Cheval limousin

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Cheval limousin
Cheval en Limousin, lithographie de Paul Gervais, 1854
Cheval en Limousin, lithographie de Paul Gervais, 1854
Région d’origine
Région Limousin, Drapeau de la France France
Caractéristiques
Morphologie Cheval de selle
Taille 1,48 m à 1,58 m
Robe baie ou grise
Tête Longue et sèche, au profil convexe
Pieds Petits et solides
Caractère Agile et sobre
Autre
Utilisation Cavalerie légère, chasse, dressage classique, courses.

Le cheval limousin est une ancienne race de chevaux de selle, originaire de la région française du Limousin. Désormais disparu, ce cheval de luxe de taille moyenne et de type montagnard était proche du Barbe. Il est élevé au moins depuis le XIIe siècle. Il possède une grande réputation jusqu'à l'époque de la Révolution française, en particulier durant le Grand Siècle, où il remonte les armées de Louis XIV. La Guérinière et Buffon le considèrent, en leur temps, comme le meilleur cheval de France.

Très apprécié pour la chasse, il est également une excellente monture de manège, dont l'élevage est principalement aux mains de nobles, de bourgeois, puis du haras de Pompadour à partir de 1760. Ses bons services militaires entraînent de fréquentes réquisitions sous la République et le Premier Empire, en particulier pour la guerre de Vendée et les différentes guerres napoléoniennes. Cela cause une raréfaction de la race. Croisé à l'Arabe et au Pur-sang durant le XIXe siècle, puis reconverti dans les courses hippiques, le cheval limousin disparaît avant le XXe siècle, en étant remplacé par l'Anglo-arabe.

Sources

En 2006, les historienne Nicole de Blomac et Bernadette Barrière ont dirigé un ouvrage académique collectif consacré à l'élevage des chevaux dans le Limousin, et à la race du cheval limousin,,.

Contenant de nombreuses illustrations, cet ouvrage confirme aussi que le cheval limousin a eu très tôt le statut d'une race de chevaux bien définie. Dès le XVIe siècle, les spécificités du cheval limousin sont clairement identifiées, et également au XVIIIe siècle. Selon l'historien Daniel Roche, bien que ce cheval local soit antérieur à la notion de « race », il est suffisamment bien défini par différents spécialistes pour être désigné comme tel, étant forgé à la fois par le marché du cheval de selle, par la sélection à partir du cheval oriental, et pour le profit des éleveurs à partir de la demande de ses amateurs. Roche ajoute que, de toutes les régions françaises, « c'est le Limousin qui incarne le mieux le destin des chevaux de montagne et qui fait entrer leur élevage dans la légende ». Le cheval limousin acquiert en effet une réputation internationale, même à l'époque où son élevage est quantitativement réduit.

Histoire

Des herbes et des arbes se reflètent dans l'eau d'un étang.
Paysage typique du Limousin : étang, forêt et végétation.

Le Limousin est une région favorable à l'élevage, grâce à la pousse abondante de l'herbe, et malgré un climat souvent froid et rude. Celui des chevaux est surtout l'apanage des nobles. La région bénéficie d'une extension régulière de ses terrains de pâturage, ainsi que de la demande croissante des militaires et de la noblesse pour le cheval de selle.

Origine

Le cheval limousin est à la fois ancien et très réputé comme cheval de selle. La présence du cheval domestique en Limousin est possible depuis l'Antiquité, comme le prouve la stèle de la déesse Épona retrouvée à Jabreilles-les-Bordes.

L'existence de cet élevage est documentée essentiellement du Moyen Âge jusqu'au XIXe siècle. Il s'adapte aux demandes de chaque époque, son prestige n'étant quasiment jamais remis en cause. Le cheval limousin pourrait être influencé par des croisements avec les chevaux Arabe et Barbe ramenés des croisades et de l'Espagne vers le Limousin, de nombreuses sources médiévales attestant de l'arrivée de chevaux orientaux dans cette région. Toutefois, il n'existe aucune information fiable concernant les lieux dans lesquels ces animaux étaient élevés, ni pour attester la croyance populaire répandue selon laquelle ils proviennent de chevaux confisqués par Charles Martel aux armées arabes, ou récupérés après les invasions arabes (ce récit populaire est entre autres rapporté par Eugène Gayot, Alexandre-Bernard Vallon, André Sanson et Félix van der Meer).

Moyen Âge

En 506, l'évêque Ruricius de Limoges envoie une lettre à celui de Nîmes, dans laquelle il lui décrit la monture qu'il lui offre dans des termes flatteurs,. L'évêque de Nîmes lui répond que l'animal ne répond pas du tout à ses attentes. Cet échange épistolaire ne permet pas de conclure à l'existence d'un élevage dans le Limousin à l'époque. Les chroniques, cartulaires et la littérature courtoise des XIe siècle et XIIe siècle font état d'échanges de chevaux de selle de valeur, celle de la moitié d'un petit domaine. En 1063, le vicomte d'Adémar, propriétaire de l'abbaye Saint-Martial de Limoges, la cède à l'ordre de Cluny en échange, entre autres, d'un cheval d'une valeur de « mille écus ». En 1153, l'échange d'un cheval du Limousin contre cinq serfs laisse à supposer que la région fait naître des montures de luxe.

La Chanson d'Antioche, rédigée sur demande de l’évêque de Limoges à propos de la bataille d'Antioche, mentionne des destriers et chevaux intelligents, habiles et vifs. Quelques chevaux sont cités dans les biographies des troubadours du XIIIe siècle, particulièrement par Bertran de Born. Prieurés et établissements religieux du Limousin en acquièrent et en détiennent, sans doute pour le transport des moines et des marchandises. Les croisades permettent aux nobles de la région de s'emparer de chevaux turcs, à la fin du XIe siècle. Par ailleurs, les hippologues du XIXe siècle estiment que c'est à l'influence de chevaux ramenés d'Orient (et en particulier des croisades) que la race du Limousin doit son caractère et sa morphologie.

Quand arrive la fin du Moyen Âge, les chevaux du Limousin ne sont plus seulement aux mains des aristocrates, mais plutôt possédés par des bourgeois, ce qui atteste d'une extension de leur emploi. Ils restent, en revanche, absents dans les campagnes. Au XIVe siècle, un cheval limousin se vend en moyenne quatre livres et demi, avec de grandes variations de prix. Sa valeur a nettement diminué depuis le XIIe siècle, ce qui permet à des populations moins riches d'en acquérir. C'est certainement une conséquence des guerres, qui en ont développé l'élevage.

Temps modernes

Un grand nombre d'auteurs considèrent le cheval limousin, du XVIe siècle au XIXe siècle, comme le meilleur cheval de selle qui soit en France, voire supérieur aux meilleures races européennes,,. En particulier, Georges-Louis Leclerc de Buffon et l′Encyclopédie de Diderot et d'Alembert le placent au premier rang des chevaux de France, :

« Les meilleurs chevaux de selle viennent du Limousin, ils ressemblent assez aux Barbes et sont comme eux excellents pour la chasse [...]. »

— Georges-Louis Leclerc de Buffon, Histoire naturelle

Les nobles établissent plusieurs haras dans la région. Le cheval est logé dans les palais curiaux, qui servent à la fois d'écurie et de remise. Le cheval limousin obtient une haute réputation en raison de son allure distinguée et de son liant, qui en fait la monture favorite de la cour et des seigneurs. Le roi Henri IV acquiert un étalon limousin pour un prix très important, en 1603 ; né près d'Eymoutiers, il devient l'un de ses chevaux favoris. Le célèbre écuyer Antoine de Pluvinel (1555-1620) considère les chevaux du Limousin comme excellents par leur beauté et leur bonté. Jérôme de Pontchartrain ajoute que ce sont les plus beaux et plus fins chevaux de France,, un avis que rejoint le comte de Buffon. Jacques de Solleysel considère l'élevage limousin comme un modèle dans son œuvre Le parfait mareschal. Cet avis sur le cheval limousin est partagé en dehors du pays, puisque le directeur de l'école vétérinaire de Turin et l'agronome anglais Arthur Young (le ) déclarent que le Limousin est la meilleure race de chevaux de selle française, ce dernier précisant qu'il soutient la comparaison avec le Pur-sang,. Young a visité le Limousin depuis Paris et le juge comme l'une des plus belles régions de France, ce qui a pu alimenter ses réflexions.

Un jeune homme tient un cheval à la robe foncée par les rênes ; on aperçoit en arrière plan du paysage, à gauche, des maisons.
Un cheval limousin vu par Johann Elias Ridinger au XVIIIe siècle.

L'établissement des haras nationaux par Jean-Baptiste Colbert entraîne l'arrivée d'étalons étrangers dans le Limousin. En 1717, le règlement très contraignant pour les éleveurs locaux, en faveur des garde-étalons royaux, réduit l'élevage du cheval jusqu'au milieu du XVIIIe siècle. Les garde-étalons sont chargés de veiller à la qualité de l'élevage local. Au milieu du XVIIIe siècle, les trois quarts de ces chevaux appartiennent au clergé, à la noblesse ou à la bourgeoisie. Les rares paysans qui en détiennent figurent parmi les plus riches.

Le maréchal de Turenne est réputé pour avoir possédé une jument limousine nommée « La Pie », qui aurait participé à vingt batailles,. Dans les années 1760, le haras de Pompadour devient le plus grand dépôt d'étalons du Limousin. Il reçoit des Pur-sangs dès la décennie suivante, et un grand nombre d'étalons arabes qui influencent la race limousine, également croisée à des chevaux espagnols, ce qui tend à la modifier. L’état de la race est parfois jugé négativement, peut-être en raison d'essais de croisements peu réussis pour augmenter sa taille. Un éleveur limousin écrit vers 1836 que « de ces sangs différents, arabe, anglais, espagnol même, il résulta une confusion par suite de laquelle la race limousine perdit son caractère et n'eut plus sa pureté ». D'après Bourgelat (en 1770), la race a perdu ses caractères distinctifs.

Durant les vingt dernières années de l'Ancien Régime, l'élevage du cheval limousin passe sous la tutelle du Grand écuyer de France. L’action du haras de Pompadour est favorablement accueillie, et ses chevaux sont réputés excellents et très résistants,. Selon Éphrem Houël, le cheval limousin atteint son apogée à la fin du règne de Louis XV, où une centaine d'éleveurs le font naître. Durant la dernière décennie du XVIIIe siècle, la concurrence du mulet (vendu plus cher) et les troubles de la Révolution française en réduisent un peu l'élevage. La Révolution française est un désastre pour le cheval limousin. Le haras de Pompadour est fermé en 1791 et ses animaux dispersés, tandis qu'un grand nombre de bons chevaux sont réquisitionnés à partir de 1790 dans la région, pour soutenir la guerre de Vendée,. Pendant la République et le Premier Empire, le Limousin fournit de nombreux chevaux de troupe de cavalerie.

XIXe siècle : extinction du cheval limousin

Gravure représentant un homme avec un tricorne retenant un cheval noir fougueux, tandis qu'un autre personnage tient un cheval à la robe claire en arrière-plan.
Gravure d'un cheval limousin, en 1898.

Les guerres napoléoniennes entraînent une forte demande. Après 1800, la peur de nouvelles réquisitions freine l'élevage. La race conserve néanmoins son excellente réputation :

« Pas une contrée, pas un État, pas une puissance au monde n'a pu encore se flatter d'avoir une race qui égale la Limousine, tant en finesse qu'en légèreté, en tournure qu'en élégance, en vigueur qu'en durée, tant par son ensemble harmonieux que par son allure. Voilà qui doit la faire considérer par les vrais écuyers comme une des premières races de l'univers »

— Louis de Maleden, 1803-1805,,

Les éleveurs de chevaux sont toujours présents sous le Premier Empire, une enquête en l'an III révélant 6 055 juments adultes dans les trois départements du Limousin. Le Limousin reste une terre d’élevage chevalin. En 1806, avec la réouverture du haras de Pompadour viennent des tentatives pour relancer la race, par croisement avec le cheval arabe,. Cette arrivée massive du cheval arabe à Pompadour sous le Premier Empire jouera un rôle ensuite essentiel dans l'essor de l'Anglo-arabe du Limousin.

L'écuyer Charles-Alexandre Thiroux du Plessis, qui reprend la gestion du haras, énonce aussi sa volonté de conserver la race limousine « si justement estimée ». Le haras retrouve l'un de ses anciens étalons limousins, Le Derviche. Une jument limousine alezane, nommée L'Embelle, est réputée pour avoir appartenu aux écuries personnelles de Napoléon Ier de 1806 à 1814 : il lui aurait donné la préférence pour chasser à Fontainebleau,. Il monte aussi un demi-limousin, Le Roitelet, un alezan de père anglais et de mère limousine. Les chevaux de selle des écuries de Napoléon sont à prédominance limousine, basque et gasconne. Napoléon fait envoyer en Limousin des étalons arabes ramenés d’Égypte ; plus généralement, il applique la doctrine anglaise du croisement avec le cheval oriental, en limousin aussi bien qu'ailleurs. Au début du XIXe siècle, un petit groupe d'éleveurs limousins aisés, proches du pouvoir politique, parvient à faire fortune dans l'élevage équin, tandis que les autres trouvent la production des mules plus lucrative. Parallèlement, la forte demande en chevaux de cavalerie ne s'accorde pas avec les choix des garde-étalons des haras, qui privilégient le Pur-sang.

La création de courses hippiques à Pompadour à partir de 1820 est une motivation pour reprendre l'élevage. Quelques chevaux limousins comme Volage, Lucie et Vesta, vainqueurs de prix importants, se font un nom dans ce domaine. Jusque vers 1840, les étalons reproducteurs de Pompadour sont presque tous de race limousine. La popularité des courses motive des croisements avec le Pur-sang (surtout de 1834 à 1838), ce qui augmente sa taille et la rend plus rapide sur les hippodromes en modifiant considérablement sa morphologie et son caractère, notamment en réduisant sa résistance,,. D'après Alexandre-Bernard Vallon, cela rend le cheval limousin moins recherché par les services de l'armée. L'hippologue André Sanson affirme lui aussi que ces croisements donnent de mauvais résultats. Dans le reste du pays, le cheval limousin subit à partir des années 1850 la concurrence de l'Anglo-normand, plus populaire en raison de sa position de cheval à deux fins pouvant être aussi bien monté qu'attelé.

Couverture de l'ouvrage de Charles Cormier, Le cheval Berrichon et le cheval Limousin, 1905.

Plusieurs auteurs du XIXe siècle parlent de la « décadence » du cheval limousin et de son « impossible résurrection » : les éleveurs tentent d'en préserver les derniers spécimens et de les croiser. D'après Daniel Roche, il s'agit d'une tentative de défendre la réputation de ce cheval de selle davantage que d'un véritable constat de disparition. Quelques facteurs concourent néanmoins à réduire les effectifs du cheval limousin : l'engouement pour le Pur-sang et la recherche du « cheval à deux fins » pour la clientèle de luxe. L'élevage reste entre les mains de descendants d'aristocrates, qui cherchent à retrouver le prestige d'antan du cheval limousin sans y parvenir. Le haras national de Pompadour, qui avait joué un grand rôle dans la propagation et la réputation de la race, devient le théâtre d'une expérience zootechnique menée par Eugène Gayot, qui désire créer un « pur-sang français », l'Anglo-arabe,. La race limousine disparaît de son haras historique au profit de l'Anglo-arabe. Les autres éleveurs de la région croisent de plus en plus souvent leur cheptel avec le Pur-sang. D'après Pierre Joigneaux, en 1863, la race limousine a totalement disparu, constat que confirme Jean Pierre Mégnin en 1895. Au début du XXe siècle, le type historique du cheval limousin n'existe donc plus. L'expression « demi-sang limousin » désigne les animaux issus de croisements avec le Pur-sang. Les véhicules à moteurs et la disparition des cavaleries militaires tendent à faire diminuer davantage encore les effectifs. Si la race limousine véritable est considérée comme perdue, il reste des chevaux de selle dans la région du Limousin, qui sont reconvertis dans les sports équestres.

Description

Pouliche limousine dans la 5e édition de Zootechnie. Races chevalines, par paul Diffloth, 1923.

Il appartient au groupe des chevaux de montagne, très proche du cheval d'Auvergne et surtout du Barbe (entre autres selon Buffon). Tous les auteurs s'accordent pour le décrire comme un cheval particulièrement élégant. Son milieu d'élevage en a fait un animal à l’ossature fine, influencé par des croisements avec des étalons Barbe, Andalou et Arabe. Il est assez proche morphologiquement du cheval oriental.

Taille

Il est de taille moyenne. Au milieu du XVIIIe siècle et d'après les relevés du haras de Pompadour, les étalons mesurent environ 1,55 à 1,57 m. D'autres auteurs anciens affirment qu'il toise de 1,48 à 1,52 m au plus, car s'il est plus grand, son corps devient trop étroit et il perd ses aplombs.

Morphologie

C'est un cheval svelte,. La tête est longue, carrée et très fine, sèche,. Le profil du chanfrein est légèrement convexe. Les oreilles son bien plantées, terminées en croissant. L'encolure est mince, un peu rouée et dotée d'un coup de hache bien marqué. Peu fournie en crins, elle est légère et gracieuse. Le corps est arrondi et rassemblé, proche de celui du Barbe mais un peu plus étoffé,,, moins anguleux que celui de l'Arabe. Le poitrail est assez étroit. Reins et dos tendent à être longs. La poitrine est bien cylindrée, et le ventre peu volumineux. Les hanches sont saillantes et la croupe tranchante. Les membres sont très fins,, nerveux et « solides comme l'acier ». Les tendons en sont denses et secs, mais un peu grêles à l'avant dans la partie inférieure. Les jarrets sont larges, bien évidés et clos, ce qui est fréquent chez les chevaux de montagne. Les paturons sont très longs (ce qui rend ses allures en selle confortables), et terminés par de petits pieds bien conformés,,. La peau est très fine, et couverte de poils ras.

Robe

Au milieu du XVIIIe siècle, la robe des étalons limousins de Pompadour est très généralement baie, un peu plus rarement grise.

Tempérament et entretien

Gravure représentant un cheval à la robe foncée se déplaçant librement dans un paysage accidenté, des soldats à cheval en arrière-plan.
Gravure d'un cheval limousin dans le Dictionnaire d'hippiatrique et d'équitation, en 1848.

Il est réputé léger, agile et docile, solide et rustique,, adapté au combat et aux conditions de vie dans l'armée grâce à son intelligence et sa sobriété, et sûr dans les mauvais chemins. Il est obéissant, franc, intelligent et soumis à son cavalier.

Les poulains limousins du XVIIIe siècle sont séparés de leur mère à deux ans, puis placés dans des pâturages jusqu'à une remise à l'écurie, vers l'âge de 4 ans. C'est un cheval tardif, de nombreux auteurs affirmant qu'il ne faut pas le monter avant l'âge de sept ou huit ans,, sa mise en service ne pouvant se faire avant six ou sept ans. Cela en fait une race coûteuse à élever, et présente en faible quantité sur le marché du cheval de selle (probablement moins de 1 000 dans tout le Limousin en 1690). Il vit plus vieux que d'autres races et conserve l'aptitude à travailler jusqu'à un âge avancé, soit environ 25-30 ans,.

Utilisations

Lithographie d'un dragon de la garde royale montant un cheval limousin, par Carle Vernet.

Au Moyen Âge, les chevaux du Limousin servent pour la chasse au faucon et des courses sont organisées, mais rien n'atteste d'une utilisation en tournoi. Le comte de Pontchartrain précise qu'ils sont essentiellement destinés à la chasse, et aux seigneurs. Ils ne sont, en revanche, jamais employés à la traction hippomobile, car dans le Limousin, les labours sont réservés aux bœufs,. Par la suite, le cheval limousin est privilégié pour le dressage classique en manège, et comme cheval de guerre,. Il devient le cheval de selle des écuyers, des nobles et des officiers de cavalerie légère. Cet élevage s'inscrit dans un contexte de gentrification du Limousin calquée sur le modèle parisien, la nouvelle noblesse et la vieille aristocratie, la possession d'un cheval de selle et d'une écurie étant indissociables de la vie de notable en château.

Les poulains de la Haute-Vienne, surtout au XIXe siècle, sont plébiscités par les officiers de la cavalerie légère. L'arrivée des voitures hippomobiles et automobiles, puis la disparition de la cavalerie, forcent à lui trouver de nouveaux débouchés dans les courses de plat et d'obstacles, la chasse au sanglier et la chasse au loup, ainsi que les exercices militaires à l'origine des sports équestres.

Diffusion de l'élevage

Article connexe : Cheval en France.
Photo d'un château gris avec des tourelles dont le parc s'étandant à ses pieds rejoint la piste d'un hippodrome.
Le haras de Pompadour (ici, le château et une partie de la piste d'hippodrome) est historiquement le principal lieu d'élevage du cheval limousin.

Ces chevaux proviennent essentiellement de haras dans la région limousine. Les plus célèbres durant le Grand Siècle sont celui du maréchal de Turenne au milieu du XVIIe siècle, et celui du marquis Joussineau de Tourdonnet près d'Ussel, visité par Henri IV en 1598. Le haras de Pompadour fournit aussi des chevaux pour l'armée, en particulier pour les conquêtes de Louis XIV. C'est le goût pour les chevaux de selle fins qui développe cet élevage, réservé aux plus riches.

Les chevaux limousins s'échangent sur des foires qui comptent parmi les plus importantes de France,, comme celles de Châlus et de Limoges. Ce commerce n'est pas limité au Limousin : des chevaux y sont achetés pour être élevés dans l'Angoumois et le Périgord. C'est pourquoi, sans doute, certains auteurs affirment que la race se trouve également dans l'Auvergne et le Périgord. Les chevaux achetés sur ces foires locales sont ensuite revendus dans les grandes villes, par exemple à Lyon, sur la Place Bellecour, où s'organisent deux foires annuelles dès 1661. Le Limousin est ainsi l'une des rares régions françaises d'élevage de chevaux situées au sud de la Loire, avec l'Auvergne.

Néanmoins, l'ouvrage Equine Science (4e édition de 2012) classe le Limousin parmi les races de chevaux de selle peu connues au niveau international.

Au XIXe siècle, le Limousin reste l'une des principales régions d'élevage de France. Des marchands de chevaux venus du sud, du sud-ouest et de l'est viennent s'y approvisionner. La Haute-Vienne est le principal producteur. C'est d'ailleurs dans ce département que s'élèvent, d'après Alexandre-Bernard Vallon, les plus beaux représentants de la race. Ceux de la Creuse sont plus petits et moins distingués. Au début du XXe siècle, les régions d'élevage sont la Creuse, la Haute-Vienne et la Corrèze. Il n'y a qu'assez peu de chevaux par comparaison aux autres régions de France.

Dans la culture

Le cheval limousin fait partie des races de chevaux jouables dans le jeu vidéo The Legend of Khiimori, qui se déroule en Mongolie au XIIIe siècle. L'équipe de développement du jeu précise que la présence du cheval limousin en Mongolie à cette époque serait possible grâce à la Route de la soie, bien qu'il n'existe aucune preuve directe de présence de cette race en Mongolie à cette époque.

Notes et références

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Références académiques

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Références presse et web

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Annexes

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Articles connexes

Bibliographie

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Sources académiques

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