Claude Ballif

Claude Ballif
Claude Ballif.
Fonction
Sociétaire de la Comédie-Française
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Claude André François BallifVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
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Maître
Genre artistique
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Distinction
Grand prix musical de la ville de Paris (1980)
Grand prix national de la musique (1999)

Claude Ballif, né le à Paris 5e et mort le à Saint-Dizier, est un compositeur français.

Biographie

Son père, officier de carrière, polytechnicien, colonel d'artillerie, sa mère issue d’une famille de maître de forge, jusqu'en 1914, Claude Ballif, né cinquième enfant d'une fratrie de dix, grandit dans un milieu cultivé, il aura pour oncle l'helléniste André-Jean Festugière.
Il commence ses études musicales avec le violon, à l’âge de six ans. Les trois écossaises de Chopin et surtout le Prélude à l'après-midi d'un faune de Debussy sont les premières œuvres qui le marquent (il les possédait en disque). À l’âge de 13 ans, il suit son père à Madagascar. Il y reste trois ans et rentre en 1940 à Bordeaux. Il s’inscrit deux ans plus tard, à 18 ans, au conservatoire : son père qui n’était pas particulièrement favorable à son choix de devenir musicien finit par l’accepter. À 24 ans, deux ans après son premier opus, "Cendres", il entre au Conservatoire national de musique de Paris où il étudie notamment avec Olivier Messiaen et Tony Aubin. Mais il ne s’y sent pas à l’aise : son caractère indépendant (qu’il conservera toute sa vie) le pousse à quitter de lui-même et sans diplôme cette institution. À 28 ans, il rencontre Fred Goldbeck, qui l'incite à demander une bourse D.A.A.D. pour achever ses études au conservatoire de Berlin : il l’obtient dans sa trentième année. Il achève pendant cette période de rédiger L’introduction à la métatonalité. Il sort à 31 ans diplômé en composition du conservatoire de Berlin, ayant suivi les cours de Boris Blacher et Josef Rufer. Il obtient la même année le premier prix de composition du concours international de Genève pour Lovecraft et son Premier quatuor à cordes. Il commence à suivre l’année suivante, et pendant trois ans, les cours d’été de Darmstadt, où il fréquente John Cage, Pierre Boulez, Luigi Nono, Luciano Berio et Karlheinz Stockhausen.

Il rencontre alors Jean Wahl et commence ses conférences au Collège philosophique pour une durée de cinq ans. En 1959 Il intègre parallèlement le Groupe de recherches musicales (GRM), dirigé par Pierre Schaeffer, où il réalise pour bandes magnétiques « Études au ressort et Points-Mouvement » et y rencontre Iannis Xenakis, François Bayle, Ivo Malec et Bernard Parmegiani. Il commence parallèlement ses premiers « Solfeggietti ». À 39 ans, il est nommé professeur d’histoire de la musique et d’analyse à l’École normale de musique. Il se marie avec Elisabeth, elle aussi fille de militaire, et quitte le GRM. Deux ans plus tard, il est nommé au conservatoire de Reims. En 1965, Hermann Scherchen créé sa pièce symphonique A Cor et à Cri au théâtre des Champs-Élysées. Il fête ses 44 ans pendant les événements de mai 68. Il rencontre cette année-là Ivan Wyschnegradsky, avec qui il va approfondir l'utilisation des micro-intervalles avec les quarts de tons et sur qui il consacre un numéro spécial de La Revue musicale. Il publie son ouvrage sur Berlioz. Il est nommé professeur d'histoire de la musique au Centre universitaire expérimental de Vincennes à Paris, où enseigne aussi son ami, le musicologue et philosophe Daniel Charles. Il quitte cet enseignement peu après.

En 1971, il est nommé à 47 ans professeur d'analyse au Conservatoire national supérieur de musique de Paris. Il obtient trois ans plus tard le prix Honegger pour sa symphonie mystique (oratorio) La vie du monde qui vient. Il commence à 52 ans, à la suite d'invitations, une série de voyages pour enseigner la composition dans les plus prestigieuses universités du monde (Harvard, Pékin…). Pour lui, l’oreille voyage et cherche un « orient » parmi sons et bruits.

À 58 ans, il est nommé professeur associé de composition au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, poste qu'il conservera jusqu’à sa retraite. À 60 ans, il est le « compositeur de l’été » du Festival estival de Paris et entame une série de séjours dans différentes villes. Il quitte le Conservatoire national supérieur de musique de Paris à 66 ans en 1990 et est invité par Joseph-François Kremer à ouvrir une classe de composition et d’analyse au conservatoire de Sevran. Il occupera ce poste pendant dix ans. À 77 ans, en 2000, il prend la direction du « département de la musique » pour le compte du gouvernement Vénézuélien et fait des séjours au Venezuela où il créera son quatrième concert symphonique pour flûte & orchestre (commande de l’Orchestre Simon Bolivar, Caracas), Un délire de dédales. Atteint d'un cancer, en 2001, il ne pourra terminer sa dernière pièce symphonique, « Au Clair de la lune bleue », créée en 2006, après sa mort en 2004. Il est enterré à Poissons dans la Haute-Marne.

Sa musique

L'écriture de Claude Ballif est le fruit d'une savante combinaison de la tonalité (au sens le plus large, comme chez Bartók par exemple) et d'une forme personnelle du sérialisme. Il appelle ce système la métatonalité, système sans esprit de système car il offre la possibilité d'utiliser et de combiner les grands systèmes harmoniques d'écriture (tonal, modal, sériel), sans pour autant que cela soit obligatoire. Ce système permet aussi l'utilisation de micro-intervalles et peut servir de méthode d'analyse très efficace.

Ballif fut pendant près de vingt ans professeur d'analyse et de composition au Conservatoire national supérieur de musique de Paris. C'est grâce à ce travail d'analyse qu'il peut comprendre et développer les différents systèmes harmoniques de la musique de tradition européenne. Sa métatonalité est une théorie qui englobe la tonalité tout en permettant une écriture sérielle. Ce n'est pas un système d'écriture atonal (Ballif disait que l'atonalité pure n'est possible qu'en théorie car en pratique, le cerveau humain cherche toujours à hiérarchiser ce qu'il perçoit d'une manière ou d'une autre). Pour lui, le mouvement nécessite, pour être compris, que l'on ait un point de repère, au moins passager : dans le système tonal, c'est la tonalité ; dans la plupart des musiques modales, c'est le bourdon ou la finale ; dans la métatonalité, c'est l'orient (une note référence). Mais la possibilité — comme chez Debussy par exemple — de « noyer » momentanément le ton (ici l'orient) est toujours présente et souvent utilisée.

Mais la métatonalité n'est pas le seul centre de sa pensée : le matériau sonore est fondamental à ses yeux. Car s'il pense sa musique de manière formelle avant de l'écrire, ce sont ses oreilles qui le guident in fine.
N'importe quel son peut alors devenir prétexte pour une musique. (voir notamment son œuvre pour percussion).

Son processus créatif se divise en deux moments : un Apollinien ou la rationalité va guider à la création d'une forme, puis un Dionysiaque ou son oreille, instrument d'une poétique sonore, remplit cette forme. Mais si la mise en forme intervient en premier il se peut très bien qu'elle se "déforme" sous l'influence de l'oreille : Ballif n'est donc pas un musicien de tableau noir mais bel et bien un musicien sensitif.

Sa vision de compositeur (dans le sens originel composer = mettre ensemble) est exposée dans son ouvrage phare : "Économie musicale "édité en première édition auprès de Méridiens-Klincksieck dans la collection "Musicologie" en 1992 que dirige Joseph-François Kremer. Il définit sa musique comme avant tout religieuse. Ses élèves le voient, après Rameau et Messiaen, comme le père d'une nouvelle génération de musiciens.

Catalogue

Catalogue des Solfeggietti :

Ses œuvres sont éditées aux Éditions musicales transatlantiques, Choudens (désormais Wise Music classical), Durand-Salabert-Eschig et Bote & Bock (Boosey & Hawkes).

Écrits

La plupart de ses écrits ont été réédités, réunis dans Écrits, vol 1 (Introduction à la métatonalité, Économie musicale et autres textes) et vol. 2 (voyage de mon oreille et autres textes), éd. Hermann, 2015.

Discographie

Jean Martin (piano) [1] ; Clara Bonaldi (violon), Sylvaine Billier (piano) [2] ; Pierre Penassou (violoncelle), Jacqueline Robin (piano) [3] Label : Arion, 1991 [ARN 68177]

Philippe Keler (piano) Label : Grave, 1997 [GRCD 5]

Aperghis et Kagel] Christophe Roy (violoncelle) Label : Grave, 2000 [GRCD 16]

Prix

Décorations

Notes et références

  1. ↑ Deutscher Akademischer Austauschdienst : office allemand d'échanges interuniversitaires.
  2. ↑ En fait, dans une œuvre, il peut utiliser une série, un ton de référence, un mode ou une échelle de base. Puis il abandonne un de ces systèmes pour l'échanger ou le combiner à un autre selon l'inspiration ou le mouvement recherché. Il peut travailler sur un seul système ou sur tous en même temps s'il le désire. C'est en ce sens que la métatonalité est un système sans esprit de système.
  3. ↑ Pour comprendre en détail sa théorie, voir L'ouverture métatonale de Michèle Tosi.
  4. ↑ Claude Ballif (1924-2004), Sonates. Orgue. Op. 14 - Claude Ballif (1924-2004) - Œuvre - Ressources de la Bibliothèque nationale de France, (lire en ligne)

Annexes

Bibliographie

  • Jacques Bergier et Louis Pauwels, « Dictionnaire des responsables. Claude Ballif, le musicien du réalisme fantastique », dans Planète (9), Paris, 1963
  • Claude Ballif, L'Habitant du labyrinthe : entretiens avec Alain Galliari, Isles-lès-Villenoy, Pro Musica, coll. « Témoignages », 1992
  • Roland de Candé, « Claude Ballif », dans Nouveau dictionnaire de la musique, Paris, Éd. du Seuil, 1988
  • Daniel Charles, « Claude Ballif », dans The Grove dictionnary of music and musicians. 2, Londres, Mc Millan, 1980, p. 847-848
  • — « De Ballif à Mallarmé », dans « Digraphe » (28), Paris, Maeght, 1982
  • — « La poétique de Claude Ballif », dans La Revue musicale (370-371), Paris, Richard Masse, 1984
  • « Claude Ballif, compositeur de l’été », dans La Revue musicale (370-371), Paris, Richard Masse, 1984
  • « Claude Ballif : essais, études, documents », dans La Revue musicale (263, spécial), Richard Masse, Paris 1968 [Charles Daniel, « Ballif le médiateur », p. 19-49 ; Maurice Fleuret, « Claude Ballif », p. 11-18]
  • « Claude Ballif », dans Carnet critique (264) [supplément au numéro spécial no 263 pour la journée de l’ARC du ], La Revue musicale, Paris, Richard Masse, 1968
  • « Claude Ballif », dans Les Cahiers du CIREM, Centre international de recherche et d'esthétique musicale (20-21), Rouen, 1991
  • Antoine Goléa, La Musique de la nuit des temps aux aurores nouvelles. 1, Leduc, Paris 1977, p. 847-848
  • Brigitte Massin, « Claude Ballif », dans Encyclopedia universalis (18), p. 159, Paris, 1974
  • Brigitte François-Sappey, « Quatre sonates pour orgue, op. 14, de Claude Ballif », dans L’Orgue : histoire, technique, esthétique, musique (154) 1975
  • Bruno Serrou, Claude Ballif : un musicien de la révélation : entretien avec Bruno Serrou, Paris, Éd. INA/Michel De Maule, collection Paroles de musicien, 2004
  • Michèle Tosi, L’Ouverture métatonale, Paris, Durand, 1992
  • Jean Wahl, « Claude Ballif ou La quête de l’éclat intérieur », dans Encyclopédie des musiques sacrées. 3, Labergie, Paris 1970, p. 158-159

Filmographie

  • Claude Ballif, film de Jacques Trebouta, réalisé pour la série télévisée de Pierre Vozlinsky « L'Homme et sa musique », Paris, Archives de l'INA, 1969

Liens externes