La famille Callinet est une famille de facteurs d'orgues français implantés à Rouffach en Alsace. Les Callinet sont devenus au XIXe siècle les organiers les plus représentatifs d'Alsace après les Silbermann. De Joseph Rabiny dont ils sont les héritiers, à Louis-François Callinet, dernier représentant de cette dynastie, ils ont construit, sur un peu plus d'un siècle, quelque 150 instruments, dont environ 60 ont été, peu ou prou, conservés.


Cette dynastie débute avec Charles-Joseph Riepp et Joseph Rabiny. En effet Joseph Rabiny est le neveu du célèbre facteur d'orgue de Dijon. Après un début de carrière itinérant, très courant à l'époque, il rejoint en 1775 son oncle à Dijon pour prendre sa succession, celui-ci disparaissant le . Ayant découvert l'Alsace lors de la construction de l'orgue de la toute nouvelle église Notre-Dame de Guebwiller en 1785 et espérant y travailler plus régulièrement, il quitte Dijon en 1787, laissant l'atelier sous la responsabilité de son contremaître François Callinet, pour s'installer à Rouffach qui deviendra ainsi la terre d'adoption de toute la famille Callinet.
François Callinet (Ladoix - Rouffach ), travaille durant 10 ans à Paris où il acquiert la maîtrise du style classique français, notamment auprès d'Adrien Lépine, avant de rentrer en Bourgogne et travailler pour Joseph Rabiny. Après avoir épousé la fille-aînée de son maître, Marguerite, en 1794, afin de faire face au succès obtenu à Rouffach, il ferme l'atelier de Dijon pour rejoindre son beau-père en 1798. Ils travaillent ensemble jusqu'en 1810, aidés de 1804 à 1819 par un neveu de François: Louis Callinet.
Louis Callinet (Ladoix - Paris ) quitte Rouffach pour Paris à la mort de François, ne supportant pas de rester sous les ordres de Joseph, son cadet de 9 ans. Il va rapidement jouir à Paris d'une certaine notoriété. Après des débuts solitaires (Saint-Pierre de Chaillot 1820) et un bref passage chez François Dallery, il s'associe d'abord avec Antoine Somer, de 1821 jusqu'à sa mort en 1830 (orgue du temple de l'Oratoire du Louvre), puis, après une nouvelle période en solo (Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux 1835), il "s'associera" finalement avec André-Marie Daublaine et l'organiste Félix Danjou de 1839 à 1844. Mais son caractère pour le moins instable et surtout le scandale de la restauration avortée de l'orgue de Saint-Sulpice de Paris où, lors d'une crise de quasi démence, le , il vandalise une partie de la tuyauterie, conduisent à son éviction par ses associés. Il finira ses jours en travaillant à la journée chez Aristide Cavaillé-Coll.
À la mort de François, le , c'est son fils aîné, Joseph (Dijon - Rouffach ), âgé de 24 ans qui prend la succession de l'entreprise. Il assure également l'achèvement de l'apprentissage de son cadet Claude-Ignace (Rouffach - Vesoul ) âgé de 17 ans. En 1827, pour parfaire sa formation, Claude-Ignace quitte son frère pour aller chez son cousin Louis à Paris, puis revient à Rouffach en 1833. Pendant 10 ans, «l’association des deux frères constitue alors l’entreprise française de facture d’orgues la plus productive, organisée en ateliers spécialisés : dessinateurs, menuisiers, monteurs, tuyautiers, etc. Les “ patrons ” se réservaient les relations avec la clientèle, la coordination générale, et l’harmonie des instruments. La coordination technique était assurée par un contremaître, Jean Widor. Ce sont plus de 10 instruments qui sortent chaque année de la manufacture». Les deux frères se séparent définitivement en 1843, continuant chacun d'exercer sous leur nom propre.
La maladie contraint Joseph à laisser l'atelier de Rouffach à son contremaître François-Antoine Berger en 1855.
De son côté, après quelques années à son compte à Rouffach (orgue de l'église Saint-Austremoine d'Issoire 1870), Claude-Ignace part installer son fils Louis-François (Rouffach - vers 1890) à Vesoul en 1872; mais l'activité de ce dernier décline progressivement: agrandissement à Besançon Saint-Pierre 1875, Nods et Fréland (construction) 1877, relevage à Saint-Amarin & réparation à Mulhouse, Ste-Marie-Auxiliatrice 1879, Le Russey 1880, Pierrefontaine-les-Varans & agrandissement à Guewenheim 1882, construction à Largitzen 1884.
Sur les 150 orgues reconnus aux Callinet de Rouffach, voici, parmi les 60 existant encore de nos jours, une sélection établie d'après le site cité en lien externe et la Base Palissy des Monuments Historiques.
Il s'agit d'orgues construits sous son nom propre, mais la plus grande part de sa production l'a été sous la raison sociale Daublaine & Callinet de 1839 à 1844.


