Carlo Fea

Carlo Domenico Francesco Ignazio Fea, né à Pigna (Ligurie) le et mort à Rome le , est un archéologue, conservateur de monuments et collectionneur d'art italien. Son œuvre sur les vases étrusques fait autorité.

Biographie

Les débuts

Carlo Fea est originaire de Buggio, dans la frazione de Pigna (province d'Imperia). Il obtient un diplôme de docteur en droit à l'Université La Sapienza. Après une brève carrière de légiste, il ne tarde pas à s'intéresser à l'archéologie.

Carlo Fea identifie la statue d'un lanceur de disque, nommée le Discobole, découverte en 1781, à Rome, sur l'Esquilin, une copie romaine en marbre de la célèbre statue en bronze de Myron, aujourd'hui disparue. En 1783, il supervise la publication et les commentaires de la traduction italienne (Storia della Arti) de l'Histoire de l'art de l'Antiquité (Geschichte der Kunst des Altertums), de Johann Joachim Winckelmann, à laquelle il adjoint un essai : Sur les ruines de Rome (Sulle rovine di Roma). Il publie également quelques œuvres posthumes de l'érudit et antiquaire Giovanni Lodovico Bianconi (Description des cirques, en particulier celui de Caracalla et des jeux qui y étaient célébrés, 1789). Il publie lui-même de nombreuses œuvres, parmi lesquelles Miscellanées critiques, philologique et antiquaires (Miscellanea filologica, critica, e antiquaria), dont le premier volume paraît en 1790, et Description de Rome (Descrizione di Roma). En 1791, il entreprend des fouilles à Ardea, qui marquent le début de sa carrière d'archéologue.

Dans le but d'obtenir de meilleures opportunités pour ses recherches, il entre dans les ordres en 1798. Nonobstant, dans ses écrits, il ne se présente jamais comme abbé, mais comme avocat.

La période napoléonienne

Pour des raisons politiques, il doit se réfugier à Florence lors de la conquête de Rome par Napoléon Bonaparte. À son retour, en 1799, il est emprisonné, sur l'accusation de jacobinisme, par l'armée des Bourbons de Naples, qui occupe Rome et met fin à la République. Rapidement libéré, il est nommé, en 1800, par le pape Pie VII, commissaire des Antiquités (Commissario delle Antichità), un poste qu'il conserve jusqu'à sa mort, en 1836. En 1801, il est nommé président du Musée capitolin.

Il devient bibliothécaire du prince Chigi. Il se consacre à rationaliser la législation sur le commerce des antiquités romaines et des fouilles archéologiques. Les règles nouvelles édictées en 1802 stimulent de nouvelles fouilles des principaux monuments romains, notamment les Arcs de Constantin et Septime-Sévère et l'Amphithéâtre Flavien (Colisée). Durant le pontificat de Pie VII (1800-1823), il entreprend des fouilles au Panthéon (Rome) et au Forum romain, ainsi que dans les environs de Rome. En 1804, il travaille au Panthéon avec l'architecte et restaurateur Giuseppe Valadier (1762-1832). L'occupation napoléonienne, en 1809, met fin à sa direction du Musée capitolin. Il continue à travailler avec Valadier sur la Domus Aurea et le Temple de Vesta. L'excavation de l'arène du Colisée, en 1812, provoque des débats passionnés chez les archéologues.

Après l'ère napoléonienne

Carlo Fea continue ses fouilles après le retrait de Napoléon Ier, en 1814. Le duc Pierre Louis Jean Casimir de Blacas d’Aulps (1770-1839) l'assiste dans ses fouilles sur le Forum romain. Ensemble, ils identifient correctement le Temple de Castor et Pollux, en 1816. 1817 voit la découverte, avec l'aide du comte de Funchal, du Clivus Capitolinus et du Temple de la Concorde. Deux ans plus tard, il publie, en 1819, la Nuova descrizione de' monumenti antichi, suivie en 1832, de son étude sur les vases étrusques, Storia dei vasi fittili et, en 1836, du second volume des Miscellanea filologica. Il meurt à Rome la même année.

Le legs de Carlo Fea

Outre ses œuvres imprimées et ses découvertes lors des campagnes de fouilles qu'il entreprend pendant près d'un demi-siècle, Carlo Fea joue un rôle important comme Commissaire des antiquités, rôle que l'on peut mesurer au nombre de monuments qu'il sauve de la destruction. Il est, à ce jour (2011), celui qui a occupé ce poste le plus longtemps (36 ans). Il est le seul Italien parmi les membres fondateurs de l'Institut de correspondance archéologique (Instituto di Corrispondenza Archeologica), en 1829.

Publications

Compendio di ragioni per la illustrissima communità di Frascati (1830)
Carlo Fea.
2e édition, éd. V. Poggioli, 1823.
rééd. Nabu Press, , 25 cm × 19 cm × 0,5 cm, 200 g, (ISBN 1141759705), (ISBN 978-1141759705).

Notes et références

  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 Carlo Fea dans le Dictionary of Art Historians.
  2. ↑ Descrizione dei circhi, particolarmente di quello di Caracalla e dei giochi in esso celebrati.
  3. 1 2 3 4 5 6 7 Réédité dans Miscellanea filologica critica e antiquaria tomo II, 1836.
  4. ↑ .
  5. ↑ .
  6. ↑ .
  7. ↑ .

Annexes

Bibliographie

  • (en) Hugh Chisholm, Encyclopædia Britannica (11e éd.), Cambridge University Press, 1911, vol. 10, p. 220.
  • (en) Ronald T. Ridley, « Fèa, Carlo », dans Nancy Thomson de Grummond, Encyclopedia of the History of Classical Archaeology, Westport (Connecticut), éd. Greenwood Press, 1996, vol. 1, p. 435-4366
  • (en) Ronald T. Ridley, The pope's archaeologist: the life and times of Carlo Fea, Rome, éd. Quasar, 2000, (ISBN 88-7140-177-8).
  • (en) Luca Leoncini, « Fèa, Carlo », dans Dictionary of Art.
  • (it) Stefano Ferrari, « L’eredità culturale di Winckelmann: Carlo Fea e la seconda edizione della Storia delle Arti del Disegno presso gli Antichi », Roma moderna e contemporanea, vol. X, nos 1-2,‎ , p. 15-48.
  • (it) Stefano Ferrari, « Un’opera che fa onore al secolo sè dicente illuminato ». Carlo Fea e la riedizione della Storia delle Arti del Disegno di Winckelmann (1783-84), dans F. Mazzocca, G. Venturi, Terza settimana di studi canoviani. Antonio Canova. La cultura figurativa e letteraria dei grandi centri italiani. 1. Venezia e Roma, Bassano del Grappa, Museo Civico, 25-28 settembre 2001, Bassano del Grappa, Istituto di ricerca per gli studi su Canova e il Neoclassicismo, 2005, p. 257-280.
  • Ève Gran-Aymerich, « Fea, Carlo (1753-1836) », dans Les chercheurs de passé : 1798-1945. Aux sources de l'archéologie, Paris, CNRS éditions, , 2e éd. (1re éd. 2001), 1271 p. (ISBN 978-2-271-06538-4, lire en ligne), p. 789-790.

Liens externes