Le classement X désigne dans plusieurs pays les films les plus fortement déconseillés ou interdits aux personnes les plus jeunes.
En droit français, X désigne le classement attribué aux films interdits aux moins de dix-huit ans en France, considérés comme pornographiques ou bien mettant en scène des violences. Ce classement est à différencier de la simple interdiction aux moins de 18 ans, qui n'est pas assortie des mêmes contraintes légales. Environ un millier de films ont été classés X au total.
En Espagne, un film peut être classé par l'Institut de cinématographie et des arts audiovisuels (es) comme Película X pour pornographie ou bien « apologie de la violence,. »
En 2009, le fim Saw 6 fut classé X pour apologie de la violence ; il est le seul en Espagne dans ce cas,,.
En anglais, « classer X » se dit to X-rate, « classement X », X-rating, « classé X », X-rated.
La mention X a existé mais n'était ni une marque déposée, ni une mention dont l'usage était fixé par une loi. Elle pouvait être posée sur les films par les producteurs eux-mêmes en plus de la MPAA. La Motion Picture Association of America avait repris cette appellation pour les films avec des thématiques bien plus adultes : par exemple, Macadam Cowboy, qui abordait le sujet de l'homosexualité, fut classé X et remporta plusieurs prix tels qu'un Oscar; de même, Faut-il tuer Sister George ? et Les Damnés furent classés X.
En 1974, le film The Street Fighter fut classé X uniquement pour son extrême violence.
Des films tels que RoboCop et Scarface furent classés X,,.
Les producteurs de films pornographiques attribuaient des X à leur films, allant jusqu'à placer un double voire un triple « X » pour indiquer que leur film avait un contenu sexuel bien plus important que le stade à partir duquel le film est interdit aux moins de 18 ans. Le X devint ainsi synonyme de pornographie.
En conséquence, la MPAA renonce en 1990 à utiliser cette appellation et la remplace par la mention « NC-17 » (interdit aux enfants de 17 ans ou moins), la mention la plus restrictive de leur nouvelle classification. Elle la dépose comme marque, ce qui a l'avantage de clairement recouvrir à la fois la violence et la pornographie.
Le relâchement de la censure cinématographique qui accompagne l'élection de Valéry Giscard d'Estaing à la présidence de la République voit le déferlement d'une vague de cinéma pornographique et érotique profitant de la libéralisation, le ministre de la culture Michel Guy ayant annoncé qu'il n'avaliserait plus de proposition d'interdiction totale demandée par la Commission de contrôle : en 1974, année de sortie d’Emmanuelle, sur 520 films distribués en France, 128 s'affichent comme érotiques, voire carrément pornographiques (par exemple, Exhibition de Jean-François Davy). Le gouvernement du Premier ministre Jacques Chirac, jusque-là attentiste, se range à l'idée d'une taxation, plutôt que d'une censure,,,.
Ce classement a été introduit par le décret du puis par les articles 11 et 12 de la loi du (loi de finances pour 1976). Lors des débats à l'Assemblée nationale, le député UDR du Val-de-Marne Robert-André Vivien fait à cette occasion un lapsus : « M. le ministre, durcissez votre sexe ! Euh pardon, votre texte ! »,.
Cette loi fut abrogée par l'article 9 de l'ordonnance no 2009-901 du et remplacée par l'article L311-2 du Code du cinéma et de l'image animée,.
Le classement X est attribué par le ministre de la culture sur avis de la Commission du classement des œuvres cinématographiques du CNC ; un arrêté est ensuite publié dans le Journal officiel de la République française.

Les films pornographiques ou d'incitation à la violence, plus communément appelés "films X", sont privés de toute aide sélective et automatique du CNC.
De plus, à l'origine, ces films firent l'objet d'une fiscalité alourdie,,,,, :
Cependant, dans un but de simplification fiscale, la taxe spéciale et le prélèvement spécial furent supprimés en 2019 à cause de leur faible rendement. D'autre part, le taux de luxe de la TVA ayant été abrogé en 1991, il fut remplacé, dans le cas des films X, par un passage au taux normal de TVA, contrairement aux taux plus bas des autres films,,.
Les films X sont automatiquement interdits aux mineurs de 18 ans et, dans le cas des films pornographiques, ne peuvent être diffusés que dans des salles spécialisées, qui sont également surtaxées et privées de toute aide du CNC,.
Les premiers films classés X le furent à la fin de l'année 1975.
Le marché de la pornographie s'étant déporté sur le VHS, le dernier classement X pour pornographie date de 1996 pour Elle ruisselle sous la caresse d'Alain Payet,.
Le Beverley, dernière salle spécialisée, a fermé en 2019.

Seules dix œuvres cinématographiques furent classées X pour incitation à la violence : il s'agit, dans l'ordre chronologique, de La Chasse sanglante de Peter Collinson le , Le Pervers de José María Forqué le , Le Pique Nique (court-métrage) de Gérard Bienfait le , Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper le , La Proie de l'autostop de Pasquale Festa Campanile le , Brigade antiracket de Giuseppe Vari le , Les Guerriers de la nuit de Walter Hill et Des diamants pour l'enfer de Jesús Franco le , Mad Max de George Miller le et enfin Zombie de George A. Romero le . La plupart de ces classements ont été révisés et, selon les archives du CNC, seul Le Pique-Nique est encore sous le coup d'un classement X-violence,.
Contrairement à ce qu'affirmèrent certains auteurs, les films Maniac de William Lustig et Schizophrenia de Gerald Kargl n'ont jamais fait l'objet de classements X pour violence,.
Après 1996, plusieurs films ont encore fait l'objet d'une proposition de classement X, parmi lesquels Caligula de Tinto Brass et Baise-moi de Virginie Despentes (en 2000) et Histoires de sexe(s) d'Ovidie et Jack Tyler (en 2009).
Saisie d'une demande de classement d'une version intégrale pour Caligula, la sous-commission propose le classement X-pornographique. Il n'y a aucune trace dans les archives d'un visionnage en plénière,.
Bien que la sous-commission ayant visionné Baise-moi ait proposé à l'unanimité de classer Baise-moi en X pour pornographie et incitation à la violence, l'assemblée plénière vota, à 13 contre 12, de l'interdire aux moins de 16 ans avec avertissement, l'interdiction aux mineurs de 18 ans ayant été abrogée en 1990. À la suite d'un recours de l'association Promouvoir, le Conseil d’État jugea que seul un classement X pouvait garantir que ce film ne puisse être vu par des mineurs. L'interdiction aux moins de 18 ans ayant été rétablie entre-temps, le film Baise-moi fut finalement simplement interdit aux mineurs par le ministre,.
Le classement X de Histoires de sexe(s) n'a jamais été confirmé par le ministère de la Culture, le distributeur ayant préféré retirer sa demande de visa,,,.
Cette ghettoïsation du cinéma pornographique a pour conséquence la baisse de leur diffusion dans le réseau de salles spécialisées dont le nombre passe de 200 en 1975 à 136 en 1976 et 72 en 1981.
Selon Ovidie, coréalisatrice de Histoires de sexe(s) (2009), dernier film en date pour lequel la commission de classement propose la classification X,, la loi a pour effet de ranger le cinéma pornographique dans une catégorie séparée, où la rentabilité est difficile à obtenir, et n'incitant pas à une grande créativité.
À cause des taxes élevées obérant les budgets de ces films ainsi que des contraintes légales, aucun film d'incitation à la violence n'a été diffusé dans une salle de cinéma en France,.

Le certificat X fut attribué par le British Board of Film Classification de 1951 à 1982 ; jusqu'en 1970, il signifiait que les mineurs de 16 ans ne pouvaient pas assister aux production, âge porté à 18 après cette année,.
Furent classés X les films Jules et Jim, La Fureur de vivre et Le Cuirassé Potemkine.
En 1982, pour éviter les confusions, ce certificat fut remplacé par la mention 18, indiquant que ce film était interdit aux mineurs.
« Podrán recibir esta calificación las películas que clara y manifiestamente supongan una apología de la violencia. En particular: la descripción visual detallada, reiterada o completamente acrítica de escenas de violencia extrema y daño físico grave infligido a personas de manera cruel, inhumana o degradante. »
« Les films qui font clairement et manifestement l'apologie de la violence peuvent recevoir cette qualification. En particulier : la représentation visuelle détaillée, répétée ou totalement non critique de scènes d'extrême violence et de graves atteintes physiques infligées à des personnes de manière cruelle, inhumaine ou dégradante. »
« [Ce film] dépasse les limites de ce qui peut être toléré dans le domaine de la violence et surtout de la pornographie. En l’état actuel des textes, il me paraît impossible de ne pas proposer le classement « X pornographique » »
— Commission de classification cinématographique, Avis en sous-commission du 22 mars 2001
« Ce film comporte tous les ingrédients susceptibles de justifier son classement en catégorie X : œuvre à caractère pornographique ; œuvre d'incitation à la violence. Il alterne de manière brutale et réaliste les scènes de meurtre et de relations sexuelles (auxquelles sont également associées la violence). La commission propose que ce film soit interdit aux mineurs (à l'unanimité). »
— Procès verbal de la sous-commission, 12 mai 2000
« Ce film dont l’intrigue n’est qu’un prétexte pour exposer de très nombreuses scènes à caractère manifestement pornographique relève d’une inscription sur la liste prévue à l’article 12 de la loi du 30 décembre 1975 et ne remplit aucun des critères énoncés à l’article 3-1 du décret du 23 février 1990 qui pourraient justifier qu’il échappe à cette inscription. »
— Commission de classification, Avis