Le Carnaval de Paris est une fête populaire parisienne. Il succède à la fête des Fous, qui a prospéré du XIe siècle au XVe siècle. Il tombe en désuétude au XXe siècle après des interdictions, et connait des interruptions au sortir de la Seconde Guerre mondiale.
En 1996, l'APCP (Association pour la promotion du Carnaval de Paris) organise des actions costumées dans la rue, avec un petit bœuf roulant. Le cortège du Carnaval de Paris, Promenade du Bœuf Gras renaît en 1998. En 2009, renaît le défilé des Reines des blanchisseuses de la Mi-Carême. Entre 1904 et les années 1920, des liens existaient entre le Carnaval de Paris et des fêtes de province et de l'étranger. Les carnavals de Bagneux, Dunkerque ont été invités et ont participé au Carnaval de Paris, et, à partir de 2003, celui de Cherbourg, de villes italiennes et belges.Les carnavals de Bagneux, Dunkerque ont été invités et ont participé au Carnaval de Paris, et, à partir de 2003, celui de Cherbourg, de villes italiennes et belges.[pas clair]

En 1992, Basile Pachkoff, artiste peintre et poète, et Alain Riou, président de l'association Droit à la culture, conseiller de Paris 20e, qui délivre les autorisations de défiler dans les rues de Paris, imaginent faire renaître le Carnaval de Paris. Ils fondent avec Rafaêl Estève, l'APCP (Association pour la promotion du Carnaval de Paris) en 1994 puis la première compagnie carnavalière parisienne « Les fumantes de pantruche » en 1998.
En 2000, Catherine Poulain organise la première exposition sur la renaissance du Carnaval de Paris à la Poste du Louvre avec textes et films. Artiste et figure du Carnaval de Paris, elle crée des masques, costumes, marionnettes et chars de carnaval, des performances et des films.
Après le décès d'Alain Riou en 2004, Basile Pachkoff devient historien et organisateur du Carnaval de Paris. Alexandra Bristiel et Basile Pachkoff sont à l'initiative du défilé des Reines des blanchisseuses de la Mi-Carême en 2009.
À la mort de Basile Pachkoff en 2023, Ilham MOUHID reprend la présidence du Carnaval de Paris.

Cette fête a longtemps porté plusieurs noms. Jusqu'au XIXe siècle, en France et à Paris, le mot Carême-Prenant était utilisé à égalité avec le mot Carnaval. Il pouvait être orthographié : « Quaresmeprenant » ou « Quarêmeprenant ».
La tradition du carnaval à Paris est multiséculaire.
Nicolas de Baye écrit dans son journal, en 1411:
« Lundi, XXIIIe jour de fevrier
La Court, pour la reverence de la feste de caresme prenant qui sera demain, s'est levée devant l'eure. »
Le Carnaval de Paris a reposé sur une tradition ininterrompue des sociétés festives et carnavalesques et l'implication de certaines corporations. En 1778, un poème anonyme accompagne une gravure de la fête:
De ces sortes de mascarades,
Les Artisans font leurs plaisirs,
Il faut les voir à nos parades !
C'est là qu'ils comblent leurs désirs !
Chacun retourne à son ouvrage
Quand Mardi-gras est enterré,
Tout est mangé selon l'usage
Et l'on est toujours altéré.
Les artisans jouent un rôle important.
À Paris, au XVIIIe siècle, il existe aussi le régiment de la Calotte, très fameuse société festive d'origine aristocratique et militaire. Cette société rédige des textes comiques. Ce que feront plus tard les Badouillards, avec leur Grande Charte des Badouillards vers 1840.
Le Carnaval de Paris est traditionnellement la fête de la police de Paris, ainsi que la fête des gens du spectacle. Il y a des bals masqués dans les théâtres, une programmation spéciale en temps de carnaval, avec des pièces comiques comme La Foire Saint-Germain, de Jean-François Regnard et Dufresni, ou La mort de Mardi-Gras, de Fonpré de Fracansalle.
Au XIXe siècle, les bouchers, blanchisseuses, commerçants, étudiants s'impliquent dans l'animation du Carnaval, comme dans tous les carnavals, à Dunkerque ou au Brésil : la tradition, l'organisation et l'implication de certaines couches de la population sont essentielles pour la prospérité de la fête.
Une structure importante, au moins à partir de 1817, est représentée par les goguettes ou sociétés lyriques. Il en naît plusieurs centaines en 1818, année du retour de la paix après 26 années de conflits quasiment ininterrompus.
Les goguettes comptent chacune moins de vingt membres. Leurs réunions se tiennent chez les marchands de vin. Des gens de toutes origines les fréquentent, surtout populaires, comme des ouvriers et ouvrières parisiens. Ils se retrouvent chaque semaine le samedi soir, veille des dimanches-lundis alors chômés. Ils chantent des chansons connues, en créent de nouvelles sur des airs connus. En 1900, il existe encore au moins 90 goguettes à Paris.

Le Carnaval de Paris est populaire et apprécié dans toutes les couches de la population ; il rencontre aussi des adversaires au nom de la morale.
Le juriste et théologien calviniste Lambert Daneau publie à Paris, en 1582, un volume in-8 intitulé: « Traicté contre les Bacchanales du Mardi gras, auquel tous les chrestiens sont exhortez de s'abstenir des banquets dudict Mardi-gras, et des masques et mommeries »
La liberté momentanée de mœurs existait au Carnaval de Paris. Le goguettier Désaugiers en parle dans sa chanson V'là c' que c'est que l' carnaval, écrite entre 1800 et 1827 :
Au lever du soleil on dort,
Au lever de la lune on sort ;
L'époux, bien calme et bien fidèle,
Laisse aller sa belle
Où l'amour l'appelle :
L'un est au lit, l'autre est au bal...
V'là c' que c'est que l' carnaval.
Critiquant les femmes de Paris qui, selon lui, « se croient en droit de faire ce qu'elles veulent » et « ne s'occupent que de plaisir et de toilette », Eugène Delacroix écrit entre 1822 et 1863:
« L'adultère, qui dans le Code civil est un mot immense, n'est par le fait qu'une galanterie de bal masqué.
Les femmes ont besoin d'être contenues dans ce temps-ci : elles vont où elles veulent ; elles font ce qu'elles veulent ; elles ont trop d'autorité. Il y a plus de femmes qui outragent leurs maris que de maris qui outragent leurs femmes. »
De son côté, Jouslin de la Salle, en 1825, écrit dans sa chanson Le Carnaval :
« Nul mari ne songe à sa femme, En carnaval. »
Jusqu'au début du XXe siècle, le Carnaval de Paris dure plus longtemps que le seul Mardi gras. En 1690, dans son Dictionnaire universel, le Furetière, Antoine Furetière écrit:



Soixante-deux ans plus tard, en 1752, l’Encyclopédie confirme :
« Le tems du carnaval commence le lendemain des Rois, ou le 7 de janvier, & dure jusqu'au carême. Les bals, les festins, les mariages, se font principalement dans le carnaval. »
La période du Carnaval de Paris durait traditionnellement des mois. La Belgique et l'Allemagne le pratiquent toujours. À un moment donné, il allait de la Saint-Martin le jusqu'aux jours gras. S'ajoutait une reprise de la fête au moment du jeudi de la Mi-Carême, à mi-chemin entre Mardi Gras et lundi de Pâques.
Vers 1900, c'était un temps de réjouissances, fêtes masquées, bals et festins à Paris. Il durait plusieurs mois avec les temps forts des jours gras et de la Mi-Carême. Pâques étant une date mobile se déplaçant sur une plage de 35 jours, la date du mardi gras variait, ainsi que la durée de cette période de fêtes.
En 1903, Le Figaro appelle « le carnaval » les seuls dimanche gras, lundi gras, mardi gras.
Le Carnaval de Paris a connu une éclipse durant une quarantaine d'années, du début des années 1950 jusqu'à 1993. Il n'a pas été rejeté par les Parisiens et n'a pas été interdit. Problèmes d'organisation, problèmes politiques, rivalité entre la ville et le gouvernement français ont fait disparaître la fête.
Un grand nombre de Parisiens ignorent qu'il existait un Carnaval de Paris, avec ses personnages typiques, caractérisés par leur costume, et revenant chaque année, et ses blagues carnavalesques traditionnelles appelées « attrapes en Carnaval ». Ces dernières furent pratiquées au moins depuis le XVIIe siècle jusqu'au XIXe siècle.
Des années 1950 jusqu'à 1993, les mots « Carnaval de Paris » cessèrent d'être utilisés, sauf dans des articles spécialisés et des ouvrages scientifiques à faible diffusion. Les Parisiens pouvaient fêter à Paris « Mardi Gras ». S'ils parlaient du Carnaval, il s'agissait du Carnaval de Nice ou du Carnaval de Rio.
Le Carnaval de Paris a inspiré beaucoup d'artistes. Certains s'en sont même fait une spécialité comme le dessinateur Gavarni. Il a lancé un jour qu'il avait inventé le Carnaval, à raison de 50 francs le dessin.
Le caricaturiste Cham a illustré le Carnaval de Paris par des centaines de caricatures et des albums entiers. Gustave Doré et Honoré Daumier ont également traité le sujet.
Giuseppe Verdi a composé en 1853 un opéra dont l'action se déroule à Paris durant le Carnaval : La traviata. On y entend Largo al quadrupede, le chœur des bouchers promenant le Bœuf Gras.
Un tableau d'Édouard Manet représente le célèbre bal masqué de l'opéra. Un tableau de Claude Monet montre le Carnaval boulevard des Capucines.
Le Carnaval de Paris a été filmé par les frères Lumière et Georges Meliès. Il apparaît dans des films de fiction dont un, américain. Plusieurs de ces films ont pour sujet un personnage célèbre du Carnaval de Paris, Milord l'Arsouille :




Dans la rue, deux événements marquent le Carnaval de Paris : la promenade de masques et les cortèges.
Les masques, c'est-à-dire les personnes déguisées, se retrouvent en grand nombre, avec les curieux et admirateurs venus les voir.
Dulaure la décrit en 1787 :
« Rue Saint-Antoine, elle est fameuse pour le concours prodigieux des masques qui tous les ans, les derniers jours du carnaval, attirent un grand nombre de curieux. »
Parlant du mardi gras , le Journal des débats rapporte le lendemain :
« – Les rues Saint-Honoré, de Richelieu, et les boulevards étaient, cette après-midi, remplis d'une foule immense qui venait voir les masques, qui, cette année, n'ont pas été nombreux, mais il y avait beaucoup d'équipages brillants. »
Parlant du dimanche gras , le Journal des débats écrit :
« Aujourd'hui, par un très beau temps, les boulevards et la rue Saint-Honoré étaient parcourus dans toute leur étendue par une foule immense qui venait voir les mascarades du dimanche gras. Une double file de voitures de toute espèce circulait au pas dans ce long espace, au nombre de plusieurs milliers. »
L'affluence suscite des règlementations. Une circulaire du , aux Commissaires de police, les invite à veiller à ce qu'il n'y ait pas plus de deux personnes sur l'impériale d'une voiture conduisant des masques.
Les moments traditionnels de sorties de cortèges du Carnaval de Paris sont les jours gras, « les derniers jours du carnaval » dont parle Dulaure. Ils commencent au XVIIIe siècle le jeudi gras et finissent le mardi gras. Au XIXe siècle, ils vont se restreindre aux seuls dimanche-lundi-mardi gras. C'est le moment de la Promenade du Bœuf Gras.

Vingt-et-un jours après Mardi Gras, c'est le jeudi de la Mi-Carême. Il est aussi appelé la Fête des blanchisseuses, car c'est le jour de leur fête et du défilé de leurs reines et de la reine des blanchisseuses. À celles-ci, succèdent à partir des dernières années du XIXe siècle, les reines d'autres corporations.
Le cortège du Bœuf Gras est mentionné à Paris en 1274. Sa première description connue date de 1712. Elle apparaît dans un passage du texte d'une pièce de théâtre à écriteaux donnée à l'occasion du Carnaval : Écriteaux des fêtes parisiennes données au public par la grande troupe des danseurs de corde du Jeu de paume d'Orléans, à la foire Saint-Germain, au mois de février 1712..
Une autre description du Bœuf Gras, connue durant presque trois siècles comme la plus ancienne, date de 1739. Cette fête traditionnelle parisienne prend de l'ampleur au XIXe siècle devenant de facto la Fête de Paris, dans le cadre du Carnaval de Paris.
À Paris, vers 1860, quand un personnage illustre du monde musical ou littéraire a l'honneur de voir un des bœufs gras de la fête baptisé du nom d'une de ses œuvres, on dit qu'il est bœuf gras ou est entré à l'abattoir.
Après 1870, le cortège du Bœuf Gras disparaît durant 25 ans, à cause de l'affaire Mathurin Couder, crise interne du syndicat des bouchers parisiens qui l'organisait.
Les cortèges de reines de la Mi-Carême existent au moins depuis le XVIIIe siècle. La Mi-Carême est déjà alors la Fête des femmes de Paris.
Le cortège de la Reine de toutes les blanchisseuses de Paris existe au moins depuis 1830.
En 1891, à l'initiative de Morel, président de la Chambre Syndicale des Maîtres de Lavoirs, ces cortèges sont utilisés ou remplacés par le cortège de la Reine des Reines de Paris.
À cette occasion, les étudiants des Beaux-arts rallient la fête avec un « char du lavoir des Beaux-Arts », en chantant l'hymne de leur école : Le Pompier.
En 1893, l'ensemble des étudiants parisiens, avec leur « armée du chahut », se joint au cortège des blanchisseuses de la Mi-Carême. La participation massive des jeunes gens et jeunes filles des écoles est très appréciée ; elle se poursuit au moins jusqu'en 1946. Elle fait de la Mi-Carême la fête des étudiants parisiens. L'Association générale des étudiants de Paris-AGEP, appelée familièrement « l'A », s'y implique activement. Les étudiants sont présents en 1936 et 1946. Le Figaro rapporte comment ils se joignent au grand cortège du Bœuf Gras de la Mi-Carême du jeudi , avec leur char appelé Et voilà le printemps. Le grand cortège de la Mi-Carême du jeudi est essentiellement l'œuvre des étudiants, alliés aux Forts des Halles et soutenus par les grands journaux parisiens.
Un troisième grand cortège a existé au Carnaval de Paris, mais seulement de 1822 jusque vers 1860. Il sortait le matin du Mercredi des Cendres : la descente de la Courtille.
Les cortèges centraux du Carnaval de Paris attirent des foules énormes. Fin XIXe-début XXe siècle, on est obligé d'interrompre la circulation sur les grands boulevards durant les jours gras (dimanche, lundi et mardi gras) et le jeudi de la Mi-Carême.
Ces moments de liesse étaient favorisés par les congés. En 1932, le personnel de la Préfecture du département de la Seine bénéficie encore d'une demi-journée de congé le Mardi gras et le Jeudi de la Mi-Carême.
En , on lit dans le compte-rendu du défilé de la Mi-Carême paru dans le Journal des débats : « Sur la place de l'Hôtel-de-Ville, comme sur tous les autres points du parcours, une foule considérable, difficilement maintenue sur les terre-pleins et les trottoirs, attendait longtemps à l'avance l'arrivée du cortège. Trois vastes estrades étaient dressées devant le monument, et plus de quatre mille invités y avaient pris place. »
Le premier confetti était fait de dragées, puis de boulettes de plâtre, et enfin, en papier. Inventé en Italie, son apparition au Carnaval de Paris, en 1891, lui assura sa vogue mondiale.
Initialement chutes de papier perforé utilisé pour l'élevage du ver à soie, le premier confetti en papier était blanc. Le Monde illustré du commente ainsi un dessin figurant la bataille de confettis de la journée de la Mi-Carême 1892 :
« C'est aux bals de l'Opéra que le jeu a commencé, et par une innovation heureuse, au lieu de ces horribles bonbons de plâtre en vogue à Nice et en Italie et qui nécessitent un masque pour préserver le visage, et une housse pour garantir les costumes de leur éclaboussure, imaginez des centaines, des milliers de tout petits pains à cacheter, non collants, enfermés dans un sac, et qui, le sac ouvert, se répandent en neige voltigeante et planent dans l'air comme d'innombrables essaims de papillons blancs. »
Des journaux parisiens du début des années 1890 rapportent que le lancement du confetti dans la capitale eut lieu au Casino de Paris, en , à l'initiative de son administrateur, Monsieur Lué. Son père, ingénieur à Modane, lui avait fait parvenir les chutes de papier utilisées à cette occasion.
Le confetti en papier apparut au Carnaval de Nice vers 1892 sous le nom de confetti parisiens.
Le confetti commença à être fabriqué en France. Dès les premières années de leur apparition, la fabrication, le transport et la vente de confettis et serpentins concernent des quantités considérables. Une note, adressée, début 1896, aux compagnies de chemins de fer par le Syndicat des Marchands de papiers en gros, indique que confettis et serpentins peuvent remplir des wagons de marchandises entiers pour un poids total de cinq à huit tonnes.
Paris exportait des confettis, y compris à l'étranger. Les commandes comprenaient les couleurs souhaitées, y compris du confetti doré.


L'emploi du confetti en papier et du serpentin durant la période 1891-1914 des confettis et serpentins au Carnaval de Paris est considérable. Pour la journée de la Mi-Carême à Paris, Le Petit Journal écrit que, le place de l'Opéra : « On ne songeait qu'à se lancer des confettis par poignées ; le sol en était jonché, à ce point qu'on enfonçait dedans jusqu'aux chevilles. »
Le serpentin, apparu au Carnaval de Paris en 1892, s'est appelé à ses débuts spirale ou spirale-opéra. Dans une ordonnance de police du il est appelé : serpentin-spirale. À l'origine, on utilise les fins de bobines des bandes de signaux morse en papier. Puis ils sont fabriqués spécialement et font cinquante à deux cents mètres de long.
Admirant le Carnaval de Paris, Georges Clemenceau écrit, en 1895, dans Le Grand Pan :
« Jusqu'à deux heures du matin, dans la nuit tiède et grise, sous les fantastiques reflets de l'électricité, une foule joyeuse, aimablement riante, promenait sa belle humeur au long de nos boulevards, assourdis d'un épais tapis de haute lisse aux pointillés multicolores, entre deux rangées d'arbres follement enrubannés, festonnés, pelotés de banderoles flottantes agitant au vent tous les rayons de lumière enchevêtrées à plaisir. »
Les serpentins furent interdits dès les années 1890. Les confettis depuis 1919 jusqu'à 1932.


Le théâtre est ouvert au Carnaval de Paris. Durant les jours gras, on donne des bals masqués à la fin de la dernière représentation de la journée.
Le Ménestrel écrit, le :
Au bal du théâtre de la Renaissance, au Carnaval de Paris de 1839, le Galop des tambours est créé, composé et dirigé par Jean-Baptiste-Joseph Tolbecque, chef d'orchestre des bals du théâtre de la Renaissance. Il a un grand succès. Il est repris en 1840.
Des pièces sont écrites et jouées pour le Carnaval. En 1818, on lit à propos d'une pièce écrite et jouée pour le Carnaval : « Les Variétés ont donné une folie-carnaval pleine d'entrain et de gaité ».
La programmation est adaptée. En 1819, un chroniqueur mentionne qu'il est d'usage de ne jouer Molière à la Comédie-Française que durant les jours gras. Un temps oubliée, cette tradition est reprise plus tard.
Le théâtre influence aussi le Carnaval dans la rue. Certains personnages typiques du Carnaval de Paris, comme Robert Macaire et Bertrand, vers 1830, en sont directement inspirées.
Les théâtres parisiens sont pleins. Le , Julius écrit à ce propos dans La Revue diplomatique, faisant un jeu de mots avec la « crue de la Seine » :

Durant les festivités du Carnaval de Paris, les institutions officielles s'impliquent. Des bals masqués sont donnés au palais des Tuileries, à l'Hôtel de ville, dans les ministères.
Durant la Commune de Paris en 1871, le communard Maxime Vuillaume dort un soir au ministère de la Justice place Vendôme. Son récit autobiographique sera publié par la suite ; il se fait l'écho des bals masqués dans ce ministère :
« Un soir que j'étais resté fort tard, je ne me rappelle plus pourquoi, au ministère on m'avait préparé une chambre pour y passer la nuit. Une chambre grande comme une cathédrale, avec un lit à colonnes qui ressemblait à un autel. Sur la cheminée, des flambeaux allumés. Allais-je grimper sur ce lit ? Je saisis un des flambeaux, j'ouvre une porte, je traverse une deuxième chambre, puis une autre et une autre encore. J'ouvre une dernière porte. Suis-je halluciné ? Le flambeau oscille dans ma main. Devant moi, pendus aux murs, des personnages revêtus de costumes, étincelants ou modestes. Des seigneurs aux pourpoints brodés d’or, des femmes aux corsages plaqués de velours, de longs manteaux couleur de muraille. Tous pendus par le cou… Je m'approche… Ce sont des costumes de bal masqué… Les bals du ministre de l'Empire… J'en ris encore… Je regagnai mon lit à colonnes et ma cathédrale. »













La danse et la musique sont indissociables du Carnaval de Paris. L'Almanach du Commerce de Paris pour l'année 1827 note :
Chaque année, le Bal de l'Opéra est un événement marquant. Il apparaît en et existe encore en 1927. Il est créé par une ordonnance royale du Régent, en date du . il attire une grande foule.
Au début du XIXe siècle, la police de Paris voit dans la recette du bal de l'Opéra l'indice de la santé du Carnaval de Paris. Vers 1840, dans ce bal, Philippe Musard introduit le cancan ou « coincoin » ; cette danse « scandaleuse » fut inventée par les blanchisseuses dans leurs fêtes.
Elle se pratique alors en couple, et est provocante car les femmes portent des culottes fendues. Parlant de Jane avril et pour stigmatiser le cancan, Joyant écrit : « Elle ne se commettait pas avec les danseuses du quadrille, la Goulue, Grille d'Égout, Rayon d'Or, la môme Tonkin ou la môme Fromage[source insuffisante]. » Elle est illustrée par Toulouse-Lautrec. Une des plus célèbres interprètes de cancan, la Goulue, était la fille de la patronne d'un lavoir de Clichy. Le cancan montré au cinéma (ou son héritier touristique le french cancan), avec ses culottes fermées, diffère beaucoup de son modèle d'origine.
Pour les bals du Carnaval de Paris, des centaines de partitions sont créés au XIXe siècle. Ce sont généralement des quadrilles. Elles existent toujours, en réduction pour musique de salon, pianoforte ou piano et aussi pour musiques militaires.
Le département de la musique de la Bibliothèque nationale de France conserve des dizaines de partitions complètes pour orchestre d'Auguste Desblins. Elles ne sont plus jouées depuis cent-cinquante ans. La musique festive de danses de Paris au XIXe siècle était célèbre à l'égal des valses de Vienne.
D'autres compositeurs de musique festive de danses de Paris au XIXe siècle, sont Philippe Musard « le roi (ou le Napoléon) du quadrille », Louis-Antoine Jullien, Isaac Strauss, et des Belges : les frères Tolbecque, etc.
Dans les années 1830-1850, certains danseurs des bals du Carnaval de Paris comme Chicard, Balochard, Pritchard, la Reine Pomaré ou Céleste Mogador sont célèbres. Ils créent des sociétés festives et carnavalesques, des « chicards » et « balochards », aux côtés d'autres sociétés comme les « badouillards », « flambards » et « braillards ».
La liesse était générale dans la rue. Jean Frollo, dans Le Petit Parisien, parle des premiers orphéons au début des années 1830 : « Ils étaient la gaieté de Paris, ces libres chanteurs qui se réunissaient pour faire la conduite aux camarades pris par la conscription ou qui animaient de leurs harmonieux refrains les fêtes du carnaval parisien. »
En 1589, le Carnaval de Paris tourne à l'orgie. La nuit du mardi gras au mercredi des cendres, des Parisiens et Parisiennes défilent nus, avec actes sexuels. Arnold Van Gennep, en 1947, dans son Manuel de folklore français contemporain, écrit : « comme les romanciers l'ont observé souvent, le Carnaval, au milieu du XIXe siècle permettait à une honnête femme parisienne d'agir en fille entretenue, ou pire. »
Le Carnaval de Paris sous Louis XVI, et notamment celui de 1789, est décrit par le journal de Siméon-Prosper Hardy. En 1831, la fête et l'émeute se juxtaposent.
Le Mardi Gras 1878, l'Estudiantina espagnola, une troupe musicale espagnole composée de 64 étudiants costumés, défile dans Paris, avec guitares et tambourins, devant 600 étudiants parisiens et une foule immense.
En 1881, Romain Bigot invente à Paris un instrument de musique : le bigotphone. Il peut être pratiqué par tous. Des goguettes s'en emparent et forment des sociétés bigophoniques. La première naît en 1885. Elles seront une trentaine en région parisienne en 1898. Leur présence est remarquée au Carnaval de Paris, la presse en parle : la société bigophonique des Étourdis ou de l'Académie culinaire voit sa photo publiée dans Le Petit Journal à l'occasion d'une aubade qu'elle donne à Rosa Blanche, Reine des Reines de Paris élue pour la Mi-Carême 1906[source insuffisante].
En 1891, est lancé le confetti moderne en papier. Il est alors vendu au verre ou au kilo.
En 1892, est lancé le serpentin. Ils font alors 50 à 200 mètres de longueur sur un centimètre de largeur.
Leur usage est massif. La Seine, à la sortie des égouts de Paris, le lendemain des grandes batailles de confetti, prend l'apparence d'une « immense banquise multicolore ». Les serpentins rendent les arbres dénudés des grands boulevards « tout chevelus et multicolores ». Confetti et serpentins seront interdits à plusieurs reprises et disparaîtront.
Certaines salles de bal instituent un bal costumé, toute l'année, une fois par semaine, comme le bal du Moulin rouge.
À l'Hospice de la Salpêtrière, chaque année au moment de la Mi-Carême, existe à la fin du XIXe siècle un bal des folles, ainsi qu'un bal des enfants épileptiques. De nombreuses personnalités y assistent.
En 1896 et 1897, les artistes et les montmartrois veulent se moquer du cortège du Bœuf Gras, qui ressort en grande pompe après 25 années d'interruption. Ils organisent une Promenade de la Vache enragée ou Vachalcade. Cette fête sera sans lendemain.
Des animations sont destinées aux enfants, comme ce . Le Petit Parisien écrit :
« Beaucoup d'enfants étaient costumés en pierrettes, en marquises poudrées, en laitières et surtout en incroyables… Le bal d'enfants qui a eu lieu à l'Opéra a été très gai : on y a remarqué de très jolis travestissements… Une masse de curieux s'était portée sur la Place pour voir passer les petits déguisés : un cordon de gardiens de la paix frayait un passage aux chers enfants, qui s'en allaient au bal tout joyeux, tout pimpants !… Le succès a dépassé toute attente : il y a eu plus de six mille entrées… Du couloir des loges, le coup d'œil était féerique. Au son de l'orchestre d'Arban, les bébés dansaient, encouragés par les jeunes mères, qui se mêlaient aux rondes enfantines. Dès deux heures et demie, il était impossible de circuler… À cause de la représentation du soir, on n'avait pu livrer aux danseurs qu'une partie de la scène : au prochain bal, que l'on annonce pour la Mi-Carême, il n'en sera pas ainsi… Dans une loge, Victor Hugo, celui qui connait si bien « l'art d'être grand-père », suivait les évolutions des groupes joyeux et bruyants. »
De 1904 à 1914, le Carnaval de Paris exporte ses reines parisiennes de la Mi-Carême à Turin, Milan, Rome, Naples, Prague… Des délégations italiennes, espagnole, portugaise, suisse participent aux cortèges de la Mi-Carême, ainsi que des délégations d'autres villes françaises.
En 1905, la troupe du cirque de Buffalo Bill défile à Paris pour la Mi-Carême.
Le Carnaval de Paris prospère jusqu'en 1914. À partir de 1915, et durant toute la durée de la guerre, il sera interdit.

Le , L'Illustration publie :
« Il n'y a qu'un carnaval à Paris, mais on en tire une infinité de copies. Ce n'est plus de Venise ou de Naples que part la fusée du rire durant les jours gras. L'Europe nous emprunte jusqu'à nos contorsions et nos grimaces. Si les cris et les ohé de nos titis et de nos chicards ont échos dans toutes les bourgades du vieux continent, sommes-nous bien assurés de trouver du neuf en le demandant au nouveau monde ? Lima ou Buenos-Ayres, par exemple, n'ont-elles pas aussi dans ces jours de liesse, leurs niches éclatantes, bâties de carton peint, inondés de lumière, où se retrouvent les figures, les silhouettes et les fantaisies de nos bals masqués ? »
Dans sa nouvelle intitulée Z. Marcas, publiée en 1840, Honoré de Balzac écrit :
« Puis vint le carnaval, ce carnaval parisien qui, désormais, effacera l'ancien carnaval de Venise, et qui, dans quelques années, attirera l'Europe à Paris, si de malencontreux préfets de police ne s'y opposent. »
Son roman La Fausse Maîtresse, paru en dans le journal Le Siècle, mentionne :
« Chacun sait que depuis 1830 le carnaval a pris à Paris un développement prodigieux qui le rend européen et bien autrement burlesque, bien autrement animé que le feu carnaval de Venise. »
Le Carnaval de Paris aurait influencé le Carnaval de Rio. Spécialiste de l'histoire de ce carnaval, Felipe Ferreira, professeur de culture et arts populaires à l'Université d'État de Rio de Janeiro, l'écrit :
« L'idée de mouvement se joint au concept de diversion et influence la manière dont le Parisien occupe son temps libre (après 1830). Le carnaval de la capitale française va incorporer ce concept de déplacement dans les promenades effectuées pendant la période carnavalesque. Et c'est ainsi que se promener à pied ou en voiture sur les grands boulevards, revêtus de costumes élégants, occupera les après-midi froides du carnaval de Paris.
C'est ce modèle d'occupation festive des rues que l'élite carioca décide d'importer et d'adapter au carnaval de Rio de Janeiro. Après leur implantation, les bals masqués sortent peu à peu dans les rues sous forme de mascarades. »
Felipe Ferreira, dans son livre L'Invention du Carnaval au XIXe siècle, Paris, Nice, Rio de Janeiro, avance que les bals masqués du Carnaval de Rio ont été importés de Paris en réaction contre les vieilles traditions carnavalesques populaires lusitaniennes de l'entrudo dont la bourgeoisie carioca voulait se débarrasser. Cette importation s'est faite jusque dans les détails des costumes. La Semana Ilustrada, en date du , relève qu'au moment du Carnaval :
« Même les dénominations se francisent complètement, et les pierrots, les débardeurs, les zouaves apparaissent dans la société brésilienne comme s'ils avaient droit de cité. »
L'importation des traditions parisiennes à Rio est vue par la bourgeoisie au XIXe siècle comme un élément d'ordre et de civilisation contre le carnaval populaire traditionnel. Français présent à Rio, Richard Cortambert écrit dans L'Illustration, en , à propos du Carnaval de Rio et ses traditions :
« Pendant que les blancs s'abandonnent aux distractions mondaines, les nègres se livrent avec une sorte de furie bestiale à tous les excès de la danse. »
Les cariocas adopteront la mode des confettis en papier. Le Jornal do Commercio du rapporte :
« À 10 heures du soir une énorme masse de gens sur l'avenue Central, ont commencé avec enthousiasme à s'adonner au jeu des confetti. »
Le Carnaval de Paris influence aussi l'Amérique française. Fondée en 1710, une des premières sociétés de carnaval de Mobile (Alabama) porte le nom de : « Boeuf Gras Society ». Elle défile durant 150 ans au Mardi Gras, depuis 1711 jusqu'à 1861. En tête de son cortège, le Bœuf Gras est représenté par la tête d'un énorme taureau, poussée seule sur roues par seize hommes. Plus tard, une autre société de Carnaval, Rex, défile avec un véritable taureau, drapé de blanc.
Au Carnaval de La Nouvelle-Orléans, en 1873, dans la parade de Mardi Gras de la société Rex, un sacrificateur marche devant le Bœuf Gras, armé d'une massue. C'est inspiré de son homologue dans le cortège du Bœuf Gras parisien.
Depuis 1909, le Bœuf Gras de la société Rex défile au Carnaval de la Nouvelle Orléans, symbolisé par une figure sculptée géante sur un char.
Au XIXe siècle, la figure centrale du Carnaval de la Martinique, le Papa Diab, était un impressionnant diable rouge traînant derrière lui un bœuf de Carnaval : le Bœuf Mardi Gras.
En 1900, un cortège du Bœuf Gras, à Montréal, défile dans le bâtiment d'une grande patinoire, évoquant celui de Paris.
A. Rolet dans La Presse littéraire, le : « …jamais on n'entendit raconter dans Paris (au moment du Carnaval en 1861) plus d'histoires bouffonnes, désopilantes, incroyables sur les farces du carnaval ».
Faire du Carnaval l'occasion de récolter des fonds est une tradition. À Dunkerque et dans les villes alentour, les sociétés philanthropiques et carnavalesques récoltent des fonds via le prix d'entrée de leurs bals costumés. Des démarches similaires existaient à Paris.
Le Petit Journal, fidèle du Carnaval de Paris, reçoit des dons au moment de la fête. Ils sont mentionnés dans ses colonnes et destinés à une Caisse de secours immédiat. De l'argent est collecté sur le parcours des cortèges. Dans le compte-rendu du bal masqué de l'Opéra organisé le , Le National écrit, :
« Nous avons vu les étrangers partager ce saisissement à la vue de notre France, si riche et si belle. Un sentiment vrai se joignait au plaisir causé par ce spectacle, c'était la certitude d'un bienfait considérable, car on savait que la recette était de plus de cent mille francs. Notre France est vive, mobile mais elle est bonne, compatissante, elle fait le bien aussi volontiers qu'elle s'amuse. »







La Grande Guerre s'achève le , jour de la Saint Martin, début de la période du Carnaval. Le retour de la paix donne à Paris des allures de Mi-Carême. En certains endroits, l'Armistice est salué à coups de confettis. Les Parisiens espèrent retrouver leur Carnaval interdit quatre ans.
Le manque de charbon sert à justifier le refus de la dérogation permettant aux cafés de fermer tardivement. Il y est interdit de faire de la musique. En 1919, les ennemis du Carnaval font interdire les confettis. Ils propageraient des maladies et les ramasser coûterait trop cher. Ils continuent à être autorisés et utilisés ailleurs, par exemple, au Carnaval de Nantes ; un journaliste fait remarquer que les confettis ne rendent malades qu'à Paris.
Ces justifications apparaissent dès le XVIe siècle. Les interdictions sont prises sous divers prétextes : raisons de morale, hygiène, économies, manque d'argent, lutte contre le bruit, nécessité de ne pas troubler la circulation automobile, etc, jamais parce qu'on est contre.
Parallèlement à l'interdiction renouvelée chaque année des confetti à partir de 1919, les adversaires de la fête font maintenir l'interdiction des serpentins. En dépit des manœuvres anti-festives, dès , le cortège de la Mi-Carême défile à nouveau.
L'acharnement anti-festif ira jusqu'à la suppression des vacances des jours gras pour les enfants. Un autre argument est utilisé : y participer, se costumer, est très beau et très bien uniquement pour les enfants ; pour les adultes, c'est laid et ridicule. Ce sont des « pasquinades indignes de l'homme », selon Benjamin Gastineau, en 1855, parlant du Carnaval de Paris.
Le Carnaval connaît une disparition progressive à partir du début des années 1920. Le Comité des Fêtes de Paris est un organisme privé ; il organise la Mi-Carême depuis 1903 et fait sortir, avec peu de moyens, 500 000 Parisiens dans la rue ; il connaît une grave crise à partir de 1921.
Il n'existe pas de maire de Paris qui aurait pu soutenir la fête. Cette fonction officielle a été supprimée en 1794. Elle ne réapparaîtra qu'en 1977. Durant cette période, le préfet de la Seine est nommé par le ministre de l'Intérieur, il gère Paris, et privilégie la fête royale, impériale ou nationale, plutôt que l'expression d'une ville longtemps réputée révolutionnaire et placée sous la surveillance directe de l'État.
Dans les années 1930, les organisateurs habituels de la Mi-Carême renoncent au grand cortège annuel et ne conservent que les mondanités : réceptions à l'hôtel de ville et par la presse.
Seuls les étudiants et quelques initiatives locales continuent la tradition des défilés.
Après 1919, deux grands cortèges du Carnaval de Paris ont eu lieu :
Le , le Comité du bi-millénaire de Paris fait défiler un petit cortège du Bœuf Gras. L'opération sera répétée le , à l'initiative du Comité des Fêtes du 19e arrondissement de Paris. Puis le Bœuf Gras disparaît.
Dans les années 1950 et jusqu'en 1960, défilent des cortèges d'enfants costumés sur l'avenue des Champs-Élysée. Le nombre de participants peut atteindre plusieurs centaines. Ils sont accompagnés par un petit nombre d'adultes costumés[source insuffisante].
Le jeudi de l'Ascension , par un temps magnifique, un grand corso fleuri est organisé pour l'ouverture de la « Grande saison de Paris ». Il attire une foule énorme. L'initiative, prise en dehors de la période du Carnaval, ne sera pas renouvelée.
Le , a lieu la Fête de l'été appelée également dans la presse le Carnaval des Carnavals. Cette fête veut évoquer les Carnavals du monde. Son programme mentionne le Bœuf Gras. Les Parisiens y sont conviés en spectateurs. Le défilé a lieu sur des péniches sur la Seine. Dans le défilé, sur la péniche censée évoquer Paris, figure le bal musette où se côtoient le légionnaire et le marin[source insuffisante].
La tradition du Carnaval de Paris avec ses blanchisseuses, son Bœuf, ses costumes, ses grandes batailles de confettis, ses serpentins de 50 à 200 mètres de longueur, ses bals masqués, tombe dans l'oubli.
Les manifestations parisiennes à caractère festif des années 1980-1990 ne le feront pas revivre. Par exemple, la fête du Carnaval de Venise à Paris, qui se déroule sous les arcades et dans les jardins du Palais-Royal le mardi gras , n'y fait aucune allusion.

S'agissant des témoignages sur une fête, un Carnaval, et ici le Carnaval de Paris, on peut comparer ces deux témoignages sur la même édition du Carnaval de Paris, celle de 1844.
Le mardi gras tombait cette année-là le .
Le , Delphine de Girardin écrit :
Le , L'Illustration donne une tout autre présentation du même événement :



| Année | Dimanche Gras | Mardi Gras |
|---|---|---|
| 2007 | 18 février | 20 février |
| 2008 | 3 février | 5 février |
| 2009 | 22 février | 24 février |
| 2010 | 14 février | 16 février |
| 2011 | 6 mars | 8 mars |
| 2012 | 19 février | 21 février |
| 2013 | 10 février | 12 février |
| 2014 | 2 mars | 4 mars |
| 2015 | 15 février | 17 février |
| 2016 | 7 février | 9 février |
| 2017 | 26 février | 28 février |
| 2018 | 11 février | 13 février |
| 2019 | 3 mars | 5 mars |
| 2020 | 23 février | 25 février |
| 2021 | 14 février | 16 février |
| 2022 | 27 février | 1er mars |

Le carnaval est décrit dans le journal du libraire parisien Siméon-Prosper Hardy (1729-1806).
En , le Carnaval de Paris est interdit par les autorités. Un journal, favorable à l'interdiction, écrit, peu après la date de la fête interdite :
« Nul n'a paru penser aux mascarades, aux orgies, aux folies qui avaient lieu à pareil jour, les années précédentes. Il n'y a point eu de course de masques ni le lundi ni le mardi, et le peuple n'a pas paru les regretter. Il a senti toute l'absurdité de cette monstrueuse coutume, et il faut espérer, pour notre bonheur, qu'elle ne se reproduira plus. Ce sera encore un des fruits de la révolution. »
Un voyageur américain, Franklin James Didier écrit :
« Je ne sais pas ce que peut être le carnaval de Venise. La splendeur de celui de Paris m'a étonné. J'aime cette mascarade qui change tous les objets, renouvelle tout, et donne à une grande ville l'air d'un théâtre grotesque.
Bergères, faunes, arlequins, polichinelles, rois, sauvages et pantalons m'ont accosté plus d'une fois. Leur démarche, tantôt légère, tantôt grave, leur attitudes diverses, leur solennelle gaité et leur étrange accoutrement forceraient un philosophe de rire. J'ai vu plus d'une Diane en falbalas chercher, rue Saint-Honoré, l'Endymion de la nuit prochaine.
Le dernier jour du carnaval, le mardi gras (le 18 février 1817), on a promené dans les rues de Paris, avec une pompe vraiment triomphale, un cortège éblouissant, et une profusion de drap d'or, de broderies et de paillettes, ce bœuf vénérable, qui porte sur son dos un petit Cupidon bien portant ; ce bœuf consacré, que tous les enfants de Paris savent être le bœuf gras. »
En 1841, dans son roman La Fausse Maîtresse, Honoré de Balzac évoque le Carnaval de Paris 1838 :

« Chacun sait que depuis 1830 le carnaval a pris à Paris un développement prodigieux qui le rend européen et bien autrement burlesque, bien autrement animé que le feu carnaval de Venise. Est-ce que, les fortunes diminuant outre mesure, les Parisiens auraient inventé de s'amuser collectivement, comme avec leurs clubs ils font des salons sans maîtresses de maison, sans politesse et à bon marché ?
Quoi qu'il en soit, le mois de mars prodiguait alors ces bals où la danse, la farce, la grosse joie, le délire, les images grotesques et les railleries aiguisées par l'esprit parisien arrivent à des effets gigantesques. Cette folie avait alors, rue Saint-Honoré, son Pandémonium, et dans Musard son Napoléon, un petit homme fait exprès pour commander une musique aussi puissante que la foule en désordre, et pour conduire le galop, cette ronde du sabbat, une des gloires d'Auber, car le galop n'a eu sa forme et sa poésie que depuis le grand galop de Gustave. Cet immense final ne pourrait-il pas servir de symbole à une époque où, depuis cinquante ans, tout défile avec la rapidité d'un rêve? »

Un ouvrage anonyme illustré décrit la ville et son atmosphère :



« Paris est en carnaval : les boutiques sont closes ; à peine en est-il quelques-unes qui conservent un œil ouvert sur la rue, comme pour tenir un juste milieu entre leur intérêt et leur divertissement. Les rues s'emplissent de flâneurs, se bariolent de masques aux divers costumes, se sillonnent de voitures ; on se cherche, on s'appelle, on s'accueille au milieu des chants, des rires, et des joyeux propos. Les cabarets regorgent de buveurs qui s'animent ; — tout se mêle, se démêle, s'entremêle ; c'est un bourdonnement sourd encore, du milieu duquel percent à la fois les éclats de rire, les jurons des cochers, le choc des verres, et quelques grossièretés, prélude de la grande orgie de mots dont le boulevard sera le théâtre dans quelques instants. »
La Sylphide écrit en 1846 :
« LA MI-CARÊME. Voilà donc la mi-carême passée ! Ce jour, au milieu des folles joies, des bruyants plaisirs, le carnaval nous a fait ses suprêmes adieux pour jusqu'à l'année prochaine; car, plus heureux que les pauvres humains, le carnaval, comme le phénix, meurt pour renaître encore. Dire combien de grands et petits salons ont résonné du son des violons jeudi dernier serait impossible ; le bruit de la polka, de la mazurka, de la valse, de la contredanse, vous saisissait à votre porte et vous conduisait sans interruption jusqu'à la barrière la plus éloignée de votre quartier; à qui dansait à gauche, à qui dansait à droite ; vous marchiez entre une double haie d'harmonie. »

Des moralistes jugent cette fête comme des « pasquinades indignes de l'homme », ou estiment que l'abus de bals du Carnaval de Paris donne le cancer aux femmes et jeunes filles[source insuffisante]. Benjamin Gastineau, en 1855, condamne le Carnaval de Paris au nom de la morale :
« Non ! Quoi qu'en dise Voltaire, la vie n'est pas un jeu, une mascarade du berceau à la tombe. Les grelots qui tintent en carnaval ne renferment pas seulement du bruit et de la folie. Est-ce que les chansons bruyantes de Mardi-Gras ne finissent pas toutes par un sanglot ? Est-ce que vous n'entendez pas comme un immense cri de détresse mêlé à la gigantesque orgie de cette tour de Babel en action ? N'avez-vous pas su voir aux bals de l'Opéra et de la Courtille que ces gens-là se tortillaient comme des damnés ? et n'appellent-ils pas eux-mêmes leurs danses bacchanales, galops diaboliques, rondes infernales ?
La vérité est là. Les extravagances du carnaval attestent un spleen, un vide, un abîme incommensurable dans le cœur humain. Comme toutes les débauches, le carnaval vient de privation, de malaise. »
Le , A. Rolet, dans La Presse littéraire, décrit quelques costumes de bals masqués parisiens :
« Dans un bal d'officier ministériel, tout le monde était tenu de ne pas sortir dans son costume du règne végétal ; les musiciens eux-mêmes n'ont joué qu'à l'aide de flageolets et de chalumeaux. Trois clercs de notaire, trois jeunes efflanqués, dont la maigreur est proverbiale dans la bazoche parisienne, sont arrivés déguisés en asperges et ont eu un grand succès comme primeur. Le grandissime M. V. était déguisé en peuplier. Sa coiffure ramée servait de tête de loup ; elle a balayé toute la soirée les corniches et le plafond. Un gros président était en potiron, ses deux fils en concombre, son petit-fils en cornichon. L'esprit bien connu de cette famille a réhabilité complétement ces utiles cucurbitacées. Le demi-monde a voulu singer aussi ces drôleries carnavalesques. »
Dans Les Misérables, roman publié en 1862, Victor Hugo décrit le Carnaval de 1833, qu'il a connu.



Le Mardi Gras , et aussi les jours suivants, triomphe à Paris une Estudiantina, joyeuse troupe musicale de 64 étudiants costumés venue d'Espagne.
Elle inspire même une chanson au poète et goguettier Clairville, membre de la célèbre goguette du Caveau.
Le 7 mars 1878, Ch. Fried écrit dans Le Petit Parisien[réf. nécessaire] :
« Nous le disions bien, hier, que le carnaval n'était pas mort ! Depuis tantôt dix ans, il n'y avait pas eu autant de bruit, autant de foule, autant de mouvement. La pluie de la matinée n'y a rien fait. – Oh ! mais là, rien de rien ! – Ce qu'il y avait de monde dehors est absolument incalculable. C'était à croire qu'une notable partie de la France s'était donné rendez-vous dans les rues, sur les boulevards, places publiques et promenades de la grande ville.
À de certains moments, à de certains endroits, il était tout à fait impossible d'avancer. La foule, compacte, bouchait toutes les issues. Il fallait attendre une éclaircie. Au bout d'un instant, on se sentait porté en avant : la circulation était rétablie pour un peu de temps. Et toute cette masse de monde avançait lentement, mais sûrement, poussant, grouillant, bousculant, criant, riant, chantant. Ça a commencé dès le matin, dans le bas de la rue Montmartre. Quand, vers neuf heures, nous sommes arrivés à la hauteur de l'hôtel d'Angleterre, nous avons aperçu une véritable mer de têtes. Les badauds et les curieux d'outre-Seine avaient fait cortège aux six cents étudiants de Paris qui allaient souhaiter la bienvenue aux soixante-quatre membres de la Estudiantina espagnola. Joli coup d'œil, en vérité, que celui de cette grosse foule sympathique et gaie, qui poussait hurrah sur hurrah »
Des disparitions imaginaires sont annoncées : la parade de la descente de la Courtille existe jusqu'en 1862, elle est annoncée disparue en 1838 ; le Carnaval de Paris est annoncé disparu en 1870, etc.
L'Univers illustré s'en amuse en 1879 :
« Bal masqué à l'Opéra le jeudi de la Mi-Carême 20 mars 1879.
L'Opéra a donné jeudi dernier, jour de la Mi-Carême, le dernier des quatre bals masqués et costumés qu'il avait annoncés. Je m'imagine qu'un voyageur qui aurait quitté la France depuis vingt-cinq ans, qui n'aurait jamais lu un journal français pendant sa longue absence, et qui, revenant à Paris, verrait sur une affiche ces mots : « Bal masqué de l'Opéra » serait bien étonné.
Il y a vingt-cinq ans, en effet, ce voyageur-là avait pu entendre dire : « C'est fini, le bal de l'Opéra est mort », et c'était peut-être vrai, en ce sens que le bal de l'Opéra n'était plus à cette époque ce qu'il avait été en 1840.
Avait-il changé à son désavantage ? Je n'oserais dire oui, je n'oserais dire non, ne l'ayant point vu autrement. »

La période du Carnaval était à Paris un grand moment gastronomique. En témoignent ces deux menus. Ils ont tous les deux été publiés dans Le Figaro, l'un le dimanche , l'autre le mardi :
LE GRAND–HÔTEL





En 1896, défile un très grand cortège du Bœuf Gras. Durant les journées des dimanche-lundi et mardi gras 16, 17 et il parcourt 43 kilomètres dans Paris. Le confetti en papier et les serpentins n'existent que depuis peu.
Extrait d'un article du journal quotidien L'Éclair du :
« À la Promenade du Bœuf Gras.
Des trottoirs aux balcons, on l'attendait (le cortège du Bœuf Gras). Il pleuvait en son honneur des confetti et les fenêtres s'enguirlandaient de serpentins... Les masques à pied étaient rares ; grimés sans richesse ni esprit, ils n'allumaient pas cette folie qui est si spéciale à la Mi-Carême. Le Mardi Gras, longtemps démodé, se ressent de son ancienne déchéance. Le passage du cortège n'a pas encore tout à fait dégelé la rue. Le carnaval n'est pas dans la foule, en dépit de la familiarité heureuse des confetti qui chassent les grincheux — ces insupportables empêcheurs de s'amuser avec des ronds — et unissent fraternellement les badauds de bonne foi, les animent, les entraînent et leur font oublier pendant quelques heures l'autre carnaval — celui des méchants et des cuistres.
Il faut rendre grâce aux confetti. Nous lui devons l'allégresse de ces jours de gaie licence ; et il nous faut aussi remercier le serpentin qui étend au-dessus des têtes des volumes frémissants, qui établit des relations de fenêtre à fenêtre, qui jette un pont fragile mais suffisant pour que d'un Parisien à l'autre l'entrain voisine.
Ces légères banderoles qui enrubannent les balcons et bouclent des fanfreluches dans la chevelure des arbres, ont appelé aux croisées chacun et chacune ; des sourires s'échangent, des relations s'échafaudent, des romans naissent noués de ces faveurs si fragiles. Au bout de fils plus résistants pendent des friandises pour les petits polissons et quelquefois peut-être aussi des billets que comme par hasard arrêtent de jolies mains tendues. Le carnaval se plaît aux brèves amourettes et la familiarité devient grande, qui les autorise ainsi à l'abri de la familiarité des confetti, de la grâce des serpentins et de l'indulgence de votre majesté, prince Carnaval, enfin de retour en ce Paris qui vous pleura. »

Le jeudi de la Mi-Carême , le Bœuf Gras fait sa dernière sortie : il traverse tout Paris depuis le parc des expositions de la porte de Versailles jusqu'aux abattoirs de la Villette, en passant par le Boul'Mich, le parvis Notre-Dame, l'hôtel de ville, le Boulevard Sébastopol et la Gare de l'Est. À ce cortège se joint Et voilà le printemps, char des étudiants parisiens.






1994 – Depuis cette date le Carnaval de Paris a donné lieu à la création d'un certain nombre d'affiches




Cette liste comprend 88 chansons classées par ordre alphabétique.
Le Carnaval de Paris est l'occasion de lancer des chansons, comme à la Mi-Carême 1926. Le , on lit dans le journal Comoedia :
La même année, existait une chanson officielle du Carnaval de Nice.

Des géants et des grosses têtes ont participé et participent au Carnaval de Paris. Nombre d'entre eux sont visibles sur la base Commons de Wikipédia : Géants du Carnaval de Paris.


Le Carnaval de Paris a inspiré des poètes, écrivains, auteurs de théâtre :





Le Carnaval de Paris a aussi inspiré des compositeurs de musiques :






Comme dans d'autres carnavals, il existait traditionnellement des personnages typiques du Carnaval de Paris. Un certain nombre d'entre eux nous sont connus par la documentation conservée.

Liste non exhaustive :

Au moins 176 photos de presse de la Mi-Carême prises entre 1908 et 1934 sont consultables sur site Gallica de la BNF.
Dessinées par Auguste Lapierre vers 1850, huit plaques de verre coloriées pour lanterne magique conservées à la Cinémathèque française à Paris représentent le cortège de la Promenade du Bœuf Gras. Sur l'une figure le Bœuf Gras, et sur les sept autres divers éléments de son cortège.
Jadis parait chaque année une ordonnance de police règlementant le Carnaval de Paris. Pour une part, elle dresse a contrario un tableau intéressant d'un certain nombre de choses qui se font, ou qu'on est tenté de faire, au Carnaval de Paris. Et que les autorités éprouvent le besoin de réprimer ou tenter de réprimer.
En , voici ce que dit à propos de l'ordonnance règlementant le Carnaval de Paris la Revue municipale, contenant toutes les matières de droit commun :
Organisant la festivité et intervenant dans son Carnaval, Paris a compté des centaines de sociétés festives et carnavalesques.
L'article Liste de goguettes répertorie 710 Goguettes de Paris, des barrières et de la banlieue de Paris. L'article Liste de sociétés bigophoniques répertorie 197 goguettes organisées en sociétés bigophoniques.
Ces deux listes ne prennent pas en compte les autres genres de sociétés festives et carnavalesques parisiennes. Certaines, qui intervenaient dans le cadre du Carnaval de Paris, existent toujours, comme la société festive traditionnelle étudiante de la Faluche.


Profitant aussi des jours gras,
Le traiteur déguise ses plats,
Nous offre vinaigre en bouteille,
Ragoût de la veille,
Daube encor plus vieille.
Nous payons bien, nous soupons mal...
V'là c' que c'est que l' carnaval.
De cette saison fortunée
J'aime surtout les bons repas,
Homme, femme fraîche ou fanée,
Chacun fait bombance aux jours gras.
Même alors, plus d'une grand-mère
Se prépare un petit régal,
Et trouve le moyen de faire
Son carnaval.
Parlant du Carnaval, La Revue illustrée, qui paraît à Paris, écrit en 1906 :
« On saura s'amuser tout comme un autre, a dit le bourgeois : et Dieu sait comment il s'y prend ! Pendant le carnaval, c'est-à-dire du jeudi-gras au mercredi des cendres, ses plus chères voluptés sont celles qui le sont le moins. En première ligne, nous trouvons les beignets ; et quels beignets, grand Dieu ! (Plus loin, cet ouvrage parle des crêpes). »
Une rue de Paris était jadis nommée en l'honneur du Carnaval. Ce fait est attesté en 1652, sur le plan de Gomboust, où elle porte le nom de rue Carême-Prenant. À la même époque, le plan de Jaillot l'appelle ruelle de l'Héritier. Carême-Prenant est un synonyme du mot Carnaval largement utilisé en France jusqu'au XIXe siècle. C'est rue Carême-Prenant que se trouvait l'entrée de l'hôpital Saint-Louis, qui se dirigeait vers les Récollets.
Sur le plan de Delagrive de 1728, la rue Carême-Prenant est devenue la ruelle des Vinaigriers. C'est à présent la rue des Vinaigriers, amputée en 1946 d'une partie rebaptisée rue Jean-Poulmarch.
En région parisienne existe encore aujourd'hui une rue Carême Prenant à Argenteuil, une impasse Carême Prenant à La Courneuve et une rue du Carnaval à Crosne.
Enfant de la vieille Castille,
Jadis, voyageant par troupeau,
L'étudiant, fils de famille,
En chantant une séguedille,
S'en allait, n'ayant pour drapeau
Qu'une cuillère à son chapeau.
Sur son balcon
Au carnaval je vois Camille,
Avec sa femme et son garçon ;
Qu'il est doux quand le plaisir brille,
De voir le bœuf gras en famille,
Sur son balcon !
Lorsque viendra la mi-carême,
Je veux être, ah ! j'en ai l'espoir,
Reine du lavoir, où, quand même,
Nul chagrin ne peut m'émouvoir.
Thiers en chicard s'élançait à la danse ;
Gargantua sorti de son étui,
Il était grand, grâce à l'impertinence
De son plumet trois fois plus haut que lui.
Tu nous amusas, somme toute,
Tant que tu fus sur notre route...
Sommes-nous ingrats !
Car te voilà dans la Ténèbre,
Sans même l’oraison funèbre
Qu’on fait au Bœuf gras,