu’il ordonna à ses aides de les rincer à l’eau et de les nettoyer à l’éponge après chaque supplice.

Le procès de Mme Roland, la femme du ministre et l'égérie des girondins, s'ouvrit le . Elle était incarcérée depuis le . Ce fut un procès bâclé. Privée de défenseur, elle ne put, sans autorisation, terminer d'assurer elle-même sa défense et fut ce même jour condamnée à mort et guillotinée.
Se trouvant à Auteuil lors des journées d'émeute des 31 mai et 2 juin 1793 Condorcet commit l'erreur de critiquer la Constitution montagnarde. Le suivant, les montagnards lançaient leurs foudres contre le « théoricien de la Gironde » qui fut décrété d'arrestation. Il se cacha, mais fut reconnu et arrêté le ; conduit à la prison de Bourg-la-Reine il y fut retrouvé mort le suivant.
Avancé à la position de ministre des Affaires Étrangères à la suite de la journée du 10 août 1792 grâce au soutien de Brissot, de Dumouriez et de Roland le ministre de l'Intérieur, dont il est un des proches, sans toutefois appartenir directement au groupe des girondins, Pierre Hélène Marie Tondu, dit Lebrun est englobé dans le décret de l'Assemblée qui frappe ces derniers en , et est arrêté et consigné à son domicile rue d'Enfer, près du jardin du Luxembourg, le . Après quelques semaines de relative confusion (il ne sera remplacé comme ministre que le et continuera de gérer les affaires courantes du Ministère jusqu'à cette date) puis d'indifférence, il est pris directement comme cible le par Billaut-Varenne dans un violent réquisitoire devant la Convention en termes aussi ampoulés que fantaisistes : « Dans un moment où le peuple appelle la justice nationale sur la tête de tous les coupables, il est un homme bien criminel que vos décrets n'ont pas encore atteint ; je veux parler de l'ex-ministre Lebrun, de cet homme qui nous a brouillés avec toutes les puissances de l'Europe, de cet homme qui a eu l'impudeur d'appeler Dumouriez grand homme après sa trahison. Si la Convention avait ouvert les yeux sur les crimes de ce traître, il aurait déjà payé de sa tête toutes ses perfidies ». Il parvient à déjouer la garde dont il est l'objet quelques jours plus tard, et se cachera pendant plusieurs mois dans le voisinage, alors que sa femme, ayant déjà la charge de cinq enfants, en attend un nouveau. Dénoncé auprès de Héron, le chef de la Sûreté, il est arrêté le , incarcéré à la Conciergerie, jugé le et exécuté le , place de la Révolution (aujourd'hui, place de la Concorde).
Mais les montagnards, plus énergiques et mieux organisés, eurent tôt fait de reprendre les choses en mains. La rébellion fut sévèrement réprimée, causant de nombreuses victimes et obligeant les chefs à se suicider (Clavière, Roland) ou à s'enfuir en Gironde, où, après des mois de traque, certains sont capturés et exécutés (Grangeneuve, Barbaroux, Élie Guadet, Jean-Baptiste Salle), tandis que d'autres mettent fin à leurs jours (Buzot, Pétion).
Le , quelques fugitifs (Isnard, Lanjuinais, Louvet) et l'essentiel des « 73 » (Louis-Sébastien Mercier, Jacques-Marie Rouzet) sont réintégrés sur les bancs de la Convention nationale, suivis le par Bresson, Chasset, Defermon, Gamon, Savary et Vallée.
Dans son célèbre roman écrit quelques années avant la parution du livre de Lamartine, Alexandre Dumas révèle par l'intermédiaire des souvenirs de l'abbé Faria que le bonapartiste Noirtier de Villefort, père du substitut arriviste Gérard de Villefort, avait été « girondin sous la Révolution ».