Contredanse

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Cas d'homonymie : en France, contredanse, désuet dans cette acception, peut aussi désigner familièrement une contravention.

John Playford, The English Dancing Master,
London, Harper, 1651.

Une contredanse est une danse à figures dansée en couples disposés en deux colonnes ou en carré. Les contredanses sont d'origine anglaise (country dance : danse de campagne) ; mais certains historiens leur donnent une origine française antérieure (contre-danse : danse vis-à-vis). La contredanse anglaise est apparue au milieu du XVIe siècle, au début du règne d'Élisabeth Ire d'Angleterre.

Le maître à danser John Playford (1623–1686) lui donna ses lettres de noblesse en publiant, en 1651, The English Dancing Master. L'ouvrage connaîtra 18 éditions, jusqu'en 1728, et sera augmenté d'un second volume (1713–1728), puis d'un troisième (1719 et 1727).

La contredanse se diffuse en France à partir de 1684 grâce au maître à danser anglais Isaac d’Orléans. Le danseur André Lorin invente un système de notation du mouvement dont Pierre Beauchamp et Feuillet vont s'inspirer pour fonder une écriture qui aura cours jusqu'au milieu du XIXe siècle. La contredanse anglaise s'est perpétuée jusqu'à nous, notamment sous la forme des reels irlandais et écossais. La contredanse française en carré a donné naissance, au début du XIXe siècle, à une forme répandue à la fois dans l'élite et le peuple, le quadrille, qui se diffusera dans les bals populaires à Paris puis dans le reste de la France et même de l'Europe.

Description des formes de contredanses

Il existe deux sortes de contredanses :

Description des principales figures

Les figures de la contredanse française

De La Cuisse, Le Répertoire des bals, vol. III, Paris, 1765.
La Clairon (76e feuille).

Les entrées ou syncopes

  • 1. Le rond (ou grand rond) : les huit danseurs se donnent les mains et le cercle tourne ainsi formé huit mesures dans le sens de la montre (en chassés latéraux, assembler au dernier temps) et « détourne » huit mesures dans le sens contre la montre.
  • 2. La main : les partenaires étant face à face, ils se donnent la main droite et changent de place en deux mesures (soit un pas de gavotte), font un rigaudon, regagnent leur place de départ en se donnant cette fois la main gauche et font à nouveau un rigaudon.
  • 3. Les deux mains : comme ci-dessus, mais les partenaires se donnent les deux mains à l'aller et au retour.
  • 4. Le moulinet des dames : les quatre dames se donnent la main droite au centre du carré et tournent quatre mesures dans le sens de la montre (en demi-contretemps). Elles se lâchent la main droite, font demi-tour, se donnent la main gauche au centre et reviennent à leurs places de départ de la même manière.
  • 5. Le moulinet des hommes : c'est l'entrée ci-dessus exécutée pareillement par les hommes.
  • 6. Le rond des dames : c'est la première entrée (le rond) exécutée par les quatre dames seules, en quatre mesures dans le sens de la montre et quatre mesures dans le sens contraire.
  • 7. Le rond des hommes : c'est l'entrée ci-dessus exécutée pareillement par les hommes.
  • 8. L'allemande : les partenaires étant côte à côte, épaules droites en contact, ils se donnent les mains, bras croisés derrière le dos (l'homme, bras gauche derrière le dos, prend la main droite de la dame ; la dame fait l'inverse). Ils tournent ainsi un demi-tour dans le sens de la montre en deux mesures (en pas chassés avant), se lâchent et font un rigaudon face à face. Ils prennent la position inverse (épaules gauches en contact), reviennent à leurs places de départ en un demi-tour dans le sens contre la montre et font à nouveau un rigaudon face à face.
  • 9. Le rond : reprise de la première entrée.

Autres figures

Ces figures servent essentiellement pour les couplets.

  • En avant et en arrière ou avancer et reculer : le danseur exécute un pas de gavotte en avant (deux mesures) et un en arrière (deux mesures).
  • L'allemande aux quatre coins
  • Chasser et déchasser (ou chasser dessus et dessous) : les partenaires, étant côte à côte au départ, changent de place latéralement en deux mesures (en pas chassés). La dame chasse à gauche, devant l'homme qui chasse à droite. Les deux mesures suivantes ramènent les partenaires aux places d'origine, l'homme passant cette fois devant la dame. On ajoute souvent un pas de rigaudon à la fin de chaque déplacement.
  • Chasser en long et chasser de côté : les partenaires des couples impairs se font dos et chassent avec le contre-partenaire, puis reviennent à leurs places d'origine. Les couples pairs exécutent ensuite la même figure entre eux.
La queue du chat.
Le carré de Mahony.
  • La poussette : les partenaires étant face à face, la main droite de l'un dans la main gauche de l'autre, l'homme recule en deux mesures tandis que la dame avance, en un pas de gavotte ; puis on inverse les directions, en deux autres mesures. Toutes les deux mesures, on peut ajouter un rigaudon si la structure musicale le suggère. Cette figure permet aussi à deux couples côte à côte de permuter leurs places.
  • La petite chaîne : elle est exécutée ordinairement par les couples vis-à-vis. Chaque danseur change de place avec celui qui lui fait face en lui donnant la main droite au passage, puis donne la main gauche à son partenaire en changeant à nouveau de place. Une demi-chaîne est accomplie. Le trajet en carré se poursuit de même pour regagner sa place de départ en alternant main droite et main gauche. La figure complète occupe huit mesures et se danse en pas de gavotte ou en demi-contretemps.
  • La grande chaîne : les partenaires de chaque couple se font face et se donnent la main droite pour changer de place. L'homme arrive face à la dame suivante et lui donne la main gauche, et ainsi de suite jusqu'à ce que chacun ait regagné sa place d'origine. La figure complète occupe huit mesures et se danse en demi-contretemps.
  • La queue du chat : elle est exécutée par les couples vis-à-vis qui se tiennent par la main. Les deux couples se contournent dans le sens contre la montre, jusqu'à se retrouver aux places opposées. La figure occupe huit mesures et se danse en pas de gavotte ou en demi-contretemps. Elle se termine par un rigaudon. Les deux autres couples font de même. Après une reprise du tout, chaque couple se retrouvera à sa place d'origine.
  • Les quatre faces : les couples de tête avancent l'un vers l'autre en se donnant la main, se lâchent en arrivant au centre et donnent les deux mains à leur vis-à-vis, puis les deux nouveaux couples se dirigent chacun vers les couples de côté en pas chassés. Ils font chacun le trajet en sens inverse et reviennent à leurs places. Le tout occupe huit mesures. Les couples de côté font de même à leur tour.
  • Le carré de Mahony : les couples de tête avancent l'un vers l'autre en se donnant la main, se lâchent en arrivant au centre et donnent les deux mains à leur vis-à-vis, puis les deux nouveaux couples se dirigent chacun vers les places des couples de côté en pas chassés, reculent chacun aux quatre coins du carré et reviennent à leurs places respectives en pas chassés. Simultanément, les couples de côté s'éloignent en pas chassés, avancent aux places des couples de tête, viennent au centre avec leurs vis-à-vis et reviennent à leurs places respectives en reculant. La figure occupe seize mesures, puis elle est répétée à l'inverse, les couples de tête commençant par s'éloigner, les couples de côté par avancer au centre.

Les figures de la contredanse anglaise

Contredanse anglaise.

Description des principaux pas

Les principaux pas utilisés dans la contredanse au XVIIIe siècle sont décrits d'après Pierre Rameau. Voici les huit pas principaux :

Notes et références

Notes

  1. ↑ Dans la pièce de Thomas Rychardes Misogonus (1560), un personnage demande à son interlocuteur : « Can you dance country dances ? ».
  2. ↑ Cette édition contient notamment le célèbre Greensleeves. Une version électronique complète de la 10e édition de 1698 est consultable et téléchargeable en ligne.
  3. ↑ Descriptions extraites pour la plupart de Malpied, Les caractères des contre-danses (Paris, Bouin, Mlle Castagnery, Blaisot, c. 1770).

Références

  1. 1 2 « La naissance du cotillon et du quadrille, contredanses françaises », sur Société québécoise de recherche en musique, (consulté en )
  2. ↑ « Contredance anglaise et contredanse française « ATAD : Autres Temps – Autres Danses :: danses historiques en costumes, contredanses et quadrilles » (consulté le )
  3. 1 2 Le maître à danser, Paris, Villette, 1725. Le texte complet de l'édition de 1748 peut être consulté ou téléchargé en ligne.
  4. ↑ Jean-Michel Guilcher et Yves Guilcher, La contredanse: un tournant dans l'histoire française de la danse, Éd. Complexe Centre national de la danse, coll. « Territoires de la danse », (ISBN 978-2-87027-986-1)

Voir aussi

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Bibliographie

Articles connexes

Liens externes