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Claire Robertine Jeanne Colinet |
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Claire Colinet, née à Saint-Gilles-lez-Bruxelles le et morte à Asnières-sur-Seine le , est une sculptrice belge et française. L'essentiel de son œuvre, réalisée à Paris dans la première partie du XXe siècle, est de style Art déco. Elle est surtout connue pour ses statues de danseuses exotiques en bronze.
Claire Robertine Jeanne Colinet est née à Saint-Gilles, le 11 avril 1885 à cinq heures du matin, au domicile de ses parents du n° 46 de la rue de Mérode. Son père était le sculpteur Jean Vincent Colinet, âgé alors de 29 ans, né à Malines et qui mourra à Saint-Gilles en 1890, et sa mère Marie Anne Baur, âgée de 37 ans, née à Juliers, en Allemagne, qui s'étaient mariés à Saint-Gilles en 1884.
Au début du XXe siècle, la presse la présente comme décorée du Chéfakat, ordre honorifique de l'Empire ottoman. Vraisemblablement, par sa mère d'origine allemande, elle était proche des très nombreux Allemands du Bosphore du début du XXe siècle. Elle fit paraître dans le Moniteur des Consulats des poésies de circonstances, dont l'une dédiée au Sultan ottoman, et une autre célébrant l'avènement du Shah de Perse Ali Shah. Cette attirance pour l'Orient ne se limita pas à sa production poétique : elle se manifestera plus tard également dans son œuvre sculptée, qui fait une place notable aux danseuses orientales, aux odalisques, et à diverses évocation de l'Orient rêvé de la Belle Époque.
En 1910, à Ixelles, elle épouse Georges Godchaux, ingénieur civil et consul honoraire, dont elle divorcera. Georges Godchaux sera massacré en Corrèze en avril 1944, victime civile d'origine juive.
À partir de 1913, Claire Colinet habite au n° 59 rue du Château à Asnières,.
En secondes noces, le à Asnières, Claire Colinet épouse l'ingénieur français André Marcel Nigron (Châtelus-Malvaleix 1897 - Asnières-sur-Seine 1964). Elle obtient la nationalité française par son mariage. Leur fille Michèle Nigron (Asnières 1923 - Colombes 2019) sera sculptrice et mannequin de haute couture.
Claire Colinet meurt en sa demeure à Asnières en 1972.
Claire Colinet étudie d'abord la sculpture en Belgique auprès de Jef Lambeaux, un sculpteur jouissant d'une grande réputation, puis en France auprès de Berthe Girardet et de Suzanne Bizard. Après son premier mariage en 1910, elle s'installe à Paris. En 1913, elle expose quelques œuvres au Salon des Artistes Français . L'année suivante, elle y reçoit une mention honorable aux côtés de Demetre Chiparus et Louis Comfort Tiffany, et elle est ensuite exposée régulièrement. En 1928, elle obtient le prix de sculpture de l'Union des femmes peintres et sculpteurs.
En 1929, elle est élue membre permanent et réalise à cette occasion la sculpture Les rêves sont des bulles de savon. De 1937 à 1940, elle expose au Salon des Indépendants à Paris et devient membre de l'Union des femmes peintres et sculpteurs. Ses œuvres ont été exposées à titre posthume au Salon de peinture et de sculpture pendant près de 30 ans.
L'œuvre de Claire Colinet s'inscrit principalement dans le style du mouvement Art déco. Ses modèles sont des odalisques, des danseuses exotiques, des jongleurs et des artistes de cabaret.
Ses sculptures, souvent d'une forte intensité dramatique, saisissent les modèles dans des poses hiératiques, au milieu de l'exécution d'un ensemble de pas de danse particulièrement compliqués, ou bien formant le point culminant d'une anecdote biblique ou historique.
Son matériau de prédilection est le bronze, qui est normalement patiné et n’est pas peint à froid. Elle y ajoute parfois des incrustations de pierres précieuses. Cependant, un certain nombre de ses plus belles pièces sont des sculptures chryséléphantines en bronze et ivoire.