Claude Laporte

Claude Laporte
Image illustrative de l’article Claude Laporte
Date de naissance
Lieu de naissance Brest
Date de décès (à 57 ans)
Lieu de décès Paris
Nom de naissance Claude-Antoine-Raoul Laporte
Nationalité française
Ordre religieux Compagnie de Jésus (jusqu'en 1762)
Béatification
par Pie XI
Fête 2 septembre

Cet article est une ébauche concernant le catholicisme, la Révolution française et la Bretagne.

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Claude Laporte, né le à Brest et mort massacré le à Paris, est un prêtre jésuite français, ancien professeur puis premier vicaire de la paroisse Saint-Louis de Brest. Refusant de prêter les serments imposés au clergé pendant la Révolution française, il est arrêté en août 1792 et tué lors des Massacres de Septembre à la Prison des Carmes. Il est proclamé bienheureux par le pape Pie XI le 17 octobre 1926 parmi les Martyrs de Septembre.

Biographie

Origines et formation

Claude-Antoine-Raoul Laporte naît à Brest le 6 décembre 1734. Il est baptisé le lendemain dans l'église Saint-Louis de Brest. Il est le fils de Louis Laporte, marchand de vins et maître-perruquier, et d'Anne Macé. Il entre dans la Compagnie de Jésus et suit la formation des jésuites. Après son noviciat et ses études de philosophie, il enseigne dans plusieurs collèges de l'ordre. Il est notamment professeur au collège Louis-le-Grand à Paris.

La suppression des jésuites

À la suite des arrêts des Parlements de Rennes et de Paris supprimant la Compagnie de Jésus en France en 1762, Claude Laporte est contraint de quitter l'ordre auquel il appartenait. Il entre alors au séminaire du diocèse de Léon afin d'achever sa préparation au sacerdoce et est ordonné prêtre en 1763. Il exerce d'abord son ministère à Brest, où il est nommé en 1766 directeur de la Congrégation des artisans, association de piété héritée des congrégations mariales des jésuites. En 1770, il est agréé comme confesseur. De 1772 à 1775, il séjourne dans le diocèse de Saint-Papoul, où il prêche des retraites spirituelles. L'évêque lui confie également le vicariat de Villepinte, témoignage de la confiance dont il jouit.

Retour à Brest

Revenu à Brest en 1776, Claude Laporte est nommé aumônier des Gardes de la Marine, où il exerce pendant une dizaine d'années. En 1786, il devient prêtre sacristain de la paroisse Saint-Louis. Le 1er juin 1790, il est nommé « curé » de la paroisse, c'est-à-dire premier vicaire. La Constitution civile du clergé, votée en juillet 1790, impose aux ecclésiastiques un serment de fidélité à la Nation. Claude Laporte refuse ce serment, comme la majorité du clergé du diocèse de Léon. Après le départ en exil du recteur Olivier Le Floc'h au printemps 1791, consécutif à son refus de prêter serment à la Constitution civile du clergé, Claude Laporte assure le ministère paroissial auprès des fidèles demeurés attachés à l'Église réfractaire, tandis qu'un clergé constitutionnel est mis en place par les autorités révolutionnaires. Arrêté avec d'autres prêtres non jureurs en juin 1791, il est emprisonné puis libéré à la faveur de l'amnistie de septembre. Menacé d'une nouvelle arrestation à la fin de l'année, il quitte Brest pour Paris, où il sera arrêté l’été suivant.

Arrestation et massacres de Septembre

Après la journée du , les prêtres réfractaires sont arrêtés dans toute la France. Le 17 août 1792, Claude Laporte est arrêté à Paris en même temps que l'ancien jésuite François Le Livec et l'abbé Michel de La Gardette,. Tous trois sont conduits à la prison de La Force. Claude Laporte est ensuite transféré à la Prison des Carmes, où sont regroupés plusieurs centaines de prêtres réfractaires. Le 2 septembre 1792, au début des Massacres de Septembre, les détenus des Carmes sont victimes d'une série d'exécutions sommaires. Claude Laporte figure parmi les cent quinze ecclésiastiques tués ce jour-là, aux côtés notamment de l'archevêque d'Arles Jean-Marie du Lau, des évêques François-Joseph de La Rochefoucauld et Pierre-Louis de La Rochefoucauld, ainsi que de nombreux prêtres séculiers et religieux, parmi lesquels on trouve l'ancien jésuite breton Vincent-Joseph Le Rousseau de Rosencoat. Le lendemain, l'ancien jésuite Nicolas Verron, originaire de Quimperlé, est tué au séminaire Saint-Firmin. Le 4 septembre, François Le Livec, originaire de Quimper, est massacré à la prison de La Force.

Béatification

Le 17 octobre 1926, le pape Pie XI proclame bienheureux cent quatre-vingt-onze victimes des massacres de Septembre 1792. Claude Laporte figure parmi les quatre-vingt-quinze martyrs des Carmes. Sa mémoire liturgique est célébrée le 2 septembre avec les Martyrs de Septembre.

Mémoire

La mémoire de Claude Laporte est d'abord entretenue dans les récits consacrés aux Martyrs de Septembre, puis par plusieurs historiens bretons. En 1901, le jésuite Henri Fouqueray publie dans la revue Les Études un article sur « Claude Laporte une victime des journées de septembre », puis en 1925, le chanoine Louis Saluden publie la première biographie complète de Claude Laporte sous le titre Une figure brestoise du XVIIIe siècle. Claude Laporte. 1734-1792. À l'occasion du centenaire de la béatification des martyrs de Septembre, l'ouvrage fait l'objet d'une réédition en 2026 par la paroisse Saint-Louis de Brest, accompagnée d'une nouvelle introduction historique.

Notes et références

  1. ↑ Saluden 1925, p. 27.
  2. ↑ Fouqueray 1926, p. 66.
  3. ↑ Saluden 1925.
  4. 1 2 Fouqueray 1926.
  5. ↑ Ardura 1989, p. 29.
  6. ↑ Propre de Quimper et Léon. Messe. Sent Eskopti Kemper ha Leon. Overennou, Quimper, (ISBN 978-2-9503309-1-8), p. 52-55, 134-136.

Bibliographie

Articles connexes